Loi du 8 mars 2002 sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves survenus dans les domaines de l’aviation civile, des transports maritimes et du chemin de fer Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau;
Table des dispositions (11)
Texte législatif (11 Articles)
16 avril 2002
Loi du 8 mars 2002 sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves
survenus dans les domaines de l’aviation civile, des transports maritimes et du chemin de fer
Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau;
Notre Conseil d’Etat entendu;
De l’assentiment de la Chambre des Députés;
Vu la décision de la Chambre des Députés du 30 janvier 2002 et celle du Conseil d’Etat du 19 février 2002 portant
qu’il n’y a pas lieu à un second vote ;
Avons ordonné et ordonnons
Article 1er
L’objet
1. La présente loi a pour objet d'améliorer la sécurité dans les domaines de l'aviation civile, des transports
maritimes et des chemins de fer. L'objectif exclusif est la prévention d'accidents ou d'incidents dans ces
domaines.
2. Les accidents et les incidents graves survenus dans les domaines de l’aviation civile, des transports maritimes et
du chemin de fer font l’objet d’une enquête technique répondant aux critères de la présente loi.
3. L’enquête technique comporte la collecte et l’analyse de toute information utile sur le déroulement de l’accident
ou de l’incident grave, elle en détermine les causes certaines ou possibles ainsi que les effets, et elle apprécie
l’efficacité des interventions rendues nécessaires à cause de l’accident ou de l’incident grave. Elle n’a en aucun
cas pour objet de déterminer des fautes ou des responsabilités.
4. Les résultats de l’enquête technique sont consignés dans un rapport écrit qui rappelle l’objectif exclusif de
l’enquête indiqué à l’alinéa qui précède et qui propose pour autant que possible des recommandations sur les
mesures susceptibles de contribuer à éviter à l’avenir la reproduction d’un accident ou incident grave similaire.
L’entité d’enquête prévue à l’article 3 rend public son rapport final dans les meilleurs délais et si possible dans
les douze mois suivant la date de l’accident ou l’incident grave. Elle en assure en plus une diffusion appropriée
auprès des parties susceptibles de tirer bénéfice des conclusions du rapport en matière de sécurité et elle remet
une copie aux autorités chargées de l’enquête judiciaire.
5. Si l’enquête technique concourt avec une enquête judiciaire, les pouvoirs des enquêteurs s’exercent selon les
modalités arrêtées au cas par cas, soit par le procureur d’Etat, soit par le juge d’instruction.
En cas d'ouverture d'une enquête judiciaire, les enquêteurs techniques sont pour le moins informés des
opérations d'expertise diligentées par l'autorité judiciaire compétente. Ils ont le droit d'y assister et d'exploiter
les constatations faites dans le cadre de ces opérations pour les besoins de l'enquête technique."
Article 2
Le champ d’application
1. L’enquête technique doit obligatoirement être effectuée chaque fois
a) que l’accident implique
un aéronef dans l’espace aérien national ou sur le territoire national,
du matériel ferroviaire sur le réseau ferré national ou ses embranchements,
un navire immatriculé au Luxembourg, et
b) que l’accident a causé
des blessures mortelles qu’ont subies une ou plusieurs personnes à bord de l’aéronef, du navire ou du
train, en train d’y monter ou d’en descendre, ou chargées des opérations de chargement ou de
déchargement d’un de ces moyens de transport, et qui ont entraîné la mort de celle-ci dans les 30 jours
qui suivent la date de cet accident,
des blessures graves à une ou plusieurs personnes à bord de l’aéronef, du navire ou du train, en train d’y
monter ou d’en descendre ou chargés des opérations de chargement ou de déchargement d’un tel moyen
de transport, les blessures en question
soit nécessitent une hospitalisation de plus de quarante-huit heures de l’une ou de plusieurs des
victimes, cette hospitalisation commençant dans les sept jours qui suivent la date à laquelle les
blessures ont été subies
soit se traduisent par la fracture d’un os (exception faite des fractures simples des doigts, des orteils
ou du nez),
soit se traduisent par des déchirures qui sont la cause de graves hémorragies ou de lésions d’un nerf,
d’un muscle ou d’un tendon,
soit se traduisent par la lésion d’un organe interne,
soit se traduisent par des brûlures affectant plus de 5% de la surface du corps,
soit résultent de l’exposition vérifiée à des matières infectieuses ou à un rayonnement pernicieux, sauf
s’il s’agit de lésions dues à des causes naturelles, de blessures infligées à la personne par elle-même
ou par d’autres ou de blessures subies par un passager clandestin caché hors des zones auxquelles les
passagers et l’équipage ont normalement accès.
des dommages ou une rupture structurelle de l’aéronef, du navire ou du matériel ferroviaire
qui altèrent les caractéristiques de résistance structurelle de celui-ci,
qui devraient normalement nécessiter une réparation importante ou le remplacement de l’élément
endommagé.
c) qu’un incident grave s’est produit dont les circonstances indiquent qu’un accident a failli se produire.
L’enquête doit également être effectuée lorsque l’accident est intervenu dans les circonstances du présent
paragraphe à un aéronef, un navire ou du matériel ferroviaire immatriculé au Luxembourg, qu’il a eu lieu en
dehors du territoire de l’Union Européenne, et que les autorités compétentes de l’Etat du lieu de l’accident ne
procèdent pas de leur propre chef à une telle enquête.
2. L’enquête technique prévue au paragraphe 1er peut aussi être demandée
dans le cas d’un accident qui n’a fait que des blessés légers ou des dégâts matériels autres que ceux
mentionnés au paragraphe 1, b) du présent article,
dans le cas de tout autre incident
pour tout autre accident ayant causé des dommages à des biens ou à l’environnement.
3. Les enquêtes visées aux paragraphes 1. et 2. sont effectuées sans préjudice des obligations découlant pour le
Grand-Duché de Luxembourg des conventions internationales auxquelles il est partie.
4. Des règlements grand-ducaux peuvent déterminer pour les enquêtes techniques relevant de chacun des modes
de transport visés à l’article 1er des spécifications complémentaires.
Article 3
L’institution d’une entité d’enquête
Il est créé une entité d’enquête chargée d’initier et de surveiller les enquêtes techniques dont question à l’article
premier.
Cette entité d’enquête est placée auprès du ministre ayant les transports dans ses attributions, ci après désigné le
ministre. Le ministre désigne les membres de l’entité d’enquête.
La composition, le mode de fonctionnement ainsi que les critères de désignation des membres de l’entité d’enquête
sont déterminés par règlement grand-ducal.
Le ministre peut charger l’entité d’enquête de toute autre activité se rapportant directement ou indirectement à la
mission définie à l’article 4.
Article 4
La mission de l’entité d’enquête
Lorsque l'entité d'enquête a mené une enquête en vertu de l'article 2 ou qu'elle a été chargée par le ministre
conformément à l'article 3, elle soumet au ministre son rapport à la clôture de chaque enquête si possible, dans les
douze mois suivant la date de l'accident. En outre, elle fait régulièrement et au moins une fois par an rapport de ses
activités au ministre.
Pour chaque enquête à effectuer elle désigne un ou plusieurs enquêteurs qui sont choisis ou non parmi ses membres,
et qui doivent disposer des qualifications professionnelles pour exercer la fonction d’enquêteur en relation avec
l’accident ou l’incident grave pour lequel il a été désigné.
Selon la nature et la gravité de l’accident ou de l’incident grave, l’enquêteur désigné est autorisé à s’entourer de
toutes les informations et aides utiles à l’accomplissement de sa tâche. L’entité d’enquête peut autoriser l’enquêteur
désigné à s’assurer le concours d’experts.
L’entité d’enquête peut demander l’assistance d’organismes d’enquête institués ou agréés dans d’autres Etats
membres de l’Union Européenne ou déléguer, suivant les circonstances et notamment en raison du lieu de l’accident
ou de l’incident grave, la mission d’enquête à un organisme d’enquête reconnu par les autorités d’un autre Etat membre
ou non de l’Union Européenne. Dans ces conditions l’entité d’enquête convient avec l’autre organisme d’enquête le
principe et les modalités d’une éventuelle assistance de sa part dans le cadre de la mission d’enquête à accomplir.
L'entité d'enquête rend public le rapport d'accident final, si possible, douze mois suivant la date de l'accident.
L’entité d’enquête est chargée de l’archivage adéquat des rapports d’enquête et de toutes les informations et pièces
qui s’y rapportent. Ces archives sont accessibles au public.
Article 5
Les prérogatives de l’entité d’enquête
1. L’entité d’enquête accomplit ses missions en toute indépendance par rapport notamment aux autorités
administratives et par rapport à toute autre partie dont les intérêts pourraient entrer en conflit avec la mission
qui lui a été confiée.
De ce fait, elle ne reçoit et ne sollicite d'instructions d'aucune autorité, ou d'aucun organisme dont les intérêts
pourraient entrer en conflit avec la mission qui lui a été confiée. Elle détermine l’étendue des enquêtes et la
procédure à suivre pour effectuer celles-ci.
2. Les enquêteurs désignés dans les formes de la présente loi bénéficient en particulier des prérogatives légales
énumérées ci-après
a) avoir librement accès au lieu de l’accident ou de l’incident grave ainsi qu’au moyen de transport impliqué, son
contenu ou son épave;
b) effectuer un relevé immédiat des indices et un prélèvement contrôlé de débris ou d’éléments aux fins
d’examen ou d’analyse;
c) avoir un accès immédiat au contenu des enregistreurs de bord et de tout autre enregistrement, ainsi qu’à
l’exploitation de ces éléments;
d) avoir accès aux résultats d’examens ou de prélèvements effectués sur le corps des victimes;
e) avoir un accès immédiat aux résultats d’examens ou de prélèvements effectués à la demande de l’autorité
judiciaire sur les personnes impliquées dans l’exploitation du moyen de transport impliqué;
f)
procéder à l’audition de témoins;
g) avoir librement accès aux informations pertinentes détenues par le propriétaire, l’exploitant ou le
constructeur du moyen de transport par les autorités responsables ou par les organes de gestion du mode
de transport concerné ;
h) exiger, sans que puisse leur être opposé le secret professionnel, la communication des documents de toute
nature relatifs aux personnes, entreprises et matériels en relation avec l’accident ou l’incident grave et
concernant notamment la formation et la qualification des personnes, la construction, la certification,
l’entretien, l’exploitation des matériels, la préparation du transport, la conduite, et le contrôle du ou des
moyens de transport impliqués. Des procès-verbaux sont établis relatifs à la communication des documents
visés au présent alinéa.
3. Les objets et les documents communiqués en vertu du présent article par les enquêteurs sont restitués dès lors
que leur conservation n’apparaît plus nécessaire à la détermination des circonstances et des causes de l’accident
ou de l’incident grave. La rétention, et le cas échéant l’altération ou la destruction pour les besoins de l’enquête
des objets soumis à l’examen ou à analyse n’entraînent aucun droit à l’indemnité.
Dans les limites fixées à cet effet par l’entité d’enquête, les experts qui assistent les enquêteurs désignés bénéficient
des mêmes prérogatives. Ils exercent ces prérogatives sous l’autorité du ou des enquêteurs désignés.
Les titres de légitimation des enquêteurs désignés et des experts sont délivrés par le ministre selon des modalités
arrêtées par règlement grand-ducal.
Article 6
Les modalités d’exécution des enquêtes
Afin de prévenir toute entrave au déroulement de l’enquête, il est interdit à toute personne non indispensable ou
étrangère à l’enquête de pénétrer sur le lieu de l’accident ou de l’incident grave.
Il est interdit à toute personne étrangère à l'enquête de modifier l'état des lieux où s'est produit un accident ou un
incident grave, d'y effectuer des prélèvements quelconques, de se livrer sur l'aéronef, sur le navire ou sur le matériel
ferroviaire ou sur les épaves des engins impliqués à quelque manipulation ou prélèvement que ce soit, de procéder à
leur déplacement ou à leur enlèvement, sauf si ces actions sont commandées par des exigences de sécurité ou par la
nécessité de porter secours aux victimes.
Les dispositions ci-avant s'appliquent sous réserve des dispositions du code d'instruction criminelle en matière
d'enquêtes judiciaires.
En cas d'accident ou d'incident grave l'équipage concerné, le propriétaire ou l'exploitant du moyen de transport
impliqué ainsi que les personnes ou entreprises en relation avec l'accident ou l'incident grave et leurs préposés
prennent toutes les dispositions de nature à préserver les documents, matériels et enregistrements pouvant être utiles
à l'enquête, et notamment à éviter l'effacement de l'enregistrement des conversations, alarmes sonores et autres
données lorsque l'aéronef, le navire ou le matériel ferroviaire est muni d'enregistreurs de bord.
