Arrêté grand-ducal du 9 mars 1939, statuant sur un recours présenté au Conseil d'Etat, comité du contentieux, de la part de la dame Anne-Marie dite Ida Hoferlin, et de la dame Marie Hartz,
Table des dispositions (6)
Texte législatif (6 Articles)
Mémorial
du
Grand-Duché de Luxembourg.
Memorial
des
Großherzogtums Luxemburg.
Vendredi, 10 mars 1939
N°18
Freitag, 10. März 1939
Arrêté grand-ducal du 9 mars 1939, statuant sur
un recours présenté au Conseil d'Etat, comité du
contentieux, de la part de la dame Anne-Marie
dite Ida Hoferlin, et de la dame Marie Hartz,
veuve de Pierre Schmit, propriétaires à Esch-
s.-Alz., contre l'arrêté grand-ducal du 11 avril
1938, en matière d'expropriation pour cause
d'utilité publique.
Nous CHARLOTTE, par la grâce de Dieu
Grande-Duchesse de Luxembourg, Duchesse de
Nassau, etc., etc., etc. ;
Vu une délibération du conseil communal d'Esch-
s.-Alz., en date du 8 novembre 1937 et tendant à
faire déclarer d'utilité publique l'acquisition des
terrains Ida Hoferlin et Veuve Schnitt- Hartz, sis
sur le territoire de la commune de Mondercange et
destinés à être échangés contre des terrains appar-
tenant à la société «Arbed» (Aciéries Réunies de
Burbach-Eich-Dudelange) dans l'intérêt de l'exten-
sion du crassier de cette société ;
Vu l'avis émis à la date du 7 respectivement
10 février 1938 par la Commission d'enquête insti-
tuée par arrêté de M. le Ministre de la Justice et
des Travaux publics, du 27 novembre 1937 ;
Vu l'arrêté grand-ducal du 11 avril 1938 qui
déclare d'utilité publique l'acquisition des terrains
Ida Hoferlin et Veuve Schmit-Hartz sis sur le terri-
toire de la commune de Mondercange et qui autorise
en même temps la commune d'Esch-s.-Alz. à acqué-
rir les immeubles en question et, en tant que de
besoin, à procéder à ces fins par voie d'expropriation
conformément aux règles tracées par la loi du
17 décembre 1859, le dit arrêté publié au Mémorial
du 23 avril 1938, n° 27 ;
Vu le recours au Conseil d'Etat, comité du con-
tentieux, de la dame Anne-Marie dite Ida Hoferlin,
propriétaire, demeurant à Esch-s.-Alz., déposé au
secrétariat du Conseil d'Etat, le 23 mai 1938, notifié
par exploit de l'huissier Thibeau de Luxembourg, le
21 mai 1938 : 1° à l'Etat du Grand-Duché de Lu-
xembourg ; 2° à la Ville d'Esch-s.-Alz. ; 3° à la
société « Arbed» ; 4° à la veuve Schmit-Hartz et 5° à
la commune de Mondercange, par lequel la deman-
deresse conclut à ce qu'il plaise au Conseil ordonner
avant tout autre progrès en cause, que le recours
aura un effet suspensif et en tout cas casser et
annuler l'arrêté du 11 avril 1938 pour violation de
la Constitution, de la loi et des formes destinées à
protéger les intérêts privés contre les décisions
administratives et excès de pouvoir ;
Vu la réponse du Gouvernement déposée et
notifiée aux parties le 17 juin 1938, concluant au
rejet de la demande en sursis comme manquant de
base en fait ;
Vu le mémoire en réponse de l'administration de
la ville d'Esch-s.-Alz., déposé le 20 juin 1938 et
qui conclut à ce qu'il plaise au comité déclarer
irrecevable et en tout cas mal fondé le recours de
la dame Hoferlin avec condamnation de celle-ci
aux dépens ;
Vu le mémoire en réponse de la société anonyme
des Aciéries réunies Burbach-Eich-Dudelange dé-
posé le 21 juin 1938 qui conclut également à l'irre-
cevabilité du recours et en tout cas au rejet de
celui-ci comme étant mal fondé ;
Vu le second mémoire en réponse du Gouverne-
ment déposé et notifié aux parties le 28 juin 1938,
concluant au maintien de la décision attaquée ;
Vu le mémoire en réponse de la dite dame Hoferlin
déposé le 2 juillet 1938 et notifié par huissier le
même jour à toutes les parties en cause, par lequel
elle demande acte que ce mémoire vaut, pour autant
que de besoin, comme recours introductif d'instance
et qu'elle conclut à l'adjudication de ses conclus-
sions prises dans son dit recours du 21 mai 1938,
à ce mémoire de la dame Hoferlin joint l'expédition
de l'arrêté grand-ducal précité du 11 avril ainsi que
le n° 27 du Mémorial de 1938 ;
Vu la requête présentée par la dame Marie Hartz,
veuve de Pierre Schmit, demeurant à Esch-s.-Alz.,
déposé le 8 juillet 1938 et notifiée à toutes les
parties en cause suivant exploit de l'huissier
