Court grants wife authority to sell car and buy/sell real estate due to husband's incapacity.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court granted the wife's request for general representation authority over her incapacitated husband under Article 219 of the Civil Code. While the initial judgment had deferred specific requests regarding vehicle sales and property transactions, the court now authorized her to sell the marital car and manage the acquisition and disposal of specified real estate. The decision was based on the husband's complete physical and mental dependency, which necessitated this protective measure for the administration of their community property.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticle 219 du Code civil; Article 217 du Code civil: When a spouse is completely dependent, the other spouse may be granted authority to represent them in civil acts to manage community property.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugement sur requête (article 217 du code civil)
Numéro 55/2017 (XIVe chambre)
Audience publique du mardi, vingt-et-un février deux mille dix-sept
Numéro 180424 du rôle
PERSONNE1.) – PERSONNE2.)
Par requête déposée le 24 octobre 2016, PERSONNE2.), née le DATE1.) à
ADRESSE1.), demeurant à L-ADRESSE1.), a exposé que son époux, PERSONNE1.),
né le DATE2.) à ADRESSE1.), demeurant à la même adresse, est actuellement dans un
état de dépendance physique et mentale complète et n’est, de ce fait, plus en mesure de
gérer les affaires courantes de la vie quotidienne. Elle a demandé à être habilitée à le
représenter dans les actes de la vie civile. Elle a encore demandé l’autorisation à
consentir, au nom de son époux, à l’achat d’un appartement et à procéder seule à la
vente d’une voiture appartenant à la communauté de biens des époux.
A l’audience du 14 novembre 2016 de la quatorzième chambre, siégeant en chambre du
conseil, elle a, par ailleurs exposé que le frère de son époux est décédé en octobre 2016.
Elle a, dès lors, demandé à être autorisée à accepter, au nom de son époux, la
succession échue à ce dernier, à représenter son époux dans le cadre des opérations de
liquidation et de partage de la succession, ainsi qu’à consentir seule à la vente d’un
immeuble dépendant de la succession.
Par jugement du 29 novembre 2016, le tribunal de céans, autrement composé, a donné
acte à PERSONNE2.) de sa demande formulée à l’audience, a reçu les demandes de
PERSONNE2.) en la forme, a dit fondée la demande de PERSONNE2.) tendant à
l’obtention d’une habilitation générale à représenter son époux dans les actes
d’administration, sur base de l’article 219 du code civil, partant, l’a habilitée à représenter
son époux dans tous les actes d’administration résultant de leur régime matrimonial,
pendant une durée de cinq ans à partir du prononcé du jugement.
Le même jugement a sursis à statuer sur les demandes de PERSONNE2.) tendant à se
voir autoriser à procéder seule à la vente d’un véhicule appartenant à la communauté de
biens des époux, à consentir à l’achat d’un appartement au nom de son époux et à
accepter, au nom de son époux, la succession du frère décédé de ce dernier, à
représenter son époux dans le cadre des opérations de liquidation et de partage de la
succession, et à consentir seule à la vente d’un immeuble dépendant de la succession,
en attendant la production (i) d’une copie de la carte grise du véhicule, (ii) du projet d’acte
de vente notarié relatif à l’appartement à acquérir, (iii) d’une copie de la déclaration de
succession concernant le frère décédé de PERSONNE1.), et (iv) d’un projet d’acte de
vente notarié relatif à l’immeuble dépendant de ladite succession.
Le même jugement a autorisé PERSONNE2.) à signer la déclaration de succession du
frère décédé de PERSONNE1.), au nom de ce dernier et a remis l’affaire sine die.
Par courrier entré au greffe le 18 janvier 2017, PERSONNE2.) a adressé au tribunal une
copie de la carte grise du véhicule à vendre et un projet d’acte de vente notarié relatif à
l’appartement à acquérir. Elle a réitéré ses demandes tendant à se voir autoriser à
procéder seule à la vente du véhicule et à consentir, au nom de son époux, à l’acquisition
de l’appartement.
A l’audience du 13 février 2017 de la quatorzième chambre, siégeant en chambre du
conseil, PERSONNE2.), assistée de son fils, PERSONNE3.), a été entendue en ses
explications.
Le représentant du Ministère Public ne s’est pas opposé aux demandes.
PERSONNE1.) et PERSONNE2.) se sont mariés le 14 mai 1959 par-devant l’officier de
l’état civil de la Ville de ADRESSE1.). Par acte notarié du 13 janvier 1993, ils ont adopté
le régime de la communauté universelle de biens.
Aux termes de l’article 217 du code civil, un époux peut être autorisé par justice à passer
seul un acte pour lequel le concours ou le consentement de son conjoint serait
nécessaire, si celui-ci est hors d’état de manifester sa volonté ou si son refus n’est pas
justifié par l’intérêt de la famille.
Il résulte d’un certificat médical établi le 14 octobre 2016 par le docteur Carine
FEDERSPIEL, médecin spécialiste en gériatrie, que PERSONNE1.) présente des
incapacités cognitives et motrices majeures qui le rendent inapte à signer des documents
et à effectuer des démarches administratives.
PERSONNE1.) est, dès lors, à considérer comme étant hors d’état de manifester sa
volonté au sens de l’article 217 du code civil.
Les actes projetés constituent des actes de disposition de biens communs, pour lesquels
le consentement des deux époux est nécessaire.