Article 7
Les responsabilités des membres de l’entité d’enquête, des enquêteurs désignés et des experts
1. Les membres de l'entité d'enquête, ainsi que les enquêteurs désignés et les experts auxquels elle fait appel, sont
tenus au secret professionnel. L’article 458 du code pénal est applicable.
2. L'entité d'enquête est habilitée à transmettre déjà en cours d'enquête des informations ayant un caractère
confidentiel résultant de l'enquête technique, si elle estime qu'elles sont de nature à prévenir le renouvellement
d'un accident ou d'un incident grave, aux autorités responsables, aux organes de gestion du mode de transport
concerné par l'accident ou l'incident grave, aux dirigeants des entreprises de construction ou d'entretien du type
de moyen de transport concerné ou de ses personnes physiques chargées de la direction des entreprises établies
au Grand-Duché de Luxembourg et opérant dans le cadre du mode de transport concerné par l’accident ou
l’incident grave.
Toutefois, les informations qui sont couvertes par le secret de l'instruction relative à une enquête judiciaire
concomitante, ne peuvent être transmises qu’avec l'accord du procureur d'Etat ou du juge d'instruction.
3. En cours d’enquête, l’entité peut émettre des recommandations de sécurité si elle estime que leur mise en
oeuvre dans des délais brefs est de nature à prévenir un autre accident ou incident grave.
Article 8
L’information obligatoire relative aux accidents et incidents graves
Tout accident ou tout incident grave qui est survenu dans les conditions de l'article 2 et qui concerne l'un des
moyens de transport visés à l'article 1er doit être déclaré sans retard au ministre qui en informe l'entité d'enquête et
qui communique à celle-ci, dans les cas où l'enquête est facultative, sa décision de faire procéder ou non à une enquête.
La déclaration doit être faite par le responsable à bord du moyen de transport impliqué, lorsque l'accident ou
l'incident a lieu en cours de trajet, et par la personne en charge de surveiller ou de coordonner les opérations, lorsque
l'accident ou l'incident grave survient pendant la montée ou la descente des passagers ou pendant le chargement ou le
déchargement des marchandises. Les informations minimales que doit contenir la déclaration peuvent être spécifiées
par règlement grand-ducal.
Les préposés des ateliers d'entretien ou de révision sont tenus, dans un délai de dix jours à compter de la
constatation dans ces ateliers de défauts résultant d'un accident ou d'un incident grave et susceptibles de
compromettre la sécurité du moyen de transport inspecté ou réparé, de déclarer ces défauts au ministre qui en donne
sans tarder communication à l’entité d’enquête afin qu'elle puisse procéder à une enquête technique.
Article 9
Dispositions pénales
Les infractions aux dispositions de l'article 5, qui consistent soit à s'opposer à l'exercice des fonctions dont sont
chargés les enquêteurs techniques, soit à refuser de leur communiquer les enregistrements, les matériels, les
renseignements et les documents utiles, en les dissimulant, en les altérant ou en les faisant disparaître, ainsi que des
articles 6 (alinéas 1er, 2 et 4) et 8 de la présente loi sont punies d'un emprisonnement de 8 jours à 5 ans et d'une
amende de 250 € à 25.000 € ou d'une de ces peines seulement.
Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Mémorial pour être exécutée et observée par tous ceux
que la chose concerne.
Le Ministre des Transports,
Palais de Luxembourg, le 8 mars 2002.
Henri Grethen
Henri
Le Ministre de la Justice,
Luc Frieden
Doc. parl. No 4739; sess. ord. 2000-2001, 2001-2002; Dir. 94/56/CEE.
Règlement grand-ducal du 20 mars 2002 portant des spécifications complémentaires relatives aux
enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves survenus dans le domaine de
l’aviation civile et portant modification d’autres dispositions.
Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau;
Vu la loi modifiée du 31 janvier 1948 relative à la réglementation de la navigation aérienne ;
Vu la loi du 8 mars 2002 sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves survenus dans
les domaines de l’aviation civile, des transports maritimes et du chemin de fer ;
Vu la directive n° 94/56/CEE du Conseil de l’Union européenne du 21 novembre 1994 établissant les principes
fondamentaux régissant les enquêtes sur les accidents et les incidents dans l’aviation civile ;
Vu l’avis de la Chambre de Commerce du 29 janvier 2001;
Notre Conseil d’Etat entendu ;
Sur le rapport de Notre Ministre des Transports et de Notre Ministre de la Justice et après délibération du Conseil
de Gouvernement,
Arrêtons
Définitions
Aux fins de la loi du 8 mars 2002 sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves survenus
dans les domaines de l’aviation civile, des transports maritimes et du chemin de fer on entend pour le domaine de
l’aviation civile par
a) “accident”: un événement, lié à l’utilisation d’un aéronef, qui se produit entre le moment où une personne monte
à bord avec l’intention d’effectuer un vol et le moment où toutes les personnes qui sont montées dans cette
intention sont descendues, et au cours duquel
1) une personne est mortellement ou grièvement blessée du fait qu’elle se trouve
dans l’aéronef, ou
en contact direct avec une partie quelconque de l’aéronef, y compris les parties qui s’en sont détachées,
ou
directement exposée au souffle des réacteurs,
sauf s’il s’agit de lésions dues à des causes naturelles, de blessures infligées à la personne par elle-même
ou par d’autres ou de blessures subies par un passager clandestin caché hors des zones auxquelles les
passagers et l’équipage ont normalement accès; ou
2) l’aéronef subit des dommages ou une rupture structurelle
qui altèrent ses caractéristiques de résistance structurelle, de performances ou de vol, et
qui devraient normalement nécessiter une réparation importante ou le remplacement de l’élément
endommagé,
sauf s’il s’agit d’une panne de moteur ou d’avaries de moteur, lorsque les dommages sont limités au moteur,
à ses capotages ou à ses accessoires, ou encore de dommages limités aux hélices, aux extrémités d’ailes, aux
antennes, aux pneumatiques, aux freins, aux carénages, ou à de petites entailles ou perforations du
revêtement, ou
3) l’aéronef a disparu ou est totalement inaccessible;
b) “causes”: les actes, omissions, événements ou conditions ou toute combinaison de ces divers éléments
qui conduisent à l’accident ou à l’incident;
c) “enquête”: les activités menées en vue de prévenir les accidents et les incidents, qui comprennent la
collecte et l’analyse de renseignements, l’exposé des conclusions, la détermination des causes et, s’il y a
lieu, l’établissement de recommandations de sécurité;
d) “enquêteur désigné”: la personne chargée par le ministre, en raison de ses qualifications, de l’organisation,
de la conduite et du contrôle d’une enquête;
e) “enregistreur de bord”: tout type d’enregistreur installé à bord d’un aéronef en vue de faciliter les
enquêtes sur les accidents et les incidents;
f) “entreprise”: une personne physique, une personne morale poursuivant ou ne poursuivant pas de but
lucratif, ou un organisme officiel doté ou non de la personnalité juridique;
g) “exploitant”: une personne, un organisme ou une entreprise qui se livre ou propose de se livrer à
l’exploitation d’un ou de plusieurs aéronefs;
h) “incident”: un événement, autre qu’un accident, lié à l’utilisation d’un aéronef, qui compromet ou pourrait
compromettre la sécurité de l’exploitation;
i) “incident grave”: un incident dont les circonstances indiquent qu’un accident a failli se produire (l’annexe
contient une liste d’exemples d’incidents graves);
j) “recommandation de sécurité”: toute proposition formulée par l’entité d’enquête sur les accidents de
l’Etat qui a mené l’enquête technique, sur la base de renseignements résultant de cette enquête, en vue
de prévenir les accidents et les incidents.
Champ d'application
Le présent règlement s'applique aux accidents ou incidents graves dans le transport maritime impliquant un navire
battant pavillon luxembourgeois survenus dans les conditions de l'article 2 de la loi du 8 mars 2002 sur les enquêtes
techniques relatives aux accidents et aux incidents graves.
Les informations à fournir en cas d’incident ou accident conformément à l’article 8 de la loi du 00 mars
2002 précitée comprendront au moins
a) Nom, prénom et qualités de l’informateur,
b) Immatriculation, type et nationalité de l’aéronef,
c) Propriétaire et/ou exploitant de l’aéronef,
d) Pilote commandant de bord,
e) Date/heure et lieu de l’incident ou accident,
f) Description de l’incident/accident et de l’envergure des dommages corporels et matériels,
g) Régime de vol, dernier point de départ, point d’atterrissage prévu,
h) Nombre total de personnes à bord.
Définitions
Aux fins du présent règlement, on entend pour le domaine maritime par
a) "enquête technique": les activités menées en vue de prévenir les accidents et les incidents, qui comprennent la
collecte et l'analyse de renseignements, l'exposé des conclusions, la détermination des causes et, s'il y a lieu,
l'établissement de recommandations de sécurité;
b) "accident ": un événement causé par l'exploitation d'un navire ayant entraîné la mort d'une personne ou des
blessures graves ; la perte, la perte présumée ou l'abandon d'un navire ; des dommages matériels subis ou causés
par un navire ; l'échouement ou l'avarie d'un navire ; sa mise en cause dans un abordage, des atteintes graves à
l'environnement ;
c) "incident grave": un événement, autre qu'un accident, lié à l'utilisation d'un navire, qui compromet ou pourrait
compromettre la sécurité de l'exploitation;
d) "recommandation de sécurité": toute proposition formulée par l'entité d'enquête sur les accidents de l'Etat qui
a mené l'enquête technique, sur la base de renseignements résultant de cette enquête, en vue de prévenir les
accidents et les incidents ;
e) "code pour la conduite des enquêtes sur les accidents et les incidents en mer " : le code pour la conduite des
enquêtes sur les accidents et les incidents en mer repris dans la résolution A.849(20) de l'OMI adoptée par
l'Assemblée le 27 novembre 1997 tel qu'amendé par la résolution A.884(21) de l'OMI adoptée par l'Assemblée
le 25 novembre 1999 ;
f) "loi sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves": la loi du 8 mars 2002 sur les
enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves survenus dans les domaines de l'aviation
civile, des transports maritimes et du chemin de fer.
g) "le terme " Etat ayant d'importants intérêts en jeu " désigne un Etat
qui est l'Etat du pavillon d'un navire faisant l'objet d'une enquête; ou
dans les eaux intérieures ou dans la mer territoriale duquel est survenu un accident de mer; ou
dans lequel un accident de mer a causé ou menacé de causer un grave préjudice à l'environnement de l'Etat
ou dans les zones sur lesquelles il est habilité à exercer sa juridiction en vertu du droit international; ou
dans lequel les conséquences d'un accident de mer ont causé ou menacé de causer un grave préjudice soit
à l'Etat lui-même, soit à des îles artificielles, installations ou ouvrages sur lesquels il est habilité à exercer sa
juridiction en vertu du droit international; ou
dans lequel un accident de mer a coûté la vie ou infligé de graves blessures à des ressortissants de cet Etat;
ou
qui dispose de renseignements importants susceptibles d'être utiles à l'enquête; ou
qui, pour toute autre raison, fait valoir qu'il a des intérêts qui sont jugés importants par l'Etat responsable de
l'enquête.
h) "compagnie": le propriétaire du navire ou tout autre organisme ou personne auquel le propriétaire du navire a
confié la responsabilité de l'exploitation du navire.
Les articles 7 et 8 du règlement grand-ducal du 13 mars 1993 refixant les règles de l’air et les dispositions
auxquelles est soumise la circulation aérienne sont abrogés.
Notification des événements
1. Sans préjudice quant à l'information obligatoire prévue à l'article 8 de la loi sur les enquêtes techniques relatives
aux accidents et aux incidents graves, tout accident ou incident grave est porté sans délai à la connaissance du
Commissaire aux affaires maritimes et au plus tard dans les douze heures suivant l'événement. Il pourra être fait
appel au service de permanence du Commissariat aux affaires maritimes. Cette notification comporte au moins
les éléments suivants
- nom du navire,
- N° OMI,
- date et lieu de l'événement,
- position du navire,
- type d'accident ou d’incident grave,
- autre(s) navire(s) impliqué(s),
- une brève description de l’événement,
- la liste des autorités ayant été informées de l’événement.
La responsabilité de la déclaration incombe au capitaine du navire. En cas d'empêchement du capitaine pour
cause de décès, blessure ou maladie, la déclaration est à faire par le premier officier. En cas d'empêchement de
celui-ci pour les mêmes motifs, la compagnie fournira tous les renseignements dont elle dispose.
2. La déclaration prévue à l'article 8 de la loi sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents
graves doit contenir toutes les informations mentionnées à l'annexe I dans la mesure où elles sont disponibles
ou pertinentes compte tenu du type d'incident visé.
