Court orders eviction of unauthorized occupant from state reception center after finding no right to remain.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Peace Court ruled that the defendant is an unauthorized occupant of a state-run reception center and ordered their eviction within two months. The plaintiff successfully argued that the tenant's unilateral commitment to leave had expired, while the court noted the specific exemption of such structures from the general rental law. Consequently, the court granted the eviction order but rejected the request for provisional execution due to a lack of urgency.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 1er, al. 3) f) Loi modifiée du 21 septembre 2006 sur le bail à usage d'habitation; Art. 115 Nouveau Code de procédure civile; Art. 238 Code civil: The general rental law does not apply to structures reserved for the temporary housing of foreigners; an occupant without title who fails to meet departure deadlines is liable for eviction, though provisional execution requires proof of urgency or peril.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Rép. n° 1517/24
du 7.5.2024
Dossier n° L-BAIL-109/24
Audience publique du sept mai
deux mille vingt-quatre
Le tribunal de paix de et à Luxembourg, arrondissement judiciaire de
Luxembourg, siégeant en matière d’occupation sans droit ni titre, a rendu le
jugement qui suit
dans la cause
e n t r e
l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG,
représenté par son Premier Ministre/Ministre d’Etat actuellement en fonctions,
ayant ses bureaux à L-ADRESSE1.), et, pour autant que de besoin, par son Ministre
de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil actuellement en
fonctions, poursuites et diligences de l’OFFICE NATIONAL DE L’ACCUEIL, établi
à L-ADRESSE2.), représenté par son directeur actuellement en fonctions ;
partie demanderesse,
comparant par PERSONNE1.), juriste auprès du Ministère de la Famille, des
Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil – Office National de l’Accueil,
mandatée
en
vertu
d’une
procuration
sous
seing
privé
du
Premier
Ministre/Ministre d’Etat ;
e t
PERSONNE2.),
demeurant à L-ADRESSE3.) ;
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partie défenderesse,
comparant par Maître Nour Elyakine HELLAL, avocat à la Cour, demeurant à
Luxembourg.
Faits
L’affaire fut introduite par requête – annexée à la minute du présent jugement –
déposée au greffe de la justice de paix de Luxembourg le 20 février 2024.
Sur convocations émanant du greffe, l’affaire fut appelée à l’audience publique
du mardi, 19 mars 2024 à 9 heures, salle JP 0.15.
Après une remise, l’affaire fut utilement retenue à l’audience publique du mardi,
16 avril 2024 à 9 heures, salle JP 0.15.
Le requérant, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, comparut par
PERSONNE1.), juriste auprès du Ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre
ensemble et de l’Accueil – Office National de l’Accueil, mandatée en vertu d’une
procuration sous seing privé du Premier Ministre/Ministre d’Etat, tandis que le
défendeur, PERSONNE2.), comparut par Maître Nour Elyakine HELLAL, avocat à
la Cour.
Les mandataires des parties furent entendus en leurs explications et conclusions.
Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique de ce
jour, à laquelle le prononcé avait été fixé,
le jugement qui suit :
Par requête déposée le 20 février 2024 au greffe du tribunal de paix de
Luxembourg, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG a fait convoquer
PERSONNE2.) à comparaître devant le tribunal de paix de Luxembourg, siégeant
en matière d’occupation sans droit ni titre, pour le voir déclarer occupant sans droit
ni titre et de l’entendre condamner à déguerpir de la structure d’accueil sise à L-
ADRESSE3.), avec tous ceux qui s’y trouvent de son chef endéans un mois de la
notification du jugement à intervenir.
La partie requérante sollicite en outre la condamnation de la partie défenderesse
aux frais et dépens de l’instance ainsi que l’exécution provisoire de la décision à
intervenir.
Suivant engagement unilatéral du 19 mai 2022, PERSONNE2.) s’est engagé à
quitter le logement lui attribué au plus tard le 1er avril 2023 et de payer « à l’ONA,
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en guise de contrepartie financière, une indemnité d’occupation mensuelle aux montants et
échéances fixés dans le susdit engagement ».
Nonobstant cet engagement, PERSONNE2.) refuserait de quitter les lieux. La
partie requérante reproche à la partie défenderesse d’avoir « manqué à plusieurs
reprises aux dispositions du règlement d’ordre intérieur des structures d’hébergement de
l’ONA ». Ainsi, la partie défenderesse aurait agressé en date du 22 août 2022 un
agent de gardiennage de la structure d’accueil. A la suite de cet incident, la partie
défenderesse aurait été relogée dans une structure d’accueil « pour des raisons de
sécurité ». Le 18 septembre 2023, un nouvel incident aurait eu lieu et PERSONNE2.)
aurait à nouveau été relogé.
