Décision du Gouvernement en conseil du 20 janvier 2023 relative au troisième Plan National concernant la Protection de la Nature - RECTIFICATIF.
Texte législatif (1 Articles)
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
N° 144 du 17 mars 2023
Décision du Gouvernement en conseil du 20 janvier 2023 relative au troisième Plan National
concernant la Protection de la Nature - RECTIFICATIF.
Au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg, Mémorial A - N° 84 du 9 février 2023, l’annexe est à
remplacer par l’annexe suivante
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
PROTÉGER
1 Plan National
concernant
la Protection
de la Nature
3e plan -
à l’horizon
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
Table des matières
Impressum
Janvier 2023
Projet
Plan National concernant la Protection de la Nature
– 3e Plan à l’horizon 2030
Auteur
Ministère de l’Environnement,
du Climat et du Développement durable (MECDD)
4, Place de l’Europe
L-1499 Luxembourg
Comité de pilotage et de rédaction
Gilles BIVER, Elisabeth KIRSCH, Eric SCHAULS, Nora ELVINGER,
Lea BONBLET, Mike RECKEL, Claude ORIGER (MECDD)
Frank WOLTER, Frank WOLFF, Laurent SCHLEY, Danièle MURAT,
Sandra CELLINA, Corinne STEINBACH, Philip BIRGET,
Tiago Da SOUSA, Corinne LEYTEM, Ben PAULY
(Administration de la nature et des forêts)
Martine PETERS, Carole MOLITOR
(Administration de la gestion de l’eau)
Assistance
Oxygen & Partner S.A. , Pétillances s.à r.l.
Layout
binsfeld
Photos
Couverture : NP Our / Caroline Martin / Page 9 : Guy Krier /
Page 15 : Jan Herr / Page 37 : Claudine Felten /
Page 57+61 : Patrick Triplet
du grand-duché de luxembourg
le gouvernement
Ministère de l’Environnement, du Climat
et du Développement durable
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Introduction : Biodiversité et écosystèmes – l’urgence d’agir
Stratégie nationale : Protéger et restaurer la nature et les écosystèmes
1.
Déployer et consolider un réseau cohérent et efficace
de zones protégées
1.1.
Apporter une protection juridique à 30 % de la superficie du territoire national
1.2.
Mettre en place une protection stricte d’au moins un tiers des zones protégées
1.3.
Assurer une gestion efficace de toutes les zones protégées
2.
Établir et exécuter un plan de restauration de la nature,
des écosystèmes et de leurs services
2.1.
Atteindre les objectifs et fixer le calendrier pour la restauration
de la nature et des écosystèmes
2.2.
Implémenter et prioriser les plans d’action « Espèces » et « Habitats »
2.3.
Conserver, renforcer, voire rétablir la connectivité écologique
2.4.
Restaurer les écosystèmes liés à l’eau douce
2.5.
Rétablir la nature sur les terres agricoles
2.6.
Préserver les forêts et boisements, et améliorer leurs santé et résilience
2.7.
Verdir les zones urbaines et péri-urbaines
2.8.
Limiter l’artificialisation des sols et restaurer les écosystèmes des sols
2.9.
Réduire la pollution
3.
Promouvoir un changement porteur de transformation
3.1.
Préciser et consolider le cadre de gouvernance
3.2.
Renforcer le suivi de la mise en œuvre, ainsi que la surveillance
et l’évaluation de l’environnement naturel
3.3.
Assurer les ressources financières, humaines et foncières nécessaires
3.4.
Sensibiliser, éduquer et communiquer par rapport aux valeurs de la biodiversité 51
4.
S’engager pour la sauvegarde de la diversité biologique
au niveau international
4.1.
Conventions internationales
4.2.
Engagement financier, sectoriel et bilatéral
5.
Annexes
6.
Sources
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INTRODUCTION
Joëlle Welfring
Ministre de l’Environnement,
du Climat et du Développement durable
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INTRODUCTION
Le Luxembourg – malgré la surface réduite de son
territoire et l’absence d’écosystèmes et d’habitats
marins ou montagnards – possède une biodiversi-
té considérable et des paysages variés dus à une
diversité géologique et microclimatique impor-
tante. Cette diversité, au sein des espèces et hab-
itats ainsi que celle des écosystèmes et des ser-
vices qu’ils fournissent, constitue la base vitale de
l’existence et de la bonne qualité de vie de notre
société. La nature est aussi importante pour no-
tre bien-être physique et mental que pour la ca-
pacité de notre société à faire face aux change-
ments planétaires, aux menaces sanitaires et
aux catastrophes naturelles. La dégradation des
écosystèmes ainsi que la perte de services éco-
systémiques constituent des menaces directes et
existentielles pour la vie et le bien-être de notre
population et mettent en péril les fondements de
notre société et de notre économie1,2.
Pour garantir la bonne santé et la résilience de notre
société, il est indispensable de donner à la nature la
place dont elle a besoin. La pandémie de COVID-19
nous fait en effet prendre davantage conscience des
liens qui existent entre notre santé et celle des éco-
systèmes. Elle démontre également la nécessité de
mettre en place des chaînes d’approvisionnement et
d’adopter des modes de consommation durables qui
ne dépassent pas les limites de notre planète. En-
fin, elle illustre le fait que le risque d’apparition et
de propagation de maladies infectieuses augmente
à mesure que la nature est détruite3. La protection
et la restauration de la biodiversité, de même que le
bon fonctionnement des écosystèmes, sont donc es-
sentiels pour renforcer notre résilience et prévenir,
à l’avenir, l’apparition et la propagation de maladies.
Tous les secteurs d’activité dépendent directe-
ment ou indirectement du capital naturel et des
services écosystémiques. Selon un rapport du Forum
Introduction
Biodiversité et écosystèmes –
l’urgence d’agir
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INTRODUCTION
économique mondial sur les risques systémiques
liés à la perte de la biodiversité, plus de la moitié du
PIB mondial est directement lié à la nature et aux
services qu’elle fournit4. La biodiversité est aussi à
la base de régimes alimentaires sains et nutritifs et
améliore les moyens de subsistance dans les zones
rurales, de même que la productivité agricole5. Par
exemple, une grande partie des cultures alimen-
taires dépendent de la pollinisation animale.
L’investissement dans le capital naturel, notam-
ment à travers la restauration d’habitats riches en
carbone et la pratique d’une agriculture et sylvicul-
ture respectueuse de la nature et du climat, est re-
connu comme étant l’une des politiques de redres-
sement budgétaire les plus importantes en ce qu’il
offre d’importants multiplicateurs économiques et a
une incidence positive sur le climat6. Ce constat se
fait également au niveau des zones protégées. Le
bilan de qualité des directives « nature » a montré
que les bénéfices engendrés au sein du réseau des
zones protégées dépassent largement les dépens-
es nécessaires à leur gestion7. En plus, l’investisse-
ment dans le réseau de zones protégées soutient
la création de nombreux emplois supplémentaires.
Par conséquent, l’extension des zones protégées
est autant un impératif économique. De manière
générale, le rapport « coûts-bénéfices » pour la con-
servation et la restauration de la nature sauvage,
et des écosystèmes et services y liés, est estimé à
1 : 1008. Ainsi, l’investissement dans la protection et
la restauration de la nature est essentiel pour la re-
lance économique après la crise sanitaire, alors que
l’inaction dans ce domaine consiste à se priver de
gains économiques considérables.
En dépit de cet impératif moral, économique et en-
vironnemental urgent, la nature est en crise, tant
au niveau mondial que national. Les cinq causes
principales de l’appauvrissement de la biodiversi-
té mondiale – changements dans l’utilisation des
terres et de la mer, surexploitation, changements
climatiques, pollution et espèces exotiques enva-
hissantes – entraînent la disparition rapide de la
nature9,10. Au Luxembourg, le constat est très sim-
ilaire : perte et dégradation des habitats naturels
et des écosystèmes, ainsi que fragmentation des
paysages, dues à l’expansion des agglomérations
urbaines, à l’extension des réseaux de transport, à
la modification des pratiques agricoles, ainsi qu’au
drainage et à la transformation de zones humides
et des cours d’eau11. Le nombre d’espèces en danger
d’extinction est plus élevé que jamais et l’effet con-
jugué du changement climatique risque d’accentuer
cette tendance négative avec des répercussions im-
prévisibles pour le fonctionnement des écosystèmes
terrestres et aquatiques, et en conséquence pour la
santé publique, l’économie, l’agriculture et la sylvi-
culture.
Le changement climatique, l’appauvrissement de
la biodiversité et l’effondrement des écosystèmes
figurent parmi les principales menaces auxquelles
l’humanité devra faire face au cours de la décennie
à venir. Ils mettent en péril les fondements de no-
tre économie et on anticipe que les coûts de l’inac-
tion, déjà élevés, vont continuer à augmenter. La
crise de la biodiversité et la crise climatique sont
intrinsèquement liées12. Le changement climatique,
à travers les sécheresses, les inondations et les in-
cendies, accélère la destruction du monde naturel.
Inversement, la détérioration de la nature et son
exploitation non durable sont des facteurs clés du
changement climatique. Mais, tout comme ces cri-
ses sont liées, les solutions pour y remédier le sont
aussi. La nature est un allié vital dans la lutte contre
le changement climatique. La nature régule le cli-
mat, et les solutions fondées sur la nature, telles que
la protection et la restauration des zones humides,
ou encore la gestion durable des forêts et des prai-
ries seront essentielles pour la réduction des émis-
sions et l’adaptation au changement climatique. La
plantation d’arbres et le déploiement d’infrastruc-
tures vertes aideront à rafraîchir les zones urbaines
et à atténuer les conséquences des catastrophes na-
turelles.
Le Luxembourg compte faire preuve d’ambition
pour enrayer l’appauvrissement de la biodiversité,
et – en collège avec les autres États membres de
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INTRODUCTION
l’Union européenne (UE) – jouer un rôle moteur au
niveau mondial par son exemple et son action, et
contribuer à l’établissement et l’adoption d’un cadre
mondial porteur de changement pour l’après-2020.
Ceci devrait s’appuyer sur l’ambition globale de faire
en sorte que, d’ici 2050, tous les écosystèmes dans le
monde soient restaurés, résilients et suffisamment
protégés et que d’ici 2030 la biodiversité soit sur la
voie du rétablissement.
Basée sur la stratégie biodiversité de l’UE à l’hori-
zon 2030, le présent Plan National concernant la
Protection de la Nature (PNPN) contient une Straté-
gie nationale Biodiversité incluant des objectifs
2030, structurée sur quatre piliers de la présente
stratégie, à savoir « protection », « restauration »,
« changement porteur de transformation » et « en-
gagement international »13. Le présent PNPN pré-
cise les actions à réaliser et mesures quantifiables
à atteindre à mi-terme (<2027) et au terme (2030)
de la présente stratégie et définit la manière dont le
Luxembourg contribuera à la réalisation des objec-
tifs européens.
Le présent PNPN tient compte de l’avis de l’Obser-
vatoire de l’Environnement naturel correspondant à
une évaluation et un bilan du précédent PNPN et à la
formulation de recommandations en vue de la révi-
sion dudit plan14, et il intègre de manière appropriée
plusieurs propositions pour accélérer et intensifier
la lutte contre le réchauffement climatique au Lux-
embourg figurant dans le rapport final du Klima-Bi-
ergerrot15 ou encore plusieurs propositions de la
stratégie et du plan d’action pour l’adaptation aux
effets du changement climatique au Luxembourg16.
D’ailleurs, le présent PNPN a été élaboré en collab-
oration avec les autres administrations nationales,
communes, syndicats des communes et les acteurs
des milieux concernées, et soumis à une consulta-
tion publique.
Considérant les différents engagements nation-
aux et internationaux, considérant l’état actuel de
la nature, considérant que l’inaction dans ce do-
maine causerait des dommages économiques con-
sidérables, considérant les leçons tirées des précé-
dents plans et stratégies nationaux relatifs à la
protection de la nature, considérant les remarques
formulées dans le cadre la consultation publique, le
présent PNPN s’attaque simultanément aux princi-
pales causes directes et indirectes de l’appauvrisse-
ment de la biodiversité et des écosystèmes, définit
les objectifs de protection et de restauration, ga-
rantit la mise en œuvre intégrale de la législation
relative à l’environnement naturel, établit un cadre
de gouvernance renforcé pour combler les lacunes
qui subsistent, et conjugue tous les efforts en cours.
Dans son esprit et dans les moyens d’action qu’il pro-
pose, le PNPN est ambitieux et incitatif. Il traduit le
fait que la protection et la restauration de la nature
nécessiteront davantage que la seule réglementa-
tion. Elles auront besoin de l’action des individus,
des entreprises, des partenaires sociaux et de la
communauté scientifique, ainsi que de partenariats
solides entre les niveaux local, régional, national et
européen.
Le présent PNPN correspond à la stratégie nationale
en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 du Lux-
embourg. Sa mise en œuvre sera notre participation
aux objectifs mondiaux, tels qu’adoptés lors de la
15ème Conférence des parties (COP 15) de la conven-
tion sur la diversité biologique en décembre 2022 à
Montréal, dans l’intérêt des générations actuelles et
futures, de la planète, du climat et de notre écono-
mie17. Le présent PNPN est conforme au programme
de développement durable à l’horizon 203018, aux
objectifs de l’accord de Paris sur le changement cli-
matique19 et au règlement européen relatif à la prise
en compte des émissions et des absorptions de gaz à
effet de serre résultant de l’utilisation des terres, du
changement d’affectation des terres et de la fores-
terie20. Le PNPN constituera également un élément
central de l’implémentation nationale du pacte vert
de l’UE21 et du plan de relance de l’UE22.
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STRATÉGIE NATIONALE
Le Luxembourg dispose de cadres juridiques,
de stratégies, de plans de gestion et de plans
d’action pour protéger et restaurer les espèces,
habitats et écosystèmes. À l’instar de la situation
au niveau communautaire, la protection in
concreto est incomplète, car – malgré les efforts
notables et en hausse de ces dernières années – la
restauration reste modeste et trop ponctuelle, et
l’exécution de la législation et la mise en œuvre
des stratégies et plans sont insuffisantes23,24.
Pour mettre la biodiversité sur la voie du rétablis-
sement d’ici 2030, nous devons toutefois davan-
tage renforcer la protection et la restauration de
la nature et des écosystèmes9. Ceci sera réalisé en
déployant et consolidant notre réseau de zones pro-
tégées, en exécutant un plan ambitieux de restau-
ration de la nature et des écosystèmes, en promou-
vant un changement porteur de transformation et
en s’engageant davantage au niveau international.
Stratégie nationale
Protéger et restaurer la nature
et les écosystèmes
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Au Luxembourg, le réseau des zones protégées
désignées en vertu de la législation relative à la
protection de la nature joue un rôle clé dans la
stratégie de conservation et de restauration de
la biodiversité et des écosystèmes. D’ailleurs, il
a été démontré que de manière générale, tant au
niveau européen qu’au niveau national, la biodi-
versité se porte mieux à l’intérieur des zones pro-
tégées. Toutefois, considérant l’état actuel de la
nature, le réseau de zones protégées et leur mise
en œuvre devront être optimisés pour préserver
la biodiversité. Ayant réalisé ces dernières années
des efforts considérables dans le domaine de la
désignation des zones protégées, le Luxembourg
doit néanmoins participer davantage à l’établisse-
ment d’un réseau transeuropéen de la nature vé-
ritablement cohérent.
Il est à noter que les zones protégées peuvent ap-
porter une contribution importante aux objectifs de
restauration (voir ci-dessous) en créant les condi-
tions pour que les efforts de restauration soient cou-
ronnés de succès. C’est particulièrement le cas pour
les zones qui peuvent se rétablir naturellement en
annulant ou limitant certaines des pressions anthro-
pogéniques. Placer ces zones sous protection stricte
sera, dans certains cas, suffisant pour restaurer les
valeurs écologiques qu’elles abritent.
Déployer et consolider
un réseau cohérent et efficace
de zones protégées
1.
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1.1.
Apporter une protection
juridique à 30 % de la
superficie du territoire
national
Selon les objectifs de la stratégie biodiversité de l’UE
à l’horizon 2030, au moins 30 % des territoires natio-
naux devront être protégés juridiquement et il est
précisé que la tâche de cette désignation incombe
aux États membres. Ces désignations devront soit
contribuer à l’achèvement du réseau Natura 2000,
soit relever de régimes de protection nationaux. Cet
objectif est également conforme à ce qui est propo-
sé dans le cadre mondial pour la biodiversité pour
l’après 202025.
Actuellement 27,8 % du territoire du Luxembourg
sont désignés en tant que zones protégées d’inté-
rêt communautaire (Natura 2000) et/ou zones pro-
tégées d’intérêt national (ZPIN). Pour atteindre les
objectifs de la stratégie en faveur de la biodiversité
de l’UE, le Luxembourg devra par conséquent encore
désigner au moins 2,2 % supplémentaires du terri-
toire par rapport à la situation actuelle.
Le Luxembourg a accompli la phase d’identification
des zones prioritaires pour la conservation de la biodi-
versité. La majorité de ces zones font partie du réseau
Natura 2000 qui joue un rôle clé dans la stratégie
de la conservation de la biodiversité et qui totalise
dorénavant 67 zones importantes pour la conserva-
tion des habitats et espèces d’intérêt communau-
taire (voir la carte du réseau Natura 2000 en Annexe
A), désignées en vertu de la législation relative à la
protection de nature ou en révision de désignation26.
Par ailleurs, afin de disposer d’un réseau national
et transeuropéen de la nature véritablement cohé-
rent et résilient, il importe de mettre en place ou
rétablir des corridors écologiques au sein et entre
les zones protégées, afin de prévenir l’isolement gé-
nétique, de permettre la migration des spécimens
des espèces, ainsi que de préserver et d’améliorer la
santé des écosystèmes. Au vu de la fragmentation
avancée des paysages du Luxembourg, il y a lieu de
renforcer davantage la connectivité écologique
entre les zones protégées tout en tenant compte
des spécificités des habitats et espèces cibles. Dans
ce contexte, il convient d’assurer la protection lé-
gale et réglementaire des biotopes et habitats,
ainsi que de promouvoir l’installation de structures
paysagères diverses ou autres « stepping stones »,
ou encore l’exploitation extensive des surfaces pro-
pices à la biodiversité. Il convient également de sou-
tenir les investissements dans les infrastructures
vertes et bleues au niveau national (voir la carte des
principaux corridors écologiques en annexe C), et la
coopération transfrontière entre les États membres,
notamment à travers la coopération territoriale eu-
ropéenne27. Dans ce sens, le Luxembourg promou-
vra la coopération transfrontalière au niveau de
la Grande Région et mettra en œuvre le concept «
Across borders : Continuités écologiques transfron-
talières en Grande Région ».
1.2.
Mettre en place une
protection stricte d’au moins
un tiers des zones protégées
Les zones à très haute valeur avérée ou potentielle
en matière de biodiversité, ou les parties de ces
zones, nécessitent une attention particulière. Elles
sont les plus vulnérables aux pressions anthropogé-
niques ou au changement climatique, et des précau-
tions particulières devront être prises à leur égard
sous forme d’une protection stricte et réglementai-
rement contraignante. Au Luxembourg, ces zones ou
parties de ces zones sont désignées sous forme de
ZPIN, déclarées en vertu de la législation relative à la
protection de nature28, tout en assurant une partici-
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pation et consultation du public à un stade précoce.
À ce jour, seulement 4,2 % du territoire national
sont protégés strictement sous forme de ZPIN. Il est
prévu qu’une surface minimale d’un tiers des zones
protégées se trouve sous protection stricte, à l’inté-
rieur du réseau des zones protégées tel que défini
sous le chapitre 1.1., équivalant à 10 % du territoire
national, ce qui est conforme à l’ambition globale et
européenne proposée.
La déclaration de ZPIN, équivalant à une mise sous
protection stricte, est reconnue en tant que me-
sure hautement prioritaire de l’éventail de mesures
à disposition pour la protection et conservation des
zones Natura 2000 ou de parties de ces zones, pour
la protection des espèces, habitats ou paysages sen-
sibles, pour la création de zones de quiétude, et en-
core pour la consolidation ponctuelle du réseau des
corridors écologiques. La liste des sites prioritaires
à déclarer en tant que ZPIN a été réévaluée dans
cette optique et figure en annexe (voir Annexes B1
et B2). Il y a lieu de noter qu’il est également pré-
vu d’adapter la délimitation de certaines ZPINs
d’ores et déjà déclarées pour inclure des surfaces
limitrophes à haute valeur écologique, respective-
ment d’adapter les restrictions et interdictions par
rapport à la situation actuelle, ainsi qu’aux pres-
sions et menaces constatées. Supplémentairement
à cette liste, il est rappelé qu’en vue de l’obligation
d’atteinte de résultats par rapport aux objectifs de
conservation respectifs, il est prévu, le cas échéant,
de déclarer les zones Natura 2000 ou des parties
de ces zones en tant que ZPIN. Ainsi seront instau-
rées les mesures réglementaires appropriées, no-
tamment par rapport à la restauration des effectifs
des oiseaux inféodés aux milieux ouverts, à la res-
tauration des écosystèmes des herbages sensibles
et riches en espèces, ainsi qu’à la restauration des
zones humides et du bon état écologique des eaux
(voir la carte du réseau Natura 2000 en Annexe A).
Dans le contexte de cette protection stricte – et
en tant que mesure de mitigation et d’adaptation
au changement climatique – il a été jugé essentiel
de cibler notamment des sites correspondant à des
écosystèmes riches en termes de biodiversité et qui
fournissent d’importants services comme le captage
ou le stockage du carbone, ou comme l’atténuation
des catastrophes naturelles liées au changement cli-
matique. Ainsi, il convient de protéger strictement
les forêts anciennes ou caractérisées par des arbres
âgés, les grands massifs forestiers, respectivement
de définir les forêts à mettre sous évolution libre29,
incluant des zones de quiétude. Il convient égale-
ment de protéger strictement les sites abritant
d’autres écosystèmes riches en carbone tels que
les marais, tourbières et autres zones humides, ainsi
que de manière générale les herbages sensibles et
riches en espèces, incluant les prairies et pâtures
mésophiles, ou encore les zones inondables natu-
relles qui sont capables d’atténuer les effets des in-
tempéries ou inondations.
1.3.
Assurer une gestion efficace
de toutes les zones protégées
Il ne suffit toutefois pas seulement de désigner les
zones protégées juridiquement ; il est essentiel d’ap-
pliquer les mesures appropriées – réglementaires,
administratives ou contractuelles – et de gérer ef-
ficacement ces zones protégées au bénéfice des
espèces, habitats et écosystèmes cibles, y inclus la
sensibilisation et le guidage du public.
Toutes les zones protégées devront faire l’objet
d’une définition claire de leurs objectifs et mesures
de conservation respectifs spécifiques, compréhen-
sifs, ambitieux mais réalistes, ciblés, et être cadrées
par des plans de gestion appropriés, accessibles au
public. À l’instar des zones Natura 2000 qui disposent
dorénavant toutes d’un plan de gestion approprié,
ciblant les objectifs et mesures de conservation
pour lesquels la zone respective a été désignée, une
approche identique sera poursuivie pour toutes les
ZPINs. Les documents législatifs relatifs aux zones
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protégées et leurs plans de gestion sont à mettre
à jour de manière régulière ; notamment les for-
mulaires d’information standard relatifs aux zones
Natura 2000 sont à mettre à jour tous les trois ans
au plus tard. Ces mises à jour tiendront compte des
nouvelles données acquises dans le cadre du moni-
toring de la diversité biologique, ainsi que des objec-
tifs de restauration des écosystèmes fixés au niveau
national (voir le chapitre 2.1) à décliner vers les dif-
férentes zones protégées, le cas échéant, ou encore
des suivis et évaluations de la mise en œuvre desdits
plans de gestion et des éventuelles pressions et me-
naces identifiées (voir le chapitre 3.2).