Notre Ministre des Transports et Notre Ministre de la Justice sont chargés, chacun en ce qui le concerne,
de l’exécution du présent règlement qui sera publié au Mémorial.
Le Ministre des Transports,
Palais de Luxembourg, le 20 mars 2002.
Henri Grethen
Henri
Le Ministre de la Justice,
Luc Frieden
Doc. parl. No 4748; sess. ord. 2000-2001, 2001-2002; Dir. 94/56/CEE.
ANNEXE
LISTE D’EXEMPLES D’INCIDENTS GRAVES
Les incidents énumérés sont des exemples typiques d’incidents graves. Cette liste n’est donné qu’à titre indicatif en
rapport avec la définition de l’expression “incident grave”.
Une quasi-collision ayant exigé une manoeuvre d’évitement pour prévenir un abordage ou une situation
dangereuse.
Un impact avec le sol sans perte de contrôle (CFIT), évité de justesse.
Un décollage interrompu sur une piste fermée ou occupée, un décollage à partir d’une telle piste avec une très
faible marge par rapport aux obstacles.
Un atterrissage ou une tentative d’atterrissage sur une piste fermée ou occupée.
Une forte détérioration par rapport aux performances prévues lors du décollage ou de la montée initiale.
Tout incendie ou toute fumée dans la cabine de passagers, ou dans les compartiments de fret, ou un incendie de
moteur, même si l’incendie est éteint en utilisant des agents extincteurs.
Tout événement qui a exigé l’utilisation des réserves d’oxygène de secours par l’équipage de conduite.
Une défaillance structurelle d’aéronef ou une désintégration de moteur qui n’est pas classée comme un accident.
Des pannes multiples d’un ou de plusieurs systèmes de bord qui gênent fortement la conduite de l’aéronef.
Tout cas d’incapacité d’un membre d’équipage de conduite en vol.
Toute situation relative au carburant qui exigerait du pilote qu’il déclare une urgence.
Des incidents au décollage ou à l’atterrissage. Incidents tels que prise de terrain trop courte, dépassement de
piste ou sortie latérale de piste.
Des pannes de systèmes, des phénomènes météorologiques, une évolution en dehors de l’enveloppe de vols
approuvée ou d’autres occurrences qui pourraient avoir rendu difficile le contrôle de l’aéronef.
Une panne de plus d’un système dans un système de redondance qui est obligatoire pour le guidage des vols et
la navigation.
Règlement grand-ducal du 20 mars 2002 portant des spécifications complémentaires relatives aux
enquêtes techniques relatives aux accidents et incidents graves survenus dans le domaine du
transport maritime.
Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau;
Vu la loi du 9 novembre 1990 ayant pour objet la création d’un registre public maritime luxembourgeois telle qu’elle
a été modifiée et complétée par la loi du 17 juin 1994 ;
Vu la loi du 8 mars 2002 sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux incidents graves survenus dans
les domaines de l'aviation civile, des transports maritimes et du chemin de fer;
Vu l’avis de la Chambre de Commerce ;
Notre Conseil d’Etat entendu ;
Sur le rapport de Notre Ministre des Transports et de Notre Ministre de la Justice, et après délibération du
Gouvernement en Conseil ;
Arrêtons
Coopération administrative
Lorsqu'un navire battant pavillon luxembourgeois est impliqué dans un accident ou incident grave dans lequel un Etat
ayant d'importants intérêts en jeu est concerné, l'entité d'enquête agira dans la mesure du possible et selon son
appréciation suivant les lignes de conduite édictées par le code de conduite des enquêtes sur les accidents et les
incidents de mer figurant à l'annexe II.
Rapports
Le rapport final visé à l'article 1er paragraphe 3 de la loi sur les enquêtes techniques relatives aux accidents et aux
incidents graves est communiqué au Secrétaire Général de l'Organisation Maritime Internationale.
Notre Ministre des Transports et Notre Ministre de la Justice sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
l'exécution du présent règlement qui sera publié au Mémorial.
Le Ministre des Transports,
Palais de Luxembourg, le 20 mars 2002.
Henri Grethen
Henri
Le Ministre de la Justice,
Luc Frieden
Dir. 94/56/CEE.
ANNEXE I
Informations à fournir en vertu de l'article 3 paragraphe 2
1.
Informations générales requises
1.1.
Caractéristiques du navire
Nom, numéro OMI, indicatif d'appel
Nom et adresse des propriétaires et exploitants et également si l'événement a eu lieu à l'étranger, des
agents
Type de navire
Nom et adresse de l'affréteur et type d'affrètement
Port en lourd, jauges nette et brute et dimensions principales
Moyens de propulsion, caractéristiques des machines
Date, lieu et chantier de construction
Caractéristiques structurales pertinentes, le cas échéant
Quantité de combustible transportée et emplacement des caisses de combustible
Installation radio (type, marque de fabrication)
Radar (nombre) (type, marque de fabrication)
Gyrocompas (marque de fabrication, modèle)
Pilote automatique (marque de fabrication, modèle)
Matériel électronique de positionnement (marque de fabrication, modèle) (système mondial de localisation,
système Decca etc.)
Matériel de sauvetage (dates des visites /d'expiration)
1.2.
Copie des documents à présenter
Copie du certificat d’immatriculation
Certificats réglementaires en cours de validité
Certificats délivrés en vertu du Code ISM
Certificats de la société de classification ou de l'autorité responsable des visites
Livre de bord
Liste de l'équipage
Qualifications de l'équipage (voir également le paragraphe 1.4)
Journal passerelle
Rapport d'escale, extrait du journal et journal de la cargaison
Registre des opérations des machines
Journal machine
Sortie imprimée de l'enregistreur des données
Graphique de l'enregistreur de cap
Graphique du sondeur à écho
Registre des hydrocarbures
Registre des sondages
Registre des ordres de nuit
Ordres permanents du capitaine/chef mécanicien
Ordres permanents de la compagnie/manuel d'exploitation
Manuel de sécurité de la compagnie
Registre des variations du compas
Journal radar
Fiches du programme d'entretien
Registre des demandes de réparation
Articles de l'accord
Dossier comptable du bar - achats quotidiens - reçus ayant trait au voyage, etc.
Dossiers des tests sur la drogue et l'alcool
Liste des passagers
Journal radioélectrique
Dossier des comptes rendus de navire
Plan de la traversée
Cartes et enregistrement des corrections
Manuels d'exploitation /d'entretien de l'équipement /des machines fournis par le fabricant
Toute autre documentation intéressant l'enquête
1.3.
Renseignements sur le voyage
Port où le voyage a commencé et port où il aurait dû se terminer, et dates
Détails de la cargaison
Dernier port de départ et date
Tirant d'eau (à l'avant, à l'arrière et au milieu du navire) et gîte, le cas échéant
Port de destination au moment où l'accident s'est produit
Tout incident au cours du voyage susceptible d'avoir un effet sur l'événement ou circonstance inhabituelle,
qu'elle semble avoir ou non un rapport avec l'accident ou l’incident grave
Vue en plan de l'agencement du navire, y compris des espaces à cargaison, des citernes à résidus, des
caisses de soutes /combustible /huile de graissage (schémas du certificat IOPP)
Détails concernant la cargaison, les soutes, l'eau douce et leur consommation
1.4.
Renseignements sur le personnel mis en cause dans l'incident
Nom et prénom
Âge
Renseignements sur les blessures
Description de l'accident
Personne supervisant l'activité
Soins de première urgence ou autres mesures prises à bord
Capacité à bord
Brevet d'aptitude /Certificat
Rang;
Date de délivrance;
Pays/autorité ayant délivré le brevet;
Autres brevets d'aptitude détenus
Durée du service à bord du navire en question
Expérience à bord de navires analogues
Expérience à bord d'autres types de navires
Expérience dans la capacité actuelle
Expérience dans d'autres rangs
Nombre d'heures de service le jour de l'accident ou l’incident grave et les jours précédents
Nombre d'heures de sommeil au cours des 96 heures ayant précédé l'accident ou l’incident grave
Tous autres facteurs, à bord ou personnels, susceptibles d'avoir perturbé le sommeil
La personne fume-t-elle et, dans l'affirmative, quantité
Consommation habituelle d'alcool
Consommation d'alcool immédiatement avant l'accident ou l’incident grave ou au cours des 24 heures
précédentes
Des médicaments étaient-ils prescrits ?
Ingestion de drogues non prescrites
Tests sur la drogue et l'alcool
1.5.
Renseignements sur l'état de la mer, les conditions météorologiques et les marées
Direction et force du vent
Direction et état de la mer et houle
Conditions atmosphériques et visibilité
Etat et hauteur de la marée
Direction et force des courants de marée et autres courants, compte tenu des conditions locales
1.6.
Renseignements sur l'accident ou de l’incident grave
Type d'accident ou d’incident grave
Date, heure et lieu de l'accident ou de l’incident grave
Détails de l'accident ou l’incident grave et des événements antérieurs et postérieurs
Détails du fonctionnement du matériel en jeu, une attention spéciale étant accordée à tout défaut de
fonctionnement
Personnes sur la passerelle
Personnes dans la chambre des machines
Endroits où se trouvaient le capitaine et le chef mécanicien
Conduite du navire (automatique ou manuelle)
Extraits de tous les documents pertinents à bord du navire et, selon le cas, à terre, notamment mentions
dans le livre de bord, le journal passerelle, le brouillon de passerelle et le journal machine, les sorties
imprimées de l'enregistreur des données, le listage d'ordinateur, les enregistreurs de cap et de régime des
machines, le journal radar, etc.
Détails des communications effectuées entre le navire et les stations radioélectriques, les centres de
recherche et de sauvetage et les centres de contrôle, etc., avec transcription des enregistrements sur
cassette, s'ils existent.
Détails des blessures/décès.
Enregistrement des données du voyage (le cas échéant) aux fins d'analyse.
1.7. Assistance après l'accident ou l’incident grave
Une assistance a-t-elle été sollicitée, sous quelle forme et par quel moyen
Une assistance a-t-elle été offerte ou prêtée, par qui et de quel type et cette assistance a-t-elle été efficace
et compétente
Si une assistance a été offerte et refusée, raison du refus
2.
Informations supplémentaires requises dans des cas particuliers
2.1.
Incendie/explosion
Comment l'incendie a-t-il été découvert à bord du navire ?
Comment la personne a-t-elle découvert l'incendie ?
A quel endroit l'incendie s'est-il déclaré ?
Comment l'incendie s'est-il déclaré (si la cause est connue) ?
Quelles ont été les mesures immédiates prises ?
Etat du matériel de lutte contre l'incendie (avec dates des visites/inspections à l'appui)
Extincteurs disponibles
types disponibles à proximité;
types disponibles à bord du navire;
types utilisés
Manches d'incendie disponibles/utilisées
Pompes disponibles/utilisées
A-t-on immédiatement disposé d'eau ?
Les évents desservant l'espace étaient-ils fermés ?
Quel était le type de matériau ayant pris feu et se trouvant au voisinage de l'incendie ?
Quelle était l'intégrité au feu des cloisons entourant l'incendie ?
Restrictions causées par a) la fumée, b) la chaleur, c) les vapeurs
Accès libre
Accès au matériel de lutte contre l'incendie
Préparation de l'équipage : fréquence, durée et nature des appels et des exercices d'incendie et
emplacements où ces appels et exercices ont eu lieu
Mesures prises par les équipes à terre de lutte contre l'incendie
2.2.
Abordage
Généralités
Règles locales ou autres règles spéciales relatives à la navigation
Obstructions causées, le cas échéant, aux manœuvres, par exemple par un autre navire, des eaux peu
profondes, des balises, des bouées, etc.