A titre exceptionnel, la partie requérante aurait continué à loger la partie
défenderesse postérieurement au 1er avril 2023. Par courrier recommandé avec
accusé de réception du 9 novembre 2023, elle aurait mis la partie défenderesse en
demeure de quitter le logement pour le 9 février 2024 au plus tard, ce qu’elle aurait
refusé de faire.
PERSONNE2.) conteste tous les reproches formulés à son encontre. Selon son
mandataire, il serait une personne agréable et aurait avec une probabilité de 90 %
trouvé un nouveau logement mais aurait besoin d’un délai au déguerpissement de
quatre mois. Etant donné qu’il aurait toujours payé les indemnités d’occupation aux
termes convenus, il mériterait ce délai au déguerpissement.
L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG s’oppose au délai sollicité et
insiste sur la réalité des reproches. Ainsi, la police aurait dû intervenir et des plaintes
auraient été déposées. La mandataire de la partie requérante précise avoir été
personnellement
témoin
d’appels
téléphoniques
menaçants
de
la
part
d’PERSONNE2.).
Au titre de l’article 1er, paragraphe (3) f) de la loi modifiée du 21 septembre 2006
sur le bail à usage d’habitation, cette loi ne s’applique pas « aux structures
d’hébergement réservées au logement provisoire d’étrangers visé par la loi du 16 décembre
2008 concernant l’accueil et l’intégration des étrangers au Grand-Duché de Luxembourg »,
à l’exception des dispositions prévues par le chapitre V relatives au règlement des
litiges.
Il s’ensuit que le litige a valablement été introduit par voie de requête.
Il ressort des pièces versées en cause que la partie défenderesse s’est engagée
suivant engagement unilatéral signé le 19 mai 2022 à quitter la structure d’accueil
au plus tard le 1er avril 2023 et que ce délai a été prolongé par le requérant jusqu’au
9 février 2024.
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Par conséquent, PERSONNE2.) est à considérer comme occupant sans droit ni
titre et la demande de l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG de le voir
condamner au déguerpissement est fondée.
Au regard des circonstances de l’espèce, un délai au déguerpissement de deux
mois à compter de la notification du présent jugement est à accorder à
PERSONNE2.).
L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG demande finalement à ce que
le jugement à intervenir soit assorti de l’exécution provisoire.
Aux termes de l’article 115 du Nouveau Code de procédure civile, « l’exécution
provisoire sans caution, sera ordonnée même d’office en justice de paix, s’il y a titre
authentique, promesse reconnue ou condamnation précédente par jugement dont il n’y ait
point appel. Dans tous les autre cas, l’exécution provisoire pourra être ordonnée avec ou
sans caution ».
La faculté d’ordonner l’exécution provisoire, hors les cas où elle est obligatoire,
n’est pas laissée à la discrétion du juge, mais elle est subordonnée à la constatation
de l’urgence ou du péril en la demeure.
En l’espèce, il n’est pas opportun et il n’existe pas de motif justifiant la demande
en exécution provisoire, de sorte que celle-ci est à rejeter.
En application de l’article 238 du Code civil, il convient de condamner
PERSONNE2.) aux frais et dépens de l’instance.
Par ces motifs
Le tribunal de paix de et à Luxembourg, siégeant en matière d’occupation sans
droit ni titre, statuant contradictoirement et en premier ressort,
r e ç o i t la demande en la forme ;
c o n s t a t e qu’PERSONNE2.) est occupant sans droit ni titre du logement sis à
L-ADRESSE3.) ;
partant, c o n d a m n e PERSONNE2.) à déguerpir des lieux occupés avec tous
ceux qui s’y trouvent de son chef au plus tard dans un délai de 2 (deux) mois à
compter de la notification du présent jugement ;
au besoin, a u t o r i s e la partie requérante à faire expulser la partie défenderesse
dans la forme légale et aux frais de cette dernière, ces frais récupérables sur simple
présentation des quittances des ouvriers y employés ;
d i t qu’il n’y a pas lieu d’ordonner l’exécution provisoire du présent jugement ;
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c o n d a m n e PERSONNE2.) à tous les frais et dépens de l’instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé en notre audience publique à Luxembourg, date
qu’en tête, par Nous Tania NEY, juge de paix à Luxembourg, assistée du greffier
Tom BAUER, qui ont signé le présent jugement.
Tania NEY,
juge de paix
Tom BAUER,
greffier