La mise en œuvre des plans de gestion sera coordon-
née par l’État, en collaboration avec les communes,
et leurs stations biologiques, tout en comblant les
lacunes au niveau de la planification avec d’autres
acteurs, notamment les propriétaires et exploitants,
ainsi que d’autres acteurs œuvrant dans le domaine
de la protection de la nature. D’ailleurs, les me-
sures appropriées seront assurées afin d’alléger les
démarches administratives concernant la mise en
œuvre des plans de gestion qui ont été arrêtés en
bonne et due forme. Des échanges seront organisés
au sein de Comités de pilotage Natura 2000 (COPIL)
instaurés par regroupement de plans de gestion,
afin de promouvoir les bonnes pratiques et d’assurer
la réalisation concertée des mesures de conserva-
tion prioritairement au sein des zones Natura 2000.
Il est rappelé qu’en vertu de la législation l’Adminis-
tration de la nature et des forêts (ANF) veille à la réa-
lisation et au respect des plans de gestion des zones
protégées. Les ressources appropriées seront mises
en place afin d’implémenter les mesures de conser-
vation nécessaires en vue du maintien, voire du réta-
blissement de l’état de conservation favorable des
objectifs de conservation des zones protégées res-
pectives.
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Récapitulatif - Protection de la nature
Principaux engagements du Luxembourg d’ici à 2030
& actions correspondantes à réaliser et mesures quantifiables à atteindre d’ici
à 2026
1. Apporter une protection juridique à un minimum de 30 % de la superficie du
territoire national, en tenant compte des corridors écologiques en vue de la
constitution d’un véritable réseau transeuropéen de la nature cohérent et résilient
1.1
Atteindre 29 % du territoire classé en zones protégées (Natura 2000 & ZPIN), en
veillant aux actions 1.2 et 2.1 à 2.7
1.2
Désigner 10 corridors écologiques situés actuellement hors du réseau des zones
protégées
2. Mettre en place une protection stricte d’au moins un tiers des zones protégées
(10 % de la superficie du territoire national)
2.1
Atteindre 7,5 % du territoire classé en ZPIN en veillant aux actions 2.2 à 2.7
2.2
Désigner 7.500 ha supplémentaires de Réserves forestières (10.000 ha d’ici à
2030), en veillant à l’action 2.3
2.3
Atteindre 3.000 ha de Réserves forestières intégrales
2.4
Désigner 2.500 ha supplémentaires de zones protégées « Milieux ouverts à haute
valeur biologique » (5.000 ha d’ici à 2030), en veillant à l’action 2.5
2.5
Atteindre 4.000 ha « Herbages sensibles » classés dans ZPIN (6.000 ha d’ici à
2030)
2.6
Déclarer 12 ZPIN visant la restauration des cours d’eau et l’atteinte de leur bon
état écologique respectif
2.7
Déclarer 10 ZPIN ayant la fonction de corridor écologique, en veillant à l’action
1.2 (20 ZPIN d’ici à 2030)
3. Assurer une gestion efficace de toutes les zones protégées, conformément aux
objectifs et mesures de conservation des plans de gestion
3.1
Poursuivre la mise en place des plans de gestion pour toutes les zones protégées
3.2
Mettre en place des suivis et évaluations des objectifs et mesures de
conservation des zones protégées
3.3
Coordonner la mise en œuvre des plans de gestion des zones protégées
3.4
Mise en œuvre d’au moins 50 % des objectifs opérationnels des plans de gestion,
ainsi que d’au moins 66 % des mesures prioritaires
3.5
Mise en œuvre d’au moins 50 % des objectifs opérationnels des plans de gestion
relatifs à la conservation et à l’amélioration de la connectivité écologique
3.6
Tenir à jour les données et informations relatives aux zones protégées, désignées
juridiquement
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
RESTAURER
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RESTAURER
Protéger la nature dans son état actuel ne suffira
pas pour rétablir l’équilibre de la biodiversité et
restaurer les services écosystémiques dans notre
propre intérêt, autant économique que social.
Pour enrayer l’appauvrissement de la biodiversi-
té et la dégradation des services écosystémiques,
nous devons fixer au niveau mondial, européen
et national des objectifs plus ambitieux en ce qui
concerne la restauration de la nature. Partant, le
Luxembourg s’engage à contribuer au plan de res-
tauration de la nature de l’UE par un plan de res-
tauration national.
Ce plan de restauration national permettra à la fois
d’améliorer l’état de conservation des zones proté-
gées existantes ou de celles à désigner, de renforcer
la résilience des écosystèmes, même hors du réseau
des zones protégées, de rétablir l’état de conserva-
tion favorable des habitats et espèces, de structu-
rer les paysages du territoire, et de présenter des
moyens efficaces de mitigation et d’adaptation au
changement climatique. Cela nécessite tout parti-
culièrement de réduire les pressions qui s’exercent
sur les habitats et espèces, au moyen de mesures
appropriées administratives, contractuelles et/ou
réglementaires, et d’assurer que toute utilisation
des écosystèmes se fasse de manière durable. Cela
nécessite également de promouvoir la restauration
de la nature et des écosystèmes, de renforcer voire
rétablir la connectivité écologique, de limiter l’éro-
sion et l’imperméabilisation des sols, et de lutter
contre la pollution et les espèces exotiques envahis-
santes. Cette restauration créera des emplois, dits
« green-jobs », conciliera les activités économiques
et la nature, et contribuera à garantir sur le long
terme la productivité et la valeur de notre capital
naturel30.
Établir et exécuter un plan
de restauration de la nature,
des écosystèmes et de leurs
services
2.
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RESTAURER
2.1.
Atteindre les objectifs et
fixer le calendrier pour la
restauration de la nature et
des écosystèmes
Déterminer les objectifs et fixer le
calendrier de la restauration
La restauration de la nature, notamment le maintien
voire le rétablissement de l’état de conservation fa-
vorable des habitats et des espèces, respectivement
du bon état écologique des eaux, est visée et exigée
par la législation existante de l’UE, notamment les
directives « nature », ainsi que la directive-cadre sur
l’eau et la directive sur les inondations31,32,33,34. Elle
est également cadrée par la législation nationale re-
lative à la protection de la nature et des ressources
naturelles, ainsi qu’à l’eau, et ciblée par les instru-
ments stratégiques et de planification y relatifs. Par
ailleurs, la présente stratégie considère les lignes
directrices de la future législation de l’UE sur la res-
tauration de la nature, actuellement en cours d’éla-
boration.
Dans ce sens, il importe d’abord de déterminer les
différences entre les valeurs de l’état actuel et les
valeurs de référence favorables des habitats et es-
pèces d’intérêt communautaire, ainsi que des bio-
topes et espèces d’intérêt national dotés d’un plan
d’action « Habitats » ou « Espèces », en vue du réta-
blissement de leur état de conservation favorable,
et puis de fixer le calendrier pour y parvenir. Cette
analyse est cruciale afin de déterminer et quan-
tifier l’envergure des mesures de restauration –
créations et/ou améliorations – à réaliser au niveau
national, sur la totalité du territoire, à court terme
(2026) et à moyen terme (2030) (voir les objectifs de
restauration en annexe D). Le calendrier ainsi fixé
tient compte de la priorité des habitats et des habi-
tats d’espèce au niveau communautaire – atteindre
100 % pour les habitats prioritaires, 66 % pour tout
autre habitat d’intérêt communautaire ainsi que
50 % pour les biotopes d’intérêt national à moyen
terme (2030) afin d’atteindre 100 % des objectifs
à long terme (2050) – respectivement de l’urgence
d’agir.
Cette analyse permettra également de décliner ces
objectifs de restauration à réaliser au niveau natio-
nal, ou une partie de ces objectifs, vers le réseau de
zones protégées, afin de déterminer la contribution
de l’ensemble du réseau des zones protégées, ainsi
que la contribution individuelle de chaque zone pro-
tégée à l’atteinte de ces objectifs de restauration. Le
cas échéant, les objectifs de conservation quantifiés
ainsi reconsidérés seront intégrés dans les plans de
gestion respectifs des différentes zones protégées.
Il est rappelé que la restauration des écosystèmes et
de leurs services nécessite également des efforts à
réaliser hors du réseau de zones protégées.
En ce qui concerne les objectifs de restauration par
rapport aux eaux de surfaces et souterraines, et
des habitats et espèces y liés, ceux-ci figurent de
manière détaillée dans le plan de gestion pour les
parties des districts hydrographiques internationaux
Rhin et Meuse situées sur territoire luxembourgeois
2022-2027, et son programme de mesures qui en
fait partie intégrante35. S’y ajoutent les projets de re-
naturation des cours d’eau de moindre débit ou des
sources, dont particulièrement les projets prévus
par les plans de gestion Natura 2000 ou réalisés en
faveur d’un plan d’action « Habitats » ou « Espèces ».
Atteindre les objectifs et respecter
le calendrier fixé
Alors que des succès notables ont pu être réalisés les
dernières années dans certains domaines de la res-
tauration de la nature et de la gestion de l’eau, ceux-
ci sont souvent trop ponctuels et les progrès sont en-
través par des lacunes considérables dans la mise en
œuvre. Dans certains domaines, les actions positives
n’arrivent pas à contrebalancer les pressions géné-
rales persistantes, notamment en ce qui concerne
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le milieu agricole. On manque de calendriers clairs
et surtout contraignants concernant la restauration
de la nature, des écosystèmes et de leurs services.
S’il y a lieu de soutenir activement la mise en œuvre
de la législation, il importe également d’assurer un
meilleur suivi et contrôle de son application. Pour
faire en sorte que la restauration de la nature et des
écosystèmes, en tant que solution fondée sur la na-
ture, soit efficace, augmente la résilience de notre
société envers les enjeux futurs et contribue à l’atté-
nuation du changement climatique et à l’adaptation
à celui-ci, les actions y relatives seront poursuivies à
deux niveaux
La Commission européenne, en concertation avec
les États membres, a présenté une démarche re-
lative à la fixation d’objectifs de restauration de
la nature juridiquement contraignants en vue de
restaurer les écosystèmes dégradés, en particu-
lier ceux qui présentent le meilleur potentiel pour
capter et stocker le carbone, et pour prévenir et
réduire les effets des catastrophes naturelles.
Cette démarche énonce les conditions de la réa-
lisation de ces objectifs ainsi que les mesures les
plus efficaces pour les atteindre. Dans le cadre de
cette démarche, la Commission européenne exa-
mine également la possibilité d’adopter une mé-
thode au niveau de l’Union pour cartographier les
écosystèmes, les évaluer et les ramener à un bon
état écologique, afin qu’ils soient en mesure d’as-
surer des services tels que la régulation du climat
et de l’eau, la santé des sols, la pollinisation ainsi
que la prévention des catastrophes naturelles et
la protection contre celles-ci.
Dans ce contexte, le Luxembourg mettra en
œuvre cette démarche au niveau national, et
dans des délais clairement établis : il importe
de fixer au niveau national des objectifs et des
calendriers clairs et contraignants relatifs à la
restauration ou l’utilisation durable des écosys-
tèmes qui concourent aux objectifs européens.
Dans le même sens, il y a lieu de cartographier,
surveiller ou évaluer les services écosystémiques,
leur santé ou les efforts de restauration de ma-
nière exhaustive dans les meilleurs délais, le cas
échéant selon les directives déterminées par la
Commission européenne.
La visée de cette démarche est double pour le ni-
veau national
a. Enrayer la dégradation pour 100 % des habi-
tats et espèces d’intérêt communautaire ayant
actuellement un état de conservation non favo-
rable, d’ici 2026
En particulier, le Luxembourg analysera dans les
délais les plus brefs les moyens – réglementaires,
administratifs et/ou incitatifs – nécessaires pour
enrayer l’appauvrissement de la biodiversité.
100 % des habitats et espèces d’intérêt com-
munautaire présentant actuellement un état de
conservation non favorable n’afficheront plus
de dégradation de leur état au niveau de leur
tendance générale, à évaluer en vertu des ar-
ticles 12 ou 17 des directives « Nature », en 2026.
b. Restaurer l’état de conservation favorable de
30 % des habitats et/ou espèces ayant une si-
tuation non favorable, d’ici 2030
En plus d’enrayer tout dégradation, le Luxem-
bourg veillera à ce qu’au moins 30 % des espèces
et/ou habitats qui ne présentent actuellement
pas un état de conservation favorable entreront
dans cette catégorie, ou leurs états de conserva-
tion respectifs afficheront du moins une tendance
significativement positive, d’ici 2030. D’ailleurs,
pour ces « 30 % » des plans d’action « Espèces »
et « Habitats » prioritaires seront développés ou
mis à jour, et implémentés prioritairement.
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2.2.
Implémenter et prioriser les
plans d’action « Espèces » et
« Habitats »
Déterminer les priorités des plans d’action
« Espèces » et « Habitats »
L’approche de procéder par plan d’action « Espèces »
et « Habitats » a fait ses preuves, notamment en
considérant l’aire de distribution nationale d’une es-
pèce ou d’un habitat en tant qu’échelle opération-
nelle de la mise en œuvre de mesures de gestion et
de conservation36. Cette approche permet ainsi non
seulement de cerner les circonstances locales d’un
site telles qu’elles sont analysées dans l’élaboration
de plans de gestion par zone protégée, mais aussi de
prendre en compte des processus relatifs à la dyna-
mique de la métapopulation régionale ou nationale,
ou encore de la connectivité écologique. Les critères
de sélection d’espèces et d’habitats pour lesquels
des plans d’action ont été, respectivement seront
élaborés, sont
a. L’approche de procéder par mesures de conser-
vation au niveau des zones protégées est insuf-
fisante pour atteindre leur état de conservation
favorable ;
b. La distribution géographique de l’espèce ou de
l’habitat est assez large, malgré une densité plu-
tôt faible, et dont la conservation de la métapo-
pulation nationale nécessite une gestion concer-
tée à grande échelle ;
c. Les mesures réalisées en faveur de ces espèces «
parapluie » ou ces habitats-clés sont bénéfiques
à la conservation de nombreuses autres espèces
caractéristiques rares ou menacées.
Une accélération des efforts investis dans la mise en
œuvre des plans d’action est urgente, notamment
au niveau des milieux ouverts et des zones humides.
L’élaboration et la mise en œuvre des plans d’actions
dotés de cibles quantifiables et mesurables sont à
poursuivre. Les plans d’actions existants seront mis
à jour en tenant particulièrement compte des nou-
veaux résultats du monitoring, ainsi que des plans de
gestion développés.
Dans le but d’optimiser les investissements finan-
ciers et les ressources humaines disponibles, les sy-
nergies possibles entre les différents plans d’action
« Espèces » et « Habitats » ont été analysées. Dans
cette optique, les priorités ont été revues afin de dé-
finir les plans d’action prioritaires et d’évaluer leur
mise en œuvre (voir les plans d’action « Espèces »
et « Habitats » en annexe E). Ces plans d’action prio-
ritaires correspondent notamment aux 30 % des
espèces et des habitats d’intérêt communautaire
à désigner qui actuellement ne présentent pas un
état de conservation favorable et qui d’ici 2030 de-
vront entrer dans cette catégorie ou du moins affi-
cher une tendance nettement positive. Pour chaque
plan d’action prioritaire, la coordination de sa mise
en œuvre sera assurée par des experts désignés à
cet effet, sous la responsabilité du Ministère ayant
l’Environnement dans ses attributions (MECDD) et
de ses administrations.
Enrayer le déclin des insectes en général,
et des pollinisateurs en particulier
De manière générale, les insectes jouent un rôle clé
pour le maintien de la biodiversité, la capacité de ré-
silience de nombreux écosystèmes terrestres et la
fourniture de services écosystémiques. Notamment
la pollinisation est l’un des mécanismes naturels les
plus importants : le monde végétal repose en grande
partie sur les insectes pour leur reproduction.
Malheureusement, les insectes pollinisateurs su-
bissent actuellement une grave crise d’extinc-
tion planétaire et le déclin de leurs effectifs est
particulièrement bien documenté en Europe. Les
principaux facteurs de leur déclin sont la perte des
habitats naturels par fragmentation et dégrada-
tion, les pratiques agricoles intensives, l’utilisation
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de pesticides, les maladies et les espèces exotiques
envahissantes, ainsi que le changement climatique.
Afin d’enrayer le déclin alarmant des pollinisateurs,
et des insectes en général, et maintenir les services
qu’ils fournissent, il est essentiel de mettre en œuvre
de manière conséquente des mesures concrètes de
préservation et de gestion appropriée en milieu
agricole, forestier, aquatique et urbain. En plus, le
Luxembourg prendra des mesures pour réduire
l’utilisation des pesticides en général et les risques
qui leur sont associés d’ici à 2030. En particulier, il
s’agit d’interdire l’emploi des insecticides ou autres
substances nocives pour les insectes dans les zones
importantes à la conservation des pollinisateurs en
particulier, ainsi que des insectes et insectivores en
général. Au vu de la dérive de ces substances, il sera
nécessaire d’installer des zones tampons.
Parallèlement, il importe d’améliorer les connais-
sances sur les insectes pollinisateurs à l’aide d’in-
ventaires et de suivis systématiques, et de sensi-
biliser tout un chacun à œuvrer en leur faveur. Ces
démarches doivent être appuyées par la mise en
œuvre intégrale de l’initiative européenne sur les
pollinisateurs37. À cette fin, le plan national pour
la préservation des insectes pollinisateurs, visant
à guider et fédéraliser les actions administratives,
réglementaires ou incitatives permettant d’inver-
ser la tendance du déclin des pollinisateurs, et des
insectes en général, sera l’instrument phare pour38
Enrayer le déclin et la disparition d’espèces d’in-
sectes rares et vulnérables ;
Apporter une attention particulière aux sites im-
portants pour la conservation voire la restaura-
tion des pollinisateurs, lors de la désignation en
tant que zones protégées ;
Cibler la gestion des zones protégées tout en
intégrant plus spécifiquement les espèces d’in-
sectes rares et menacés, et les fonctions écolo-
giques y liées ;
Conserver, restaurer et reconnecter les commu-
nautés d’insectes pollinisateurs et les habitats
qui les hébergent ;
Préserver et restaurer les services écosysté-
miques fournis par les pollinisateurs.
Restaurer les écosystèmes liés aux
« herbages sensibles »
Le Luxembourg dispose d’un certain nombre d’her-
bages à haute valeur écologique, présents sous dif-
férents types ou formes. Près d’un quart des her-
bages ont été identifiés et cartographiés en tant
que prairies pertinentes pour la conservation de la
nature, s’élevant à environ 18.000 ha39. Ces « her-
bages sensibles » correspondent d’une part aux bio-
topes et habitats herbeux protégés (~4.000 ha), et
d’autre part aux herbages assez riches en espèces
(~14.000 ha).
Basé sur le suivi scientifique des biotopes des mi-
lieux ouverts, l’état de conservation des habitats
herbeux et des espèces inféodées aux herbages est
généralement évalué en tant que « mauvais ». Mal-
gré la prise d’un certain nombre de mesures dont
la sensibilisation et l’information des propriétaires
et exploitants, ou la réglementation instaurant une
protection réglementaire plus stricte des biotopes,
des pertes importantes en surfaces et des détério-
rations ont été enregistrées pour ces herbages sen-
sibles, notamment dues à une gestion agricole non
adaptée et trop intensive. En particulier, la fertilisa-
tion, le retournement et le réensemencement, ainsi
que le fauchage trop précoce et trop répétitif sont
les principales causes. Ce constat appelle au besoin
urgent d’agir pour protéger, préserver et restaurer
les écosystèmes liés aux herbages sensibles et riches
en espèces au niveau national, et dans les zones pro-
tégées en particulier, par différentes mesures admi-
nistratives et/ou réglementaires.
À cette fin une stratégie nationale relative à la pré-
servation et restauration des herbages sensibles a
été adoptée, contenant plusieurs recommandations
concrètes d’actions à différents niveaux, dont la re-
lance d’approches éprouvées ainsi que le dévelop-
pement de nouvelles pistes, qui doivent être coor-
données et mises en œuvre à l’échelle nationale par
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toutes les institutions actives dans la conservation
de la nature et l’agriculture au Luxembourg, d’ici
2030, afin de contribuer notamment à la réduction
significative du nombre d’espèces rares ou mena-
cées des prairies et à la restauration voire l’amélio-
ration des habitats et biotopes herbeux
Enrayer la dégradation de l’état de conservation
des biotopes et habitats herbeux protégés, et
des espèces liées, par des mesures incitatives,
administratives et réglementaires ;
Identifier/inclure des sites importants pour la
conservation voire la restauration des herbages
sensibles, et des biotopes et habitats herbeux
protégés en particulier, lors de la désignation en
tant que zones protégées ;
Cibler la gestion des zones protégées tout en in-
tégrant plus spécifiquement la préservation et
restauration des herbages sensibles ;
Conserver, restaurer et reconnecter les biotopes
et habitats herbeux protégés, ainsi que les es-
pèces qu’ils hébergent ;
Préserver et restaurer les services écosysté-
miques fournis par les herbages sensibles.
Rétablir les populations des oiseaux des milieux
ouverts et leurs habitats
L’effondrement des populations de nombreuses es-
pèces d’oiseaux, notamment des milieux ouverts,
y inclus des zones humides est constaté depuis
quelques décennies et particulièrement bien dé-
montré. Des changements au niveau des effectifs
et des répartitions des oiseaux sont souvent révé-
lateurs de transformations au niveau de leurs habi-
tats et mettent en évidence les conditions d’autres
espèces ainsi que de leur environnement. Les ré-
gressions des espèces d’oiseaux des milieux ouverts
– rares ou communes – indiquent le mauvais état
de conservation des habitats agricoles, qui sont uti-
lisés en tant que site de nidification, aire de repos,
ou zone de nourrissage. De nombreuses études ont
établi que la qualité inadéquate de ces habitats est
largement imputable aux pratiques d’exploitation
de plus en plus intensives.
Il est évident qu’un changement urgent de ces pra-
tiques est nécessaire qui implique la mise en œuvre
davantage de mesures de conservation visant la res-
tauration des habitats en tant que sites de nidifica-
tion et/ou refuges, et garantissant la disponibilité de
nourriture pour rétablir les populations des oiseaux
des milieux ouverts et des écosystèmes auxquels ils
sont liés.
À cette fin, un plan d’action « Oiseaux des milieux
ouverts » sera adopté et dont les actions seront coor-
données et mises en œuvre à l’échelle nationale par
toutes les institutions actives dans la conservation de
la nature et l’agriculture au Luxembourg, d’ici 2030
Enrayer la dégradation de l’état de conservation
des habitats des espèces d’oiseaux des milieux
ouverts, par des mesures administratives et ré-
glementaires, bénéfiques à tout un ensemble
d’organismes inféodés à ces milieux ;
Identifier/inclure des sites importants pour la
conservation voire la restauration des popula-
tions des oiseaux des milieux ouverts, lors de la
désignation en tant que zones protégées ;
Cibler la gestion des zones protégées tout en in-
tégrant plus spécifiquement la préservation et
restauration des habitats des oiseaux des milieux
ouverts ;
Conserver et restaurer notamment les pelouses
ou prairies maigres, les labours extensifs, ainsi que
les particularités topographiques à haute diversité
biologique des terres agricoles, dont notamment
les bandes refuges, fleuries, enherbées ou de pro-
tection riveraines, les jachères, les structures pay-
sagères ligneuses, les zones humides etc., gérées
obligatoirement sans emploi de fertilisants ou de
produits phytopharmaceutiques ;
Préserver et restaurer les services écosysté-
miques fournis par les terres agricoles.
Assurer les actions spécifiques concernant les
espèces végétales menacées
Il est reconnu que les espèces végétales sont insuf-
fisamment considérés par la directive « Habitats »,
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faisant en grande partie défaut dans ses annexes.
Cependant, l’état de conservation des habitats est
directement lié à l’état de conservation des espèces
végétales par le critère « structures et fonctions »,
incluant les espèces caractéristiques. Ainsi, il est
d’une importance essentielle d’améliorer l’état de
conservation des espèces végétales menacées afin
de permettre aux habitats de développer leur po-
tentiel écologique maximal.