Circonstances affectant la visibilité et l'audibilité, par exemple, ensoleillement, éblouissement causé par les
feux à terre, force du vent, bruit à bord du navire et obstruction éventuelle causée par une porte ou une
fenêtre et gênant la veille visuelle et/ou auditive
Tracé géographique
Possibilités d'interaction
Nom, numéro OMI, nationalité de l'autre navire, et autres renseignements pertinents
Pour chaque navire
Heure, position, cap et vitesse (et méthode de détermination) lorsque la présence de l'autre navire a été
détectée
Détails de tous les changements ultérieurs de cap et de vitesse jusqu'au moment de l'abordage
Relèvement, distance et cap de l'autre navire et s'il a été aperçu visuellement, heure à laquelle les
observations ont été effectuées, et changements ultérieurs
Relèvement et distance de l'autre navire, en cas d'observation radar, heure à laquelle les observations ont
été effectuées et changements ultérieurs de relèvement
L'autre navire était-il pointé et par quelle méthode (pointage automatique, réflectotraceur, etc.), avec copie
du graphique de manœuvre si possible
Vérifier le fonctionnement du matériel
Enregistreur de cap
Feux/signaux de jour installés et montrés à bord du navire et ceux vus à bord de l'autre navire
Signaux sonores, y compris signaux de brume, émis par le navire et à quel moment, et ceux entendus
provenant de l'autre navire et à quel moment
Une écoute était-elle assurée sur la voie 16 en ondes métriques ou sur une autre fréquence et des
messages ont-ils été envoyés, reçus ou interceptés
Nombre de radars à bord du navire, nombre de radars fonctionnant au moment de l'accident, et portées
utilisées sur chaque radar
Conduite du navire manuelle ou pilote automatique
Vérifier que l'appareil à gouverner fonctionnait correctement
Détails des dispositions en matière de veille visuelle
Parties de chaque navire où le premier contact s'est produit et angle entre les navires à ce moment
Nature et étendue des avaries
Le navire a-t-il respecté la réglementation et indiqué son nom et sa nationalité à l'autre navire et est-il resté
stationnaire après l'abordage
2.3.
Echouement
Détails du plan de route ou preuve de la planification de la route
Dernière position exacte et manière dont elle a été obtenue
Occasions ultérieures de déterminer la position ou les lignes de position, par des observations
astronomiques ou en vue de terre, par GPS, par radio, par radar ou autre moyen ou par des lignes de
sonde, et si tel n'est pas le cas, pourquoi
Comparaison entre le zéro hydrographique et le système géodésique mondial
Conditions atmosphériques, courants de marée ou autres rencontrés ultérieurement
Effets sur le compas de toute cargaison magnétique, perturbations d'origine électrique ou attraction locale
Radar(s) en fonctionnement, portées respectives utilisées et preuve de la surveillance et de
l'enregistrement du fonctionnement de l'appareil radar
Cartes, instructions nautiques et avis aux navigateurs pertinents se trouvant à bord du navire; ont-ils été
mis à jour et les avertissements qu'ils contiennent ont-ils été observés
Sondages effectués, à quel moment et par quel moyen
Sondage des citernes, à quel moment et par quel moyen
Tirant d'eau du navire avant l'échouement et méthode de calcul
Lieu de l'échouement et manière dont il a été établi
Cause et nature de toute panne des machines ou de l'appareil à gouverner avant l'échouement
Etat de disponibilité des ancres, utilisation et efficacité
Nature et étendue des avaries
Mesures prises et mouvements du navire après l'échouement
2.4.
Naufrage
Tirant d'eau et franc-bord lorsque le navire a quitté le dernier port, et changements résultant de la
consommation des approvisionnements et du combustible
Franc-bord correspondant à la zone et à la saison
Procédures de chargement, contraintes dans la coque
Détails de toute modification de la coque ou de l'équipement depuis la dernière visite et par qui ces
modifications ont-elles été approuvées
Etat du navire, effets éventuels sur la navigabilité
Données de stabilité et date à laquelle elles ont été déterminées
Facteurs influant sur la stabilité, tels que modifications de la structure, nature, poids, répartition et ripage
de la cargaison et du ballast, carènes liquides dans les citernes ou à l'intérieur du navire
Compartimentage par des cloisons étanches à l'eau
Emplacement et étanchéité à l'eau des écoutilles, des hublots, des sabords et autres ouvertures
Nombre de pompes et capacité et efficacité; emplacement des aspirations
Cause et nature de la première entrée d'eau dans le navire
Autres circonstances ayant entraîné le naufrage
Mesures prises pour empêcher le naufrage
Lieu du naufrage et manière dont il a été déterminé
Engins de sauvetage fournis et utilisés et difficultés éventuelles rencontrées dans leur utilisation
2.5.
Pollution résultant d'un accident ou d’un incident grave
(Les enquêteurs devraient avoir à l'esprit les rapports sur les déversements accidentels de liquides, de 50
tonnes ou plus, et des rapports d'enquêtes sur les événements entraînant ou pouvant entraîner le rejet de
marchandises dangereuses ou de polluants marins en colis, qui sont exigés par l'OMI).
Type de polluant
Numéro ONU/classe de risque de l'OMI (le cas échéant)
Type d'emballage (le cas échéant)
Quantité à bord
Quantité perdue
Méthode d'arrimage et d'assujettissement
Lieu d'arrimage et quantité dans chaque compartiment/conteneur
Citernes/espaces où une brèche s'est produite
Citernes/espaces où une brèche risque de se produire
Mesures prises pour empêcher de nouvelles pertes
Mesures prises pour atténuer la pollution
Dispersants/neutralisants utilisés, le cas échéant
Barrage utilisé, le cas échéant
ANNEXE II
SECTION 1
CODE POUR LA CONDUITE DES ENQUETES SUR LES
ACCIDENTS ET LES INCIDENTS DE MER
Introduction
1.1
Le présent Code reconnaît qu'aux termes des conventions de l'OMI, chaque Etat du pavillon est tenu
d'effectuer une enquête sur tout accident survenu à l'un quelconque de ses navires lorsqu'il estime qu'une telle
enquête peut aider à déterminer les modifications qu'il serait souhaitable d'apporter aux règles en vigueur ou
lorsque cet accident a eu, pour le milieu marin, des conséquences néfastes très importantes. Le présent Code
tient également compte du fait qu'aux termes des dispositions de l'article 94 de la Convention des Nations
Unies sur le droit de la mer, un Etat ordonne l'ouverture d'une enquête, menée par ou devant une ou plusieurs
personnes dûment qualifiées, sur certains accidents ou incidents de navigation survenus en haute mer.
Toutefois, le Recueil reconnaît aussi que, lorsqu'un accident se produit dans la mer territoriale ou dans les
eaux intérieures d'un Etat, cet Etat a le droit, en vertu des dispositions de l'article 2 de la Convention des
Nations Unies sur le droit de la mer, d'enquêter sur la cause de tout accident susceptible de constituer un
danger pour la vie humaine ou l'environnement, de nécessiter l'intervention des services de recherche et de
sauvetage de l'Etat côtier, ou d'affecter à un autre titre l'Etat côtier.
1.2
Le présent Code a pour objet de promouvoir une approche commune pour la conduite des enquêtes de
sécurité sur les accidents et incidents de mer, de même qu'une coopération entre les Etats en vue d'identifier
les facteurs à l'origine de ces accidents. Cette approche commune et cette coopération aideront à prendre
des mesures correctives et permettront de renforcer la sécurité des gens de mer et des passagers et la
protection du milieu marin. Dans la poursuite de ces objectifs, le présent Code reconnaît la nécessité du
respect mutuel de la réglementation et des pratiques nationales et met en particulier l'accent sur la
coopération.
1.3
L'adoption d'une approche commune pour la conduite des enquêtes sur les accidents de mer et pour
l'établissement de rapports sur ces accidents permettra à la communauté maritime internationale d'être mieux
informée des facteurs à l'origine des accidents de mer et des causes de ces accidents. On peut atteindre cet
objectif plus facilement en
.1 définissant clairement l'objet d'une enquête sur les accidents de mer et les principes régissant sa conduite;
.2 définissant un cadre de consultation et de coopération entre les Etats ayant d'importants intérêts en jeu;
.3 reconnaissant que la libre circulation des informations sera favorisée si les personnes qui cherchent à
contribuer à l'enquête peuvent bénéficier d'un certain degré d'immunité face aux risques d'auto-
incrimination et aux conséquences qui en résultent pour leurs moyens d'existence;
.4 établissant un modèle type de rapports afin d'en faciliter la publication et de partager les leçons à en tirer.
1.4
Le Code n'a pas pour objet d'empêcher la conduite d'autre forme d'enquête menée dans le cadre d'une action
civile, pénale, administrative ou autre, mais plutôt d'établir une procédure d'enquête sur les accidents de mer
permettant de déterminer les circonstances de l'accident, d'identifier les facteurs à l'origine de l'accident, de
porter les causes de l'accident à la connaissance du public et de formuler les recommandations appropriées
en matière de sécurité. Dans l'absolu, une enquête sur un accident de mer devrait être distincte et
indépendante de toute autre forme d'enquête.
Objet
Les enquêtes sur les accidents de mer ont pour objet d'éviter que des accidents analogues ne se reproduisent.
Elles permettent d'identifier les circonstances de l'accident et d'établir les causes et les facteurs à l'origine de
l'accident grâce au rassemblement des renseignements nécessaires qui sont ensuite analysés afin d'en tirer des
conclusions. En théorie, il n'est pas procédé à ces enquêtes dans le but de déterminer la responsabilité ou
d'attribuer la faute. Toutefois, l'autorité menant l'enquête ne devrait pas s'abstenir de révéler toutes les causes
sous prétexte que la faute ou la responsabilité pourrait être déduite des résultats.
Application
Le présent Code s'applique, dans la mesure où la législation nationale le permet, aux enquêtes sur les accidents
ou incidents de mer lorsqu'un ou plusieurs Etats ont d'importants intérêts en jeu dans un accident de mer
mettant en cause un navire qui relève de leur juridiction.
Définitions
Aux fins du présent Code
4.1
Le terme Accident de mer désigne un événement ayant entraîné
.1 la mort d'une personne ou des blessures graves causées par l'exploitation d'un navire ou en rapport avec
celle-ci;
.2 la perte par-dessus bord d'une personne qui a été causée du fait des opérations du navire ou en rapport
avec ces opérations;
.3 la perte, la perte présumée ou l'abandon d'un navire;
.4 des dommages matériels subis par un navire;
.5 l'échouement ou l'avarie d'un navire ou sa mise en cause dans un abordage;
.6 des dommages matériels causés par l'exploitation d'un navire ou en rapport avec celle-ci; ou
.7 des atteintes graves à l'environnement, qui résultent des dommages subis par un (des) navire(s) qui sont
causés par l'exploitation d'un ou de plusieurs navire(s).
4.2
Le terme Accident très grave désigne un accident survenu à un navire qui entraîne la perte totale du navire, des
pertes en vies humaines ou une pollution grave.
4.3
Le terme Accident grave désigne un accident ne répondant pas aux critères d'un accident très grave au cours
duquel se produisent
.1 un incendie, une explosion, un échouement, un contact, une avarie due au gros temps, une avarie causée
par les glaces, une fissuration ou une défectuosité présumée de la coque, etc., qui entraînent
.2 des dommages de structure affectant la navigabilité du navire, tels qu'une brèche dans la coque sous la
flottaison, l'immobilisation des machines principales, des dommages importants dans les locaux d'habitation,
etc.; ou
.3 une pollution (quelle qu'en soit l'ampleur); et/ou
.4 une panne nécessitant un remorquage ou l'assistance de services à terre.
4.4
Le terme Incident de mer désigne un événement causé par l'exploitation du navire ou en rapport avec celle-ci
qui met en danger le navire ou une personne, ou à la suite duquel de graves dommages pourraient être causés
soit au navire ou à sa structure, soit à l'environnement.
4.5
Le terme Causes désigne les actes, omissions, événements, conditions actuelles ou antérieures ou toute
combinaison de ces divers éléments ayant provoqué l'accident ou l'incident.
4.6
Le terme Enquête de sécurité sur un accident ou incident de mer désigne une procédure menée, en public ou
à huis clos, en vue de prévenir les accidents et qui comporte le rassemblement et l'analyse des renseignements,
l'exposé des conclusions, y compris l'identification des circonstances et la détermination des causes et, s'il y a
lieu, la formulation de recommandations en matière de sécurité.
4.7
Le terme Enquêteur sur un accident de mer désigne une ou des personne(s) possédant les qualifications requises
et nommées pour mener l'enquête sur un accident ou un incident, en application de procédures instaurées par
la législation nationale dans le but de renforcer la sécurité maritime et la protection du milieu marin.
4.8
Le terme Blessures graves désigne des blessures subies par une personne au cours d'un accident et qui
entraînent l'incapacité de travail pendant plus de 72 heures, cette incapacité commençant dans les sept jours
ayant suivi la date à laquelle les blessures ont été occasionnées.
4.9
Le terme Navire désigne tout type de navire qui est utilisé pour la navigation.
4.10 Le terme Etat principalement responsable de l'enquête désigne l'Etat assumant la responsabilité de la conduite de
l'enquête conformément à l'accord mutuellement arrêté entre Etats ayant d'importants intérêts en jeu.