Au vu des pièces versées et des débats menés, il y a lieu de faire droit à la demande de
PERSONNE2.) tendant à se voir autoriser à procéder seule, sans le concours et le
consentement de son époux, PERSONNE1.), à la vente de la voiture de la marque
Mercedes, immatriculée sous le numéro NUMERO1.) au nom de PERSONNE1.) et
appartenant à la communauté de biens des époux.
Il y a également lieu de faire droit à la demande de PERSONNE2.) tendant à se voir
autoriser à représenter son époux PERSONNE1.) dans le cadre de l’acquisition :
d’une quote-part indivise de neuf virgule huit cent trente et un millièmes
(9,831/1.000èmes) d’un terrain sis à ADRESSE1.), inscrit au cadastre comme suit :
« SOCIETE1.), ancienne commune de ADRESSE2.), section ADRESSE3.) de
SOCIETE2.), Numéro
NUMERO2.), lieu-dit « ADRESSE4.) », place (occupée)
bâtiment état futur achèvement, pour une contenance de 45 ares 52 centiares »,
anciennement cadastré sous une plus grande contenance, numéro NUMERO3.) et plus
anciennement encore numéros NUMERO4.), NUMERO5.), NUMERO6.) et NUMERO7.),
au prix de 226.392,00 euros,
de biens et droits immobiliers dans un immeuble en copropriété dénommé
« Résidence ENSEIGNE1.) » actuellement en voie de construction sur le terrain
prédécrit sis à ADRESSE5.) :
1. en propriété privative et exclusive :
-
Le lot 195 P G 81
savoir l’unité « cave/emplacement intérieur » sis au premier sous-sol,
d’une surface utile d’après cadastre de 19,22m2, et représentant
0,773/1000
-
Le lot 284 A B 03
savoir l’unité « appartement/balcon » sis au troisième étage, d’une
surface utile d’après cadastre de 101,66 m2 et représentant 9,058/1.000
2. en copropriété et indivision forcée :
correspondant aux éléments privatifs prédécrits, une quotité dans les choses
communes de neuf virgule huit cent trente et un millièmes (9,831/1.000èmes)
indivis,
au prix de 591.608,00 euros.
Il y a lieu de réserver les demandes de la requérante pour le surplus.
Par ces motifs
Le tribunal d’arrondissement de et à Luxembourg, quatorzième chambre, siégeant en
matière civile, statuant en chambre du conseil, le représentant du Ministère Public
entendu en ses conclusions,
vu la requête entrée au greffe du tribunal d’arrondissement en date du 24 octobre 2016,
revu le jugement du 29 novembre 2016 du tribunal de céans, autrement composé,
vu le courrier de PERSONNE2.) entré au greffe le 18 janvier 2017,
après instruction de la demande en chambre du conseil le lundi, 13 février 2017, et après
avoir entendu la requérante,
dit fondée la demande de PERSONNE2.) tendant à se voir autoriser seule à la vente du
véhicule ci-après désigné, et à consentir, au nom de son époux, PERSONNE1.), à
l’acquisition des biens et droits immobiliers ci-après désignés,
partant, habilite PERSONNE2.), à :
(i)
procéder seule, sans le concours et le consentement de son époux, PERSONNE1.),
à la vente de la marque Mercedes, immatriculée sous le numéro NUMERO1.) au nom
de PERSONNE1.) et appartenant à la communauté de biens des époux,
(ii) à représenter son époux PERSONNE1.) dans le cadre de l’acquisition :
d’une quote-part indivise de neuf virgule huit cent trente et un millièmes
(9,831/1.000èmes) d’un terrain sis à ADRESSE1.), inscrit au cadastre comme
suit :
« SOCIETE1.), ancienne commune de ADRESSE2.), section ADRESSE3.) de
SOCIETE2.), Numéro NUMERO2.), lieu-dit « ADRESSE4.) », place (occupée)
bâtiment état futur achèvement, pour une contenance de 45 ares 52 centiares »,
anciennement cadastré sous une plus grande contenance, numéro NUMERO3.)
et plus anciennement encore numéros NUMERO4.), NUMERO5.), NUMERO6.) et
NUMERO7.),
au prix de 226.392,00 euros,
de biens et droits immobiliers dans un immeuble en copropriété dénommé
« Résidence ENSEIGNE1.) » actuellement en voie de construction sur le terrain
prédécrit sis à ADRESSE5.) :
1. en propriété privative et exclusive :
-
Le lot 195 P G 81
savoir l’unité « cave/emplacement intérieur » sis au premier sous-sol,
d’une surface utile d’après cadastre de 19,22m2, et représentant
0,773/1000
-
Le lot 284 A B 03
savoir l’unité « appartement/balcon » sis au troisième étage, d’une
surface utile d’après cadastre de 101,66 m2 et représentant 9,058/1.000
2. en copropriété et indivision forcée :
correspondant aux éléments privatifs prédécrits, une quotité dans les choses
communes de neuf virgule huit cent trente et un millièmes (9,831/1.000èmes)
indivis,
au prix de 591.608,00 euros,
sursoit à statuer sur les demandes de PERSONNE2.) pour le surplus,
refixe l’affaire sine die,
laisse les frais de la présente à charge de la requérante comme exposés dans son intérêt.
Ainsi fait et jugé par Anne-Françoise GREMLING, vice-présidente, Anne CONTER, juge,
et Adrien DE WATAZZI, juge-délégué, et lu par Madame la vice-présidente à l’audience
publique du mardi, 21 février 2017, en présence d’Eliane CLAUDE, greffière.