Le Luxembourg a par ailleurs une responsabilité
particulière pour certaines espèces de plantes qui
ont leur plus grande population continentale sur le
territoire du Luxembourg. Il en va de même pour
d’autres espèces qui sont très rares au Luxembourg,
ou encore celles qui se situent en marge de l’aire de
répartition principale de ces espèces. Ces espèces
de plantes ont ainsi une très haute valeur patrimo-
niale écologique pour le Luxembourg et nécessitent
de ce fait une attention particulière.
La stratégie nationale pour la conservation des
plantes est à mettre en œuvre dans une large me-
sure afin de contribuer notamment à la réduction
significative du nombre d’espèces végétales mena-
cées et à la restauration voire l’optimisation des ha-
bitats et biotopes
Conception et mise à jour des listes rouges pour
tous les groupes de plantes d’ici 2023 ;
Développement de plans d’action « Espèce »
pour certaines espèces végétales « parapluies »,
et inclusion d’actions spécifiques en faveur des
espèces végétales caractéristiques rares ou me-
nacées dans les plans d’action « Habitats » appro-
priés. La sélection des espèces végétales pour
lesquelles des plans d’action « Espèces » seront
développés devra suivre les critères énumérés
ci-dessus (voir au chapitre 2.2 Déterminer les
priorités des plans d’action « Espèces » et « Ha-
bitats » ). À cette fin, l’Observatoire de l’environ-
nement naturel réalisera une analyse pour guider
cette sélection ;
Identification et inclusion des sites importants
pour la conservation des plantes rares ou mena-
cées lors de la désignation des zones protégées ;
Ciblage de la gestion des zones protégées en in-
tégrant plus spécifiquement les plantes rares et
menacées ;
Application des mesures de réintroduction de
certaines plantes menacées et restauration de
leurs habitats ;
Développement et mise en œuvre de mesures
de conservation in-situ/ex-situ pour certaines es-
pèces de plantes.
Lutter contre les espèces exotiques
envahissantes
Les espèces exotiques envahissantes sont recon-
nues comme la cinquième cause majeure de l’éro-
sion de la biodiversité mondiale et peuvent donc
sérieusement compromettre les efforts déployés
pour protéger et restaurer la nature au Luxem-
bourg. Dans leur nouvel environnement, ces espèces
peuvent avoir un impact notable sur la biodiversité
ou encore causer des problèmes liés à la santé pu-
blique ou à l’économie, en effet, bon nombre d’es-
pèces exotiques envahissantes favorisent l’appari-
tion et la propagation de maladies infectieuses qui
constituent une menace pour l’homme comme pour
la faune et la flore sauvages. Le rythme auquel de
telles espèces sont libérées dans l’environnement
s’est accéléré au cours des dernières années.
Au vu des menaces causées par les espèces exotiques
envahissantes et conformément au règlement euro-
péen UE n°1143/2014 sur les espèces exotiques en-
vahissantes, le Luxembourg établit et met en œuvre
des plans d’action pour gérer d’une part les espèces
les plus répandues et d’autre part prévenir l’introduc-
tion d’espèces non encore établies au Luxembourg
en ciblant les voies d’introduction et de propagation
prioritaires40,41. Une mise en œuvre conséquente des
mesures prévues dans ces plans d’action couplée au
système de surveillance et de détection précoce en
place sera nécessaire afin de poursuivre l’objectif
de limiter au minimum l’introduction et l’établisse-
ment d’espèces exotiques dans l’environnement au
Luxembourg et, lorsque c’est possible, d’y mettre un
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terme, ainsi que de gérer les espèces exotiques en-
vahissantes déjà établies. Toutes ces mesures ainsi
que celles prévues dans la stratégie nationale relative
aux espèces exotiques envahissantes contribuent à
atteindre les objectifs fixés par la présente stratégie
d’ici 2030, afin de réduire significativement la menace
causée par les espèces exotiques envahissantes pour
50 % des espèces des Listes rouges et de 50 % des ha-
bitats d’intérêt communautaire qui souffrent actuel-
lement des impacts négatifs de ces premières.
2.3.
Conserver, renforcer,
voire rétablir la connectivité
écologique
La connectivité écologique équivaut au lien fonc-
tionnel entre les différents habitats vitaux pour
toute espèce, permettant la migration des spéci-
mens et la circulation des gènes. Elle est essentielle
à la préservation de la santé et de la résilience des
écosystèmes. Un ensemble d’éléments assurant la
connectivité écologique pour une espèce est com-
munément appelée « corridor ».
Les corridors d’importance nationale ont été iden-
tifiés pour la trame « forestière », ainsi que pour
la trame « aquatique » qui figurent sous forme de
visualisations cartographiques en annexe (voir les
cartes concernant la connectivité écologique en an-
nexe C). Ces corridors englobent des éléments im-
portants pour la connectivité écologique à l’échelle
nationale, voire internationale. Cependant, il ne faut
pas ignorer pour autant que la connectivité écolo-
gique se joue également à plus faible échelle, non vi-
sualisée sur les cartes en annexe, en particulier pour
la petite faune pour laquelle des petites construc-
tions longitudinales peuvent représenter des bar-
rières infranchissables, tant pour les constructions
existantes ainsi que projetées.
D’ailleurs la connectivité écologique comprend
également d’autres trames que celles mentionnées
ci-dessus, dont entre autres une trame « herbages
sensibles » nécessaire à l’échange génétique des
insectes pollinisateurs, les espèces végétales, et
autres espèces liées aux milieux ouverts, une trame
« mares et eaux stagnantes » nécessaire à la dis-
persion des espèces semi-aquatiques, ainsi qu’une
trame « noire » correspondant à l’ensemble des cor-
ridors écologiques caractérisés par une certaine obs-
curité et empruntés par les espèces nocturnes. L’Ob-
servatoire de l’environnement naturel sera chargé
d’analyser la faisabilité et de définir ces trames plus
précisément.
Afin de remédier au degré de fragmentation consi-
dérable des paysages au Luxembourg, la connecti-
vité écologique à toutes les échelles sera conser-
vée ou renforcée, et rétablie le cas échéant. Il est
primordial de préserver les corridors et d’entamer
différents projets de restauration au niveau de cer-
tains points faibles clairement identifiés au niveau
des corridors. La préservation et la restauration de
la connectivité écologique sont aussi importantes
que la protection des zones naturelles.
La connectivité écologique devra être prise en
compte de manière systématique dans le cadre
des procédures d’évaluation et d’autorisation ainsi
que dans l’aménagement du territoire. Des mesures
d’amélioration et de rétablissement des corridors
d’importance internationale et nationale seront
mises en œuvre sous la régie des acteurs étatiques et
communaux en collaboration avec les propriétaires
et exploitants de terrains, par le biais notamment
des régimes d’aide en faveur de l’environnement na-
turel et de la biodiversité, ainsi que différents fonds
spéciaux.
Plus particulièrement au niveau des « goulots d’étran-
glement » des corridors forestiers, ainsi qu’au niveau
de la zone verte interurbaine et des coupures vertes
telles que définies par le Plan directeur sectoriel
« paysages » (PSP), la connectivité est d’ores et déjà
affectée. Des améliorations de la connectivité écolo-
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gique y sont impérativement à assurer, et des projets
de transport ou d’urbanisation y sont à omettre. Les
goulots d’étranglement prioritaires par rapport au ré-
seau des corridors forestiers d’importance nationale
sont visualisés en annexe (voir la carte concernant les
corridors forestiers en Annexe C1). La planification et
les travaux concernant notamment six gros ouvrages
« passage à faune » prioritaires (voir la carte concer-
nant les corridors forestiers en Annexe C2), ainsi que
plusieurs ouvrages « passage à faune » supplémen-
taires qui seront tous entamés d’ici 2026 sous la régie
d’un groupe de travail interministériel constitué par
les services y relatifs des Travaux publics et de l’Envi-
ronnement.
Les corridors aquatiques assurent la connectivité
naturelle, aussi bien latérale que longitudinale. Ils
sont primordiaux pour la migration, la dispersion et
la répartition géographique des espèces inféodées
aux habitats aquatiques ou semi-aquatiques (voir la
carte concernant les corridors aquatiques en Annexe
C3). Ces espaces sensibles seront maintenus, voire
améliorés d’une part par la restauration de l’état
hydromorphologique et par l’amélioration de la qua-
lité des cours d’eau, ainsi que par la préservation
de bandes riveraines le long des berges des cours
d’eau et par la restauration de zones humides au ni-
veau de la plaine alluviale. D’autre part, des mesures
ciblant le rétablissement de la continuité écologique
au niveau des ouvrages techniques problématiques
existants, faisant barrage ou diminuant fortement
la connectivité (mise à ciel ouvert de passage bu-
sés, élimination de barrages et/ou construction de
rampes ou passes à poissons), garantiront la conti-
nuité des cours d’eau ou la franchissabilité des es-
pèces aquatiques ou semi-aquatiques.
Le plan de gestion pour les parties des districts
hydrographiques internationaux Rhin et Meuse si-
tuées sur territoire luxembourgeois (2021-2027) a
identifié 797 ouvrages techniques problématique à
la continuité écologique (voir la carte concernant les
corridors aquatiques et relatifs aux zones humides
en Annexe C4).
2.4.
Restaurer les écosystèmes
liés à l’eau douce
Le cadre juridique dans le domaine de l’eau est am-
bitieux, mais sa mise en œuvre est à la traîne et le
contrôle de son application doit être renforcé. De
manière générale, l’état de conservation des habi-
tats et espèces liés aux milieux aquatiques est peu
favorable. Il convient de redoubler d’efforts pour
restaurer les écosystèmes liés à l’eau douce et réta-
blir les fonctions naturelles et services des eaux sou-
terraines ou de surface afin d’atteindre les objectifs
de la législation y relative.
Globalement, des investissements importants dans
la restauration à grande échelle des cours d’eau, des
zones humides et des plaines inondables peuvent
dynamiser considérablement l’économie du sec-
teur de la restauration et les activités socio-éco-
nomiques locales comme le tourisme et les loisirs.
Dans le même temps, ces investissements peuvent
améliorer la régulation de l’eau, la protection contre
les inondations, les habitats servant de frayères et
zones d’alevinage pour les poissons et l’élimination
de la pollution par les nutriments.
En vue de mettre en œuvre la directive-cadre sur l’eau
et de restaurer les écosystèmes liés à l’eau douce, le
Luxembourg a adopté en 2022 son troisième plan
de gestion visant les parties luxembourgeoises des
districts hydrographiques internationaux du Rhin
et de la Meuse qui inclut également un programme
de mesures. Le plan de gestion définit la stratégie
de développement durable dans le domaine de
la gestion et de la protection des eaux, alors que
le programme de mesures définit des mesures et
actions concrètes visant à atténuer les pressions
s’exerçant sur les différentes masses d’eau, voire à
restaurer les écosystèmes aquatiques et les habitats
et espèces y liées.
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Le programme de mesures a été établi tout en op-
tant pour les mesures les plus efficaces et efficients
possibles. Elles sont catégorisées de manière à cibler
les pressions principales : les eaux résiduaires, l’hy-
dromorphologie, le secteur agricole, les eaux souter-
raines, ainsi que les mesures complémentaires.
Concernant les eaux résiduaires, un accent fort
devra être mis sur la construction ou la modernisa-
tion de stations d’épuration, en mettant un accent
particulier sur le traitement supplémentaire des mi-
cropolluants et l’élimination des microplastiques ;
ceci dans l’intérêt de nos cours d’eau et des espèces
liées, mais également dans l’intérêt à la prévention
de la pollution marine. Constatant que d’énormes
efforts ont été réalisées ces dernières années par
rapport aux eaux résiduaires, en construisant ou
modernisant les stations d’épuration, les eaux sou-
terraines et de surface restent actuellement impac-
tées de manière prépondérante par des nutriments
azotés d’origine agricole. Pour y remédier, en 2023,
la réglementation relative aux nitrates sera révisée
et adaptée en conséquence, en vue de renforcer
les dispositions par rapport aux lieux et méthodes
d’entreposage des fertilisants, ainsi qu’aux charges
maximales, méthodes, périodes et lieux d’épandage
des fertilisants.
Les pressions hydromorphologiques principales
constatées le long des réseaux hydrographiques na-
tionaux, sont la présence d’obstacles à la franchis-
sabilité écologique d’une part (voir sous 2.3.) et le
manque de dynamique naturelle au sein des plaines
alluviales. En particulier, la majorité du réseau hy-
drographique national est concernée par l’absence
de bandes de protection riveraines, d’ailleurs dès
leurs sources. La mise en place de telles bandes le
long des cours d’eau, et la protection et restauration
des sources naturelles, sur une longueur totale d’au
moins 500 km, sont essentielles pour améliorer la
qualité physico-chimique, la structure hydromorpho-
logique et la continuité écologique des cours d’eau.
La largeur minimale recommandée pour les bandes
de protection riveraines, dépend de la largeur des
cours d’eau : pour les cours d’eau d’une largeur infé-
rieure à 10 mètres, une bande tampon d’une largeur
minimale de 5 mètres est visée ; pour les cours d’eau
plus larges une bande de minimum 10 mètres est re-
commandée.
En vue de restaurer la dynamique naturelle des
plaines alluviales, le programme de mesures cible un
certain nombre de tronçons à renaturer, cependant
s’y ajoutent les projets de renaturation des sources
et/ou cours d’eau de moindre débit, permanents ou
temporaires, prévus par les plans de gestion Natura
2000 ou réalisés en faveur d’un plan d’action « Habi-
tats » et « Espèces ».
La renaturation des cours d’eau sera atteinte
Par la remise des cours d’eau dans le thalweg natu-
rel (réactivation du tracé original du lit mineur) ;
Par la réinstauration de méandres, la réactivation
du lit majeur pour favoriser la rétention naturelle
de l’eau, la connexion de bras morts, le reprofi-
lage du lit mineur (plus large et moins profond),
etc. ; et/ou
Par la concession d’un espace nécessaire aux
cours d’eau afin qu’ils puissent retrouver leurs dy-
namique et hydromorphologie naturelles au sein
de leur plaine alluviale, incluant l’installation ou
la restauration de dépressions humides et eaux
stagnantes, ainsi que d’autres habitats humides
et/ou dépendant des eaux.
Cependant, la restauration des écosystèmes liés
à l’eau douce sera également assurée par l’enlè-
vement des drainages ou l’abandon de leur entre-
tien, le comblement de fossés drainants, l’omission
des curages des cours d’eau permanents ou tem-
poraires, la restauration des sources naturelles et
de leur périphérie, ainsi que la création ou l’amé-
lioration de mares et autres eaux stagnantes. En
outre, le plan d’action « Espèces » visant le castor
européen, une espèce clé des milieux aquatiques
et semi-aquatiques, sera promu, assurant ainsi
la gestion et la restauration de ces écosystèmes.
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En ce qui concerne la continuité écologique des
cours d’eau, le Luxembourg s’engagera de participer
à la stratégie communautaire d’éliminer ou adapter
les obstacles qui entravent le passage des poissons
migrateurs à longue distance et à améliorer l’écou-
lement des eaux. Pour concrétiser cette ambition,
au moins 20 km de cours d’eau seront renaturés et
redeviendront à courant libre d’ici 2030, grâce à l’éli-
mination des obstacles essentiellement obsolètes
et à la restauration des plaines inondables et leurs
écosystèmes liés à l’eau.
De même, le Luxembourg réexaminera les permis de
captage d’eau et d’endiguement afin de rétablir les
flux écologiques et de parvenir ainsi à un bon état
avéré ou potentiel pour toutes les eaux de surface
et à un bon état pour toutes les eaux souterraines au
plus tard d’ici 2027, comme l’exige la directive-cadre
sur l’eau.
2.5.
Rétablir la nature sur les
terres agricoles
En tant que gestionnaires de la moitié de notre terri-
toire, les agriculteurs jouent un rôle essentiel dans
la préservation de la biodiversité. La biodiversité
et les écosystèmes sains constituent un point de
départ indispensable qui permet aux agriculteurs
de nous fournir des denrées alimentaires sûres, du-
rables, nutritives et abordables, et leur procurent
des revenus pour pouvoir développer leurs activités.
En contrepartie, la gestion des espaces naturels et la
fourniture des services écosystémiques pourra aussi
contribuer à procurer des revenus aux agriculteurs.
L’intensification des pratiques agricoles et l’unifor-
misation du parcellaire agricole est l’une des causes
principales du déclin de la biodiversité et de la dé-
gradation des écosystèmes y relatifs. Partant, il est
important de travailler avec les agriculteurs afin
de soutenir et d’encourager la transition vers des
pratiques entièrement durables, et de soutenir un
marché des courtes distances des produits y issus.
L’amélioration de l’état et de la diversité des écosys-
tèmes agricoles augmentera la résilience du secteur
face au changement climatique, aux risques environ-
nementaux et aux chocs socio-économiques, tout en
créant de nouveaux emplois, par exemple des initia-
tives de l’agriculture biologique, l’agroécologie ou le
tourisme rural42.
Pour soutenir la viabilité à long terme à la fois de
la nature et de l’agriculture, la présente stratégie
fonctionnera en tandem avec la mise en œuvre de
la politique agricole dans le cadre du Plan Straté-
gique National (PSN), notamment par la promo-
tion de programmes écologiques et de régimes de
paiements fondés sur les améliorations écologiques
avérées. Outre le cadre défini au niveau européen,
le Luxembourg veillera à ce que la mise en œuvre de
la politique agricole soit également évaluée sur la
base de critères solides en matière de climat et d’en-
vironnement, et surtout par rapport aux objectifs de
protection et de restauration fixés dans la présente
stratégie (voir le chapitre 3.2).
La politique agricole encouragera des pratiques du-
rables telles que l’agriculture biologique, l’agrofo-
resterie ou la valorisation des herbages sensibles.
Il s’agit de promouvoir les principes de la conserva-
tion de la nature et de la protection de l’eau dans les
programmes de financement et de développement
rural, ainsi que dans les pratiques agricoles, tout en
assurant la viabilité économique du secteur agricole
intelligent, compétitif, résilient et diversifié garan-
tissant la sécurité alimentaire sur le long terme et en
consolidant le tissus socioécoonomique des zones
rurales.
Basé sur le suivi de biotopes des milieux ouverts à
long terme, une analyse scientifique a démontré
que les contrats appelés « biodiversité » constituent
un instrument efficace pour cadrer et encourager
la préservation les biotopes et habitats protégés
du milieu agricole dans un bon état écologique,
sans emploi de fertilisants ou produits phytophar-
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maceutiques. Il est visé de gérer 10 % de la surface
agricole utile sous contrat biodiversité, équivalant
à 13.000 ha, en se focalisant notamment sur les
zones protégées, les pollinisateurs, les herbages et
les oiseaux des milieux agraires. À cette fin, les pro-
grammes y relatifs seront revus afin de les rendre
économiquement plus attractifs. De surcroît, une
approche de bonification basée sur le résultat sera
introduite au niveau des programmes biodiversité
pour les zones protégées et pour la création et res-
tauration des biotopes et habitats.
Les oiseaux et les insectes des milieux ouverts, en
particulier les pollinisateurs, ou encore les plantes
sauvages sont des indicateurs clés de la santé des
écosystèmes agricoles. Afin d’offrir un espace vi-
tal pour ces espèces sauvages et ainsi également
augmenter les services écosystémiques pour l’agri-
culture, tout en considérant la fragmentation et le
manque de connectivité écologique au Luxembourg,
il est important qu’au moins 12 % de la surface agri-
cole correspondent à des particularités topogra-
phiques à haute diversité biologique, gérées obliga-
toirement sans emploi de fertilisants ou de produits
phytopharmaceutiques. Celles-ci incluent, entre
autres, les bandes de protection riveraines le long
des cours d’eau ou autour des sources, des bandes
refuges fleuries ou enherbées, les terres en jachère
pluriannuelle, les haies ou broussailles, les arbres
non productifs, l’agroforesterie, les murs en pierres
sèches, les murgiers, ou encore les mares, marais
ou roselières, ainsi que tous les autres biotopes et
habitats protégés, en particulier herbeux, situés
dans les milieux ouverts, ou encore les surfaces
agricoles gérées sous contrat biodiversité. Ces élé-
ments contribuent à renforcer la séquestration du
carbone, à empêcher l’érosion et la dégradation des
sols, à filtrer l’air et l’eau, à protéger les eaux, ou à
soutenir l’adaptation au changement climatique. En
outre, une plus grande biodiversité garantit à long
terme une meilleure production agricole. Cet objec-
tif de 12 % garantira également la connectivité éco-
logique entre les biotopes et habitats. Les progrès
accomplis dans la réalisation de cet objectif seront
constamment revus et, le cas échéant, ajustés afin
d’atténuer toute répercussion négative sur la biodi-
versité ou les écosystèmes.
Un important effort de communication, d’informa-
tion et de formation technique en matière de ges-
tion durable des écosystèmes, de mise en valeur de
services écosystémiques et de protection de la bio-
diversité est à assurer auprès des exploitants agri-
coles et du secteur agricole en général, dont entre
autres un conseil agricole intégré.
2.6.
Préserver les forêts et
boisements, et améliorer leurs
santé et résilience
Les forêts et boisements jouent un rôle crucial pour
la biodiversité, la régulation du climat et de l’eau,
l’apport en matériaux durables, la séquestration et
le stockage de carbone, la stabilisation des sols, ainsi
que pour la purification de l’air et de l’eau. Elles sont
aussi un lieu privilégié de loisirs et d’acquisition de
connaissances sur la nature. Les sylviculteurs ont un
rôle essentiel à jouer dans la gestion durable des fo-
rêts et dans la restauration et le maintien de la bio-
diversité dans ces écosystèmes. En plus, le secteur
forestier joue un rôle important dans la stratégie
nationale et le plan d’action pour l’adaptation aux
effets du changement climatique adoptés par le
Luxembourg.
Afin de préserver les multiples fonctions et services
des écosystèmes forestiers fournis au bénéfice de
la société, les biotopes et habitats forestiers sont
protégées par la législation en vigueur, notamment
celle relative aux forêts, ainsi qu’à la protection des
biotopes et habitats, et plus spécifiquement celle du
réseau des zones protégées.
Le
entend
maintenir
au
moins
l’étendue actuelle des forêts équivalant à 35 % du
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territoire, tout en augmentant le nombre d’arbres et
de petites structures boisées en milieux ouverts et ur-
banisés. De plus, il est urgent d’accroître la valeur éco-
logique et la résilience des forêts, notamment contre
les sécheresses, les incendies, les intempéries, les
organismes nuisibles, les maladies, ainsi que toutes
autres menaces engendrées par le changement cli-
matique. À cette fin, le Luxembourg s’est engagé
dans un processus de révision de la législation rela-
tive au secteur forestier. Ce projet vise à moderniser
des dispositions légales en partie très anciennes pour
répondre aux nouveaux défis auxquels sont confron-
tés les écosystèmes forestiers, ainsi que tous les utili-
sateurs et acteurs du secteur forestier.
Les mesures actuelles de préservation de la biodi-
versité en forêt et de promotion de l’amélioration
et de renforcement des écosystèmes forestiers,
comme p.ex. la préservation d’îlots de vieillisse-
ment, d’arbres biotopes, la restauration de forêts
humides, etc., seront poursuivies, voire renforcées.
En vue de préserver les écosystèmes forestiers na-
turels les plus vulnérables face au changement cli-
matique et de renforcer leur résilience, et in fine de
préserver leurs services, dont la séquestration et le
stockage de carbone en forêts, les récoltes de bois
dans les forêts feuillues publiques sont limitées à 80
% de l’accroissement et dans les peuplements feuil-
lus climaciques (notamment des hêtraies) des forêts
publiques à 60 % de l’accroissement43. En vue de ga-
rantir la régénération naturelle des forêts, il importe
de surveiller les densités du gibier et d’évaluer les
dégâts qu’il cause (voir le chapitre 3.2), afin d’assurer
les mesures de gestion appropriées y relatives. Le
cas échéant, les plans de tir seront adaptés en consé-
quence, voire d’autres mesures appropriées seront
mises en œuvre, incluant un système de contrôle et
de gestion des grands herbivores.