4.11 Le terme Etat ayant d'importants intérêts en jeu désigne un Etat
.1 qui est l'Etat du pavillon d'un navire faisant l'objet d'une enquête; ou
.2 dans les eaux intérieures ou dans la mer territoriale duquel est survenu un accident de mer; ou
.3 dans lequel un accident de mer a causé ou menacé de causer un grave préjudice à l'environnement de l'Etat
ou dans les zones sur lesquelles il est habilité à exercer sa juridiction en vertu du droit international; ou
.4 dans lequel les conséquences d'un accident de mer ont causé ou menacé de causer un grave préjudice soit
à l'Etat lui-même, soit à des îles artificielles, installations ou ouvrages sur lesquels il est habilité à exercer
sa juridiction en vertu du droit international; ou
.5 dans lequel un accident de mer a coûté la vie ou infligé de graves blessures à des ressortissants de cet Etat;
ou
.6 qui dispose de renseignements importants susceptibles d'être utiles à l'enquête; ou
.7 qui, pour toute autre raison, fait valoir qu'il a des intérêts qui sont jugés importants par l'Etat responsable
de l'enquête.
Conduite des enquêtes sur les accidents de mer
5.1
Chaque fois que l'on envisage de mener une enquête, il faudrait tenir compte des facteurs suivants
.1 Des enquêtes approfondies et impartiales sur les accidents de mer constituent le moyen le plus efficace de
déterminer les circonstances et les causes d'un accident.
.2 Seule une coopération entre Etats ayant d'importants intérêts en jeu permet de procéder à une analyse
circonstanciée d'un accident de mer.
.3 Les enquêtes sur les accidents de mer devraient bénéficier du même degré de priorité que celui accordé
aux enquêtes pénales ou à d'autres enquêtes visant à déterminer la responsabilité ou la faute.
.4 Les enquêteurs sur les accidents de mer devraient avoir facilement accès aux renseignements pertinents
ayant trait à la sécurité, notamment aux dossiers de visites conservés par l'Etat du pavillon, les propriétaires
de navires et les sociétés de classification. Les enquêtes menées concurremment ne devraient pas les
empêcher d'avoir accès à ces informations.
.5 Il devrait être fait effectivement usage de toutes les informations enregistrées, y compris celles des
enregistreurs des données du voyage (VDR), s'il en existe, lors d'une enquête sur un accident ou un
incident de mer, quel que soit le lieu où celui-ci s'est produit. L'Etat menant l'enquête devrait prendre les
dispositions nécessaires pour la lecture du VDR.
.6 Les enquêteurs sur les accidents de mer devraient pouvoir avoir accès aux experts gouvernementaux, aux
garde-côtes, aux opérateurs des services de trafic maritime, aux pilotes ou autre personnel maritime des
Etats concernés.
.7 L'enquête devrait tenir compte des recommandations ou instruments pertinents publiés par l'OMI ou
l'OIT, notamment ceux qui ont trait aux facteurs humains, et des recommandations ou instruments
adoptés par d'autres organisations internationales compétentes.
.8 Les rapports d'enquête n'ont de véritable incidence que s'ils sont divulgués au secteur des transports
maritimes et au public.
5.2
Conformément au paragraphe 9, les autres Etats ayant d'importants intérêts en jeu devraient être invités à
être représentés au cours d'une enquête de ce type et devraient être admis en tant que partie à la procédure,
sur un pied d'égalité avec l'Etat menant l'enquête et en bénéficiant des mêmes droits et du même accès aux
preuves que celui-ci.
5.3
Reconnaissant qu'un navire mis en cause dans un accident peut rester en service et ne devrait pas être retardé
plus longtemps qu'il n'est absolument nécessaire, l'Etat menant l'enquête devrait ouvrir l'enquête dès que
possible, sans retarder indûment le navire. Les autres Etats ayant d'importants intérêts en jeu peuvent se
mettre mutuellement d'accord pour participer à l'enquête immédiatement ou à un stade ultérieur.
Responsabilité de procéder à une enquête sur les accidents et les incidents
6.1
Il est recommandé aux Etats du pavillon de s'assurer que des enquêtes sont effectuées au sujet de tous les
accidents survenant à leurs navires. Tous les cas d'accidents graves ou très graves devraient faire l'objet d'une
enquête.
6.2
Lorsqu'un accident ou incident de mer survient dans la mer territoriale d'un Etat, l'Etat du pavillon et l'Etat
côtier reconnaissant les obligations de cet Etat vis-à-vis de ses citoyens et le statut juridique de la mer
territoriale, lesquels sont prévus par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, ainsi que des
obligations de l'Etat du pavillon, devraient coopérer dans toute la mesure du possible et décider, par accord
mutuel, quel serait l'Etat qui devrait être le principal responsable de l'enquête.
6.3
Lorsqu'un accident ou un incident se produit en haute mer, l'Etat du pavillon devrait mener une enquête sur
un accident survenu à l'un quelconque de ses navires ou à bord de celui-ci. S'il s'agit d'un abordage mettant en
cause un navire d'un autre Etat du pavillon, ces Etats devraient se consulter et s'accorder sur celui qui sera
principalement chargé de l'enquête et arrêter les meilleurs moyens de coopérer en vertu du présent Code.
Conformément au paragraphe 9.1, si un autre Etat a d'importants intérêts en jeu en raison de la nationalité
d'un membre de l'équipage du navire, des passagers et d'autres personnes, ou du lieu de l'accident, cet Etat
devrait être invité à participer à l'enquête.
6.4
En participant pleinement à une enquête menée par un autre Etat ayant d'importants intérêts en jeu, l'Etat du
pavillon est considéré comme s'acquittant des obligations qui lui incombent en vertu du paragraphe 7 de
l'article 94 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
6.5
Une enquête devrait être ouverte dès que possible après l'accident. Les Etats ayant d'importants intérêts en
jeu devraient être autorisés, par accord mutuel, à participer à une enquête déjà ouverte par un autre Etat ayant
d'importants intérêts en jeu, à n'importe quel stade de l'enquête.
Responsabilités de l'Etat principalement responsable de l'enquête
L'Etat principalement responsable de l'enquête devrait
.1 mettre au point une stratégie commune pour la conduite de l'enquête sur l'accident en liaison avec les Etats
ayant d'importants intérêts en jeu;
.2 fournir les services de l'enquêteur en charge et coordonner l'enquête;
.3 établir les paramètres de l'enquête sur la base de la législation de l'Etat menant l'enquête et veiller à ce que
l'enquête respecte cette législation;
.4 être le dépositaire des enregistrements des interviews et d'autres preuves recueillies au cours de l'enquête;
.5 établir le rapport d'enquête et recueillir les avis des Etats ayant d'importants intérêts en jeu et en tenir
compte;
.6 assurer, s'il y a lieu, la coordination avec d'autres organismes menant d'autres enquêtes;
.7 offrir un appui logistique raisonnable; et
.8 assurer la liaison avec les organismes et les personnes qui ne font pas partie de l'équipe chargée de
l'enquête.
Consultation
8.1
Nonobstant l'obligation qu'ont le capitaine ou les propriétaires d'un navire de signaler à l'autorité de l'Etat du
pavillon tout accident survenant au navire, lorsqu'un accident ou incident se produit dans les eaux intérieures
ou dans la mer territoriale d'un autre Etat, l'Etat côtier devrait notifier sans tarder à l'Etat ou aux Etats du
pavillon les circonstances et, le cas échéant, les mesures qu'il se propose de prendre.
8.2
A la suite d'un accident, l'Etat menant l'enquête devrait informer les autres Etats ayant d'importants intérêts
en jeu, soit par l'intermédiaire du consulat situé dans cet Etat, soit en se mettant en rapport avec les autorités
compétentes dont la liste figure dans la circulaire MSC/Circ.781/MEPC.6/Circ.2. Cet Etat et les autres Etats
ayant d'importants intérêts en jeu devraient procéder, dans les meilleurs délais, à des consultations sur le
déroulement de l'enquête et arrêter les modalités de la coopération requise.
8.3
Aucune disposition ne devrait préjuger du droit d'un Etat de mener lui-même une enquête distincte sur un
accident de mer survenant dans sa juridiction, conformément à sa propre législation. Dans l'absolu, si plusieurs
Etats souhaitent mener leur propre enquête, ils devraient suivre les procédures recommandées dans le
présent Code et coordonner le calendrier de ces enquêtes afin d'éviter tout conflit quant à l'accès aux témoins
et aux preuves.
Coopération
9.1
Lorsque deux ou plusieurs Etats ont décidé de coopérer et se sont mis d'accord sur les procédures
concernant une enquête sur un accident de mer, l'Etat menant l'enquête devrait inviter les représentants
d'autres Etats ayant d'importants intérêts en jeu à participer à l'enquête et devrait, conformément à l'objectif
du présent Code, permettre à ces représentants
.1 d'interroger les témoins;
.2 de consulter et d'examiner les preuves et d'obtenir des copies des documents;
.3 de fournir des témoins ou d'autres preuves;
.4 de soumettre des avis au sujet des preuves, formuler des observations et faire en sorte que leurs points
de vue soient consignés de manière appropriée dans le rapport final;
.5 d'obtenir les comptes rendus officiels, les dépositions et le rapport final relatifs à l'enquête.
9.2
Les Etats sont encouragés à faire participer au maximum à l'enquête tous les Etats ayant d'importants intérêts
en jeu dans l'accident de mer.
9.3
L'Etat du pavillon d'un navire mis en cause dans un accident de mer devrait faciliter l'accès à l'équipage dans le
cadre de l'enquête et encourager l'équipage à coopérer avec l'Etat menant l'enquête.
Divulgation des éléments
10.1 L'Etat qui mène l'enquête sur un accident ou un incident, quel que soit le lieu où celui-ci s'est produit, ne
devrait communiquer aucun des éléments ci-après, recueillis au cours de l'enquête, à d'autres fins que
l'enquête sur l'accident, à moins que l'autorité chargée de l'administration de la justice dans ledit Etat ne
détermine que leur divulgation importe plus que les incidences négatives éventuelles, aux niveaux national et
international, sur l'enquête ou sur toute enquête ultérieure et que l'Etat ayant fourni cette information
n'autorise leur divulgation
.1 toutes les déclarations obtenues de personnes par les services d'enquête au cours de l'enquête;
.2 toutes les communications entre personnes qui ont participé à l'exploitation du navire;
.3 les renseignements d'ordre médical ou privé concernant les personnes mises en cause dans l'accident ou
l'incident;
.4 les opinions exprimées au cours de l'enquête.
10.2 Ces éléments ne devraient être inclus dans le rapport final ou dans ses appendices que s'ils sont pertinents à
l'analyse de l'accident ou de l'incident. Les parties de ces éléments qui ne sont pas pertinentes et qui ne sont
pas incluses dans le rapport final ne devraient pas être divulguées.
Ressources en personnel et en matériel
Les gouvernements devraient prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer qu'ils disposent de
moyens suffisants et de ressources en personnel qualifié et en matériel leur permettant de procéder aux
enquêtes sur les accidents.
Diffusion des rapports sur les accidents de mer et soumission de ces rapports à l'OMI
12.1 L'Etat principalement responsable de l'enquête devrait envoyer un exemplaire du projet de rapport final à tous
les Etats ayant d'importants intérêts en jeu, en les invitant à formuler, le plus rapidement possible, leurs
observations pertinentes et étayées sur le rapport. Si l'Etat principalement responsable de l'enquête reçoit ces
observations dans les trente jours, ou dans un délai mutuellement arrêté, à compter de la date de transmission
du rapport, il devrait soit modifier le projet de rapport final, pour y inclure la teneur des observations, soit
ajouter ces observations sous forme d'appendice au rapport. Si l'Etat principalement responsable de l'enquête
ne reçoit pas d'observations après l'expiration du délai mutuellement arrêté, il devrait envoyer le rapport final
au Secrétaire général, conformément aux prescriptions en vigueur, et en déclencher ainsi la publication.
12.2 En participant pleinement à une enquête menée par un autre Etat ayant d'importants intérêts en jeu, lequel
ferait rapport à l'OMI, l'Etat du pavillon est considéré comme s'acquittant des obligations qui lui incombent en
vertu des conventions de l'OMI.
12.3 Les rapports, ou les parties pertinentes des rapports, sur les circonstances et les causes d'un accident de mer
devraient être établis aussi rapidement que possible et portés à la connaissance du public et du secteur
maritime de manière à renforcer la sauvegarde de la vie humaine en mer et la protection du milieu marin par
le biais d'une prise de conscience accrue des facteurs à l'origine des accidents de mer.
12.4 Lorsqu'un Etat ayant d'importants intérêts en jeu n'est pas d'accord avec l'ensemble ou une partie du rapport
visé au paragraphe 12.1 ci-dessus, il peut soumettre un autre rapport à l'Organisation.
12.5 S'il décide que des mesures de sécurité doivent être prises d'urgence, l'Etat menant l'enquête peut adresser
des recommandations intérimaires à l'autorité compétente.