Thibeau les 7 et 8 juillet 1938, par laquelle la dite
dame Schmit-Hartz conclut à ce qu'il plaise au
comité recevoir son recours, soit comme recours
intervenant dans le litige Hoferlin, soit comme
recours introductif d'instance, en conséquence casser
et annuler le dit arrêté du 11 avril 1938 pour viola-
tion de la Constitution, de la loi et des formes
destinées à protéger les intérêts privés contre les
décisions administratives, des droits de la défense
et excès de pouvoir ;
Sur le rapport fait par M. le président-rapporteur
en audience publique du 13 juillet 1938, et sur les
observations présentées oralement à la même
audience et à celle du 27 juillet suivant par M. le
délégué du Gouvernement, par Me Alexis Bonn
pour la demanderesse dame Hoferlin, par Me Albert
Wagner, pour la ville d'Esch-s.-Alz., par Me Alfred
Lœsch pour la société « Arbed», par Me Paul
Sivering, pour la dame veuve Schmit-Hartz;
Considérant que les recours formés par les dames
Hoferlin et Schmit-Hartz prennent leur origine
dans les mêmes faits, qu'ils sont basés sur les
mêmes moyens et qu'ils tentent au même but ;
qu'il existe donc entre eux un lien de connexité et
que pour ce motif il échet d'en ordonner la jonction
pour y être statué par une seule et même décision ;
Quant à l'intervention de la Société « Arbed»
Considérant que les parties de Me Bonn et
Sivering contestent à la société «Arbed» le droit
d'intervenir dans l'instance ; qu'elles soutiennent
à l'appui que cette société, n'étant pas partie à la
décision entreprise, n'a aucune qualité à défendre
à leurs recours ;
Considérant que ce soutènement n'est pas fondé ;
qu'en effet dans la délibération du conseil com-
munal d'Esch-s.-Alz. du 8 novembre 1937, qui
forme le point de départ de la procédure en expro-
priation, il est exposé que les terrains à exproprier
sont destinés à être échangés contre un terrain de
la dite société ; qu'en outre l'arrêté ministériel du
27 décembre 1937 qui a ordonné le dépôt du plan
terrier respectivement des emprises et qui a, en
même temps, désigné les membres de la commission
d'enquête se réfère en termes formels à la demande
en expropriation de la ville d'Esch du 8 novembre ;
qu'il s'en suit que déjà à partir de ce moment la
société «Arbed» était à considérer comme partie
intéressée ; qu'en outre le nom de celle-ci figure
non seulement dans le rapport de la commission
d'enquête des 7 et 10 février 1938, mais également
et surtout dans l'arrêté même de la déclaration
d'utilité publique du 11 avril 1938 où il est question
des terrains à acquérir en vue d'un échange à faire
avec la dite société ;
Considérant que les parties de Me Bonn et Sive-
ring ont elles-mêmes considéré la société «Arbed»
comme ayant un intérêt en cause, en ce qu'elles
ont jugées nécessaire de lui notifier leurs recours
respectifs, ainsi que cela résulte des termes des
exploits Thibeau précités ; qu'il s'en suit que
l'intervention de cette société se justifie pleinement ;
Quant à la recevabilité des recours Hoferlin
et Hartz
Considérant que les parties de Mes Wagner et
Lœsch opposent au recours Hoferlin une fin de
non recevoir, la demanderesse ayant omis d'énoncer
dans sa requête les pièces dont elle entend se pré-
valoir et de joindre ces pièces, conformément aux
prescriptions de l'art. 1er du règlement de procé-
dure en matière contentieuse du 21 août 1866;
Considérant que l'arrêté grand-ducal du 11 avril
1938 qui déclare d'utilité publique l'acquisition des
terrains Hoferlin et Hartz est la seule pièce que la
dame Hoferlin invoque à l'appui de son recours ;
que cet arrêté a été porté à la connaissance du grand
public par son insertion au Mémorial du Grand-
Duché, au n° 27 du 23 avril 1938 ; que dans ces cir-
constances il eût paru parfaitement inutile d'en
joindre à son recours un exemplaire et dont chacun
est censé avoir connaissance de son contenu ; qu'au
surplus il appert des termes tant de la requête am-
pliative de la dame Hoferlin du 2 juillet 1938 que du
recours de la dame Schmit-Hartz du 8 juillet 1938
qu'une expédition en due forme du dit arrêté grand-
ducal a été déposée en même temps au secrétariat
du comité, conformément à l'article premier du
règlement de procédure ; qu'il s'ensuit que la fin
de non recevoir tiré du défaut dénonciation respt.