Les plans d’aménagement forestiers seront réfor-
més et adoptés pour toutes les forêts publiques
en adéquation avec la législation en vigueur, ainsi
que pour les domaines forestiers privés dépassant
20 ha, afin de conserver respectivement d’améliorer
mesurablement l’état de conservation des espèces
et habitats inféodés au milieu forestier par rapport
à l’état de conservation évalué en 2019 d’une part,
et d’améliorer la fourniture des services écosysté-
miques d’autre part. Le cas échéant, les plans de ges-
tion seront adaptés aux objectifs de conservation
des zones protégées.
En ce qui concerne les forêts publiques communales,
l’initiative du « Pacte Nature », décrite ci-dessous,
promeut en particulier la gestion proche de la na-
ture des forêts communales, ainsi que leur protec-
tion juridique par une désignation en tant que zone
protégée, ou encore l’installation et gestion écolo-
gique d’autres boisements44.
Considérant l’état phytosanitaire des arbres fores-
tiers, et afin de réduire les interventions de sécuri-
sation dans l’intérêt de la conservation de l’écosys-
tème forestier, il y a lieu de se doter d’une approche
de guidage des visiteurs accompagné d’un abandon
de sécurisation de certains chemins et sentiers fo-
restiers notamment dans les zones de quiétude dé-
signées à cet effet.
Les sylviculteurs privés devront être encouragés à
protéger et à améliorer la biodiversité forestière.
Des aides publiques sont prévues en vue du réta-
blissement des services écosystémiques fournis
par les forêts multifonctionnelles, de même que
pour l’établissement des plans simples de gestion
forestière. Une majoration est prévue pour les
aides de conservation de la diversité biologique
dans les zones protégées. En sus, les sylviculteurs
privés peuvent bénéficier d’une prime relative à
la préservation des nombreux services rendus par
les écosystèmes forestiers à la société, intitulée
« Klimabonusbësch »45. Il est visé que deux tiers de la
surface forestière éligible soient gérés sous contrat
« Klimabonusbësch », d’ici 2030.
Un important effort de communication, d’informa-
tion et de formation technique en matière de sylvi-
culture proche de la nature et de protection de la
biodiversité est à assurer auprès des propriétaires
forestiers privés.
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Le Luxembourg participera à une stratégie commu-
nautaire pour les forêts conforme aux ambitions plus
globales en matière de biodiversité et de neutralité
climatique, et contre toute déforestation au niveau
mondial46. Celle-ci comprend une feuille de route
pour la plantation d’arbres et le Luxembourg s’en-
gage à la plantation d’au moins 1,7 millions d’arbres
supplémentaires d’ici à 2030, dans le respect total
des principes écologiques. La plantation d’arbres est
particulièrement bénéfique dans les villes et villages
en guise de mesure d’adaptation aux sécheresses et
canicules (voir le chapitre 2.7), et se combine bien
dans les zones rurales avec l’agroforesterie ou la res-
tauration des vergers (voir le chapitre 2.5) ou encore
le long des infrastructures linéaires de mobilité, telles
que routes, pistes cyclables ou voies ferroviaires.
2.7.
Verdir les zones urbaines et
péri-urbaines
Il y a lieu de noter que de manière générale, l’élargis-
sement du tissu urbain, les constructions et l’imper-
méabilisation des sols figurent parmi les principales
causes du déclin de la biodiversité. Les espaces verts
urbains, qu’il s’agisse des parcs, des boisements et
pelouses, des toitures ou façades végétalisées, des
bassins de rétention naturels, ou encore des fermes
urbaines, offrent un large éventail d’avantages aux
habitants citadins. Ces espaces verts, s’ils sont sou-
mis à une gestion écologique et proche de l’état na-
turel, constituent une plusvalue pour les communes
et les entreprises et un refuge pour la nature. Ils ré-
duisent la pollution atmosphérique, aquatique et so-
nore, offrent une protection contre les inondations,
atténuent les sécheresses et les canicules, et entre-
tiennent le lien entre l’homme et la nature.
Les mesures de confinement adoptées en raison de la
pandémie de COVID-19 nous ont montré l’importance
des espaces verts urbains et péri-urbains pour notre
bien-être physique et mental. Même si la protection
de certains espaces verts urbains s’est améliorée, les
espaces verts font bien souvent les frais de la concur-
rence pour l’utilisation des terres dont s’accompagne
l’augmentation constante de la proportion de la po-
pulation vivant dans des zones urbaines.
La présente stratégie vise à inverser ces tendances,
à mettre un terme à la perte d’écosystèmes urbains
verts et à promouvoir un aménagement et une ges-
tion améliorée des espaces verts urbains et péri-ur-
bains, tout en veillant à une meilleure connectivité
entre ces espaces. La promotion de la bonne santé et
de la résilience des écosystèmes, des infrastructures
vertes et des solutions fondées sur la nature devrait
être systématiquement intégrée dans la planifica-
tion urbaine, y compris dans les espaces publics, les
infrastructures et la conception des bâtiments et de
leurs abords. A cet instar, il sera notamment veillé
à promouvoir le verdissement à qualité écologique
élevée et à réduire les nuisances sur l’environne-
ment naturel dans le cadre de la planification et de
la gestion des zones d’activités économiques répon-
dant aux critères d’économie circulaire.
Il sera veillé à ce qu’il n’y ait pas de perte nette d’es-
paces verts urbains et de couvert boisé urbain d’ici
2030, par rapport à 2021, dans les villes, les banlieues
et les villages. Il sera également veillé à ce que la su-
perficie nationale totale des espaces verts urbains
dans les villes, banlieues et villages augmente d’au
moins 3 % par rapport à la superficie totale des villes,
villages et banlieues en 2021, d’ici 2040, et au moins
5 % d’ici 2050. En outre, seront entamés les planifica-
tions et mises en œuvre nécessaires afin d’assurer
Un minimum de 10 % de couvert boisé urbain
dans toutes les villes, villages et banlieues d’ici
2050 (correspondant à l’atteinte de 5,6 % de cou-
vert boisé urbain d’ici 2030) ;
Un gain net d’espaces verts urbains qui est inté-
gré dans les constructions et les développements
d’infrastructures, existants ou nouveaux, y com-
pris par le biais de rénovations et de renouvelle-
ments, dans toutes les villes, banlieues et villages.
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Afin de ramener la nature dans les zones urbaines
et péri-urbaines et afin de récompenser les actions
en faveur de la protection et de la restauration de
la biodiversité et des écosystèmes menées par les
communes, celles-ci sont appelées à s’engager
dans le « Pacte Nature ». En ce qui concerne plus
particulièrement le milieu urbain, le « Pacte Nature
» vise entre autres à promouvoir l’installation et
gestion de parcs et jardins urbains offrant une riche
biodiversité et facilement accessibles, des fermes
urbaines, des toitures et des murs végétalisés, des
rues et places arborées, des pelouses et prairies ur-
baines, et des boisements urbains. Ceci servira aussi
de bonne pratique pour guider les citoyens, incluant
un soutien pratique, logistique voire financier de la
part des communes. Le tout en vue de mieux relier
les espaces verts entre eux, de promouvoir des ré-
gimes de fauche et autres pratiques favorisant la
biodiversité et surtout d’éliminer l’utilisation des
pesticides et autres pratiques néfastes en milieu ur-
bain. À noter que la loi du 29 décembre 2014 relative
aux produits phytopharmaceutique interdit l’appli-
cation de produits phytopharmaceutiques dans les
espaces publics depuis le 1er janvier 2016.
Un financement à hauteur des ambitions devra être
assuré par les fonds spéciaux étatiques pertinents
afin de verdir et rendre résilients les espaces verts
urbains et péri-urbains dans le cadre de projets in-
novants. Il sera nécessaire d’appliquer des solutions
inspirées par la nature et de promouvoir l’élabora-
tion de plans de maillage écologique urbain.
2.8.
Limiter l’artificialisation
des sols et restaurer les
écosystèmes des sols
Le sol est l’un des écosystèmes les plus complexes.
Il fait partie intégrante des écosystèmes terrestres,
constitue un milieu de vie à part entière et abrite
une incroyable diversité d’organismes qui régulent
et contrôlent des services écosystémiques essen-
tiels tels que le stockage de carbone, le cycle des
nutriments et la régulation du climat. Le sol est une
ressource non renouvelable extrêmement impor-
tante, essentielle à la santé humaine et à la santé de
l’économie, ainsi qu’à la production de denrées ali-
mentaires et de matériaux.
Au Luxembourg, la dégradation des sols a des consé-
quences importantes aux niveaux environnemen-
tal et économique. La mauvaise gestion des terres
– dont notamment l’urbanisation, les activités de
construction ou l’imperméabilisation des sols, ou
encore des pratiques agricoles et sylvicoles non du-
rables – figure parmi les principales causes de cette
dégradation47,48.
Il est donc essentiel de redoubler d’efforts pour
protéger les fonctions écologiques des sols et ré-
duire l’érosion, de plus en plus importante, notam-
ment suite à des évènements météorologiques de
plus en plus fréquents et extrêmes, provoquant des
coulées boueuses et des transferts de particules et
de nutriments vers les eaux. Cela sera assuré par
l’adoption de pratiques durables en matière de ges-
tion des sols tels que l’installation de bandes rivu-
laires ou bandes anti-érosion, notamment dans le
cadre de l’exploitation sylvicole ou agricole, mais
également dans l’urbanisation et l’aménagement
du territoire. Il s’agit de maintenir, voire renforcer
la séquestration de carbone dans les sols – en vue
de la neutralité climatique à l’horizon 2050 – et limi-
ter davantage les coupes ra-ses en sylviculture, pro-
mouvoir la conservation d’une couverture végétale
dans les labours et interdire de labourer, retourner
ou réensemencer les prairies permanentes dans les
zones protégées et zones inondables, et notamment
des herbages sensibles.
Des progrès importants sont également nécessaires
dans l’identification des sites contaminés, la restau-
ration des sols dégradés, la définition des conditions
du bon état écologique des sols, l’introduction d’ob-
jectifs de restauration et l’amélioration de la sur-
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veillance de la qualité des sols et de la biodiversité
y présente.
A cette fin, le Luxembourg s’est engagé dans un
processus de révision de la législation sur la pro-
tection des sols et la gestion des sites pollués qui
couvre deux volets principaux : un volet préventif
axé sur la protection des sols au sens stricte et un
volet curatif qui décrit les principes de gestion des
sites potentiellement pollués ou pollués.
2.9.
Réduire la pollution
La pollution est l’un des principaux facteurs d’ap-
pauvrissement de la biodiversité. Elle est en outre
préjudiciable à notre santé et à notre propre envi-
ronnement. Bien que le Luxembourg se soit doté
d’un cadre juridique solide pour réduire la pollution,
des efforts supplémentaires dans la mise en œuvre
restent nécessaires. La biodiversité pâtit des rejets
de nutriments (notamment de l’azote et du phos-
phore), de pesticides, de produits pharmaceutiques,
de substances chimiques dangereuses, d’eaux
usées urbaines et industrielles, et d’autres déchets,
comme les microplastiques. D’autres types de pollu-
tion sont également néfastes à la biodiversité, telles
que les pollutions sonore ou lumineuse. Toutes ces
pressions doivent être réduites et le Luxembourg
intensifiera ses efforts afin de contribuer à la mise
en œuvre du plan d’action « zéro pollution » pour
l’air, l’eau et les sols de l’UE. Par ailleurs, il importe
d’améliorer le système de contrôle en matière de
l’application des mesures réglementaires, adminis-
tratives ou contractuelles concernant la réduction
de fertilisants et de pesticides, ainsi que de la digita-
lisation des résultats et informations y relatifs.
Dans ce sens, la mise en œuvre conséquente du plan
national de qualité de l’air ainsi que du programme
national de lutte contre la pollution atmosphé-
rique auront des effets positifs sur l’environnement
naturel, en particulier, en réduisant les effets des NOx
qui contribuent à l’acidification des eaux et l’eutro-
phisation des sols, provoquant des effets néfastes et
affectant les écosystèmes terrestres et aquatiques.
Le Luxembourg s’emploiera par ailleurs à pro-
mouvoir l’objectif de « zéro pollution » par les flux
d’azote et de phosphore et l’écoulement vers les
eaux et les écosystèmes. Des progrès seront réalisés
en adaptant la législation environnementale et cli-
matique pertinente, en déterminant les réductions
de la charge en nutriment requises, voire les charges
de fertilisation maximales et les périodes d’épan-
dage pour atteindre les objectifs de maintien et de
rétablissement de la nature et des écosystèmes re-
cherchés. Dans ce sens, en 2023 la réglementation
relative aux nitrates sera révisée et adoptée, et
d’ici 2026 une attention particulière sera attribuée
aux zones protégées et aux herbages sensibles, y in-
clus les biotopes et habitats herbeux protégés, sans
emploi de fertilisants.
Le Luxembourg s’engage de mettre en œuvre les
objectifs de la stratégie biodiversité européenne en
visant de réduire d’au moins 50 % l’utilisation des
pesticides chimiques en général et les risques qui
leur sont associés d’ici à 2030, et de 50 % l’utilisation
des pesticides qui présentent des risques plus élevés
d’ici à 2030.
Dans le cadre des actions relatives à la présente stra-
tégie, l’évaluation des risques environnementaux
des pesticides sera renforcée. Cependant, dans
un esprit du principe de précaution, des interdic-
tions spécifiques sont fixées par voie de règlement
grand-ducal, notamment dans les zones de protec-
tion de l’eau potable ou des ZPINs. À noter que l’em-
ploi de pesticides est d’ores et déjà interdit par la
législation respective dans les espaces publics, ainsi
que sur les biotopes et habitats protégés ou en leur
proximité. L’utilisation des pesticides restera inter-
dite à travers des stipulations expresses dans les
contrats de bail de terrains dont l’État est proprié-
taire.
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du Grand-Duché de Luxembourg
MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
RESTAURER
Le problème des pressions exercées sur l’environ-
nement naturel, liées aux déchets de manière géné-
rale, et aux plastiques en particulier est notamment
abordé dans le cadre du plan national de gestion
des déchets et des mesures y visées. Afin d’adres-
ser cette problématique, le Luxembourg a entamé
un processus de révision de la législation y relative
visant bien la protection de l’environnement et de
la santé humaine par la prévention et la réduction
des effets nocifs dus aux déchets. Dans ce sens, l’en-
gagement pour la prévention de la pollution marine
sera poursuivi, en limitant toute pollution dans les
cours d’eau luxembourgeois, notamment en y ré-
duisant le rejet de déchets plastiques y inclus les
microplastiques dans le contexte de la stratégie na-
tionale « Zero Waste Luxembourg ».
De même, la réduction de la pollution lumineuse
et la promotion d’un « meilleur éclairage » seront
érigées en priorité49. Les projets qui font preuve
d’un engagement exemplaire en la matière et qui
s’alignent avec les principes du guide national pour
un « meilleur éclairage » extérieur seront soutenus
activement. Par ailleurs et si nécessaire, des mesures
réglementaires seront introduites dans ce domaine
notamment pour réduire les impacts sur l’environne-
ment naturel et la santé humaine.
Finalement, la pollution sonore impacte négative-
ment l’humain et correspond à une pression sup-
plémentaire pour la faune sauvage. Étant donné la
grande diversité d’émissions acoustiques, il est im-
portant de surveiller la pollution sonore ainsi que
d’assurer les mesures de prévention et de protec-
tion contre le bruit environnemental, tant pour le
bien-être humain que pour la faune sauvage50. Ceci
sera mis en œuvre grâce aux plans d’action contre le
bruit ou encore par la désignation de zones de quié-
tude au sein des zones protégées.
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RESTAURER
Récapitulatif - Restauration de la nature
Principaux engagements du Luxembourg d’ici à 2030
& actions à réaliser et mesures quantifiables à atteindre d’ici à 2026
1. Atteindre les objectifs de restauration qualitatifs et quantitatifs de la nature
et des écosystèmes, selon le calendrier fixé, particulièrement en restaurant des
superficies importantes d’écosystèmes dégradés et riches en carbone
a.
Enrayer toute détérioration de l’état de conservation des habitats et
espèces d’intérêt communautaire et de leur tendance respective
b.
Rétablir l’état de conservation favorable d’au moins 30 % des habitats et
espèces, ou, du moins, améliorer significativement leur état
1.1
Mettre en œuvre les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs de
restauration déterminés selon le calendrier fixé, conformément à l’annexe D
1.2
Déterminer la contribution de l’ensemble du réseau des zones protégées, ainsi
que la contribution individuelle de chaque zone protégée aux objectifs de
restauration à atteindre au niveau national
1.3
Déterminer et appliquer les moyens nécessaires afin d’enrayer toute
détérioration de l’état de conservation des habitats et espèces d’intérêt
communautaire et de leur tendance respective
2. Implémenter et prioriser les plans d’action « Espèces » et « Habitats », notamment
dans les domaines suivants
a.
Enrayer le déclin des insectes en général, et des pollinisateurs en
particulier
b.
Restaurer les écosystèmes liés aux « herbages sensibles »
c.
Rétablir les populations des oiseaux des milieux ouverts et leurs habitats
d.
Assurer les actions spécifiques concernant les espèces végétales menacées
e.
Lutter contre les espèces exotiques envahissantes
2.1
Développer/mettre à jour les plans d’action « Espèces » et « Habitats »,
conformément à l’annexe E
2.2
Implémenter les plans d’action « Espèces » et « Habitats », en veillant à l’action
2.3
2.3
Définir les 30 % des habitats et espèces d’intérêt communautaire à rétablir,
selon un calendrier fixé de manière contraignante et à doter d’un plan d’action
« prioritaire »
2.4
Mettre en place une coordination nationale pour l’implémentation de chaque
plan d’action « prioritaire »
2.5
Enrayer le déclin des pollinisateurs par la mise en œuvre conséquente du plan
d’action y relatif
2.6
Restaurer les écosystèmes liés aux herbages sensibles par la mise en œuvre
conséquente de la stratégie relative à la préservation et restauration des
herbages sensibles
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RESTAURER
2.7
Rétablir les populations des oiseaux des milieux ouverts et leurs habitats,
atteindre 105% du farmland bird index en 2026 et 110% en 2030 (100%
correspondant aux valeurs de 2010)
2.8
Assurer les actions spécifiques concernant les espèces végétales menacées,
dotées d’un plan d’action « Espèces » ou dans le cadre des plans d’action
« Habitats »
2.9
Mettre en œuvre les plans d’action relatifs aux espèces exotiques envahissantes
2.10 Diminuer de 50 % le nombre d’espèces de la Liste rouge qui sont menacées
par des espèces exotiques envahissantes et de 50 % les habitats d’intérêt
communautaires détériorés pour la même raison
2.11 Établir une liste nationale des espèces exotiques envahissantes et élaborer des
plans de gestion correspondants
3. Conserver, renforcer, voire rétablir la connectivité écologique aux points sensibles
identifiés, en veillant aux actions du chapitre 1 (1.2, 2.6, 2.7)
3.1
Entamer la réalisation de plusieurs ouvrages prioritaires, dont notamment
six gros ouvrages, nécessaires à la connectivité écologique de la trame
« forestière »
3.2
Établir un plan d’action « petite faune » relative à la connectivité et entamer 50 %
des mesures y visées
3.3
Rétablir/renforcer la connectivité écologique à 20 points sensibles de la trame
« forestière » à identifier, incluant notamment les onze goulots d’étranglement
3.4
Rétablir la continuité écologique des cours d’eau de la trame « aquatique » au
niveau de 400 ouvrages problématiques (797 ouvrages d’ici à 2030)
3.5
Analyser la faisabilité des trames « herbages sensibles », « amphibiens », « noire »
… et renforcer/rétablir la connectivité écologique respective
4. Restaurer les écosystèmes liés à l’eau douce
4.1
Mettre en œuvre le plan de gestion visant les parties luxembourgeoises des
districts hydrographiques internationaux du Rhin et de la Meuse, et de son
programme de mesure
4.2
Mettre en place 350 km supplémentaires de bandes de protection riveraines,
d’une largeur minimale de 5 m (500 km d’ici à 2030)
4.3
Améliorer l’état hydromorphologique de 350 sources (700 sources d’ici à 2030)
4.4
Renaturer 20 km de cours d’eau à courant libre, restaurer leur plaine alluviale et
enlever les obstacles entravant leur continuité écologique
4.5
Aménager 175 plans d’eau naturels dans la perspective de la continuité
écologique (348 d’ici à 2030)
5. Rétablir la nature sur les terres agricoles
5.1
Préserver/aménager 12 % des surfaces agricoles en tant que particularités
topographiques à haute valeur écologique, gérés sans emploi de fertilisants ou
pesticides, en veillant à l’action 5.3
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
RESTAURER
5.2
Interdire le labourage/retournement respectivement le renouvellement des
prairies permanentes dans les zones protégées et les zones inondables, en faveur
du stockage du carbone, des ressources naturelles et de la biodiversité
5.3
Gérer 13.000 ha de surfaces agricoles sous contrat « biodiversité », sans emploi
de fertilisants ou pesticides
5.4
Adapter le règlement « nitrates » en 2023 et assurer son implémentation en
faveur des écosystèmes aquatiques et terrestres, ainsi que des ressources
naturelles
5.5
Instaurer un régime de protection contraignant au sein des zones protégées en
faveur des herbages sensibles, zones humides ou inondables, insectes ou oiseaux
des milieux ouverts en vue de la restauration de leur état de conservation
respectif
6. Préserver les forêts et boisements, et améliorer leurs santé et résilience
6.1
Maintenir au moins l’étendue actuelle des forêts et boisements au niveau
national, correspondant à 35 % du territoire
6.2
Limiter la récolte de bois dans les forêts feuillues publiques à 80 % de
l’accroissement en vue de la séquestration et du stockage du carbone et à
60 % dans les peuplements feuillus climaciques des forêts publiques en vue de
renforcer leur résilience
6.3
Revoir, et le cas échéant adapter, les plans de tir, d’ici à 2024, par rapport
à l’évaluation des densités du gibier et des dégâts causés afin d’assurer la
régénération naturelle des forêts, voire mettre en œuvre d’autres mesures
appropriées, incluant un système de contrôle et de gestion des grands herbivores
6.4
Continuer à gérer durablement toutes les forêts publiques dans le cadre de plans
d’aménagements adaptés, en faveur des écosystèmes et de leurs services fournis
6.5
Développer une approche de guidage des visiteurs accompagné d’un abandon de
sécurisation de certains chemins et sentiers forestiers notamment dans les zones
de quiétude
6.6
Augmenter la participation des sylviculteurs privés aux programmes de
restauration des écosystèmes forestiers, notamment au niveau des zones
protégées
6.7
Gérer 50 % de la surface forestière éligible sous contrat « Klimabonusbësch »,
atteignant 66 % dans les zones protégées (66 % respectivement 80 % d’ici à
2030)
7. Verdir les zones urbaines et péri-urbaines
7.1
Atteindre l’élaboration de plans de maillage écologique urbain pour au moins
50% des communes
7.2
Développer des plans de gestion écologiques ambitieux des espaces verts
urbains pour 50 % des communes, sans emploi de fertilisants ou pesticides
7.3
Engager les communes dans l’initiative « sans pesticides »
7.4
Arrêter la perte nette d’espaces verts urbains et de couvert boisé urbain
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RESTAURER
7.5
Augmenter la superficie nationale totale des espaces verts urbains d’au moins
1 % par rapport à la superficie totale urbaine en 2021
7.6
Atteindre 5,6 % de couvert boisé urbain
7.7
Assurer un gain net d’espaces verts urbains à intégrer dans les constructions et
les développements d’infrastructures
8. Limiter l’artificialisation des sols et restaurer les écosystèmes des sols à travers les
actions transversales prévues
9. Réduire la pollution à travers les actions transversales prévues
T. Actions transversales
T.1
Planter 0,9 million d’arbres supplémentaires, notamment en milieux ouverts et
urbains, dans le plein respect des principes écologiques (1,7 million d’ici à 2030),
selon une feuille de route établie à cet effet
T.2
Maintenir l’interdiction de l’emploi de pesticides dans les espaces publiques
T.3
Maintenir l’interdiction de l’emploi de pesticides à travers des stipulations
expresses dans les contrats de bail de terrains dont l’État est propriétaire
T.4
Réduire de 50 % les risques liés aux pesticides chimiques et l’utilisation de ces
substances, et réduire de 50 % l’utilisation des pesticides à haut risque
T.5
Réduire d’au moins 30 % l’utilisation de fertilisants au niveau national
T.6
Réduire le rejet de déchets plastiques y inclus les microplastiques dans le
contexte de la stratégie nationale « Zero Waste Luxembourg »
T.7
Réduire la pollution lumineuse en veillant à l’application des principes du guide
national pour un « meilleur éclairage »
T.8
Réduire la pollution sonore
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
TRANSFORMER
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
TRANSFORMER
Outre les objectifs et actions directs visant la
protection et la restauration de la nature, un vo-
let important de la présente stratégie est dédié
à remédier les facteurs indirects de la perte de la
biodiversité, ainsi qu’à augmenter l’efficacité de la
mise en œuvre, à renforcer les connaissances et la
recherche, à garantir les ressources adéquates, et
encore à assurer l’évaluation régulière et la mise
en évidence des progrès réalisés par rapport aux
objectifs, sur base d’indicateurs clairement défi-
nis.