Réouverture des enquêtes
Lorsque de nouvelles preuves ayant trait à un accident sont présentées, elles devraient être pleinement
évaluées et communiquées aux autres Etats ayant d'importants intérêts en jeu pour qu'ils puissent fournir des
données appropriées. Dans le cas de nouvelles preuves susceptibles de modifier l'établissement des
circonstances dans lesquelles l'accident de mer s'est produit ainsi que les conclusions quant à la cause de
l'accident ou toutes recommandations formulées en conséquence, les Etats devraient reconsidérer leurs
conclusions.
Contenu des rapports
14.1 Afin de faciliter la diffusion des renseignements issus des enquêtes sur les accidents, chaque rapport devrait
être présenté selon le modèle décrit au paragraphe 14.2 ci-dessous.
14.2 Les rapports devraient si possible comprendre
.1 un résumé décrivant les faits essentiels de l'accident et indiquant si l'accident a entraîné la mort, des
blessures ou une pollution;
.2 l'identité de l'Etat du pavillon, des propriétaires, des armateurs gérants et de la société de classification;
.3 des renseignements détaillés concernant les dimensions et les machines de tout navire mis en cause ainsi
qu'une description de l'équipage, de ses tâches habituelles et d'autres aspects pertinents, tels que la durée
du service accompli à bord du navire;
.4 un exposé détaillé des circonstances de l'accident;
.5 une analyse et des observations qui devraient permettre de parvenir à des conclusions ou résultats logiques
établissant tous les facteurs qui ont contribué à l'accident de mer;
.6 une ou plusieurs sections contenant une analyse et un commentaire des éléments déterminants portant
sur les facteurs liés aux machines et les facteurs humains et répondant aux exigences de la base de données
de l'OMI sur l'élément humain; et
.7 lorsqu'il y a lieu, des recommandations visant à empêcher que des accidents analogues ne se produisent.
Rapports entre les Administrations
Afin de faciliter l'application du présent Code, les Etats devraient faire connaître à l'Organisation les autorités
responsables au sein de leur gouvernement, avec lesquelles il est possible de prendre contact afin d'établir la
coopération nécessaire à la conduite des enquêtes sur les accidents.
SECTION 2
DIRECTIVES DESTINEES A AIDER LES ENQUETEURS
A APPLIQUER LE CODE
Introduction
Les dispositions de la présente section devraient être considérées comme des directives destinées à aider les
enquêteurs coopérant à une enquête. Les enquêteurs devraient avoir à l'esprit les informations requises dans le cadre
du système de l'OMI de notification des accidents et des incidents de mer.
Lors de l'application du présent Code, les enquêteurs participant à l'enquête devraient respecter le régime juridique
de l'Etat dans lequel l'enquête est menée. En particulier, les enquêteurs coopérant à l'enquête devraient respecter les
dispositions du droit interne concernant des questions telles que
la notification officielle d'une enquête aux parties intéressées;
l'arraisonnement du navire et l'obtention des documents;
l'organisation des interviews avec les témoins;
la présence de conseillers juridiques ou d'autres tierces parties pendant l'interview.
Informations généralement requises dans tous les cas
1.1
Caractéristiques du navire
Nom, numéro OMI, nationalité, port d'immatriculation, indicatif d'appel
Nom et adresse des propriétaires et exploitants et également, s'il s'agit d'un navire étranger, des agents
Type de navire
Nom et adresse de l'affréteur et type d'affrètement
Port en lourd, jauges nette et brute et dimensions principales
Moyens de propulsion, caractéristiques des machines
Date, lieu et chantier de construction
Caractéristiques structurales pertinentes, le cas échéant
Quantité de combustible transportée et emplacement des caisses de combustible
Installation radio (type, marque de fabrication)
Radar (nombre) (type, marque de fabrication)
Gyrocompas (marque de fabrication, modèle)
Pilote automatique (marque de fabrication, modèle)
Matériel électronique de positionnement (marque de fabrication, modèle) (système mondial de localisation,
système Decca etc.)
Matériel de sauvetage (dates des visites/d'expiration)
1.2
Documents à présenter
(Note : les documents susceptibles d'intéresser l'enquête devraient être présentés. Si possible, les originaux
devraient être gardés, sinon des photocopies authentifiées et datées devraient être établies, conformément
aux dispositions du paragraphe 9.1.2 de la section 1. Certains de ces documents contiendront les informations
requises au paragraphe 1.1 de la présente section).
Registre
Certificats réglementaires en cours de validité
Certificats délivrés en vertu du Code ISM
Certificats de la société de classification ou de l'autorité responsable des visites
Livre de bord réglementaire
Liste de l'équipage
Qualifications de l'équipage (voir également le paragraphe 1.4 de la présente section)
Journal passerelle
Rapport d'escale, extrait du journal et journal de la cargaison
Registre des opérations des machines.
Journal machine
Sortie imprimée de l'enregistreur des données
Graphique de l'enregistreur de cap
Graphique du sondeur à écho
Registre des hydrocarbures
Registre des sondages
Registre des ordres de nuit
Ordres permanents du capitaine/chef mécanicien
Ordres permanents de la compagnie/manuel d'exploitation
Manuel de sécurité de la compagnie
Registre des variations du compas
Journal radar
Fiches du programme d'entretien
Registre des demandes de réparation
Articles de l'accord
Dossier comptable du bar - achats quotidiens - reçus ayant trait au voyage, etc.
Dossiers des tests sur la drogue et l'alcool
Liste des passagers
Journal radioélectrique
Dossier des comptes rendus de navire
Plan de la traversée
Cartes et enregistrement des corrections
Manuels d'exploitation/d'entretien de l'équipement/des machines fournis par le fabricant
- Toute autre documentation intéressant l'enquête
1.3
Renseignements sur le voyage
Port où le voyage a commencé et port où il aurait dû se terminer, et dates
Détails de la cargaison
Dernier port de départ et date
Tirant d'eau (à l'avant, à l'arrière et au milieu du navire) et gîte, le cas échéant
Port de destination au moment où l'accident s'est produit
Tout incident au cours du voyage susceptible d'avoir un effet sur l'événement ou circonstance inhabituelle,
qu'elle semble avoir ou non un rapport avec l'incident
Vue en plan de l'agencement du navire, y compris des espaces à cargaison, des citernes à résidus, des
caisses de soutes/combustible/huile de graissage (schémas du certificat IOPP)
Détails concernant la cargaison, les soutes, l'eau douce et leur consommation
1.4
Renseignements sur le personnel mis en cause dans l'incident
Nom et prénom
Age
Renseignements sur les blessures
Description de l'accident
Personne supervisant l'activité
Soins de première urgence ou autres mesures prises à bord
Capacité à bord
Brevet d'aptitude/Certificat
rang;
date de délivrance;
pays/autorité ayant délivré le brevet;
autres brevets d'aptitude détenus
Durée du service à bord du navire en question
Expérience à bord de navires analogues
Expérience à bord d'autres types de navires
Expérience dans la capacité actuelle
Expérience dans d'autres rangs
Nombre d'heures de service le jour de l'incident et les jours précédents
Nombre d'heures de sommeil au cours des 96 heures ayant précédé l'incident
Tous autres facteurs, à bord ou personnels, susceptibles d'avoir perturbé le sommeil
La personne fume-t-elle et, dans l'affirmative, quantité
Consommation habituelle d'alcool
Consommation d'alcool immédiatement avant l'incident ou au cours des 24 heures précédentes
Des médicaments étaient-ils prescrits ?
Ingestion de drogues non prescrites
Tests sur la drogue et l'alcool
1.5
Renseignements sur l'état de la mer, les conditions météorologiques et les marées
Direction et force du vent
Direction et état de la mer et houle
Conditions atmosphériques et visibilité
Etat et hauteur de la marée
Direction et force des courants de marée et autres courants, compte tenu des conditions locales
1.6
Renseignements sur l'incident
Type d'incident
Date, heure et lieu de l'incident
Détails de l'incident et des événements antérieurs et postérieurs
Détails du fonctionnement du matériel en jeu, une attention spéciale étant accordée à tout défaut de
fonctionnement
Personnes sur la passerelle
Personnes dans la chambre des machines
Endroits où se trouvaient le capitaine et le chef mécanicien
Conduite du navire (automatique ou manuelle)
Extraits de tous les documents pertinents à bord du navire et, selon le cas, à terre, notamment mentions
dans le livre de bord, le journal passerelle, le brouillon de passerelle et le journal machine, les sorties
imprimées de l'enregistreur des données, le listage d'ordinateur, les enregistreurs de cap et de régime des
machines, le journal radar, etc.
Détails des communications effectuées entre le navire et les stations radioélectriques, les centres de
recherche et de sauvetage et les centres de contrôle, etc., avec transcription des enregistrements sur
cassette, s'ils existent.
Détails des blessures/décès.
Enregistrement des données du voyage (le cas échéant) aux fins d'analyse.
1.7
Assistance après l'incident
Une assistance a-t-elle été sollicitée, sous quelle forme et par quel moyen ?
Une assistance a-t-elle été offerte ou prêtée, par qui et de quel type, et cette assistance a-t-elle été efficace
et compétente ?
Si une assistance a été offerte et refusée, raison du refus.
1.8
Authentification des documents
Le capitaine devrait être prié d'authentifier tous les documents et de signer toutes les copies pour attester
leur authenticité. Les différentes dates et heures devraient aussi être authentifiées.
1.9
Ordres destinés aux machines
Dans tous les cas où un abordage ou un échouement fait l'objet d'une enquête et les opérations des machines
sont en cause, il convient d'interroger le capitaine ou l'officier de quart ainsi que d'autres personnes informées
pour leur demander si les ordres destinés aux machines ont été promptement exécutés. En cas de doute,
l'enquêteur doit le mentionner dans son rapport.
1.10 Sources extérieures d'information
Les enquêteurs devraient vérifier s'il existe des sources indépendantes permettant de corroborer les
informations, comme par exemple les enregistrements radar ou vocaux des systèmes de trafic maritime, des
systèmes à terre de surveillance radar et radio, les centres de coordination de sauvetage maritime, les dossiers
des coroners et dossiers médicaux.
Informations supplémentaires requises dans des cas particuliers
2.1
Incendie/explosion
(Les enquêteurs devraient avoir à l'esprit les fiches d'accidents dus au feu, requises par l'OMI).
Comment l'incendie a-t-il été découvert à bord du navire ?
Comment la personne a-t-elle découvert l'incendie ?
A quel endroit l'incendie s'est-il déclaré ?
Comment l'incendie s'est-il déclaré (si la cause est connue) ?
Quelles ont été les mesures immédiates prises ?
Etat du matériel de lutte contre l'incendie (avec dates des visites/inspections à l'appui)
Extincteurs disponibles
types disponibles à proximité;
types disponibles à bord du navire;
types utilisés
Manches d'incendie disponibles/utilisées
Pompes disponibles/utilisées
A-t-on immédiatement disposé d'eau ?
Les évents desservant l'espace étaient-ils fermés ?
Quel était le type de matériau ayant pris feu et se trouvant au voisinage de l'incendie ?
Quelle était l'intégrité au feu des cloisons entourant l'incendie ?
Restrictions causées par a) la fumée, b) la chaleur, c) les vapeurs
Accès libre
Accès au matériel de lutte contre l'incendie
Préparation de l'équipage : fréquence, durée et nature des appels et des exercices d'incendie et
emplacements où ces appels et exercices ont eu lieu
Mesures prises par les équipes à terre de lutte contre l'incendie
2.2
Abordage
(Les enquêteurs devraient avoir à l'esprit les fiches d'avaries et les fiches d'accidents dus à une stabilité mal
adaptée à l'état intact.)
Généralités
Règles locales ou autres règles spéciales relatives à la navigation
Obstructions causées, le cas échéant, aux manoeuvres, par exemple par un autre navire, des eaux peu
profondes, des balises, des bouées, etc.