du défaut de dépôt des pièces n'est pas fondée ;
Considérant que les parties de Mes Wagner et
Loesch opposent au recours Hoferlin une seconde
fin de non recevoir, en soutenant que la dame Hoferlin
n'aurait pu se pourvoir contre l'arrêté du 11 avril
qu'après en avoir reçu notification individuelle ou
personnelle ; que partant son recours est prématuré ;
Considérant que ce soutènement n'est pas fondé ;
qu'en effet l'arrêté entrepris mentionne expressis
verbis les noms des demanderesses au recours, dames
Hoferlin et Hartz, propriétaires des terrains y
désignés plus amplement et dont l'acquisition est
déclarée d'utilité publique ; que cette mention offi-
cielle équivaut incontestablement à une informa-
tion respt. à une notification personnelle autorisant
les propriétaires dont les intérêts se trouvaient direc-
tement menacés à se pourvoir contre cette décision ;
qu'en aucun cas le pourvoi n'est contraire à l'art. 11
du prédit règlement de procédure qui fixe, il est
vrai, un délai après lequel le recours n'est plus
recevable, mais qui n'en prescrit aucun avant lequel
il serait interdit de se pourvoir ; que du reste les
demanderesses au recours sont seules en droit de
se prévaloir d'un défaut de notification personnelle ;
Quant à la demande en annulation de l'arrêté
grand-ducal du 11 avril 1938, pour violation
des formes destinées à protéger les intérêts
privés, pour excès de pouvoir et pour violation
de la Constitution
Considérant que les demanderesses basent leurs
recours sur les moyens suivants
a) Violation des formes destinées à protéger les
intérêts privés et violation des art. 2, 5 et 18 de la
loi du 17 décembre 1859 sur l'expropriation pour
cause d'utilité publique, en ce que la société « Arbed»
et la ville d'Esch-s.-Alz. ont été mises en mesure
de contredire le rapport de la commission d'enquête
qui leur avait été communiqué alors que la com-
munication de ce document ainsi que du mémoire
y relatif de 1'« Arbed» et de la ville d'Esch-s.-Alz.
a été refusée aux demanderesses au recours qui par
là ont été mises dans l'impossibilité d'y contredire ;
Considérant que les parties de Mes Wagner et
Lœsch contestent la recevabilité de ce moyen, en
soutenant que le comité du contentieux n'est pas
compétent pour y statuer, conformément aux
art. 21, 26 et 27 de la loi de 1859 qui disposent
qu'il appartient au tribunal à juger si les formalités
prescrites par la loi pour parvenir à l'expropriation
ont été remplies ; qu'au surplus la communication
réclamée par la demanderesse ne rentre pas dans
la catégorie des formalités prescrites par la loi et
dont l'omission pourrait donner lieu à critique ;
Considérant, il est vrai, qu'aux termes des
articles précités, il appartient aux tribunaux de juger
si les formalités c'est-à-dire les règles de la procé-
dure prescrites pour parvenir à l'expropriation
ont été observées ; qu'il n'entre pourtant pas dans
leur mission de vérifier la légalité ou la régularité
intrinsèque d'un acte administratif dont ils doivent
se borner à en constater l'existence matérielle ;
que plus spécialement la compétence des tribunaux
ne peut en aucun cas porter sur l'examen de la
validité d'une décision administrative proprement
dite, telle que l'arrêté grand-ducal de la déclaration
d'utilité dont l'appréciation au point de vue de
sa légalité, reste exclusivement réservée à la juri-
diction administrative, en vertu du principe de la
séparation des pouvoirs ; que c'est donc devant
cette juridiction que les parties pourront par voie
de recours pour excès de pouvoir, relever l'illégalité
d'un acte et en demander l'annulation ;
Considérant que la compétence de la juridiction
administrative s'exerce également sur la question
de savoir si les travaux à ordonner ou l'achat de
terrain à autoriser présentent en eux-mêmes le
caractère
d'utilité générale respectivement s'il
sont destinés à des objets d'utilité publique, sans
cependant que cette juridiction puisse apprécier
l'opportunité ou l'utilité des travaux ou achats,
ou en vérifier le plus ou moins grand degré d'utilité ;
que ce droit d'appréciation rentre dans le pouvoir