Le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiver-
sité et des services écosystémiques de 2019, de la
Plateforme intergouvernementale scientifique et
politique sur la biodiversité et les services écosysté-
miques (IPBES) a conclu que l’atteinte des objectifs
de conservation, de restauration et d’exploitation
durable de la nature ne peuvent être réalisés que
par un changement transformateur en profondeur
sur les plans économique, social, politique et tech-
nologique.
Créer les bonnes conditions de mise en œuvre sera
crucial afin que les actions et mesures proposées
dans le cadre de la présente stratégie atteignent
leur potentiel complet. Un environnement favorable
est essentiel pour changer la façon dont la biodiver-
sité est perçue et intégrée dans les différentes po-
litiques nationales. Adopter une approche plus in-
tégrée et proche de la biodiversité à l’échelle de la
société sera également assurer la co-responsabilité
et l’appropriation par tous les acteurs pour respec-
ter les engagements du Luxembourg en matière de
biodiversité.
Le changement transformateur vers une exploita-
tion durable de la nature et des ressources natu-
relles nécessite une valorisation des produits tout en
assurant une viabilité économique des producteurs.
Promouvoir un changement
porteur de transformation
3.
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
TRANSFORMER
Comme les systèmes alimentaires actuels ont un im-
pact sur les ressources naturelles et la biodiversité,
il y a lieu de remodeler ces systèmes tout en rassem-
blant tous les acteurs de la chaîne de production.
3.1.
Préciser et consolider le cadre
de gouvernance
De manière générale, il y a lieu de préciser et conso-
lider le cadre de gouvernance pour piloter la mise en
œuvre des engagements en matière de biodiversité
et des écosystèmes contractés au niveau national,
européen ou international.
Alors que ces dernières années, des efforts considé-
rables ont été accomplis pour lancer divers projets
et initiatives visant la protection et restauration de
la nature, ces efforts ont conduit à un renforcement
des effectifs des acteurs voire à une augmentation
du nombre d’acteurs différents qui coordonnent ou
accompagnent la mise en œuvre des mesures dans
la cadre de la protection de la nature, tant au sec-
teur public que privé, nécessitant une amélioration
de la coordination entre les différents acteurs pour
augmenter les synergies et clarifier les flux et res-
ponsabilités.
La précision de ce cadre et la mise en place d’une
gouvernance participative permettra de garantir le
partage des responsabilités et l’appropriation par
tous les acteurs concernés à l’égard des engage-
ments du Luxembourg en matière de biodiversité.
Ceci favorisera le renforcement de la transparence,
le dialogue et la fédéralisation entre les parties pre-
nantes à différents niveaux, particulièrement lors
des stades précoces de tous les développements ou
mises en œuvre de la présente stratégie.
Mettre en place un Comité Interministériel
Protection de la Nature
Confronté au fait que la protection et la restauration
de la nature n’est possible qu’à travers une action
immédiate et simultanée sur de multiples facteurs
directs et indirects de sa dégradation, un élargisse-
ment du domaine d’actions prioritaires s’avère né-
cessaire.
Des initiatives holistiques, ne se limitant pas au volet
direct de la protection et de la restauration de la na-
ture, sont inscrites dans la stratégie européenne en
faveur de la biodiversité. Dans ce contexte, la Com-
mission européenne proposera de multiples initia-
tives ayant des implications sur le plan national
Un cadre d’évaluation de la comptabilisation du
capital naturel avec des critères se basant sur la
taxinomie pour soutenir des investissements res-
pectueux de la biodiversité ;
Un système d’imposition et de tarification reflé-
tant les coûts environnementaux pour inciter un
déplacement de la charge fiscale pesant sur le
travail vers la pollution, les ressources sous-éva-
luées et les autres externalités environnemen-
tales ;
Des nouvelles dispositions législatives et orienta-
tions sur les marchés publics écologiques incluant
des critères et des mesures de suivi, de manière à
promouvoir les solutions fondées sur la nature.
Pour accompagner ces initiatives et garantir leur
mise en œuvre sur le plan national, une coordination
étroite parmi tous les ministères et administrations
est indispensable. Un Comité Interministériel Pro-
tection de la Nature (CIPN) regroupant les diffé-
rents acteurs des ministères et des administrations
centrales responsables de la mise en œuvre des
initiatives communautaires en relation avec la bio-
diversité sera créé, incluant notamment les ressorts
des finances, de l’économie, de l’agriculture, de la
consommation, de l’urbanisation, des infrastruc-
tures, de l’aménagement, de l’éducation etc. Ce co-
mité s’occupera des sujets liés au volet holistique
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
TRANSFORMER
de la présente stratégie, notamment les mesures
nécessitant des actions et négociations à travers dif-
férents ministères. Le MECDD joue un rôle charnière
dans tous les efforts d’intégration des principes
de la protection et conservation de la nature dans
d’autres domaines et secteurs, notamment en tant
qu’interlocuteur direct des ministères et administra-
tions concernées.
Mettre en place une cellule de supervision
et de coordination de la mise en œuvre de la
présente stratégie
Le MECDD remplit un rôle politique et réglemen-
taire qui consiste en l’élaboration des stratégies
et l’orientation des décisions politiques dans le
domaine de l’environnement naturel, ainsi que la
supervision générale de leur mise en œuvre. La tra-
duction vers le terrain des orientations et décisions
politiques en matière de l’environnement naturel
est assurée principalement par l’Administration de
la nature et des forêts (ANF) et l’Administration de
la gestion de l’eau (AGE), ainsi que l’Administration
de l’environnement (AEV) tel que traduit vers leurs
programmes de travail respectifs.
Une « cellule PNPN » sera créée. Elle supervisera et
coordonnera la mise en œuvre de la présente stra-
tégie tout en se focalisant sur les engagements, les
actions à réaliser et les mesures quantifiables à at-
teindre, selon le calendrier fixé. Elle sera composée
de représentants du MECDD, de ses trois administra-
tions, ainsi que des acteurs œuvrant dans le domaine
de la conservation et restauration de la nature. Elle
développera un mécanisme de suivi contenant les
indicateurs et « milestones » nécessaires pour éva-
luer en continu et temps réel le progrès de la mise
en œuvre des actions et mesures de la présente
stratégie (voir ci-dessous). À cette fin sera établi un
tableau de bord. Annuellement, elle rapportera sur
l’avancement de la mise en œuvre à l’Observatoire
de l’environnement naturel dont la composition sera
notamment marquée par des représentants d’uni-
versités et d’instituts de recherche.
Assurer la coordination et l’interopérabilité
avec les autres acteurs du terrain
Le succès de la présente stratégie est également tri-
butaire de la participation décentralisée, concertée
avec les autres acteurs du terrain, co-responsables
de la mise en œuvre de la présente stratégie : les
communes, ainsi que les syndicats de communes, les
parcs naturels, les organisations non-gouvernemen-
tales et les fondations œuvrant dans le domaine de la
conservation de la nature, les agriculteurs et les syl-
viculteurs ainsi que leurs représentants, les profes-
sions agricole et sylvicole, ou encore les partenariats
de rivière, le Musée national d’histoire naturelle, les
universités et les instituts de recherche. Cette multi-
plicité d’acteurs assure la décentralisation de la pré-
sente stratégie, ainsi que la déclinaison de certaines
des actions à réaliser et mesures à atteindre, vers le
niveau régional voire local, respectivement le retour
d’information de sa mise en œuvre, tout en définis-
sant le programme annuel de chaque acteur.
Pour chaque plan d’action « Espèces » ou « Habi-
tats » prioritaire, la coordination de la mise en
œuvre sera assurée par des experts désignés à cet
effet, sous la responsabilité du MECDD et de ses
administrations, déléguant les actions à mettre en
œuvre par acteur du terrain approprié.
Les développements et avancements dans le do-
maine de la gouvernance ont des implications sur le
flux de données et le stockage des dernières. Sous
la supervision du MECDD et en étroite collaboration
avec la « cellule PNPN », des travaux devront être
entamés pour aligner les flux de données et d’in-
formations entre les différents acteurs impliqués
dans la mise en œuvre de la présente stratégie. Une
amélioration des échanges et flux de données entre
tous les acteurs devra en être la conséquence. Un
volet important de cette amélioration est lié à l’in-
teropérabilité et l’homogénéisation des banques de
données (voir ci-dessous). Effectivement, la gestion
appropriée des milieux naturels et la restauration
des ressources naturelles, et de manière générale la
mise en œuvre de la présente stratégie, ainsi que la
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
TRANSFORMER
procédure de prise de décision fondée sur la nature,
sont tributaires d’un accès direct et en temps réel
aux informations issues des banques de données
multiples. Afin de garantir un accès direct et une ac-
tualisation permanente de ces données, la digitalisa-
tion et intégration des données en temps réel, ainsi
que l’interopérabilité des différentes banques de
données de tous les acteurs sont essentielles.
Promouvoir la mise en œuvre des zones
protégées communautaires au niveau régional
grâce aux Comités de pilotage Natura 2000
L’établissement des plans de gestion relatifs aux
zones protégées, ainsi que la coordination de leur
mise en œuvre, en collaboration avec les autres ac-
teurs, incombe à l’ANF en vertu de la législation re-
lative à la protection de la nature. Cette législation
prévoit en outre la création de Comités de pilotage
Natura 2000 (COPIL) . Chaque COPIL représente une
plateforme régionale, dynamique et proactive, per-
mettant une meilleure implication des acteurs lo-
caux et régionaux, afin de favoriser le maintien et la
restauration de la biodiversité de manière générale,
mais particulièrement dans la mise en œuvre des
plans de gestion des zones protégées communau-
taires, tout en tenant compte des exigences écolo-
giques, économiques, sociales, culturelles et régio-
nales : l’intention est de regrouper tous les acteurs
locaux et régionaux concernés autour d’une table.
Le COPIL suit la mise en œuvre des mesures issues
des plans de gestion Natura 2000 et permet une
meilleure coordination des acteurs locaux et régio-
naux avec celles des administrations, ainsi que la fa-
cilitation de la mise en œuvre de projets spécifiques.
Les COPILs sont chargés notamment de promouvoir
et faciliter le lancement de projets au niveau régio-
nal tout en engageant les acteurs membres. Pour
épauler chaque COPIL dans ses missions, un anima-
teur-gestionnaire spécifique est engagé au sein des
différentes structures portantes des COPILs qui re-
présente la personne de contact et l’intermédiaire
régional pour tous les acteurs concernés ou intéres-
sés par Natura 2000 et la mise en œuvre des plans
de gestion. Le fonctionnement du COPIL est organi-
sé sur base d’une charte signée par tous les acteurs
participants. Il est prévu de créer huit COPILs au
Luxembourg. La structure des COPILs fonctionnera
en étroite concertation avec la structure relative aux
animateurs « ressources eaux ».
Atteindre la couverture nationale des
stations biologiques
Les communes ont pour mission de promouvoir la
protection de la biodiversité, la conservation et la
restauration des paysages naturels et la cohérence
écologique sur le plan local. Une majorité des com-
munes confèrent ces missions à un syndicat de com-
munes ou parc naturel qui peuvent engager le per-
sonnel adéquat et s’approprier les infrastructures
nécessaires.
La législation relative au partenariat entre l’État et
les communes en matière de la nature et des res-
sources naturelles donne un cadre légal à la décen-
tralisation de la protection de la nature au niveau
communal et au cofinancement étatique des travaux
réalisés par les syndicats de communes dans l’inté-
rêt de la protection de la nature.
La couverture actuelle des stations biologiques est
d’environ 90 % du territoire national et a considé-
rablement augmenté depuis 2016. Les communes
sont regroupées au sein de 6 syndicats de com-
munes sous forme de stations biologiques (SICONA
Sud-Ouest, SICONA Centre, SIAS, Naturpark Öewer-
sauer, Naturpark Our, Natur- & Geopark Mëllerdall)
œuvrant dans le domaine de la protection de la na-
ture via convention avec le MECDD.
Une campagne de promotion nationale en vue d’une
adhésion des communes non syndiquées, sera pour-
suivie afin de viser une couverture nationale d’ici
2026.
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MÉMORIAL A - 144 du 17 mars 2023
TRANSFORMER
Encourager un engagement ambitieux pour
toutes les communes dans le « Pacte Nature »
Le « Pacte Nature » constitue le cadre de référence
législatif, financier, technique et consultatif pour
faciliter l’intervention ciblée des communes dans le
domaine de la protection de la nature et contre la
perte de la biodiversité. En signant le contrat « Pacte
Nature » les communes s’engagent à participer sur
leur territoire à la mise en œuvre du plan national
concernant la protection de la nature, du plan de ges-
tion des districts hydrographiques et de la stratégie
d’adaptation aux effets du changement climatique.
Les communes sont en effet des partenaires essen-
tiels dans le domaine de la protection de la nature et
des ressources naturelles, grâce à leur action au ni-
veau communal et pour la raison qu’elles détiennent
souvent des surfaces importantes de terrain.
Lancé en 2021, le « Pacte Nature » a immédiate-
ment connu l’adhésion de la grande majorité des
communes au Luxembourg. Ces communes sont
soutenues par des conseillers « Pacte Nature » pour
la mise en œuvre de ce pacte sur leur territoire. Les
conseillers jouent un rôle de facilitateur pour per-
mettre à la commune d’évaluer leur potentiel en ma-
tière de protection de la nature et d’aider à planifier,
ensemble avec tous les acteurs pertinents, la mise
en œuvre sur le plan communal des mesures prévues
dans les stratégies visées.
Les mesures à mettre en œuvre par les communes
signataires figurant dans le catalogue de mesures
contribuent directement aux objectifs nationaux de
la présente stratégie en matière de protection et
de restauration des écosystèmes terrestres, d’eau
douce, et des forêts et boisements. Les mesures
favorisent également la continuité écologique et le
verdissement des zones urbanisées et périurbaines.
Finalement, les communes sont également encou-
ragées à former, informer et sensibiliser le person-
nel communal et les citoyens de leur commune. Le
catalogue de mesures sera soumis à une révision
après les premiers audits relatifs à la certification
« Pacte Nature », en concertation étroite avec le sec-
teur communal et les acteurs concernés. Ses liens
avec les mesures à réaliser dans le cadre de la pré-
sente stratégie et les autres mentionnées ci-dessus
seront mis en évidence.
D’ici 2026, il est visé d’atteindre une adhésion de
toutes les communes au « Pacte Nature » et qu’au
moins 66 % des communes signataires obtiennent
au moins la certification de base, contribuant ainsi
de manière significative aux objectifs de protection
et de restauration de la présente stratégie.
Mobiliser le secteur économique privé à œuvrer
en faveur de la biodiversité
Conformément à la visée holistique qui caracté-
rise la présente stratégie, toutes les composantes
de l’économie et de la société auront leur rôle à
jouer. Si l’industrie et les entreprises ont une inci-
dence sur la nature, elles sont également à l’ori-
gine des innovations, compétences et partenariats
importants qui sont susceptibles de contribuer
à enrayer l’appauvrissement de la biodiversité.
Afin de mobiliser le potentiel du secteur écono-
mique privé d’œuvrer en faveur de la biodiversité, il
est prévu de lancer une étude de faisabilité et une
analyse du marché, en concertation avec le Minis-
tère de l’Économie, en vue d’établir un instrument
visant à encourager les entreprises à prendre la
biodiversité activement en compte et à l’intégrer
au sein de leurs fonctionnement et structures.
L’engagement de toute entreprise pour améliorer
son impact sur la biodiversité serait sur base vo-
lontaire, participative et, le cas échéant, incitative.
En matière de biodiversité, le rôle des entreprises
pourrait être multiple
Agir directement en faveur de la biodiversité en
menant des actions ciblées (p.ex. gestion exten-
sive des espaces verts autour des bâtiments ou
encore des sites naturels ou semi-naturels appar-
tenant aux entreprises, revalorisation de sites in-
dustriels, …) ;
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Intégrer la biodiversité à leur chaîne de valeur ou
de production, leur chaîne d’approvisionnement
ou encore les décisions d’investissements ;
Fédérer et sensibiliser leurs salariés, clients, four-
nisseurs et partenaires pour favoriser une prise
de conscience des dangers qui pèsent sur la bio-
diversité et partager des priorités claires ;
Inspirer et essaimer en partageant leurs expé-
riences et bonnes pratiques ;
Favoriser les chaînes de production et consom-
mation locales (à l’instar de l’initiative GrinGo).
La faisabilité d’un instrument mobilisant davantage
les entreprises privées à œuvrer en faveur de la bio-
diversité sera analysée d’ici 2024, et le cas échéant,
des entreprises représentant de manière cumulée
au moins 10 % de la masse salariale au Luxembourg
se seront engagées d’ici 2026.
Constituer un réseau de
fermes de démonstration
« agriculture-biodiversité-eau »
Le recours à des champs expérimentaux et/ou des
fermes de démonstration dans le cadre de la dissé-
mination de bonnes pratiques agricoles favorables à
l’environnement a fait ses preuves dans bon nombre
de domaines, notamment l’agriculture biologique.
Ces champs et/ou fermes de démonstration sti-
mulent l’innovation en offrant un espace à la re-
cherche et d’expérimentation.
Un réseau de fermes de démonstration de bonnes
pratiques agricoles en faveur de la biodiversité et
d’une bonne qualité des eaux sera constitué, voire
poursuivi, tout en assurant une production de den-
rées alimentaires. L’objectif du réseau est de démon-
trer que des pratiques agro-écologiques constituent
de réelles alternatives socio-économiquement avan-
tageuses.
Concrètement, les fermes de démonstration visent
l’expérimentation et la dissémination de bonnes
pratiques agricoles dans les domaines suivants
La promotion de la biodiversité et des services
écologiques qui en découlent ;
La préservation des ressources en eau ;
La réduction de l’érosion et l’augmentation de la
fertilité des sols ;
La résilience face aux contraintes du changement
climatique.
Tout en considérant les expériences des fermes de
démonstration, une étude de faisabilité de lance-
ment d’un modèle de valorisation, comptabilisation
et paiement pour la fourniture de services écosysté-
miques pour la société sera réalisée.
Le réseau vise à former des agriculteurs participants
en tant que multiplicateurs actifs dans la dissémina-
tion de bonnes pratiques agricoles en faveur de la
biodiversité et de la préservation de nos ressources
en eau. Le réseau s’adresse aux agriculteurs, fu-
turs agriculteurs, apprentis, formateurs agricoles,
conseillers et décideurs politiques souhaitant appro-
fondir leurs connaissances en matière de pratiques
agricoles respectueuses de l’environnement en gé-
néral et de la biodiversité en particulier.
Le réseau sera constitué d’entreprises volontaires
représentatives des principales régions du pays ain-
si que des principales filières (élevage, production
laitière, cultures…). Les entreprises participantes se-
ront indemnisées pour leur participation au réseau
selon des modalités à définir, et selon les cahiers des
charges établis, comme par exemple dans le cadre
du projet « Natur genéissen » ou encore dans les
projets mis en place dans les pools compensatoires.
Tout en considérant les expériences des fermes de
démonstration, la possibilité de la mise en place d’un
modèle de valorisation et paiement pour la fourni-
ture de services écosystémiques pour la société sera
analysée.
En vue de promouvoir l’exploitation durable de la
nature et des ressources naturelles et tout en as-
surant la viabilité économique des producteurs, un
marché des courtes distances des produits y issus
sera soutenu.
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Mettre en œuvre un concept national de conseil
intégré en matière agricole
Au vu de l’étendue territoriale limitée du pays, de
son développement économique et démographique
et du développement du secteur agricole, une poli-
tique nationale proactive et couronnée de succès en
matière de protection de la nature et de l’eau doit
impérativement passer par un conseil intégré des
exploitants agricoles, notamment ceux fortement
concernées par des enjeux environnementaux. On
entend par conseil intégré, l’analyse simultanée des
opportunités et contraintes agricoles et environne-
mentales en vue d’une optimisation du bilan écolo-
gique et économique d’une entreprise agricole. Le
conseil intégré vise ainsi à réduire, voire à éviter, des
situations de conflits entre les aspirations de déve-
loppement d’une entreprise et les contraintes liées
à l’environnement.
Pour pouvoir guider au mieux l’agriculteur à tra-
vers la procédure de conseil dans ses aspects éco-
nomiques, techniques et environnementaux, et afin
d’éviter tout double emploi, le Ministère de l’Agri-
culture, de la Viticulture et du Développement rural
(MAVDR), en collaboration étroite avec le MECDD,
sont chargés d’élaborer les actions suivantes
Le développement d’un concept de conseil inté-
gré en matière agricole articulé autour de la pro-
duction de denrées alimentaires, de la protection
de la nature, de la biodiversité et de l’eau ;
L’élaboration d’un mode opérationnel du conseil
intégré ;
La constitution d’une équipe pluridisciplinaire de
conseillers ;
Le développement d’outils informatiques néces-
saires assurant l’interoperabilité et l’échange de
données;
La formation commune et renforcée des conseil-
lers ;
La mise en valeur d’une boîte à outils (voir sous
chapitre 3.4) facilitant l’accès aux informations,
modalités mais surtout aux opportunités (pro-
jets, subsides, labels, distinctions,…) résultant de
zones protégées ;
La mise en pratique du modèle et les adaptations
nécessaires suite aux leçons apprises/retours
d’expérience ;
La recherche de nouvelles pistes pour la valorisa-
tion des produits issus de l’agriculture extensive.
Mettre en œuvre un concept de conseil intégré
en matière sylvicole
La mise en œuvre proactive d’une politique ambi-
tieuse en matière de protection de la nature et du
climat impose d’étendre le conseil intégré à tous
les exploitants de terrains en zone verte, et no-
tamment les propriétaires et exploitants privés de
forêts et sylviculteurs.
A l’instar du conseil intégré en matière agricole, on
entend par conseil intégré sylvicole l’analyse simul-
tanée des opportunités et contraintes forestières
et environnementales en vue d’une optimisation du
bilan écologique, climatique et économique d’une
exploitation sylvicole durable.