Circonstances affectant la visibilité et l'audibilité, par exemple, ensoleillement, éblouissement causé par les
feux à terre, force du vent, bruit à bord du navire et obstruction éventuelle causée par une porte ou une
fenêtre et gênant la veille visuelle et/ou auditive
Tracé géographique
Possibilités d'interaction
Nom, numéro OMI, nationalité de l'autre navire, et autres renseignements pertinents
Pour chaque navire
Heure, position, cap et vitesse (et méthode de détermination) lorsque la présence de l'autre navire a été
détectée
Détails de tous les changements ultérieurs de cap et de vitesse jusqu'au moment de l'abordage
Relèvement, distance et cap de l'autre navire et s'il a été aperçu visuellement, heure à laquelle les
observations ont été effectuées, et changements ultérieurs
Relèvement et distance de l'autre navire, en cas d'observation radar, heure à laquelle les observations ont
été effectuées et changements ultérieurs de relèvement
L'autre navire était-il pointé et par quelle méthode (pointage automatique, réflectotraceur, etc.), avec copie
du graphique de manoeuvre si possible
Vérifier le fonctionnement du matériel
Enregistreur de cap
Feux/signaux de jour installés et montrés à bord du navire et ceux vus à bord de l'autre navire
Signaux sonores, y compris signaux de brume, émis par le navire et à quel moment, et ceux entendus
provenant de l'autre navire et à quel moment
Une écoute était-elle assurée sur la voie 16 en ondes métriques ou sur une autre fréquence et des
messages ont-ils été envoyés, reçus ou interceptés
Nombre de radars à bord du navire, nombre de radars fonctionnant au moment de l'accident, et portées
utilisées sur chaque radar
Conduite du navire manuelle ou pilote automatique
Vérifier que l'appareil à gouverner fonctionnait correctement
Détails des dispositions en matière de veille visuelle
Parties de chaque navire où le premier contact s'est produit et angle entre les navires à ce moment
Nature et étendue des avaries
Le navire a-t-il respecté la réglementation et indiqué son nom et sa nationalité à l'autre navire et est-il resté
stationnaire après l'abordage
2.3
Echouement
Détails du plan de route ou preuve de la planification de la route
Dernière position exacte et manière dont elle a été obtenue
Occasions ultérieures de déterminer la position ou les lignes de position, par des observations
astronomiques ou en vue de terre, par GPS, par radio, par radar ou autre moyen ou par des lignes de
sonde, et si tel n'est pas le cas, pourquoi
Comparaison entre le zéro hydrographique et le système géodésique mondial
Conditions atmosphériques, courants de marée ou autres rencontrés ultérieurement
Effets sur le compas de toute cargaison magnétique, perturbations d'origine électrique ou attraction locale
Radar(s) en fonctionnement, portées respectives utilisées et preuve de la surveillance et de
l'enregistrement du fonctionnement de l'appareil radar
Cartes, instructions nautiques et avis aux navigateurs pertinents se trouvant à bord du navire; ont-ils été
mis à jour et les avertissements qu'ils contiennent ont-ils été observés
Sondages effectués, à quel moment et par quel moyen
Sondage des citernes, à quel moment et par quel moyen
Tirant d'eau du navire avant l'échouement et méthode de calcul
Lieu de l'échouement et manière dont il a été établi
Cause et nature de toute panne des machines ou de l'appareil à gouverner avant l'échouement
Etat de disponibilité des ancres, utilisation et efficacité
Nature et étendue des avaries
Mesures prises et mouvements du navire après l'échouement
(Note : les mêmes renseignements que ceux requis dans les cas de naufrages peuvent aussi être exigés)
2.4
Naufrage
(Les enquêteurs devraient tenir compte des fiches d'avaries et des fiches d'accidents dus à une stabilité mal
adaptée à l'état intact, requises par l'OMI.)
Tirant d'eau et franc-bord lorsque le navire a quitté le dernier port, et changements résultant de la
consommation des approvisionnements et du combustible
Franc-bord correspondant à la zone et à la saison
Procédures de chargement, contraintes dans la coque
Détails de toute modification de la coque ou de l'équipement depuis la dernière visite et par qui ces
modifications ont-elles été approuvées
Etat du navire, effets éventuels sur la navigabilité
Données de stabilité et date à laquelle elles ont été déterminées
Facteurs influant sur la stabilité, tels que modifications de la structure, nature, poids, répartition et ripage
de la cargaison et du ballast, carènes liquides dans les citernes ou à l'intérieur du navire
Compartimentage par des cloisons étanches à l'eau
Emplacement et étanchéité à l'eau des écoutilles, des hublots, des sabords et autres ouvertures
Nombre de pompes et capacité et efficacité; emplacement des aspirations
Cause et nature de la première entrée d'eau dans le navire
Autres circonstances ayant entraîné le naufrage
Mesures prises pour empêcher le naufrage
Lieu du naufrage et manière dont il a été déterminé
Engins de sauvetage fournis et utilisés et difficultés éventuelles rencontrées dans leur utilisation
2.5
Pollution résultant d'un incident
(Les enquêteurs devraient avoir à l'esprit les rapports sur les déversements accidentels de liquides, de 50
tonnes ou plus, et des rapports d'enquêtes sur les événements entraînant ou pouvant entraîner le rejet de
marchandises dangereuses ou de polluants marins en colis, qui sont exigés par l'OMI).
Type de polluant
Numéro ONU/classe de risque de l'OMI (le cas échéant)
Type d'emballage (le cas échéant)
Quantité à bord
Quantité perdue
Méthode d'arrimage et d'assujettissement
Lieu d'arrimage et quantité dans chaque compartiment/conteneur
Citernes/espaces où une brèche s'est produite
Citernes/espaces où une brèche risque de se produire
Mesures prises pour empêcher de nouvelles pertes
Mesures prises pour atténuer la pollution
Dispersants/neutralisants utilisés, le cas échéant
Barrage utilisé, le cas échéant
Obtention de preuves matérielles
3.1
Dans certains cas, il peut être possible d'obtenir des preuves matérielles, comme par exemple des
hydrocarbures, peinture/dépôt, éléments de matériel et de machine, éléments de structure, qui devront faire
l'objet d'un examen scientifique.
3.2
Ces preuves devraient d'abord être photographiées sur place avant d'être prélevées. Les échantillons devraient
ensuite être photographiés sur un fond net avant d'être placés dans un récipient propre approprié (bouteille
en verre, sac en matière plastique, récipient en étain, etc.). Le récipient devrait être scellé et porter une
étiquette indiquant clairement son contenu, le nom du navire, l'emplacement où la preuve a été prélevée, la
date et le nom de l'enquêteur. Dans le cas d'éléments de matériel et de machine, des copies des certificats
pertinents devraient être obtenues.
3.3
Lorsque des échantillons de peinture sont prélevés aux fins d'identification en cas d'abordage, il conviendrait
également d'obtenir, si possible, un échantillon de peinture provenant du bidon de peinture du navire.
3.4
Il conviendrait de demander des conseils sur le récipient correct à utiliser. Par exemple, les sacs en matière
plastique peuvent être utilisés pour des échantillons de peinture, mais ne conviennent pas pour les enquêtes
sur les incendies lors desquels il peut être nécessaire de soumettre certains matériaux à des essais pour
déterminer s'ils sont des catalyseurs; dans ce cas, des récipients en étain pouvant être scellés sont préférables.
Enregistreur des données du voyage
Lorsque l'Etat menant l'enquête sur un accident ou un incident grave ne dispose pas du dispositif approprié de
lecture des renseignements provenant d'un enregistreur des données du voyage (VDR), il devrait chercher à
obtenir l'utilisation du dispositif de lecture d'un autre Etat en prenant en considération les facteurs suivants
.1 le potentiel du dispositif de lecture;
.2 la possibilité de disposer du dispositif de lecture en temps opportun;
.3 l'emplacement du dispositif de lecture.
Autres sources d'information
Les enquêteurs devraient avoir à l'esprit que d'autres services publics tels que les services des douanes, les
services de quarantaine et les fonctionnaires de l'Administration peuvent disposer de renseignements utiles
concernant les listes des membres de l'équipage, l'état général du navire, les déclarations des
approvisionnements (y compris l'alcool à bord), les certificats du navire, etc. En outre, les autorités portuaires
et les inspecteurs indépendants peuvent détenir des renseignements utiles à une enquête.
FICHE DE DONNEES CONCERNANT L’EMPLOI DU TEMPS
(voir paragraphe 1.4 de la présente section)
Enquête
Nom
Rang
Qualifications
Formation/Cours
Adresse
Téléphone
Télécopie
Armateurs gérants
Téléphone
Télécopie
Date d’embarquement
Lieu d’embarquement
Durée du voyage
TABLEAU RELATANT L’EMPLOI DU TEMPS LORS DES 96 HEURES AYANT PRECEDE L’ACCIDENT
(J-X = jour de l’accident
(X, Jour et heure de l’accident; F, repas; W, quart; M, travaux d’entretien; S, sommeil; C, surveillance de la cargaison; R, loisir y compris temps passé à terre;
A, boisson aloolisée)
Santé
Questions personnelles
Jour
J-4
J-3
J-2
J-1
J-X
SECTION 3
DIRECTIVES POUR LES ENQUETES SUR LES FACTEURS HUMAINS
INTERVENANT DANS LES ACCIDENTS ET INCIDENTS DE MER
Introduction - objet des directives
1.1
Les présentes directives ont pour objet de donner des conseils pratiques pour la recherche systématique des
facteurs humains intervenant dans les accidents et incidents de mer et d'en permettre une analyse fructueuse
aboutissant à une action préventive. A long terme, il s'agit d'éviter que des accidents ou incidents similaires ne
se reproduisent.
1.2
Les navires sont exploités dans un cadre qui n'est jamais statique; souvent, le travail des gens de mer obéit à
un rythme cyclique préétabli mais rompu à l'arrivée, au départ et au port. C'est une existence où l'on vit sur
le lieu de travail pendant de longues périodes et c'est une forme de vie professionnelle dont les particularités
augmentent sans aucun doute les risques d'erreur humaine.
1.3
Longtemps la communauté maritime internationale a considéré la sécurité maritime d'un point de vue
essentiellement technique. L'orthodoxie consistait à appliquer les solutions offertes par l'ingénierie et la
technologie pour renforcer la sécurité et atténuer les conséquences des accidents ou incidents de mer. C'est
pourquoi les normes de sécurité visaient principalement la conception et l'équipement du navire. Mais en dépit
des innovations techniques, il y a toujours des accidents et incidents de mer graves.
1.4
Les analyses des accidents et incidents de mer de ces 30 dernières années ont fait évoluer la communauté
maritime internationale et les divers régimes de sécurité, délaissant une approche exclusivement centrée sur
les normes techniques de conception et d'équipement du navire, pour s'intéresser davantage à l'incidence des
facteurs humains sur la sécurité maritime, dans l'ensemble du secteur maritime. Ces analyses globales ont
montré que la quasi-totalité des accidents et incidents de mer mettent en cause des facteurs humains, étant
donné que l'homme est présent dans toutes les dimensions de l'activité maritime, y compris la conception, la
construction, la gestion, l'exploitation et l'entretien.
1.5
Cherchant à contrôler le rôle de l'élément humain dans les accidents et incidents de mer, la communauté
maritime s'est intéressée notamment à la qualité de la formation et aux conditions de délivrance des brevets
des équipages. Mais il est de plus en plus clair que la formation n'est qu'un des aspects de l'élément humain.
D'autres facteurs, qui entrent en jeu dans les accidents et incidents de mer, doivent être compris, étudiés et
pris en compte. Les facteurs suivants, par exemple, ont leur importance dans le secteur maritime
communication, compétence, culture, expérience, fatigue, santé, perception des situations, stress et conditions
de travail.
1.6
On peut définir d'une façon générale les facteurs humains contribuant aux accidents et incidents de mer
comme étant les actes ou omissions, volontaires ou involontaires, qui nuisent au bon fonctionnement d'un
système ou à l'accomplissement d'une tâche. Pour bien cerner les facteurs humains, il faut étudier et analyser
la conception de l'équipement, l'interaction entre l'opérateur humain et l'équipement, ainsi que les méthodes
de travail de l'équipage et des gestionnaires.
1.7
Manifestement, il est essentiel de donner aux enquêteurs des orientations qui les aident à définir précisément
les facteurs humains ayant contribué à un accident ou un incident de mer. Il faut aussi leur donner des conseils
pratiques concernant les techniques et méthodes de collecte et d'analyses systématiques de données sur les
facteurs humains au cours de l'enquête. Les présentes directives ont pour ambition de répondre à ces besoins.
Elles proposent une liste des sujets à examiner par les enquêteurs ainsi que des modalités d'établissement des
rapports et de communication des résultats.
1.8
Les présentes directives devraient sensibiliser toutes les personnes intéressées du secteur maritime au rôle
des facteurs humains dans les accidents et incidents de mer. Cette prise de conscience devrait amener la
communauté maritime à prendre des mesures proactives, lesquelles devraient permettre de sauver des vies
humaines, des navires et des cargaisons, de protéger le milieu marin, d'améliorer la qualité de vie des gens de
mer et de renforcer l'efficacité et la sécurité des transports maritimes.
1.9
Les présentes directives s'appliquent, pour autant que la législation nationale des pays le permette, aux
enquêtes sur les accidents et incidents de mer dans lesquels un ou plusieurs Etats ont d'importants intérêts en
jeu parce que l'accident ou l'incident implique un navire relevant de leur juridiction ou se trouvant dans leur
juridiction.