discrétionnaire du conseil communal qui y statue
souverainement ;
Considérant qu'il suit de ces déductions que le
moyen d'incompétence soulevé par les parties de
Mes Wagner et Lœsch n'est pas fondé ;
Considérant que l'art. 5 de la loi du 17 décembre
1859 dispose que l'expropriation pour cause d'utilité
publique ne peut être appliquée à aucune propriété
particulière qu'après que les parties intéressées ont
été mises en état d'y fournir leurs contredits selon
les régies énoncée aux art. 6 et suivants de la loi
précitée;
Considérant qu'il résulte du dossier administratif
et notamment du procès-verbal de la commission
d'enquête des 7 et 10 février 1938 que toutes les
formalités prévues par la loi ont été remplies ;
que toutes les communications aux parties intéres-
sées ont été faites, que Hoferlin et Schmit-Hartz ont
été dûment appelées aux opérations de la commission
d'enquête et qu'elles ont effectivement formulé leurs
contredits dans les formes tracées par les dispo-
sitions légales ; que le caractère contradictoire de
la procédure administrative a donc été sauvegardé
alors que les parties ont été en mesure de défendre
leurs intérêts selon les règles exprimées aux art. 6
et ss. de la loi précitée ;
Considérant que la Société «Arbed» a eu com-
munication du procès-verbal de la commission
d'enquête des 7 et 10 février 1938; que cette société
et la commune d'Escli-s.-Alz. ont adressé aux dates
du 22 février 1938 et du 15 mars 1938 des notes au
Gouvernement dans lesquelles elles exposent leur
point de vue ;
Considérant que l'information complémentaire
non exigée par la loi, à laquelle le Gouvernement a
cm devoir recourir après l'accomplissement des
formalités légales et le défaut de communication
de ces investigations à une partie intéressée ne
peuvent vicier la procédure et motiver le grief
d'excès de pouvoir ;
Considérant qu'en principe l'activité de l'admi-
nistration est libre ; qu'elle n'est pas tenue à l'obser-
vation de règles spéciales dans l'instruction des
affaires administratives à moins que la loi n'en
dispose autrement dans un but déterminé, par
exemple : dans un but de protection d'intérêts
privés ; que dans ce cas la protection s'exécute au
moyen de ces formes mais dans ces limites seule-
ment ; que l'inobservation et l'omission de ces
règles seules peuvent donner lieu à critique ; que le
pouvoir discrétionnaire des services publics n'est
limité que dans la mesure où des textes spéciaux
prévoient pareille limitation ; que le Gouvernement
est donc en droit de recourir à un sourcroit de pro-
cédure dans les formes qu'il juge utiles ;
Considérant que le moyen n'est donc pas justifié
au fonds ;
h) Violation des formes destinées à protéger les
intérêts privés et violation des art. 2 de la loi du
17 décembre 1859 sur l'expropriation pour cause
d'utilité publique et 16 de la Constitution combinés,
en ce que l'arrêté entrepris a statué sur une de-
mande d'expropriation présentée par la ville d'Esch-
s.-Alz., malgré que de l'aveu de cette commune les
terrains à exproprier ne présentent pour elle une
utilité directe pouvant être qualifiée de publique
mais que l'acquisition de ces terrains est désirée et
poursuivie en réalité par la société anonyme des
Aciéries Réunies de Burbach-Eich-Dudelange ;
Considérant
que par arrêté grand-ducal du
11 avril 1938, pris sur la demande de la ville d'Esch-
s.-Alz., l'acquisition des terrains Hoferlin et Schmit-
Hartz, sis sur le territoire de la commune de Mon-
dercange, fut déclarée d'utilité publique; que cet
arrêté se base et se réfère à une délibération du
conseil communal de la dite ville datée du 8 no-
vembre 1937 et que les terrains en question sont
destinés à être échangés contre des terrains appar-
tenant à l'« Arbed », pour l'extension du crassier
de cette société ;
Considérant que la société «Arbed» est obligée
de procéder à l'extension de son crassier situé à
droite de la route d'Esch vers Mondercange au
lieu dit Platenweyer, parce que ce crassier a atteint
une hauteur telle qu'il ne se prête plus à une utili-
sation future ; qu'il n'y a que deux possibilités