Pour pouvoir guider au mieux les sylviculteurs à tra-
vers la procédure de conseil dans ses aspects éco-
nomiques, techniques et environnementaux, et afin
d’éviter tout double emploi, l’ANF, en collaboration
étroite avec les organisations concernées sont char-
gés d’élaborer les actions suivantes
Le développement d’un concept de conseil inté-
gré en matière sylvicole articulé autour de la ges-
tion durable des forêts, de la conservation des
biotopes forestiers, de la protection de la nature,
de la biodiversité et de l’eau ;
L’élaboration d’un mode opérationnel du conseil
intégré ;
La constitution d’une équipe pluridisciplinaire de
conseillers ;
La mise en valeur prononcée des outils existants
concernant la gestion durable des forêts ;
Le développement d’outils informatiques néces-
saires assurant l’interoperabilité et l’échange de
données ;
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La formation commune et renforcée des
conseillers ;
La mise en pratique du modèle et les adapta-
tions nécessaires suite aux leçons apprises/
retours d’expérience.
Préciser le cadre règlementaire et développer
un document stratégique relatif aux poursuites
judiciaires des infractions environnementales
Pour être efficace, toute législation environnemen-
tale doit être correctement mise en œuvre et ap-
pliquée. Un cadre législatif solide et adapté pour
protéger et restaurer notre capital naturel est mis
en place. Les évaluations effectuées indiquent ce-
pendant qu’au niveau réglementaire quelques adap-
tations et améliorations sont nécessaires, et que la
mise en œuvre et le contrôle sur le terrain sont à la
traîne. Ces lacunes et retards sont lourds de consé-
quences pour la biodiversité. La mise en œuvre inté-
grale et le contrôle de l’application de la législation
en matière d’environnement sont donc au cœur de
la présente stratégie, qui devra bénéficier en priori-
té du soutien politique nécessaire et de ressources
financières et humaines suffisantes. À cette fin le
système permettant de contrôler le respect des
mesures réglementaires concernant notamment
l’application de fertilisants et de pesticides dans les
zones sensibles sera poursuivi, voire étoffé.
L’accent sera mis sur la gestion efficace de l’en-
semble des zones protégées, incluant le cas échéant
des réglementations adaptées, et sur les dispositions
relatives à la protection des espèces et habitats/bio-
topes protégés. Il sera également veillé à améliorer
la mise en œuvre et le respect de la réglementation
environnementale exerçant une incidence sur la bio-
diversité et, le cas échéant, entreprendra de la ré-
examiner et de la réviser.
En vertu de la législation relative à la protection de la
nature et des ressources naturelles, les infractions
environnementales sont constatées par les agents
de la police grand-ducale, les agents de l’ANF et de
l’AGE ainsi que par les agents de l’Administration
des douanes et accises, ayant la qualité d’officier de
police judiciaire.
En vertu de ladite législation, les officiers et agents
susmentionnées peuvent donner des avertisse-
ments taxés. Un règlement grand-ducal détermine
les modalités d’application des dispositions y rela-
tives et établira un catalogue groupant les contra-
ventions suivant les différents montants des taxes
à percevoir.
Néanmoins, il est jugé d’une grande importance que
les ministères relatifs à la justice, l’environnement,
l’agriculture, la sécurité intérieure et aux finances
constitueront un groupe de travail ad hoc qui sera
chargé de l’élaboration d’un document stratégique
et d’un programme de formation concernant la
poursuite judiciaire des infractions environnemen-
tales tout en analysant notamment si les capacités
des administrations chargées du constat des infrac-
tions ainsi que des tribunaux chargés des poursuites
sont suffisantes.
Le groupe de travail fera des propositions concrètes
en matière de simplification administrative, d’adé-
quation du cadre réglementaire, d’optimisation des
ressources humaines disponibles et, le cas échéant,
en matière de renforcement de certains services et
unités avec comme objectif le respect des normes
environnementales en vigueur grâce à la dissuasion
et la poursuite conséquente des infractions.
Finalement, la société civile sera encouragée à
jouer son rôle de gardienne de la conformité et
l’accès à la justice en matière d’environnement sera
amélioré pour les particuliers et des organisations
non-gouvernementales devant les juridictions natio-
nales.
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3.2.
Renforcer le suivi de la
mise en œuvre, ainsi que la
surveillance et l’évaluation de
l’environnement naturel
La nature et les écosystèmes devront davantage
être suivis, et les progrès de leur protection et res-
tauration devront davantage être mesurés et docu-
mentés. De même, leurs valeurs et services devront
davantage être intégrés dans le processus décision-
nel du Luxembourg. L’atteinte de cet objectif, ainsi
que la lutte contre la destruction de la biodiversité,
ou encore l’adéquation et adaptation des mesures
de restauration et gestion dépendent de la disponi-
bilité et pertinence des données scientifiques, digi-
talisées, récoltées aux moyens de systèmes de sur-
veillance et d’évaluation performants et efficaces.
Evaluer en continu la mise en œuvre de la
présente stratégie
Parallèlement à la précision et la consolidation du
cadre de gouvernance, un élément clé pour assurer
un suivi en continu et dresser le bilan des progrès ré-
alisés dans le contexte de la présente stratégie est
l’encodage, l’évaluation et la visualisation des don-
nées liées à sa mise en œuvre. Dans ce contexte, un
mécanisme de suivi sera mis en place contenant les
indicateurs et « milestones » clairement définis,
en relation directe avec les actions à réaliser et les
mesures à atteindre, en particulier les objectifs de
protection et de restauration visés par les chapitres
précédents, qui ont été déterminées et précisées de
manière quantifiables et selon un calendrier fixé. Ce
mécanisme de suivi sera basé sur les quatre piliers de
la présente stratégie « protection », « restauration »,
« changement porteur de transformation » et « enga-
gement international ». Le MECDD, en étroite colla-
boration avec la « cellule PNPN », veillera à établir
ce mécanisme de suivi et tableau de bord dans les
délais les plus brefs afin de mesurer le taux d’accom-
plissement de toutes les actions et mesures réalisées,
à l’instar de celui de la Commission européenne51. Ce
mécanisme permettra également, le cas échéant, de
déterminer les mesures correctrices nécessaires.
Le MECDD, en collaboration avec les différents ac-
teurs externes, développera une interface de saisie
unique et une banque de donnée permettant de
récolter de manière standardisée les mesures de
gestion et de restauration mises en œuvres, ainsi
que l’acquisition de terrains, tout en améliorant la
concordance entre les acteurs. Les données ainsi ré-
coltées et digitalisés serviront prioritairement à la
gestion efficace des milieux naturels par les acteurs
externes. Grâce à l’interconnexion des différentes
banques de données, les éléments essentiels de ces
données seront transmis en temps réel vers l’ANF
qui gère la banque de donnée centrale de la gestion
de l’environnement naturel, permettant d’assurer
une vue d’ensemble et un suivi de la mise en œuvre
de la présente stratégie, en direct.
Cette approche est indispensable. Elle permettra
d’analyser et évaluer la mise en œuvre des mesures
prévues par les différents plans de gestion des zones
protégées et les plans d’action, afin de les comparer
avec les objectifs de restauration des écosystèmes
fixés au niveau national (voir le chapitre 2).
L’efficacité des mesures et projets mis en œuvre
sera contrôlée annuellement via l’analyse d’un
échantillonnage aléatoire réalisé par un presta-
taire indépendant à désigner. Les mesures et pro-
jets seront notamment évaluées par un prestataire
indépendant par rapport aux priorités définies par
la présente stratégie et l’atteinte des objectifs de
conservation et restauration y fixés.
Par ailleurs, la surveillance et le contrôle du respect
des mesures réglementaires, administratives ou
contractuelles seront poursuivis, voire étoffés.
L’application de fertilisants et de pesticides au
niveau des zones sensibles sera notamment ciblé.
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Renforcer la surveillance, la recherche et le
stockage des données
Du cadre légal national et européen se dégagent
différentes obligations quant à la surveillance de
l’environnement naturel en vue de sa gestion appro-
priée. Outre ces obligations, les données résultant
de ces inventaires et programmes de surveillance
sont indispensables pour indiquer la situation ou
des changements éventuels de l’état de conserva-
tion des espèces, habitats et écosystèmes afin d’éva-
luer l’efficacité des mesures pour la protection et la
restauration de la nature, et ainsi mieux orienter la
politique.
La dernière décennie, beaucoup d’efforts ont été
déployés pour améliorer la connaissance sur l’état
de la nature, des écosystèmes et de leurs services
qui devront être poursuivis voire étendus. Ainsi le
programme de surveillance de la biodiversité au ni-
veau des espèces, dont également les pollinisateurs
et les espèces exotiques envahissantes, ou encore
celles qui décrivent la biodiversité générale, les
échantillonnages et suivis effectués dans le cadre
de la gestion de l’eau, l’évaluation annuelle de l’état
de conservation des biotopes et habitats du milieu
ouvert, ou encore l’établissement du cadastre des
biotopes et habitats du milieu forestier, ont été ins-
taurés qui offrent des informations précieuses sur la
nature et le capital naturel, ainsi que de leur évolu-
tion.
Bien que la nécessité de ces programmes soit en-
tièrement reconnue, le MECDD ensemble avec les
acteurs concernés, notamment le Luxembourg Ins-
titute of Science and Technology (LIST), explorera la
pertinence des différents suivis et inventaires per-
mettant ultérieurement l’identification de lacunes
éventuelles de la surveillance des espèces, voire la
réalisation d’indicateurs agrégés à l’instar du Far-
mland Bird Index, du Grassland Butterfly Indicator,
etc., ou encore la surveillance de la biodiversité pré-
sente dans les sols. Ainsi, le traitement et l’analyse
standardisés et/ou semi-automatisées des données
vont identifier les domaines et méthodes cibles pour
orienter ou étendre, voire optimiser les programmes
de surveillance, incluant par exemple la télédétec-
tion (« remote-sensing »), l’ADN environnemental
ou encore la bioacoustique et les pièges photogra-
phiques, ou l’établissement d’atlas de répartitions,
afin d’améliorer davantage la connaissance sur l’état
de conservation de la flore et de la faune sauvages.
Concernant les biotopes et les habitats, il s’agit de
combler des lacunes au niveau des inventaires et
évaluations de certains habitats d’intérêt commu-
nautaire, notamment les grottes et les rivières des
étages planitiaire à montagnard, ainsi que certaines
surfaces herbeuses ou rocheuses. En ce qui concerne
les habitats et biotopes forestiers, un inventaire
national est disponible. Cependant, il y a lieu d’ins-
taurer un suivi régulier des habitats et biotopes
forestiers complémentairement aux inventaires fo-
restiers nationaux et à l’évaluation phytosanitaire
des forêts, et à l’instar du suivi des biotopes et habi-
tats des milieux ouverts. En ce qui concerne la régé-
nération naturelle des forêts, il importe de surveiller
les densités du gibier de manière adéquate et d’éva-
luer les dégâts causés par le gibier.
Afin de garantir la pertinence statistique de toutes
ces données récoltées, le MECDD ensemble avec
notamment l’institut national de statistique et des
études économiques (STATEC) fera une analyse de
la robustesse statistique de la méthodologie et
l’échantillonnage des données du cadastre des bio-
topes du milieu ouvert et du milieu forestier ainsi
que des données de surveillance des espèces utili-
sées dans le cadre du système intégré des comptes
des écosystèmes52. Cette analyse aboutira au déve-
loppement et à la communication conjointe des don-
nées et indicateurs liés à l’environnement naturel
(voir ci-dessous « visualiser et divulguer les données
relatives à la nature »).
Le MECDD avec tous les acteurs visés coordonne-
ra un projet envisageant d’inventorier, d’aligner et
d’identifier des synergies entre les différents pro-
grammes de surveillance de la biodiversité existant
de l’environnement naturel et de les développer, no-
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tamment par rapport au réseau des zones protégées
(voir le chapitre 1), pour assurer une vue d’ensemble
sur l’état de la nature.
Au niveau de la saisie des données relatives à la sur-
veillance, la digitalisation dans le terrain permettra
une synchronisation de l’encodage en temps réel et
sera un élément clé pour réduire, voire minimiser le
délai de réaction par rapport aux évolutions consta-
tées sur le terrain.
Bien que les données déjà répertoriées soient de
bonne qualité, la multitude d’acteurs impliqués dans
la collecte et le stockage de la quantité considérable
de ces données, en complique leur analyse. Dans
la mesure d’augmenter la pertinence de l’exploita-
tion statistique et de la visualisation, le MECDD, en-
semble avec les acteurs œuvrant dans le domaine de
la protection de la nature établira un programme
de travail permettant l’interopérabilité des diffé-
rentes bases de données relatives à la surveillance.
Outre les données et indicateurs concernant les es-
pèces, biotopes et habitats, il s’avère important de
pouvoir prendre en considération d’autres facteurs
biophysiques dans les analyses afférentes à la bio-
diversité ou qui pourraient influencer les décisions
dans le domaine de la protection de l’environnement
naturel. Dans cette optique, l’échange et le flux mu-
tuels de données entre acteurs étatiques, tel que
MECDD‹–›MAVDR, sera amélioré voire optimisé, afin
de favoriser une transparence générale ainsi que le
suivi et les évaluations opportunes.
Un stockage centralisé des documents relatifs aux
études et analyses des inventaires de terrain – exis-
tantes et futures – devra être mis en place permet-
tant l’accès des informations y relatives à tous les
acteurs de terrain ou coordinateurs nationaux ou
régionaux.
Dans les prochaines années, le Luxembourg investira
davantage dans la recherche liée aux sujets de la bio-
diversité, aux services écosystémiques, aux solutions
fondées sur la nature, ainsi qu’au capital naturel. Ces
volets seront ciblés pour augmenter l’attractivité du
pôle universitaire et des instituts de recherche, et de
contribuer à l’adaptation de notre société aux défis
d’écosystèmes naturels en transition. Pour renfor-
cer le financement et la collaboration européenne
de la recherche dans le domaine de la biodiversité,
le Luxembourg adhéra le réseau de recherche euro-
péen « Biodiversa+ ».
Visualiser et divulguer les données
relatives à la nature
Il est nécessaire que l’analyse de la surveillance sur
l’état de la nature visualise de façon plus explicite
les différents aspects de la biodiversité et de sa
contribution au bien-être humain, afin de mettre en
évidence les conséquences de l’évolution de l’état
de la nature sur de nombreux objectifs de dévelop-
pement durable.
Le MECDD, en collaboration avec les acteurs compé-
tents en la matière, établira un inventaire compre-
nant les indicateurs pertinents du milieu naturel
nécessaires pour la communication avec les parties
prenantes ainsi que la communication vers le grand
public. Le MAVDR communiquera de manière simi-
laire des informations relatives aux sols et surfaces
agricoles.
En ce qui concerne la protection et conservation de
la nature, ces indicateurs serviront à la publication
d’un rapport annuel par le MECDD et le STATEC sur
« l’État de la Nature » au Luxembourg qui augmente-
ra la prise de conscience du grand public sur la pro-
blématique de la perte de biodiversité, sur l’état des
écosystèmes et l’importance des services écosysté-
miques pour notre société. En ce qui concerne l’in-
teraction avec d’autres acteurs étatiques, ces indi-
cateurs seront importants pour d’autres initiatives,
notamment l’observatoire de la compétitivité qui in-
clut un volet Biodiversité dans son « Tableau de bord
national compétitivité », et aux données nécessaires
dans l’objectif du « natural capital accounting » de la
stratégie européenne en faveur de la biodiversité
2030.
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Le MECDD ensemble avec ses administrations déve-
loppera les outils de saisie et d’analyse nécessaires
permettant la visualisation et l’exploitation des
informations des programmes de surveillance en
temps réel, mis à disposition aux fonctionnaires et
spécialistes. Ces outils faciliteront l’exploitation
statistique et la représentation géographique des
données. Pour revaloriser l’information relative aux
programmes de surveillance, il faudra aussi assurer
une mise à jour régulière des informations diffusées
vers le géoportail.
Le MECDD ensemble avec ses administrations et le
STATEC renforceront la publication des indicateurs
nationaux dans les bases de données des organisa-
tions internationales. En premier lieu, les indicateurs
de l’objectif 15 du développement durable feront
l’objet d’un programme de calcul et de transmission
régulier.
Conscient du fait que le bien-être est directement
lié à la nature, il est primordial de développer des
indicateurs à même de rendre compte d’une vision
plus globale et à long terme de l’économie et de la
qualité de vie qui dépassent les indicateurs écono-
miques traditionnels, tels que le produit intérieur
brut. L’état de la nature au Luxembourg devra da-
vantage être prise en considération par l’indica-
teur « PIBien-être » pour ainsi renforcer la prise de
conscience sur l’importance de la biodiversité dans
le bien-être des habitants du pays et de donner un
contrepoids à l’indicateur classique limité du PIB.
3.3.
Assurer les ressources
financières, humaines et
foncières nécessaires
Les ressources nécessaires à la mise en œuvre de la
présente stratégie devront être en adéquation des
mesures de protection et de restauration prioritaires
et concrètes, accompagnées de la consolidation du
cadre de gouvernance, de la digitalisation et de l’amé-
lioration de la gestion des données, de la réalisation
d’inventaires, de programmes de surveillance, de va-
lorisation et de projets de recherche ciblés, ainsi que
du renforcement de la sensibilisation, de l’éducation
et de la communication dans plusieurs domaines.
Par ailleurs, l’intégration des principes de la conser-
vation de la nature dans d’autres secteurs implique
également une intégration budgétaire trans-
sectorielle épaulant ainsi les budgets dédiés plus
spécifiquement à la conservation de la nature. Cette
intégration budgétaire est d’ailleurs conforme à
l’approche d’inclusion et d’intégration des préroga-
tives environnementales dans tous les instruments
financiers communautaires, préconisée par la Com-
mission européenne. Il existe un potentiel d’inté-
gration dès à présent qui trouve des applications
concrètes dans plusieurs secteurs, notamment dans
le domaine des finances, des travaux publics, de
l’agriculture ou de la consommation. L’importance
d’une collaboration étroite entre les différentes ad-
ministrations étatiques concernées semble évidente
en vue de l’urgence d’agir et des ressources considé-
rables nécessaires.
Réserver les ressources financières pour
la mise en œuvre
Pour répondre aux besoins de la présente stratégie, il
faudra mobiliser des financements privés et publics
au niveau national et au niveau communautaire.
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Une estimation précise des répercussions budgé-
taires de l’État du Luxembourg relatives à la mise en
œuvre intégrale de l’ensemble des actions à réaliser
et des mesures quantifiables à atteindre proposées
par la présente stratégie est difficile à réaliser, dû à
certaines imprécisions ou inconnues concernant les
modalités de mise en œuvre. Partant, les chiffres fi-
gurant dans le tableau financier joint à la présente
stratégie ont donc une valeur indicative afin de per-
mettre des projections sur l’évolution budgétaire
nécessaire à mettre en place à l’avenir. Toutefois,
ces projections sommaires sont basées sur les ex-
périences de la mise en œuvre des stratégies précé-
dentes de la protection de la nature et ont été d’ores
et déjà intégrées dans le budget voté actuellement
en vigueur, ainsi que son pluriannuel.
Les principales sources budgétaires sur lesquelles
ces dépenses pourront être imputées sont celles
indiquées dans le tableau financier joint en annexe,
incluant outre le budget ordinaire, notamment les
trois fonds spéciaux : le fonds pour la protection de
l’environnement, le fonds pour la gestion de l’eau
et le fonds climat et énergie. En outre, étant donné
que la restauration de la nature et des écosystèmes
contribuera de manière significative à la réalisation
des objectifs en matière de climat et d’adaptation au
changement climatique, une proportion importante
correspondant à 30 % du budget du fonds climat et
énergie sera investie dans la restauration des éco-
systèmes et les solutions fondées sur la nature en
vue de promouvoir le captage et stockage naturel du
carbone. Il est évident que les orientations politiques
énoncées à travers les objectifs, actions et mesures
de la présente stratégie devront être respectées
dans le cadre des procédures budgétaires à venir.
Ressources humaines
A l’instar des ressources financières, des ressources
humaines supplémentaires sont nécessaires afin
de satisfaire aux missions octroyées par la présente
stratégie, ainsi que par le plan de gestion du 3e cycle
de gestion des eaux qui sont intimement liés, visant
en particulier l’administration de la nature et des fo-
rêts et l’administration de la gestion de l’eau, ainsi
que l’administration de l’environnement. Le person-
nel de ces administrations devra être renforcé tant
pour les divers services conceptuels (élaboration de
plans de gestion, d’action et d’information/sensibili-
sation), qu’opérationnels (mise en œuvre concrète,
coordination et gestion de projets et de sensibilisa-
tion), ainsi que de soutien (informatique, gestion des
banques de données, comptabilité etc.).
Une estimation grossière des besoins de ressources
humaines, basée sur les missions octroyées, est
donnée purement à titre indicatif pour formuler un
ordre de grandeur
Services conceptuels : 8 personnes
Services opérationnels : 35 personnes
Services de soutien : 6 personnes
Garantir l’acquisitions de terrains à des fins de
conservation de la nature
L’acquisition de parcelles à des fins de protection de
la nature par des organismes publics, tels que l’État,
et les communes, ou encore les fondations d’utilité
publique, constitue souvent le seul moyen pour ob-
tenir une protection définitive d’un biotope rare ou
menacé à long terme. D’un point de vue financier,
l’acquisition de fonds est, malgré le prix élevé des
terrains, bien souvent plus avantageux que le paie-
ment d’indemnités à perpétuité.
L’acquisition de parcelles à vocation de conservation,
voire de restauration de la nature se fera prioritai-
rement dans les zones protégées, ainsi que sur des
sites du cadastre des biotopes et le long des cours
d’eau, ou abritant des espèces ou habitats faisant
l’objet d’un plan d’action « prioritaire ».
Selon le principe de subsidiarité, l’ANF, les fonda-
tions et les communes sont appelées à procéder
à l’acquisition de terrains contribuant à la mise en
œuvre du plan national concernant la protection
de la nature. Une analyse stratégique sera réalisée
qui tiendra compte des facteurs spécifiques des ter-
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rains domaniaux en vue de la faisabilité d’y restaurer
des écosystèmes en faveur des plans d’action « Es-
pèces » et « Habitats »prioritaires.
Les procédures d’acquisition de terrains par le biais
du Fonds pour la protection de l’environnement se-
ront allégées, notamment en prévoyant une enve-
loppe annuelle adéquate à cet effet. Cette mesure
vise l’acquisition de 40 % des terrains contenus dans
les zones protégées, respectivement de 70 % des
terrains de leurs zones noyaux.
3.4.
Sensibiliser, éduquer et
communiquer par rapport aux
valeurs de la biodiversité
La sensibilisation et la communication relatives à la
protection, la conservation et la restauration de la
nature représentent un champ d’action important
de la présente stratégie, visant le grand public, mais
aussi l’intégration de ce sujet dans d’autres poli-
tiques sectorielles (aménagement du territoire, dé-
veloppement rural, souveraineté alimentaire, édu-
cation et enseignement, formation professionnelle
et continue, tourisme…). Un meilleur ciblage des
différentes campagnes de sensibilisation et de com-
munication réalisées ces dernières années par l’en-
semble des acteurs a permis d’étendre la portée des
messages relatifs à la protection, la conservation et
la restauration de la nature au Luxembourg. Parallè-
lement, des efforts considérables dans le domaine
de l’éducation à l’environnement ont été accomplis
lors des dernières années.
Informer et sensibiliser le grand public
Il y a lieu d’informer et de sensibiliser le grand public
aux défis actuels de la protection et conservation de
la nature tout en mettant en avant les efforts me-
nés par tous les acteurs en vue d’améliorer l’état de
conservation des écosystèmes et des espèces qu’ils
abritent. La communication y relative se basera sur
les données scientifiques (voir le chapitre 3.2 « état
de la nature »), incluant les indicateurs de la biodi-
versité, ainsi que les concepts établis comme la mise
à jour régulière des listes rouges nationales ou en-
core d’atlas de répartitions. Cette communication
s’appropria davantage des méthodes du « storytel-
ling » pour mettre en évidence les services écosys-
témiques et les effets de la protection et conserva-
tion de la nature sur le bien-être humain. L’objectif
est de créer un sentiment généralement positif en-
vers la protection de la nature. A cet effet, il s’agira
de mettre davantage en évidence des exemples po-
sitifs et couronnés de succès « best practices » (voir
le chapitre 3.1 « entreprises de démonstrations »...)
et mettre parallèlement en valeur les effets positifs
sur le monde vivant qui résultent de la mise en œuvre
des actions et mesures envisagées par la présente
stratégie et d’autres plans et stratégie pertinents.
