Plaintiff dismissed for breach of loan contract; court rejects provisional execution due to lack of urgency.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court dismissed the plaintiff's claim for €10,200 based on alleged breach of a car financing agreement and procedural costs. While the defendant's defense was not contested, the court found the parties remained bound by the loan contract, rendering the plaintiff's arguments under civil code articles 1134 and 1902 unfounded. Consequently, the court refused the request for provisional execution because the plaintiff failed to demonstrate urgency or imminent harm.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 1134 et 1902 du Code civil; le tribunal de paix déboute la partie demanderesse lorsque la relation contractuelle subsiste et que les motifs invoqués ne constituent pas une cause de résiliation justifiant une exécution provisoire sans caution.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Répertoire no: NUMERO1.)
E-CIV 30/25
Audience publique du 7 mai 2025
Le tribunal de paix d'Esch-sur-Alzette, arrondissement judiciaire et Grand-Duché de
Luxembourg, a rendu le jugement qui suit:
Dans la cause entre:
PERSONNE1.), demeurant à ADRESSE1.),
partie demanderesse, comparant en personne,
et:
PERSONNE2.), demeurant à D-ADRESSE2.),
partie défenderesse,
comparant
par Maître Claude CLEMES, avocat à
Luxembourg,
Faits :
Par exploit de l'huissier de justice suppléant Luana COGONI, en remplacement de
l’huissier de justice Véronique REYTER d’Esch-sur-Alzette du 24 décembre 2024,
PERSONNE1.) a donné citation à PERSONNE2.) à comparaître devant le tribunal de
paix d'Esch-sur-Alzette, à l'audience publique du 17 février 2025, pour y voir statuer
conformément au dispositif dudit exploit qui restera annexé à la minute du présent
jugement.
Après une remise à la demande des parties, l’affaire fut utilement retenue à l’audience
publique du 5 mars 2025. La partie demanderesse fut entendu en ses moyens et
conclusions et le mandataire de la partie défenderesse fut entendu en ses explications et
moyens de défense.
Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique de ce jour, date
à laquelle le prononcé avait été fixé,
l e j u g e m e n t :
qui suit:
Par exploit d’huissier de justice du 24 décembre 2024, PERSONNE1.) a donné citation
à PERSONNE2.) à comparaître par-devant le juge de paix de et à Esch-sur-Alzette aux
fins de l’entendre condamner à lui payer le montant de 10.500.- euros, avec les intérêts
légaux à partir de la date fixée par convention de prêt du 5 octobre 2022, sinon à partir
du 19 août 2024, date d’une mise en demeure, sinon à partir de la demande en justice,
jusqu’à solde.
Après avoir demandé la condamnation de PERSONNE2.) au paiement des frais et dépens
de l’instance, et d’une indemnité de procédure d’un montant de 800.- euros sur base de
l’article 240 du nouveau code de procédure civile, PERSONNE1.) demanda, en outre,
l’exécution provisoire du jugement à intervenir avant de se réserver tous autres droits,
dus, moyens et actions.
A l’appui de sa demande, PERSONNE1.) expose avoir conclu avec PERSONNE2.) -
avec laquelle il était en couple jusqu’en début du mois d’avril 2024 -, un contrat intitulé
« Konvention-Finanzierung FIAT 500 e » en date du 5 octobre 2022.
PERSONNE1.), soutenant que PERSONNE2.) ait contrevenu aux modalités d’exécution
de ses obligations telles que résultant de ladite convention entre parties notamment en
ayant arrêté tout remboursement, adopté un comportement inadmissible envers
PERSONNE1.) et en ayant vendu la voiture objet du contrat de prêt, -fait permettant la
résiliation du contrat de prêt et le remboursement immédiat du solde restant dû-, affirme
qu’il y aurait lieu à contrainte judiciaire.
A l’audience publique des plaidoiries, PERSONNE1.) réduit sa demande au principal au
montant de 10.200.- euros.
PERSONNE1.) appuie sa demande à titre principal sur les articles 1134 et 1902 du code
civil et subsidiairement sur la théorie de la restitution de l’indu.
La demande est recevable pour avoir été introduite dans les forme et délai de la loi.