d'extension qui puissent être envisagées : ou bien,
l'extension du côté gauche de la route d'Esch
vers Mondercange, au lieu dit Herrenfeld et Muhlen-
weg dans la direction de la ville d'Esch où la
société «Arbed» possède 27 hectares de terres ou
bien l'extension du côté droit de la même route
au lieu dit Platenweyer au nord du crassier exis-
tant, où la société «Arbed» ne dispose pas de
terrains ;
Considérant que «Arbed» avait conçu le projet
de prolonger le crassier existant en direction de
Herrenfeld et Muhlenweg ; que la ville d'Esch a dû
s'opposer à la réalisation de ce projet qui serait
de nature à léser les intérêts esthétiques, d'hygiène
et de salubrité publiques et d'urbanisme de la
ville ; qu'en effet l'exécution de ce projet aurait pour
conséquence l'encerclement de la ville par un rem-
part de crassiers, s'étendant en face de la ville,
de la route d'Esch vers Mondercange à la route
d'Esch vers Belvaux ,• que la présence de ce rem-
part empêcherait pour l'avenir l'extension ration-
nelle de la ville du côté nord-ouest, du seul côté
où cette extension puisse encore se faire utilement ;
que l'intérêt supérieur d'urbanisme exige que le
terrain situé entre la route vers Mondercange et celle
vers Belvaux, appartenant en grande partie à
« Arbed», reste libre en vue du développement futur
de la ville ;
Considérant qu'en vertu d'un accord intervenu
entre la ville d'Esch et la société « Arbed» la ville
d'Esch devait acquérir une trentaine d'hectares de
terrains à droite de la route d'Esch vers Monder
cange et au nord du crassier actuel destinés à être
échangés contre les terrains de la société «Arbed»
sis aux lieux dits Herrenfeld et Muhlenweg; qu'en
exécution de cet accord la société « Arbed» devait
procéder à l'extension du crassier sur les terrains
à céder par la commune d'Esch-s.-Alz. ; que cette
convention verbale était faite sous la condition
suspensive de l'acquisition par la ville des terrains
Hoferlin et Schmit-Hartz enclavés dans l'ensemble
des terrains à céder par la commune d'Esch ;
Considérant que cette solution permet encore à
la commune de transférer le dépôt aux ordures
ménagères de la route d'Ehlerange au crassier du
Platenweyer en vue de la combustion des gadoues
par l'action des scories liquides ;
Considérant que l'accord précité se trouve établi
par les délibérations du conseil communal de la
ville d'Esch, notamment par celle du 8 novembre
1937, d'une part, et d'autre part par l'attitude non
équivoque et l'aveu formel de la société « Arbed »,
au cours de la procédure ;
Considérant que l'acquisition des terrains Hofer-
lin et Schmit-Hartz en vue de leur cession à la
société « Arbed» présente donc pour la ville d'Esch
un intérêt public direct ; que la commune d'Esch
réalise par cette opération le but que le crassier
trouve son extension au seul endroit où il ne puisse
être préjudiciable à des intérêts communaux de
premier ordre ; que l'acquisition des terrains en
question donne satisfaction à ces intérêts, puisqu'elle
permet d'atteindre le but d'hygiène et d'urbanisme
consistant en l'abandon du projet par la société
«Arbed» de prolonger le crassier existant en direc-
tion de Herrenfeld ;
Considérant que, s'il est vrai que l'acquisition est
faite dans l'intérêt privé de la société « Arbed », il
n'en est pas moins vrai qu'elle présente en premier
lieu un intérêt d'utilité publique dans le chef de la
ville d'Esch ;
Considérant qu'il appartenait donc à l'admi-
nistration communale de la ville d'Esch de deman-
der l'expropriation pour cause d'utilité publique
et que la demande a été présentée par qui de droit ;
Vu les art. 23 de la loi du 16 janvier 1866, por-
tant organisation du Conseil d'Etat et 29 du règle-
ment de procédure du 21 août 1866 ;
Sur le rapport de Notre Ministre d'Etat, prési-
dent du Gouvernement et après délibération du
Gouvernement en Conseil ;
Avons arrêté et arrêtons
Les recours formés par les dames Anne-
Marie dite Ida Hoferlin et Marie Hartz veuve
Schmit, préqualifiées, contre l'arrêté grand-ducal
du 11 avril 1938 sont joints pour y être statué par
le même présent arrêté.