Le MECDD, en collaboration avec ses administra-
tions et via les COPILs, a élaboré et lancé une large
campagne de communication sur la nature et parti-
culièrement les zones protégées en 2022, tout en
renforçant la coopération avec les secteurs clés. No-
tamment des informations et documents d’orienta-
tion seront élaborés et présentés aux publics cibles,
accompagnés de présentations de situations types,
et disséminés via les différents médias, afin d’amé-
liorer la compréhension des exigences de la législa-
tion nationale relative à la protection de la nature
et des ressources naturelles, ainsi que de la gestion
de l’eau, et de l’importance de la nature et des éco-
systèmes dans le développement économique et la
sauvegarde de la qualité de vie.
Afin d’augmenter le sentiment d’appropriation de
la protection et conservation de la nature auprès
du grand public, le MECDD travaillera davantage sur
la divulgation des informations par rapport aux ob-
jectifs de conservation ciblés par les plans d’actions
« Espèces » et « Habitats » et des plans de gestion
des zones protégées, ainsi que des objectifs de res-
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tauration visés par la présente stratégie. Par ailleurs,
la vulgarisation du contenu et des objectifs de la
présente stratégie est prévue par la publication
d’une version simplifiée, adressée au grand public.
Évaluer et optimiser la plateforme nationale
pour l’éducation à l’environnement et au
développement durable (EEDD)
La plateforme nationale pour l’éducation à l’envi-
ronnement et au développement durable (EEDD),
créée en 2007 afin de coordonner les activités de
tous les acteurs dans ce domaine, a été consolidée
et continue à disséminer des informations sur l’en-
vironnement et les ressources naturelles, ainsi que
leur conservation, et à promouvoir une offre de
qualité en matière de documentation, de formation
(continue) et de sensibilisation. L’échange entre les
différents membres de cette plateforme assure que
l’offre sous forme d’activités pédagogiques dans
l’éducation formelle et non-formelle ainsi que l’offre
de formations (continues) dans le domaine de l’EEDD
soit harmonisée et complétée. La plateforme peut
constituer un moteur puissant soutenant la promo-
tion d’un changement porteur de transformation,
prévue par ce chapitre 3, en facilitant le transfert
des connaissances et l’échange de bonnes pratiques
et d’outils entre les ministères, administrations et
autres acteurs de tous les secteurs (aménagement
du territoire, économie, développement rural, agri-
culture, sylviculture, éducation, enseignement, for-
mation professionnelle et continue, tourisme, …).
Une analyse de cette plateforme, de son fonction-
nement, de son impact et de son positionnement
notamment dans le domaine de l’éducation à la na-
ture et à l’environnement s’avère utile afin d’opti-
miser l’échange entre les acteurs visés, d’améliorer
l’offre et sa notoriété et d’en assurer la pérennité.
Cette analyse prendra en compte des études et ex-
périences de projets similaires réalisés au niveau na-
tional ou international (universités, instituts de re-
cherche pédagogiques, résaux transfrontaliers etc.).
La « Formation Nature » (anciennement dénommée
« guide nature ») sous la nouvelle formule avec une
adaptation continue, demande une évaluation plus
détaillée après quelques cycles de formation afin
d’adapter celle-ci davantage aux besoins des acteurs
et des participants. La reconnaissance de ses lau-
réats en tant qu’acteurs et multiplicateurs de qualité
dans le paysage de l’éducation à l’environnement est
à garantir.
Mettre en place la stratégie d’orientation
nationale des Centre Nature et Forêts
Les efforts de renouvellement de l’offre des CNF se-
ront poursuivis. Tous les CNF sont dotés d’un plan
directeur (« masterplan ») établissant les objectifs
et orientations stratégiques et thématiques des
centres, ainsi que de l’approche pédagogique et du
concept de communication. Sur base des plans direc-
teurs, les expositions, les activités et la collaboration
avec d’autres partenaires seront renouvelées. L’en-
semble des plans directeurs sera agencé de façon
à renforcer le fonctionnement en réseau des CNF
et la complémentarité de l’offre. Des thèmes com-
muns axés sur les défis du changement climatique
et de la crise de la biodiversité seront élaborés. Au
fur et à mesure que les plans directeurs seront mis
en œuvre, tous les CNF seront dotés du personnel
qualifié nécessaire, ainsi que du secrétariat adéquat
afin d’assurer leur bon fonctionnement. Un concept
pédagogique sera mis en place. Le programme de
formation continue dans les domaines de l’éduca-
tion et de la sensibilisation à l’environnement sera
établi en lien avec le programme de la plateforme
nationale pour l’éducation à l’environnement et au
développement durable (EEDD).
Renforcer l’éducation à l’environnement
dans l’éducation formelle
Un renforcement de l’éducation à l’environnement
dans le cadre de l’éducation formelle demande
l’engagement du côté des enseignants. Dans ce
contexte, les efforts réalisés ces dernières années
par la plateforme EEDD en coopération avec tous
ses membres, facilitant l’accès des enseignants
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aux thèmes de la nature grâce p.ex. à la mise à
disposition de modules pédagogiques, l’extension
de l’offre de formation continue et des sorties na-
ture, sont à poursuivre. Des pistes à explorer da-
vantage concernent l’optimisation de la diffusion
de l’offre existante s’adressant aux enseignants
ainsi que l’implémentation de sorties nature
comme partie intégrante, dans les programmes édu-
catifs.
Assurer la formation (continue) des acteurs
professionnels
L’exploitation des terres agricoles et les pratiques y
appliquées constituent un des leviers les plus impor-
tants pour la mise en œuvre réussie d’une politique
nationale en matière de protection des écosystèmes
et de leurs services (voir chapitre 2.6). Il est essentiel
que la compréhension des enjeux environnemen-
taux et des pratiques favorables à un environne-
ment sain fasse partie intégrante de l’enseignement
spécifique et professionnel ainsi que de la formation
continue destinées aux sylviculteurs, agriculteurs,
viticulteurs et maraîchers, et autres producteurs
d’aliments. L’offre existante est à évaluer et le cas
échéant à adapter en collaboration avec les acteurs
impliquées dans l’enseignement et la formation des
(futurs) exploitants.
Les gestionnaires de terrains (agricoles, sylvicoles
etc.) et propriétaires font régulièrement face à des
contraintes et des régulations liées aux réglementa-
tions dans les zones protégées. L’accès aux informa-
tions, modalités mais surtout aux opportunités (pro-
jets, subsides, labels, distinctions,…) résultant de
zones protégées pourrait être facilité à travers une
boîte à outils développée en lien avec le concept du
conseil intégré.
Le verdissement des zones urbaines et la limitation
de l’artificialisation des sols (voir les chapitres 2.7 et
2.8) engendrent des effets positifs tels que la réten-
tion de l’eau de pluie, le stockage de carbone, la fil-
tration de l’air, la régulation du microclimat, …. Les
élus locaux sont les moteurs de la transformation
des zones urbaines ; il est donc important d’assu-
rer leur participation, y compris celle des « échevins
Pacte Nature », à des formations interactives, basées
sur l’expérience et de bonnes pratiques adressés aux
nouveaux élus locaux ouvrent la voie vers une vision
de quartiers plus verts et résilients.
Etant donné que la mise en œuvre réussie des me-
sures visant le verdissement des zones urbaines et la
limitation de l’artificialisation des sols, notamment
l’élaboration de projets promouvant la protection
de la nature et la résilience face au changement cli-
matique en générale, demande des connaissances
spécifiques et dès lors une formation spécialisée de
tous les professionnels dans le domaine, il y a lieu
d’adresser une offre adaptée aux architectes, urba-
nistes, bureaux d’études, techniciens et employées
et fonctionnaires communaux et tout autre acteur
pertinent dans ce contexte.
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Récapitulatif - Changement porteur de
transformation
Principaux engagements du Luxembourg d’ici à 2030
& actions correspondantes à réaliser et mesures quantifiables à atteindre
d’ici à 2026
1. Préciser et consolider le cadre gouvernance dans le domaine de la conservation de
la nature
1.
Mettre en place un Comité Interministériel Protection de la Nature
2.
Mettre en place une cellule de supervision et de coordination de la mise en
œuvre de la présente stratégie, dès l’approbation de la présente stratégie
3.
Assurer la coordination avec les autres acteurs du terrain en définissant le
programme annuel de chaque acteur
4.
Atteindre la couverture nationale des COPILs Natura 2000 en vue de la
promotion de la mise en œuvre des zones protégées au niveau régional
5.
Atteindre la couverture nationale des stations biologiques par le lancement
d’une campagne de promotion nationale en vue de l’adhésion des communes non
syndiquées
6.
Encourager un engagement ambitieux pour toutes les communes dans le « Pacte
Nature », dont l’adhésion de 100 % des communes, et de 66 % des communes
signataires atteindront au moins le niveau de certification de base
7.
Lancer une étude de faisabilité et une analyse de marché en vue de mettre en
place un instrument mobilisant les entreprises privées à œuvrer en faveur de la
biodiversité
8.
Constituer un réseau de fermes de démonstration « agriculture-biodiversité-
eau »
9.
Soutenir un marché des courtes distances, en vue de promouvoir l’exploitation
durable de la nature et des ressources naturelles, et tout en assurant la viabilité
économique des producteurs
10. Mettre en œuvre un concept national de conseil intégré en matière agricole
11. Mettre en œuvre un concept national de conseil intégré en matière sylvicole
12. Préciser le cadre réglementaire et élaborer un document stratégique et un
programme de formation concernant la poursuite judiciaire des infractions
environnementales
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2. Renforcer le suivi de la mise en œuvre, ainsi que la surveillance et l’évaluation de
l’environnement naturel
1.
Renforcer le suivi et la digitalisation des données relatives à la mise en œuvre
2.
Développer ou étendre les outils de saisie nécessaires, et assurer
l’interopérabilité des banques de données relatives à la mise en œuvre et à la
surveillance de la biodiversité
3.
Développer un mécanisme de suivi et un tableau de bord contenant les
indicateurs et « milestones » pour évaluer en continu et temps réel le progrès de
la mise en œuvre des actions et mesures de la présente stratégie, en 2023
4.
Combler les lacunes de connaissance dans la surveillance de l’état de la nature
et des écosystèmes et de leurs services, tout en poursuivant les efforts déployés
pour la surveillance de la biodiversité
5.
Assurer un suivi et une évaluation continus des surfaces correspondant aux
biotopes et habitats protégés
6.
Instaurer un système de contrôle et d’évaluation de l’efficacité des mesures et
projets de mise en œuvre
7.
Poursuivre les efforts concernant la surveillance et le contrôle du respect des
mesures réglementaires, administratives ou contractuelles, ciblant notamment
l’application de fertilisants et de pesticides au niveau des zones sensibles
8.
Lancer une analyse de la robustesse statistique de la méthodologie et
l’échantillonnage des données liées à la biodiversité
9.
Aligner les différents programmes de surveillance de la biodiversité
10. Adhérer au réseau de recherche européen « Biodiversa+ ».
11. Prise en considération d’autres facteurs biophysiques avec un lien sur
l’environnement et mesures d’autres acteurs étatiques
12. Etablir un inventaire avec les indicateurs pertinents, liés à la surveillance de la
biodiversité
13. Publier annuellement un rapport dénommé « État de la nature »
14. Mise à jour régulière des informations diffusées vers le géoportail
15. Créer une interface de visualisation et d’exploitation des inventaires et études
relatives à la surveillance de la biodiversité
16. Développer un indicateur « PIBien-être » relatif à l’état de la nature en vue de son
intégration dans le set d’indicateurs
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3. Assurer les ressources financières et humaines nécessaires
1.
Réserver les ressources financières pour la mise en œuvre
2.
Instaurer les ressources humaines pour la mise en œuvre
3.
Garantir l’acquisition de terrains à des fins de conservation de la nature,
en veillant à ce que ceci contribue directement à la mise en œuvre de la
présente stratégie
4.
Analyser la faisabilité du potentiel de restauration des écosystèmes sur les
terrains domaniaux en faveur des plans d’action « Espèces » ou « Habitats »
prioritaires
4. Sensibiliser, éduquer et communiquer par rapport aux valeurs de la biodiversité
1.
Poursuivre les efforts dans le domaine de la sensibilisation de la communication
et de l’éducation à l’environnement naturel
2.
Élaborer des campagnes de communication et de sensibilisation relatives à la
nature et aux services écosystémiques ciblant le grand public, ainsi que des
publics cibles spécifiques
3.
Publier une version simplifiée de la présente stratégie adressée au grand public
4.
Mettre en évidence des exemples positifs : des bonnes pratiques, des projets
pilotes, des initiatives phares et innovateurs, ainsi que des acteurs, dont des
communes, entreprises et exploitations de démonstration
5.
Analyser, évaluer et adapter le fonctionnement, l’organisation et l’offre de la
Plateforme pour l’éducation à l’environnement et au développement durable
6.
Analyser, évaluer et adapter la « formation nature »
7.
Poursuivre les efforts relatifs aux centres nature et forêt (CNF)
8.
Optimiser et renforcer la coopération entre la Plateforme EEDD et les acteurs
de l’education formelle
9.
Renforcer l’enseignement et la formation continue dans les secteurs
professionnels spécifiques
10. Faciliter l’accès aux informations et proposer une boîte à outils aux gestionnaires
et propriétaires mettant en évidence les opportunités liées aux zones protégées
11. Réviser et adapter l’offre de formation dans le domaine du milieu urbain pour
tous les acteurs pertinents
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L’engagement du Luxembourg pour lutter contre
la perte de la biodiversité se manifeste sur
tous les niveaux, et ne se limite pas seulement
sur les actions et mesures au niveau national,
mais connaît un volet important d’engagement
au niveau global. Conscient que la biodiversité
est une richesse commune, importante pour le
maintien du bien-être humain au niveau global, le
Luxembourg, continuera son engagement ambi-
tieux dans des accords environnementaux pour
la protection, conservation et restauration de la
biodiversité et des écosystèmes. Le Luxembourg
est signataire de nombreux conventions et ac-
cords internationaux pour protéger et restaurer
la diversité biologique au niveau international.
S’engager pour la sauvegarde de
la diversité biologique au niveau
international
4.
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4.1.
Conventions internationales
Le Luxembourg restera engagé dans les conven-
tions, accords et initiatives internationaux liés à la
protection de la nature et des écosystèmes, dont
notamment la Convention sur les zones humides
(Ramsar), la Convention relative à la conservation
de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe
(Berne), la Convention sur les espèces migratrices
(CMS), l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau
migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), ainsi que l’Ac-
cord relatif à la Conservation des Chauves-souris en
Europe (Eurobats).
Au sein de la Convention sur le commerce interna-
tional des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction (CITES) le Luxembourg conti-
nuera son engagement pour la protection des es-
pèces menacées d’extinction, et continuera de lutter
pour la fermeture des marchés de l’ivoire sur le plan
européen, mais également au niveau mondial.
Conscient de l’importance de la science et de la sen-
sibilisation pour la protection de la biodiversité, le
Luxembourg s’engagera aussi particulièrement dans
la Plateforme intergouvernementale scientifique
et politique sur la biodiversité et les services éco-
systémiques (IPBES) pour faire avancer les connais-
sances sur la biodiversité.
Par rapport à la Convention sur la diversité biolo-
gique (CBD), le Luxembourg s’engage à promou-
voir, dans les différentes enceintes européennes
et internationales, un nouveau cadre stratégique
mondial ambitieux afin de parvenir à « inverser,
dès 2030, la perte de biodiversité au niveau mon-
dial, en mettant la nature sur la voie de la régéné-
ration pour le bénéfice de tous et de la planète ».
Ce nouveau cadre stratégique pour la biodiversité
a été adopté lors de la 15e Conférence des parties
(COP 15) de la convention sur la diversité biolo-
gique en décembre 2022 à Montréal. Dans ce cadre
le Luxembourg est membre de la Coalition à haute
ambition pour la nature et les Peuples ainsi que l’al-
liance globale pour les océans qui prônent de pro-
téger 30 % des surfaces terrestres et marines d’ici
2030. Dans les années après l’adoption du cadre stra-
tégique pour la biodiversité, le Luxembourg s’enga-
gera à une augmentation progressive des ambitions
nationales pour atteindre les objectifs globaux de
COP 15, au vu des responsabilités communes mais
différenciées qui émanent de la destruction de la
biodiversité au cours des derniers 50 ans.
4.2.
Engagement financier,
sectoriel et bilatéral
Pour inverser le déclin de la biodiversité d’ici 2030,
l’institut Paulson suggère qu’à l’échelle mondiale,
nous devons dépenser entre 722 et 967 milliards de
dollars US chaque année au cours des dix prochaines
années53. En fait, environ la moitié de cette dépense
pourrait être assurée par un meilleur déploiement
des fonds existants et des choix de politique et d’in-
vestissement plus intelligents, en déplaçant le flux
de capitaux des comportements nocifs vers des ré-
sultats qui profitent à la nature.
Dans la période d’ici 2026, le Luxembourg quadru-
plera ses investissements financiers pour l’enga-
gement international 2026. Les domaines cibles du
financement pour la biodiversité seront des projets
avec un lien direct avec la protection et la restaura-
tion des forêts, du milieu marin ainsi que des zones
humides. Le focus géographique des projets finan-
cé sera prioritairement axé aux pays partenaires de
la coopération, notamment, le Burkina Faso, Cabo
Verde, Laos, Mali, Nicaragua, Niger et le Sénégal. Le
Luxembourg accompagnera ces pays en développe-
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ment dans l’intégration de la biodiversité dans leurs
stratégies nationales de développement durable et
dans leurs politiques sectorielles par un alignement
du financement de l’aide publique au développe-
ment pour davantage contribuer à la préservation de
la biodiversité. Le Luxembourg continuera à soutenir
les conventions multilatérales, accords et initiatives
internationaux (voir ci-dessus) par des contributions
volontaires financières précises.
Après l’adoption de la résolution sur la pollution
plastique lors de 5e Assemblée des Nations unies
pour l’environnement, le Luxembourg continuera
de lutter pour un texte juridiquement contraignant
jusqu’à 2024 sur la pollution plastique. Cet accord
couvrira l’ensemble du cycle de vie des plastiques et
portera sur leur dispersion dans l’environnement, y
compris dans les écosystèmes marins.
Le Luxembourg renforcera ses liens bilatéraux avec
l’Union internationale pour la conservation de la
nature (IUCN) par un partenariat stratégique, pour
faire augmenter les connaissances liées au finance-
ment privé pour la biodiversité et ensemble avec
l’institut de recherche CIFOR/ICRAF mettra en place
une plateforme de financement, en collaboration
avec le Ministère des Finances, pour stimuler les in-
vestissements financiers privés dans le domaine des
solutions fondées sur la nature.
Forêts
Le rapport d’évaluation régionale de la biodiversi-
té et des services écosystémiques pour l’Europe et
l’Asie centrale de la Plateforme intergouvernemen-
tale scientifique et politique sur la biodiversité et les
services écosystémiques conclue qu’environ 10 %
de la déforestation annuelle dans le monde était le
résultat de la consommation des 27 États membres
de l’UE.
Contrairement aux forêts nationales qui connaissent
une protection légale et réglementaire, les forêts
extra-européennes sont souvent menacées par une
consommation de matières premières et produits
menant à la déforestation ou à la dégradation des
forêts54.
La réduction de la dépendance des importations
de ces matières premières ou produits pour ain-
si réduire l’impact des modes de production et de
consommation sur la déforestation importée est un
volet important de la prise en considération de l’em-
preinte écologique dans la conscience nationale.
Dans ce contexte, le Luxembourg vient de rejoindre
l’Alliance sur les forêts tropicales humides, pour
s’engager davantage dans la lutte contre la défores-
tation importée au niveau international. Le Luxem-
bourg s’engage pour l’adoption du règlement euro-
péen ambitieux concernant la mise à disposition sur
le marché de l’UE ainsi que l’exportation depuis l’UE
de certaines matières premières et produits liés à la
déforestation et à la dégradation des forêts.
Océans
Même en tant que pays dépourvu de littoral, l’impor-
tance des océans est évidente pour le Luxembourg,
qui s’engage depuis des années pour sa protection.
En absorbant et stockant près de 30 % des émissions
de CO₂, les océans jouent un rôle important dans la
régulation du climat et offrent également des solu-
tions d’adaptation aux effets du changement clima-
tique. À cela s’ajoute que les océans sont à la base
d’une source alimentaire saine et que 30 millions de
personnes dépendent directement de la pêche arti-
sanale en tant que source d’alimentation.
Le Luxembourg a récemment rejoint l’alliance glo-
bale pour les océans. Le Luxembourg s’engage dans
cette coalition planétaire pour la protection d’au
moins 30 % de nos océans d’ici 2030 dans le but d’in-
verser les dommages causés aux océans par l’activi-
té humaine. Au sein de la Convention internationale
pour la règlementation de la chasse à la baleine, le
Luxembourg soutiendra fermement le moratoire
sur la chasse commerciale à la baleine et favorisera
l’adoption d’aires de protection au-delà de la juridic-
tion nationale.
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INTERNATIONAL
Le Luxembourg est dans le processus d’adhésion
au comité scientifique sur la recherche antarctique
(SCAR), qui simplifiera l’accès à la recherche liée aux
sujets antarctiques pour les scientifiques nationaux
et envisage une adhésion dorénavant au Traité sur
l’Antarctique (CCAMLR).
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INTERNATIONAL
Récapitulatif - Engagement pour la sauvegarde de la
diversité biologique au niveau international
Principaux engagements du Luxembourg d’ici à 2030
& actions correspondantes à réaliser et mesures quantifiables à atteindre
d’ici à 2026
1. Renforcer l’engagement dans les conventions internationales
1.
Jouer un rôle moteur dans les négociations pour le nouveau cadre mondial
ambitieux pour l’après-2020 et sa mise en œuvre
2.
Mettre en œuvre un suivi et réexamen pour renforcer des mesures du cadre
mondial pour l’après-2020
2. Augmenter l’engagement financier, sectoriel et bilatéral
1.
Augmenter l’engagement accru pour limiter la déforestation importée
2.
Adhérer au comité scientifique sur la recherche antarctique (SCAR) et à la
Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique
(CCAMLR)
3.
Conclure un Partenariat stratégique avec l’Union internationale pour la
conservation de la nature (IUCN)
4.
Mettre en place une plateforme de financement en collaboration avec le
Ministère des Finances pour stimuler les investissements financiers privés dans le
domaine des solutions fondées sur la nature
5.
Quadrupler les ressources financières allouées aux engagements internationaux
pour la biodiversité et investissement d’une proportion significative des
ressources financière allouées au climat pour la biodiversité et des actions
fondées sur la nature
6.
Intégrer la biodiversité dans les accords bilatéraux et multilatéraux et mesurer
les impacts des accords commerciaux sur la biodiversité
7.