PERSONNE2.), résistant aux prétentions de PERSONNE1.) motif pris avoir respecté les
termes de la convention de prêt alors qu’il s’agirait d’un « unverzinsliches Dahrlehen »,
retenant un remboursement sans terme selon des « flexible Raten ».
Elle demande acte que le montant initial remboursable s’élève à 15.500.- euros sur lequel
elle aurait d’ores et déjà payé en tout 8.800.- euros et que PERSONNE4.) ne saurait
prétendre qu’au remboursement d’un solde de 7.500.- euros.
PERSONNE2.) formule, en outre, une demande en obtention d’une indemnité de
procédure d’un montant de 1.000.- euros sur base de l’article 240 du nouveau code de
procédure civile.
Motifs de la décision :
Quant à la compétence territoriale
Bien que lors de ses plaidoiries le mandataire de PERSONNE2.) ait exposé qu’elle
demeure actuellement sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg, sans pour autant
préciser si elle y est déclarée officiellement, il n’en demeure pas moins qu’au moment de
l’introduction de l’affaire, elle était officiellement déclarée en Allemagne.
Il s’ensuit que le juge de céans est amené à vérifier sa compétence territoriale
internationale.
Le Règlement UE 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012
concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en
matière civile et commerciale (ci-après le « Règlement Bruxelles I bis »), applicable aux
actions judiciaires intentées à compter du 10 janvier 2015, s’applique au présent litige
opposant deux parties domiciliées dans différents Etats membres.
Le Règlement Bruxelles I bis retient en son article 4 la règle de la compétence ordinaire
des juridictions du domicile du défendeur.
L’article 7.1) a) du même règlement prévoit qu’en matière contractuelle, une personne
domiciliée sur le territoire d’un Etat membre peut être attraite devant la juridiction du
lieu d’exécution de l’obligation qui sert de base à la demande.
L’obligation qui sert de base à la présente demande est donc celle de payer à charge de
PERSONNE2.).
En l’espèce, il résulte de la convention entre parties que le lieu de l’exécution de
l’obligation de payer a été fixé au lieu du domicile de PERSONNE1.).
PERSONNE1.), habitant à
ADRESSE3.),
le tribunal saisi
est
compétent
internationalement.
Quant au fond
Le litige a trait au recouvrement forcé d’un prêt en argent.
Le tribunal relève tout d’abord que suivant l'article 58 du nouveau code de procédure
civile « Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires
au succès de sa prétention. »
Aux termes de l’article 1315 du code civil, « celui qui réclame l'exécution d'une
obligation, doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le
paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation ».
Au vu de ces principes directeurs qui régissent la charge des preuves, il incombe à
PERSONNE1.) de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de ses
prétentions.
En l’espèce, il n’est pas contesté que PERSONNE1.) a prêté à PERSONNE2.), et ce
suivant convention signée en date du 5 octobre 2022, convention soumise à la loi
luxembourgeoise le montant remboursable de 15.500.- euros.
Or les parties sont actuellement en désaccord tant sur le montant exact du solde
actuellement dû que sur l’exigibilité même de la créance invoquée par PERSONNE1.).
PERSONNE1.) explique qu’actuellement tout le solde dû serait devenu exigible, mises
à part de toutes les autres violations contractuelles reprochées à PERSONNE2.), suite à
la vente par celle-ci de la voiture objet du contrat de prêt, vente qui serait une des causes
retenues par les parties permettant la résiliation dudit contrat et par conséquent
l’exigibilité immédiate des sommes dues.
Il est constant en cause que l’article 7 de la convention entre parties est stipulé comme
suit :
« Der Darlehensgeber kann das Darlehen aus wichtigem Grund jederzeit ohne Einhaltung
einer Kündigungsfrist schriftlich kündigen und die sofortige Rückzahlung der
Darlehensvaluta verlange, insbesondere wenn
-
Das Neufahrzeug verkauft wird;
-
Der Darlehensnehmer wesentliche Vertragspflichten verletzt;
-
Sich die Vermögensverhältnisse des Darlehensnehmers wesentlich verschlechtert
haben bzw. Bei den aufgrund dieses Vertrages bestellten Sicherheiten Umstände
eingetreten sind, die die Sicherung des Rückzahlungsanspruches nicht mehr
gewährleisten;
-
Gegen des Darlehensnehmer das gerichtliche vergleichs- oder Konkursverfahren
oder ein vergleichbares Verfahren beantragt oder eröffnet wird oder der
Darlehensnehmer seine Zahlungen dauernd oder vorübergehend einstellt;
-
Der Darlehensnehmer unrichtige Angaben über Angaben gemacht hat, die für die
Gewährung des Darlehensausschlaggebend waren
Die Kündigung bedarf der Schriftform.»