Notre arrêté du 10 août 1935, traitant
des conditions d'admission des fonctionnaires du
Service agricole, est modifié comme suit
L'art. 1er du susdit arrêté est complété par la
disposition suivante, qui prendra place après
l'al. 1er. «Les candidats ayant passé avec succès
l'examen
d'admission au stage pour le grade de
conducteur de l'Administration des Travaux pu-
blics sont dispensés de l'examen d'admission au
stage pour le grade de conducteur près le Service
agricole.»
L'art. 2, al. 2 est complété par l'ajoute suivante
«Par dérogation aux dispositions de l'alinéa qui
précède, les détenteurs
du diplôme de maturité
de la section latine B des gymnases sont admis à
l'examen de conducteur, à condition d'avoir suivi
avec succès, pendant une année, le scours de mathé-
matiques et de physique des cours supérieurs de
l'Athénée. Ils doivent produire les bulletins d'études
constatant qu'il sont fait les compositions trimes-
trïelles imposées aux élèves réguliers et subir à la
fin de l'année une épreuve portant sur le programme
des cours de mathématiques et de physique des
cours supérieurs. Les titulaires de ces cours feront
partie de la commission qui procédera à cette
épreuve. Cette commission sera nommée par le
Ministre de l'Instruction publique.»
L'art. 3, al. 4, est modifié comme suit
« Pour le conducteur : 1° Mécanique ; 2° Géomé-
trie analytique; 3° Géométrie descriptive; 4° Tri-
gonométrie rectiligne ; 5° Physique: 6° Topomé-
trie ; 7° Dessin graphique et lavis.»
Enfin l'art. 4, al. 4, aura la teneur suivante
« Pour le conducteur : 1° Mécanique élémentaire ;
2° Résistance des matériaux; 3° Géométrie des-
criptive appliquée; 4° Hydraulique appliquée;
5° Physique industrielle ; 6° Topographie et étude
des voies de communication ; 7° Correction des
cours d'eau. Drainage et irrigation. Notions d'agri-
culture ; 8° Construction ; 9° Droit administratif
10° Projets — Dessin graphique et lavis.»
Les recours sont déclarés recevables mais
non fondés.
Notre Ministre de l'Agriculture est chargé
de l'exécution du présent arrêté qui sera publié
au Mémorial.
Luxembourg, le 2 mars 1939.
Le Ministre de l'Agriculture.
Nic. Margue.
Charlotte.
Avis. — Association syndicale. — Conformément à l'art. 10 de la loi du 28 décembre 1883, il sera ouvert
du 24 mars au 6 avril 1939, dans la commune de Roeser, une enquête sur le projet et les statuts d'une asso-
ciation à créer pour la construction de quatre chemins d'exploitation aux lieux dits : « In Streif», «bei
den Brücken», «auf der Hoecht», « Hammert» etc. à Roeser.
Le plan de situation, le devis détaillé des travaux, un relevé alphabétique des propriétaires intéressés,
ainsi que le projet des statuts de l'association sont déposés au secrétariat communal de Roeser à partir
du 24 mars prochain.
M. Kremer Eugène, membre de la Chambre d'agriculture à Rœdgen, est nommé commissaire à l'enquête.
Il donnera les explications nécessaires aux intéressés, sur le terrain, le 6 avril prochain, de 9 à 11 heures du
matin, et recevra les réclamations le même jour, de 2 à 4 heures de relevée, en la salle d'école à Rœser. —
1er mars 1939.
N°
d'ordre
Agents d'assurances agréés
Nom et domicile
Altwies Jacques, Remich
Biren Charles, Rambruch
Bomb Jos., Luxembourg
Bourg Marc, Nagem
Primaire Michel, Eisenborn
Dentier Jean, Luxembourg
Deuter Mathias, Kayl
Frères Jos,, Hachiville
Frohberg Jos., dit Henri, Dudelange
Gremling Albert, Holtz
Koch René, Waldbillig
Mmo Mart Pierre, Esch-s.-Alz.