Renforcer les effets bénéfiques pour la biodiversité de l’aide publique au
développement dans les pays partenaires de la coopération
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ANNEXES
Annexe A : Zones protégées d’intérêt communautaire Natura 2000
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ANNEXES
Annexe B1 : Zones protégées d’intérêt national (ZPINs en vue d’une protection
stricte, Natura 2000 en vue d’une réglementation)
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ANNEXES
Annexe B2 : Tableau de zones protégées d’intérêt national
Nom ZPIN
N° ZPIN
Intérêts principaux
Natura 2000
Am Dall / Kouprich / Weiler
Weiher / Trëtterbaach
Zones humides en milieu agricole,
Espèces rares, Paysage
x
Am Kessel / Lannebur
Zone humide en milieu agricole,
Espèces rares
x (en partie)
Am Mëlleschbour /
Näerdenerbaach
Zones humides en milieu agricole,
Espèces rares
x
Attert / Aeschbech
Cours d'eau, Espèces rares, Connectivité
écologique
Bamerdall / Härebierg
Pelouses sèches et prairies mésophiles,
Espèces rares
Bärend
Prairies mésophiles et humides,
Espèces rares
Bastendorf - Groussebësch
Réserve forestière intégrale
Bech / Berbourg - Sauerbaach -
Jakobsbierg
Zone humide en milieu agricole,
Prairies mésophiles, Espèces rares
x
Beddelbësch
Prairies humides, Pelouses sèches,
Espèces rares, Connectivité écologique
Beidlerbaach / Laangbaach
Zone humide en milieu agricole,
Espèces rares
x
Béigerhaard
Zone forestière
Beiler / Leithum - Biedem /
Schibech
Zone humide en milieu agricole,
Prairies humides et mésophiles, Cours d'eau,
Connectivité écologique, Espèces rares
Bënzrat
Zone forestière
Berbuergerbësch
Zone forestière
Bertrange - Aalheck / Brill
Prairies mésophiles et humides
x
Betzder Bësch
Zone forestière
Bierg / Laangendréisch
Prairies mésophiles et humides,
Connectivité écologique, Espèces rares
x
Billknapp
Prairies mésophiles et humides,
Pelouses sèches
x
Binsfeld - Lukeschbaach /
Hollermillen
Zones humides en milieu agricole,
Espèces rares
Blees / Stool / Tandelerbaach
Cours d'eau, Connectivité écologique,
Habitats centraux
Braedmicht
Pelouses maigres
x
Breedendall
Pelouses maigres et prairies mésophiles
Breetwiss
Prairies mésophiles et humides, Espèces
rares, Connectivité écoloqique
x
Briedemësserbësch -
Lenningen
Zones forestières, Réserve forestière in-
tégrale (partie), Bocages
x (en partie)
Brillbaach / Rittefenn /
Sources de la Woltz
Zones humides (en milieu agricole), Espèces
rares, Connectivité écologique
x
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ANNEXES
Nom ZPIN
N° ZPIN
Intérêts principaux
Natura 2000
Burgronn
Anciennes minières, Falaises
x
Capellen - Schericherbrill
/ Buchhëlzerwisen /
Hongréchtmuer
Prairies mésophiles et humides,
Connectivité écologique
Collines de Bettendorf
Pelouses sèches et prairies mésophiles,
Paysage, Connectivité écologique
Cornelysmillen - Schucklai
Zones humides en milieu agricole,
Espèces rares
x
Däerebësch / Waal /
Hellengerbësch
Zone forestière et agricole, Corridor
écologique et goulot d’étranglement
x (en partie)
Dirbaach
Prairies mésophiles, Connectivité
écologique
x
Dumontshaff
Zone humide, Verges, Espèces rares
x
Eppeldorf - Hossebierg
Pelouses sèches en milieu agricole et for-
estier
x
Essingen - Faascht / Pintgert /
Bras mort de Cruchten
Zones forestières et humides, Réserve
forestière intégrale (partie), Paysage,
Connectivité écologique, Pelouses sèches
et prairies mésophiles
x (en partie)
Ettelbrück - Ditgesbaach
Vergers et prairies mésophiles, Espèce rare,
Pelouses sèches, Connectivité écologique
Faascht / Buchholzerbësch /
Dräibrécken
Zone forestière et humide, Corridor
écologique et goulot d'étrangement
x (en partie)
Faulbich / Scheed
Zone forestière et humide, Vergers
x (en partie)
Fennerholz / Uecht
Zone forestière et humide, Corridor
écologique et goulot d'étrangement
d’étranglement
Fréinen
Prairies mésophiles, Connectivité
écologique
x (en partie)
Frombuerg - Roudenhaff
Zone forstière et humide, Herbarges,
Prairies mésophiles, Pelouses sèches
x
Girsterklaus
Pelouses sèches et prairies mésophiles,
Connectivité écologique
x
Gonderange / Rodenbourg
- Faascht / Roodt/Syre -
Riederbësch
Zones forestières et humide, Réserve
forestière intégrale (partie)
x
Gréngewald
Zone forestière, Pelouses sèches,
Espèces rares, Paysage
x
Groussebësch - Koulbich -
Grousswiss - Stiefeschbësch
Zones forestières et humides, Cours d'eau,
Connectivité écologique
x (en partie)
hanner Féngegerholz
Prairies mésophiles et humides,
Espèces rares
Heinerscheid / Drauffelt -
Irbich / Gebranntebierg
Zones humides et forestières,
Prairies mésophiles et humides, Paysage
x (en partie)
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ANNEXES
Nom ZPIN
N° ZPIN
Intérêts principaux
Natura 2000
Hierk
Pelouses maigres
x (en partie)
Houbaach
Zones humides, Prairies mésophiles et
humides, Connectivité écologique
x
Houschert
Zones humides, Prairies mésophiles et
humides, Connectivité écologique
x
Ierwenhecken
Prairies mésophiles, Connectivité
écologique
x
Irzgaart
Pelouses sèches et prairies mésophiles,
Paysage, Connectivité écologique
x
Jongebësch
Zone forestière
Kailslee / Kaalbermillen /
Jansschleed
Zone forestière et humide, Réserve
forestière intégrale (partie), Paysage
x
Kéidénger Brill - Soup
Zone humide en milieu agricole et forestier,
Prairies mésophiles et humides
x
Kinneksbrill / Romeschd
Zone humide en milieu agricole, Prairie
mésophile, Pelouses sèches et prairies
mésophiles, Connectivité écologique
Krékelsbierg
Pelouses sèches, prairies mésophiles et
humides, Espèces rares
x (en partie)
Kuederlach
Prairies mésophiles
Lac de la Haute Sûre /
Kaundorf - Harschend /
Schlirbech
Zones forestières et humides, Réserve
forestière intégrale (partie), Cours d'eau,
Connectivité écologique, Falaises, Paysage
x
Lamidden - Remesch
Prairies mésophiles et humides
x
Laumerengen
Prairies mésophiles
Leideléngerbësch / Goelle
Weiher
Zone forestière et humide, Corridor
écologique et goulot d’étranglement
x
Léierchen
Zones humides, Prairies mésophiles et
humides, Connectivité écologique
Léisbech
Zones humides, Prairies mésophiles et
humides, Pelouses maigres, Espèces rares
x
Leudelange Gewännchen
Herbages, Prairies mésophiles et humides
x
Lintgen - Laaschenterbësch
Zone forestière, Espèce rare
Lirbech
Zones humides, Prairies mésophiles
Maarkbierg
Zones humides, Pelouses maigres et prairies
mésophiles
Mamerdall
Zones humide et forestière, Réserve
forestière intégrale (partie), Paysage
x
Méchelbaach
Zones humides, Pelouses maigres et prairies
mésophiles, Connectivité écologique
Meysembourg - Manzebaach
Zone forestière et humide, Falaises et
espèce rare, Paysage
x
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ANNEXES
Nom ZPIN
N° ZPIN
Intérêts principaux
Natura 2000
Müllerthal / Marscherwald /
Lauterbuer/Haard / Friemholz
/ Weilerbaach
Zones forestières et humides, Réserve for-
estière intégrale (partie), Falaises et espèces
rares, Paysage, Corridor écologique
x
Neibruch
Zones humides, Prairies mésophiles et
humides
x
Noertrange - Steerueder /
Weischend / Himmelbaach
Zone forestière et humide Réserve
forestière intégrale (partie), Cours d'eau,
Connectivité écologique, Habitats centraux
Oberdonven - Houwald
Réserve forestière intégrale (partie), Corri-
dor écologique
x (en partie)
Pëssenheck / Gréiwenheck /
Kirel
Pelouses maigres, Prairies mésophiles et
humides, Zones et prairies humides, Cours
d'eau, Connectivité écologique
Quärten
Pelouses sèches et prairies mésophiles
x
Reckendallerkopp
Réserve forestière intégrale
x
Réier / Honsréck
Zone humide et forestière, Espèces rares
x
Reischwisen - Groeknapp
Pelouses sèches et prairies mésophiles,
Espèces rares, Connectivité écologique
x
Roudebësch
Zone forestière, Réserve forestière in-
tégrale
x
Rouer
Zones humides
x
Roupersbuer / Constumer
Land
Pelouses maigres et prairies mésophiles
Sauerleeën / Schwaarzepull
Zone forestière et humide, Forêts de ravin
et espèces rares, Paysage
x
Sauerwisen
Zones humides, Prairies mésophiles et
humides
x (en partie)
Scheierbierg/Maachergrouf
Pelouses sèches et prairies mésophiles,
Espèces rares, Corridor écologiques
Schleif / Bretemich
Zones et prairies humides, Pelouses maigres,
Connectivité écologique
x
Schlënnerdall / Molberlay
Zone forestière et humide, Crête rocheuse
et falaises, Paysage
Schouweiler - Bitschenheck
Zone humide et forestière, Prairies méso-
philes et humides
x
Schrondweiler - Seitert /
Groëknapp
Zone forestière et agricole, Pelouses sèches,
prairies mésophiles et humides, Réserve
forestière intégrale (partie)
x (en partie)
Schwéibech / Hassel
Zone humide et forestière, Espèces rares
Schweich - Houbierg
Réserve forestière intégrale
Surré - Kräizbirchen
Réserve forestière intégrale
Tëtelbierg/Fond de gras
Zone forestière, Réserve forestière
intégrale (partie)
x
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ANNEXES
Nom ZPIN
N° ZPIN
Intérêts principaux
Natura 2000
Tëtelbierg/Fond de gras
Zone forestière, Réserve forestière
intégrale (partie)
x
Tréntengerdall
Vergers et prairies mésophiles, Zone
humide, Paysage
x (en partie)
Turelbaach
Zones et prairies humides, Cours d'eau,
Connectivité écologique, Habitats centraux
Vallée de la Tëttelbaach
Zones humides
vir Buchholz / Géisemärter /
Bëlsakerwues / Belgrad
Prairies mésophiles et humides,
Connectivité écologique
Warkdall
Zones et prairies humides
x
Wollefsbaach / Weierwisen
Espèces rares, Zones humides en milieu
agricole
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ANNEXES
Annexe C1 : Corridors écologiques – forestiers
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ANNEXES
Annexe C2 : Corridors forestiers – Gros ouvrages prioritaires
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ANNEXES
Annexe C3 : Corridors écologiques – aquatiques et zones humides
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ANNEXES
Annexe C4 : Corridors aquatiques – Ouvrages techniques problématiques
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ANNEXES
Annexe D : Objectifs de restauration
Habitats & Biotopes
Code
Existant Unité
Objectifs PNPN3
(2026)
Objectifs PNPN3
(2030)
Création
Améliorat°
Création
Améliorat°
Sources pétrifiantes avec
formation de travertins
7220*
N
Sources, rus et ruisselets
BK05
(BK12)
2.521
N
Eaux stagnantes,
oligotrophes à mésotrophes
0,02
ha
0,03
0,04
Eaux oligo-mésotrophes
calcaires
1,43
ha
1,0
0,5
1,5
0,7
Lacs et plans d’eaux
eutrophes naturels
212,9
ha
Eau stagnantes
BK08
1.860
N
Rivières des étages
planitiaire à montagnard
km
Cours d'eau naturels
BK12
4.075
km
1.223
Pelouses rupicoles calcaires
ou basiphiles
6110*
75,7
ha
17,0
28,0
Pelouses sèches semi-
naturelles et faciès
d’embuissonnement sur
calcaires
6210*
ha
13,0
21,0
Complexes de pelouses
pionnières et maigres des
zones d’extraction
BK03
47,1
ha
40,0
66,0
Eboulis médio-européens
siliceux des régions hautes
1,3
ha
Eboulis médio-européens
calcaires des étages collinéen
à montagnard
8160*
97,5
ha
2,9
2,9
Complexes d'éboulis et
de blocs rocheux de zones
d’extraction
BK02
ha
1,4
2,7
Pentes rocheuses
calcaires avec végétation
chasmophytique
55,8
ha
2,2
3,3
Complexes de parois
rocheuses des zones
d’extraction
BK01
ha
0,3
0,5
Pentes rocheuses
siliceuses avec végétation
chasmophytique
415,8
ha
27,4
41,6
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ANNEXES
Habitats & Biotopes
Code
Existant Unité
Objectifs PNPN3
(2026)
Objectifs PNPN3
(2030)
Création
Améliorat°
Création
Améliorat°
Roches siliceuses avec
végétation pionnière
7,6
ha
Landes sèches européennes
ha
Pelouses maigres sur sols
sableux et siliceux
BK07
ha
14,3
28,6
Formations
xérothermophiles à Buxus
sempervirens des pentes
rocheuses
5,5
ha
0,5
5,5
0,5
5,5
Formations à Juniperus
communis sur landes ou
pelouses calcaires
1,4
ha
3,5
1,5
3,5
1,5
Formations herbeuses à
Nardus, riches en espèces,
sur substrats siliceux
6230*
7,3
ha
5,5
1,6
5,5
1,6
Friches humides, marais
des sources, bas marais et
végétation à petites laîches
BK11
ha
Magnocariçaies
BK04
ha
17,5
7,2
14,5
Roselières
BK06
ha
26,1
7,0
52,1
14,0
Tourbières de transition et
tremblantes
1,85
ha
2,2
3,4
2,2
3,4
Prairies à Molinia sur sols
calcaires, tourbeux ou argilo-
limoneux
11,6
ha
24,1
9,2
36,5
13,9
Mégaphorbiaies hygrophiles
d’ourlets planitiaires
23,6
ha
39,5
8,1
59,9
12,3
Bandes de protection
riveraine
km
Prairies maigres de fauche de
basse altitude (qualité A & B)
2.902
ha
1.595
1.091
2.417
1.653
Prairies humides du Calthion
(qualité A & B)
BK10
ha
Herbages sensibles (hors
biotopes ou habitats)
14.000
ha
6.055
9.174
Cultures champêtres,
jachères et bandes fleuries
ha
3.000
2.010
Vergers à haute tiges
BK09
1.500
ha
Haies vives et broussailles
BK17
ha
2.253
4.505
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ANNEXES
Habitats & Biotopes
Code
Existant Unité
Objectifs PNPN3
(2026)
Objectifs PNPN3
(2030)
Création
Améliorat°
Création
Améliorat°
Arbres solitaires, groupes et
rangées d'arbres
BK18
N
850.000
1.700.000
Hêtraies du Luzulo-Fagetum
7.575
ha
Hêtraies du Luzulo-Fagetum
(Ösling)
2.670
ha
Hêtraies de l'Aspérulo-
Fagetum
20.677
ha
Hêtraies calcicoles
médio-européennes du
Cephalanthero-Fagion
1,2
ha
0,8
1,2
Peuplements d'arbres
feuillus
BK13
22.139
ha
1.183
Chênaies pédonculées
ou chênaies-charmais du
Carpinion betuli
2.122
ha
Futaies mélangées de chêne
BK23
9.810
ha
Forêts de pentes, éboulis ou
ravins du Tilio-Acerion
9180*
ha
46,2
70.0
Tourbières boisées
91D0*
4,5
ha
9,3
4,4
9,3
4,4
Forêts alluviales à Alnus
glutinosa et Fraxinus
excelsior
91E0*
ha
Grottes non exploitées par le
tourisme
N
Cavités souterraines semi-
naturelles, mines et galeries
BK22
N
Murs en pierres sèches
BK20
ha
1,4
2,7
m2
5.000
10.000
3,3
Cairns et murgiers
BK21
N
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ANNEXES
Plans d'action « Habitat »
Code
Priorité
Statut
Sources (non-exploitées pour l'alimentation en eau potable)
BK05
P
élaboré
Sources pétrifiantes avec formation de tuf
7220*
P
élaboré
Mares (des milieux ouverts)
BK08
P
élaboré
Eaux eutrophes avec végétation de type Manopotamion ou
Hydrocharition
P
élaboré
Eaux oligo-mésotrophes calcaires avec végétation benthique à
characées
i
élaboré
Zones humides : marais, marécages, friches humides et
magnocariçaies
P
à élaborer
Roselières à phragmite commun
BK06
i
élaboré
Rivières des étages planitiaire à montagnard avec végétation du
Ranunculion fluitantis et du Callitricho-Batrachion
P
à élaborer
Mégaphorbiaies (incluant les bandes enherbées le long des cours
d’eau)
P
à élaborer
Landes à callune (y compris formation herbeuses à Nardus)
élaboré
Pelouses calcaires
6210*
P
élaboré
Formations herbeuses à Nardus
6230*
élaboré
Herbages sensibles et riches en espèces (« Grünlandstrategie »)
P
élaboré
Prairies à Molinia
i
élaboré
Prairies maigres de fauche
i
élaboré
Prairies humides du Calthion
BK10
i
élaboré
Espèces prairiales menacées
i
élaboré
Vergers
BK09
élaboré
Chênaies diverses
P
à élaborer
Chênaies pédonculées ou chênaies-charmaies
i
Futaies mélangées de chêne
BK23
Forêts de ravins
9180*
P
élaboré
Forêts alluviales, incluant ripisylves
91E0*
P
élaboré
Tourbières boisées
91D0*
élaboré
Tourbières de transition et tremblantes
élaboré
Annexe E: Plans d’action « Espèces » et « Habitats »
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ANNEXES
Plans d'action « Espèce »
Code
Priorité
Statut
Alyte accoucheur (Alytes obstetricans)
Dir. Hab. - Ann. IV
P
élaboré
Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Crapaud calamite (Bufo calamita)
Dir. Hab. - Ann. IV
élaboré
Rainette arboricole (Hyla arborea)
Dir. Hab. - Ann. IV
P
élaboré
Grenouille verte (Pelophylax esculentus)
Dir. Hab. - Ann. V
i
à élaborer
Petite grenouille verte (Pelophylax lessonae)
Dir. Hab. - Ann. V
i
à élaborer
Triton crêté (Triturus cristatus)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Sangsue médicinale (Hirudo medicinalis)
Dir. Hab. - Ann. V
P
à élaborer
Castor d'Europe (Castor fiber)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Moule perlière (Margaritifera margaritifera)
Dir. Hab. - Ann. II
élaboré
Mulette épaisse (Unio crassus)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
à élaborer
Chabot commun (Cottus gobio)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
à élaborer
Barbeau commun (Barbus barbus)
Dir. Hab. - Ann. V
P
à élaborer
Ombre commun (Thymallus thymallus)
Dir. Hab. - Ann. V
à élaborer
Agrion de mercure (Coenagrion mercuriale)
Dir. Hab. - Ann. II
élaboré
Cordulie à corps fin (Oxygastra courtisii)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
élaboré
Cuivré de la bistorte (Lycaena helle)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
élaboré
Scorsonère des prés (Scorzonera humilis)
élabor
Arnica des montagnes (Arnica montana)
Dir. Hab. - Ann. V
élaboré
Cuivré des marais (Lycaena dispar)
Dir. Hab. - Ann. II
P
élaboré
Damier de la succise (Euphydryas aurinia)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Azuré du serpolet (Phengaris arion)
Dir. Hab. - Ann. IV
i
élaboré
Pollinisateurs
P
élaboré
Lézard des murailles (Podarcis muralis)
Dir. Hab. - Ann. IV
P
élaboré
Lézard des souches (Lacerta agilis)
Dir. Hab. - Ann. IV
i
élaboré
Coronelle lisse (Coronella austriaca)
Dir. Hab. - Ann. IV
i
élaboré
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ANNEXES
Plans d'action « Espèce »
Code
Priorité
Statut
Cladonia (Cladina) spp.
Dir. Hab. - Ann. V
à élaborer
Saxifrage rhénane (Saxifraga rosacea)
élaboré
Gentiane ciliée (Gentianella ciliata)
élaboré
Gentiane d’Allemagne (Gentianella germanica)
élaboré
Silène noctiflore (Silene noctiflora) & Pied d’alouette
(Consolida regalis)
i
élaboré
Mélampyre des champs (Melampyrum arvense) & Gesse
de Nissole (Lathyrus nissola)
i
élaboré
Véronique à trois lobes (Veronica triplyllos), Coquelicot
argémone (Papaver argemone), Muflier des champs
(Misopates orontium) & Salicaire à feuilles d’Hysope
(Lythrum hyssopifolia)
i
élaboré
Barbastelle commune (Barbastella barbastellus)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Grand Murin (Myotis myotis)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
i
élaboré
Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
P
élaboré
Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum)
Dir. Hab. - Ann. II & IV
élaboré
Chat sauvage (Felis silvestris silvestris)
Dir. Hab. - Ann. IV
P
élaboré
Martre des pins (Martes martes)
Dir. Hab. - Ann. V
P
à élaborer
Dicrâne verte (Dicranum viride)
Dir. Hab. - Ann. II
à élaborer
Sphaignes (Sphagnum spp.)
Dir. Hab. - Ann. V
P
à élaborer
Petite Scutellaire (Scutellaria minor)
à élaborer
Espèces végétales « parapluie», conformément à
la stratégie pour la conservation des plantes au
Luxembourg 2022-2030
à élaborer
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ANNEXES
Plans d'action « Espèce »
Directive « Oiseaux » Priorité
Statut
Espèces liées aux zones humides, marais, marécages,
friches humides et roselières
P
à élaborer
Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
à élaborer
Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
à élaborer
Râle d'eau (Rallus aquaticus)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
à élaborer
Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola)
Dir. Ois. - Ann. I
élaboré
Alouette lulu (Lullula arborea)
Dir. Ois. - Ann. I
élaboré
Espèces inféodées aux cultures champêtres
(regroupant les oiseaux messicoles, le Lièvre d’Europe
(Lepus europaeus) et la flore ségétale)
P
à élaborer
Alouette des champs (Alauda arvensis)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
Bruant jaune (Emberiza citrinella)
Dir. Ois.
i
Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina)
Dir. Ois.
i
Moineau friquet (Passer montanus)
Dir. Ois.
i
Caille des blés (Coturnix coturnix)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
élaboré
Perdrix grise (Perdix perdix)
Dir. Ois. - Ann. I & III
i
élaboré
Vanneau huppé (Vanellus vanellus)
Dir. Ois. - Art. 4.2
élaboré
Chouette chevêche (Athene noctua)
Dir. Ois.
P
élaboré
Torcol fourmilier (Jynx torquilla)
Dir. Ois. - Art. 4.2
P
à élaborer
Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio)
Dir. Ois. - Ann. I
P
à élaborer
Pie-grièche grise (Lanius excubitor)
Dir. Ois. - Art. 4.2
P
élaboré
Milan royal (Milvus milvus)
Dir. Ois. - Ann. I
P
élaboré
Pipit des arbres (Anthus trivialis)
Dir. Ois. - Art. 4.2
P
à élaborer
Pic épeichette (Dendrocopos minor)
Dir. Ois. - Art. 4.2
P
à élaborer
Cigogne noire (Ciconia nigra)
Dir. Ois. - Ann. I
P
à élaborer
Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix)
Dir. Ois. - Art. 4.2
P
à élaborer
Gélinotte des bois (Bonasa bonasia)
Dir. Ois. - Ann. I
élaboré
Faune menacée, liée au milieu urbain : Moineau
domestique (Passer domesticus), Martinet noir (Apus
apus), Faucon pélerin (Falco peregrinus), …
P
élaboré
Martinet noir (Apus apus)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum)
Dir. Ois. - Art. 4.2
i
Moineau domestique (Passer domesticus)
Dir. Ois.
i
Les plans d’action dont l’élaboration et/ou la mise en œuvre sont prioritaires sont marqués d’un « P ».
Les plans d’action marqués d’un « i » sont prioritaires, mais inclus / à inclure dans d’autres plans d’actions
prioritaires.
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des terres et de la foresterie dans le cadre d’action en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030, et modifiant le
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