Or dans la mesure où PERSONNE1.) reste en défaut de rapporter la preuve d’avoir résilié
par écrit en bonne et due forme, suivant modalités retenues par parties, la convention
litigieuse entre parties, le tribunal retient que PERSONNE1.) ne saurait prétendre à une
créance exigible.
Dans la mesure où la convention n’est pas résiliée, il est devenu superfétatoire d’analyser
si les reproches formulés à l’égard de PERSONNE2.) pouvant éventuellement ouvrir la
voie à une résiliation sont données, bien que la vente de la voiture, non commentée par
PERSONNE2.), et partant non contestée par cette dernière, résulte à suffisance de droit
des pièces versées en cause.
Il est partant également devenu superfétatoire de se prononcer sur le montant exact des
paiements d’ores et déjà effectués et sur les délais de paiement demandés par
PERSONNE2.).
La demande de PERSONNE1.) n’est dès lors pas fondée ni sur l’article 1134, ni sur
l’article 1902 du code civil ni sur la théorie de la répétition de l’indû, les parties restant
liées par une convention de prêt.
Tant PERSONNE1.) que PERSONNE2.) demandent une indemnité de procédure sur
base de l’article 240 du nouveau code de procédure civile.
Au vu de l’issue du litige il y a lieu de débouter PERSONNE1.) de ce chef de sa demande.
Dans la mesure où PERSONNE2.) ne rapporte pas la preuve de l’iniquité requise par
l’article 240 du nouveau code de procédure civile, il n’y a pas lieu de faire droit à sa
demande de ce chef.
Il y a encore lieu de condamner PERSONNE1.) au paiement de frais et dépens de
l’instance.
PERSONNE1.) demande l’exécution provisoire du jugement à intervenir pour le montant
réclamé de 10.200.- euros, sinon pour le montant non sérieusement contestable de 9.800.-
euros.
Aux termes de l'article 115 du nouveau code de procédure civile, l'exécution provisoire,
sans caution, sera ordonnée même d'office en justice de paix, s'il y a titre authentique,
promesse reconnue, ou condamnation précédente par jugement dont il n'y ait point appel.
Dans tous les autres cas, l'exécution provisoire pourra être ordonnée avec ou sans caution.
Au vu de l’issue du litige et étant donné qu’en l'espèce, il n'y a ni titre authentique, ni
promesse reconnue, ni condamnation précédente par jugement non entrepris rendant
l'exécution provisoire obligatoire. Il s'ensuit que l'opportunité de l'exécution provisoire
est soumise à l'appréciation souveraine du tribunal saisi.
PERSONNE1.) ne justifiant pas de l’urgence ou d’un péril en la demeure il n’y a pas lieu
d’assortir le présent jugement de l’exécution provisoire.
Par ces motifs :
le
tribunal de paix d'Esch-sur-Alzette, siégeant en matière civile, statuant
contradictoirement à l’égard des parties et en premier ressort;
reçoit la demande de PERSONNE1.) en la pure forme;
se déclare compétent pour en connaître ;
la dit non fondée ;
partant, en déboute PERSONNE1.) ;
dit recevable, mais non fondée la demande de PERSONNE1.) en obtention d’une
indemnité de procédure sur base de l’article 240 du nouveau code de procédure pénale ;
partant, en déboute PERSONNE1.) ;
dit recevable, mais non fondée la demande de PERSONNE2.) en obtention d’une
indemnité de procédure sur base de l’article 240.- euros du nouveau code de procédure
civile ;
partant, en déboute PERSONNE2.) ;
condamne PERSONNE1.) aux frais et dépens de l’instance ;
dit qu’il n’y a pas lieu à exécution provisoire.
Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique à Esch-sur-Alzette par Nathalie
HAGER, juge de paix, assistée du greffier Roland STEIMES, qui ont signé le présent
jugement.