Meis Louis, Beckerich
Michaelis Jos., Ermsdorf
Peter Claude, Belvaux
Peters Jean, Perlé
Ronckar Jos. Pierre, Canach
Schinnert Jean, Merscheid (Vianden)
Schummer J.-P., Schuttrange
Stalter Nic., Luxembourg
de Waha Pierre, Luxembourg
Weber J.-P., Grevenmacher
Weidig Marcel, Hamm
Weiter Jos., Medernach
pendant le mois de janvier 1939.
Compagnies d'assurances
Bâloise-Incendie
La Luxembourgeoise
Zurich ; Royale Belge ; Le Foyer
La Luxembourgeoise
Le Foyer
Winterthur
Bâloise-Incendie
La Luxembourgeoise
La Préservatrice
Bâloise-Incendie
Bâloise-Incendie
Société Gén, d'assur. et de Crédit Foncier
La Préservatrice
Cie de Bruxelles
Winterthur
La Luxembourgeoise
Cie Belge d'Assurances Gén.
La Luxembourgeoise
La Prévoyance
Terra
Préservatrice
Providence ; Confiance
Bâloise-Incendie
La Luxembourgeoise
Date
— 23 février 1939.
Avis. — Jury d'examen. — Le jury d'examen pour la pharmacie se réunira en session extraordinaire du
25 mars au 6 avril 1939, dans une des salles de l'école industrielle et commerciale de Luxembourg, à l'effet
de procéder à l'examen de Mlle Alice Donven de Hollerich, MM. Henri Edinger de Rumelange et Marcel
Weynandt d'Esch-s.-Alz., récipiendaires pour la candidature en pharmacie; de M. Camille Bach de Hespé-
range, Mlle Cosita Robert de Diekirch, MM. Léon Robert de Dudelange et Guillaume Thilmany de Huldange,
récipiendaires pour le grade de pharmacien.
L'examen écrit aura lieu pour tous les récipiendaires le samedi, 25 mars, de 9 h, du matin à midi et de
3 à 6 h. de relevée.
Les épreuves pratiques se feront les 27, 28, 29, 30, 31 mars et 1er avril, chaque fois de 9 h, du matin à
6 h. du soir.
Les épreuves orales sont fixées comme suit : pour Mlle Donven au lundi, 3 avril, à 9 h. du matin ; pour
M. Edinger au même jour à 3 h. de l'après-midi ; pour M. Weynandt au mardi, 4 avril, à 9 h. du matin ;
pour M. Bach au même jour, à 3 h. de l'après-midi ; pour Mlle Cosita Robert au mercredi, 5 avril, à 9 h. du
matin ; pour M. Léon Robert au même jour à 3 h. de l'après-midi et pour M. Thilmany au jeudi, 6 avril,
à 9 h. du matin. — 7 mars 1939.
Avis. — Jury d'examen. — Le jury d'examen pour la médecine se réunira en session extraordinaire du
15 mars au 28 avril 1939 dans une des salles du Laboratoire bactériologique à Luxembourg, à l'effet de
procéder à l'examen de MM. Théophile Alen de Beaufort, Fernand Fixmer de Luxembourg, Henri Heirendt
de Luxembourg, Raymond Neiens de Kayl, Charles Reiffers de Troisvierges, Joseph Reuland de Luxem-
bourg, Charles Ries de Nommern, Frédéric Roemké de Luxembourg, Roger Seiler de Luxembourg, Armand
Thinnes de Troisvierges et Charles Wagner de Consdorf, récipiendaires pour la candidature en médecine ;
de MM. Marcel Ferron de Luxembourg, Paul Gœrens de Luxembourg, René Wagener de Luxembourg et
Ernest Wenner de Paris, récipiendaires pour le doctorat en médecine ; de Mlles Yvonne Kayl de Strasbourg,
Armande Kinn de Luxembourg, Juliette Moes de Luxembourg, MM. Nicolas Schleich de Wiltz et Léon
Schleimer d'Esch-s.-Alz., récipiendaires pour le doctorat en chirurgie ; de Mlles Armande Kinn de Luxem-
bourg, Juliette Mœs de Luxembourg, M M . Nicolas Schleich de Wiltz, Léon Schleimer d'Esch-s.-Alz. et
Henri Sinner de Bissen, récipiendaires pour le doctorat en accouchement.
Les examens auront lieu dans l'ordre suivant : mercredi, le 15 mars, de 9 h. du matin à midi et de 3 à 6 h.
de relevée, examen écrit pour tous les récipiendaires de la candidature en médecine et des doctorats en
médecine et en chirurgie ; vendredi, le 17 mars, à 3 h. ; examen oral de M. Alen ; le même jour, à 4,30 h.
examen oral de M. Fixmer ; lundi, le 20 mars, à 3 h., examen oral de M. Neiens ; le même jour, à 4,30 h.,
examen oral de M. Reiffers ; mercredi, le 22 mars, à 3 h., examen oral de M. Reuland ; le même jour, à
4,30 h., examen oral de M . Ries ; vendredi, le 24 mars, à 3 h., examen oral de M. Rœmké ; le même jour
à 4,30 h., examen oral de M . Seiler ; lundi, le 27 mars, à 3 h. ; examen oral de M. Thinnes ; le même jour,
à 4,30 h., examen oral de M. Charles Wagner ; mercredi, le 29 mars, à 3 h. ; examen oral de M. Heirendt ;
le même jour, à 4,30 h., examen pratique de MM. Alen, Fixmer et Neiens; vendredi, le 31 mars, à 3 h.,
examen pratique de MM. Heirendt, Reiffers, Reuland et Ries ; lundi, le 3 avril, à 3 h., examen pratique de
MM. Rœmké, Seiler, Thinnes et Charles Wagner ; mercredi, le 5 avril, à 3 h., examen oral de M. Ferron ;
le même jour, à 4,30 h., examen oral de M. Gœrens ; vendredi, le 7 avril, à 3 h., examen oral de M. René
Wagener ; le même jour à 4,30 h., examen oral de M. Wenner ; mercredi, le 12 avril, à 3 h., examen pratique
de MM. Ferron, Gœrens, René Wagener et Wenner ; vendredi, le 14 avril, à 3 h., examen oral de Mlle Kayl ;
le même jour, à 4,30 h., examen oral de Mlle Kinn ; lundi, le 17 avril, à 3 h., examen oral de M. Schleich ;
le même jour, à 4,30 h., examen oral de Mlle Mœs; mercredi, le 19 avril, à 3 h., examen oral de M. Schleimer ;
le même jour, à 4,30 h., examen pratique de Mlles Kayl et Kinn ; vendredi, le 21 avril, à 3 h., examen pratique
de Mlle Mœs et de MM. Schleich et Schleimer ; samedi, le 22 avril, de 2 à 6 h., de relevée, examen écrit pour
le doctorat en accouchement ; lundi, le 24 avril, à 3 h., examen oral et pratique de Mlles Kinn et Mœs ;
mercredi, le 26 avril, à 3 h., examen oral et pratique de MM. Schleich et Schleimer ; vendredi, le 28 avril,
à 3 h. de relevée, examen oral et pratique de M. Sinner. — 6 mars 1939.
Avis. — Règlements communaux. — En séance du 18 novembre 1938, le conseil communal de la ville
de Luxembourg a modifié le règlement sur la circulation. — Cette modification a été dûment publiée.
En séance du 19 avril 1937, le conseil communal de la ville de Luxembourg a édicté un règlement sur
l'établissement des bains. — Le dit règlement a été dûment approuvé et publié. — 3 mars 1939.
Imprimerie de la Cour Victor Buck, S. à r. l., Luxembourg.
Les frais de l'instance devant le comité
du contentieux sont mis à charge des demanderesses.
Château de Berg, le 9 mars 1939.
Charlotte.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement,
P. Dupong.
Avis. — Administration des eaux et forêts. — Le brevet de garde forestier vient d'être délivré au candi-
dat forestier Becker Charles-Aloyse de Dudelange.
La présente publication est faite au prescrit de l'art. 23 du règlement du 14 novembre 1911, pris en
exécution de la loi du 7 avril 1909, portant réorganisation de l'administration des eaux et forêts. — 2. 3.1939.
Arrêté grand-ducal du 2 mars 1939, fixant les con-
ditions de recrutement et d'examen du person-
nel du Service agricole.
Nous CHARLOTTE, par la grâce de Dieu
Grande-Duchesse
de Luxembourg, Duchesse de
Nassau, etc., etc., etc. ;
Revu Notre arrêté du 10 août 1935, déterminant
les conditions que doivent remplir les candidats pour
être nommés aux différentes fonctions dans l'Admi-
nistration du Service agricole ;
Notre Conseil d'Etat entendu ;
Sur le rapport de Notre Ministre de l'Agriculture,
et après délibération du Gouvernement en Conseil ;
Avons arrêté et arrêtons