Aux fins des présentes directives, l’expression «accidents et incidets de mer» englobe les accdents du travail
entraînant la mort ou des lésions corporelles graves.
Méthodes et techniques d'enquête
2.1
Démarche systématique
2.1.1
On expose ci-après la démarche systématique, étape par étape, à suivre dans les enquêtes sur les facteurs
humains. Elle intègre et adapte un certain nombre de grilles de lecture des facteurs humains. La méthode,
qui peut s'utiliser dans tous les cas d'accident ou d'incident de mer, se décompose en plusieurs étapes
.1 rassembler des données sur les événements;
.2 déterminer la séquence des événements;
.3 identifier les actions ou décisions dangereuses et les circonstances dangereuses, puis, pour chacune de
ces actions ou décisions dangereuses
.4 définir le type d'erreur ou d'infraction commise;
.5 définir les facteurs sous-jacents; et
.6 définir les problèmes potentiels de sécurité et formuler des mesures de sécurité.
La méthode est exposée plus en détail à l'appendice 1.
2.1.2
Il est indispensable de procéder de façon systématique à l'étape 1 afin de ne négliger aucune information
essentielle et de pouvoir faire une analyse complète.
2.1.3
A l'étape 2, il s'agit d'organiser les données rassemblées à l'étape précédente en une séquence d'événements
et de circonstances.
2.1.4
A l'étape 3, l'information rassemblée et structurée sert à repérer les facteurs responsables, c'est-à-dire les
actions, décisions ou circonstances dangereuses. Une fois que l'action, la décision ou la circonstance
dangereuse a été identifiée, on doit en retracer la genèse.
2.1.5
A l'étape 4, pour chaque action ou décision dangereuse identifiée, on définit le type d'erreur ou d'infraction
commise.
2.1.6
A l'étape 5, il s'agit de discerner les facteurs sous-jacents à chaque action, décision ou circonstance
dangereuse. L'idée fondamentale est qu'à tout facteur sous-jacent peuvent être associées une ou plusieurs
actions, décisions ou circonstances dangereuses. Le réexamen des faits, à chaque étape, peut faire
apparaître des points sur lesquels l'enquête doit être approfondie.
2.1.7
Enfin, à l'étape 6, il s'agit de formuler les problèmes potentiels de sécurité et de proposer des mesures de
sécurité en fonction des facteurs sous-jacents qui ont été identifiés.
2.2
Généralités
Un événement peut entraîner une lésion corporelle grave, une maladie, une avarie ou une incidence sur
l'environnement et parfois même, tout cela à la fois. La finalité d'une enquête de sécurité sur un accident
ou incident de mer est d'empêcher qu'un tel événement ne se reproduise, et pour ce faire, de définir et de
recommander des mesures correctives. Tous les événements mineurs mais potentiellement riches
d'enseignements devraient faire l'objet d'une enquête approfondie. Des études ont révélé qu'un événement
peut résulter de la conjonction de nombreux facteurs et que les causes sous-jacentes sont souvent
éloignées du lieu où l'événement s'est produit. Pour identifier exactement ces causes, il faut mener en temps
voulu une enquête méthodique qui aille bien au-delà de ce qui est immédiatement perceptible et chercher
les causes profondes qui risquent de provoquer à nouveau les mêmes effets. L'enquête doit donc permettre
de cerner non seulement les causes immédiates mais aussi les lacunes à tous les niveaux de la gestion,
depuis l'élaboration des politiques jusqu'à l'exécution. Par conséquent, le champ d'enquête devrait être
assez étendu afin de satisfaire à ce critère primordial.
2.2.1
Moment de l'enquête
L'enquête doit être menée dès que possible. Les éléments de preuve, en particulier les témoignages faisant
appel à la mémoire, perdent rapidement leur fiabilité avec le temps, et les enquêtes tardives donnent en
général des résultats moins concluants. L'ouverture rapide d'une enquête est aussi une manière, pour les
parties intéressées, de manifester leur engagement.
2.2.2
Lieu de l'événement
Le lieu où s'est produit l'événement doit rester tel quel, tant que l'équipe des enquêteurs ne l'a pas inspecté.
Si c'est impossible, par exemple s'il faut faire immédiatement des réparations indispensables après une grave
avarie de la structure, on prendra des photos, on fera des enregistrements audiovisuels ou des croquis et
on utilisera tous les moyens disponibles afin de préserver des éléments de preuve essentiels et pouvoir
peut-être recréer ultérieurement les circonstances de l'événement. Il importe en particulier de consigner
la position de chacun, l'état et l'emplacement de l'équipement, les instructions de la hiérarchie, les
autorisations de travail et les cartes d'enregistrement. Les éléments endommagés ou défectueux seront mis
en sûreté en attendant l'arrivée de l'équipe d'enquêteurs qui demandera peut-être un examen scientifique
détaillé de certaines pièces à conviction. Ces objets seront soigneusement marqués.
2.2.3
Renseignements fournis par les témoins
Quand l'état d'urgence est terminé et qu'il n'y a plus de danger pour les personnes, les installations ni le
milieu environnant, toutes les personnes mises en cause devraient consigner leur témoignage par écrit, afin
d'aider à préserver leurs souvenirs de l'événement. Dans le cas où les autorités locales sont chargées de
l'enquête, l'organisme / la compagnie en cause devrait choisir un coordonnateur qui assure la liaison avec
les autorités et les aide à recueillir les informations demandées. Au besoin, une assistance juridique devrait
être fournie.
2.2.4
Contexte
Avant de se rendre sur les lieux, il faut obtenir des renseignements permettant de situer les faits; par
exemple (mais la liste ci-après n'est pas limitative)
- les procédures relatives au type d'opération en cause;
- l'enregistrement des consignes /les instructions données pour la tâche considérée;
- les plans indicateurs;
- la structure de commande et les intervenants;
- les messages et instructions diverses concernant le travail qui émanent du siège de la compagnie;
- les caractéristiques et les plans du navire; et
- tout autre renseignement pertinent pouvant aider l'enquêteur à comprendre le contexte de l'événement.
2.2.5
Déroulement de l'enquête
2.2.5.1
Au cours d'une enquête, la méthode d'établissement des faits comprend, sans nécessairement s'y limiter,
les activités suivantes
inspecter les lieux;
rassembler ou recueillir des preuves matérielles;
interviewer les témoins (ceux qui se trouvaient sur place et les autres) en tenant compte des spécificités
culturelles et linguistiques;
étudier les documents, les procédures et les dossiers;
faire des études spécialisées (si nécessaire);
recenser les conflits manifestes;
cerner les lacunes de l'information; et
prendre note de facteurs supplémentaires et d'éventuelles causes sous-jacentes.
2.2.5.2
A la suite de l'établissement des faits, une enquête type sur les accidents et incidents de mer inclut une
analyse des faits, des conclusions et des recommandations relatives à la sécurité.
2.2.6
Établissement des faits
2.2.6.1
A ce stade de l'enquête, il s'agit de rassembler un maximum de faits susceptibles de faciliter la
compréhension de l'événement et de son contexte. Le champ d'une enquête peut se diviser en cinq parties
- les individus;
- le milieu environnant;
- l'équipement et le matériel;
- les procédures; et
- l'organisation.
2.2.6.2
Pour chacune de ces rubriques, on peut recenser des circonstances, des actions ou des omissions, qui
pourraient être des facteurs ayant contribué à provoquer l'événement lui-même ou les lésions corporelles,
les avaries ou les pertes que celui-ci a entraînées.
2.2.6.3
Dans les premières phases de l'enquête, les enquêteurs doivent s'attacher à rassembler et à enregistrer tous
les faits pouvant servir à déterminer les causes. Il serait dangereux de tirer des conclusions hâtives car il
s'agit de ne préjuger de rien et d'envisager toutes les possibilités.
Dans cet ordre d'idée, il est souhaitable que l'établissement des faits soit effectué indépendamment de
l'analyse exhaustive des éléments de preuve qui aboutit à des conclusions et recommandations et qu'on
adopte une méthodologie rigoureuse qui permette une analyse féconde. Cette analyse peut très bien aider
à découvrir des éléments de preuve manquants ou ouvrir de nouvelles pistes qui auraient pu être négligées.
2.2.6.4 Une liste récapitulative peut être très utile dans les premiers temps de l'enquête pour garder à l'esprit le
champ d'investigation mais elle ne saurait couvrir tous les aspects possibles d'une enquête, ni suivre toutes
les pistes remontant aux causes profondes. Quand on utilise une liste des questions à examiner, il faut donc
avoir conscience de ces limites.
2.2.6.5 Une enquête à ses débuts porte en principe sur les circonstances et les activités ayant un rapport immédiat
avec l'événement et, habituellement à ce stade, seules les causes principales, qu'on appelle aussi "défaillances
manifestes", sont identifiées. Mais il faut également rechercher les "défaillances latentes", qui sont les
conditions ou circonstances sous-jacentes aux causes principales.
2.2.6.6 Tout changement qui se serait produit récemment constitue un facteur à prendre en compte. Dans de
nombreux cas, on a découvert qu'un changement s'était produit avant l'événement et qu'il avait contribué
à le déclencher, en se combinant avec d'autres facteurs déjà présents. Il faut rechercher tout changement
concernant le personnel, l'organisation, les procédures, les procédés et le matériel, en particulier la
délégation de pouvoir et la transmission des consignes, et vérifier si les personnes qui devaient être
informées d'un changement en avaient été averties.
2.2.6.7 Le cycle des heures de travail et le stress professionnel ont pu influencer la performance d'une personne
avant l'événement. Il ne faut pas négliger non plus le poids des conventions sociales et de la vie privée (ce
qu'on appellera des "facteurs auxiliaires d'erreur"), dans le comportement d'une personne.
2.2.6.8 Les renseignements recueillis devraient être vérifiés chaque fois que possible. Les déclarations de divers
témoins peuvent être contradictoires et devront être corroborées par d'autres éléments de preuve. Pour
mettre en lumière tous les faits, il faut poser les questions générales : qui ? quoi ? quand ? où ? pourquoi ?
et comment ?
2.2.7
Conduite des entretiens
2.2.7.1 La personne chargée de conduire l'entretien devrait tout d'abord se présenter, exposer le but de l'enquête
et de l'entretien et indiquer quelle utilisation pourrait être faite des renseignements obtenus au cours de
l'entretien. Les enquêteurs devraient respecter les dispositions du droit interne concernant la présence de
conseillers juridiques ou autres tierces parties pendant l'entretien.
2.2.7.2 Chaque personne devrait être interrogée séparément et on devrait lui demander de repasser, point par
point, les circonstances de l'événement, en décrivant ses actions et celles des autres. L'enquêteur devrait
tenir compte de l'appartenance culturelle et de la langue de la personne qu'il interroge.
2.2.7.3 Indépendamment de toute déposition écrite antérieure, la valeur d'un témoignage dépend beaucoup du
talent de l'interrogateur, dont la mission essentielle est d'écouter ce que le témoin a à dire, sans influencer
celui-ci.
2.2.7.4 Si l'enquête est un travail d'équipe, on devrait prendre garde à ce que le témoin ne soit pas intimidé par la
présence d'un trop grand nombre d'enquêteurs.
L'expérience montre qu'un entretien avec deux enquêteurs donne de bons résultats; s'il y a lieu, le témoin
peut être accompagné par un "ami", agissant en toute indépendance.
2.2.7.5 Il ne faut pas oublier qu'une équipe d'enquêteurs est souvent perçue comme ayant un rôle d'accusateur et
que les personnes interrogées peuvent être réticentes à parler librement, de crainte de se compromettre
ou de compromettre leurs collègues. Un enquêteur n'est pas habilité à promettre l'impunité en échange
d'un témoignage mais il devrait essayer de convaincre ses interlocuteurs de l'utilité de l'enquête et de la
nécessité de parler franchement.
2.2.7.6 La patience et la compréhension ne suffisent pas, il faut aussi créer un climat non culpabilisant qui mette à
l'aise le témoin et l'encourage à dire la vérité. Il n'appartient pas à l'enquêteur ni à son équipe d'attribuer la
faute. Leur rôle est de constater des faits et d'établir pourquoi l'événement s'est produit.
2.2.7.7 L'entretien devrait se terminer par une récapitulation des discussions, où l'on s'assurera qu'il ne subsiste
aucun malentendu. On peut faire une transcription de l'entretien et on peut la passer en revue avec le
témoin pour tirer au clair toute anomalie. Sous réserve des dispositions de la législation du pays, la
personne interrogée pourra recevoir un exemplaire de la transcription.
2.2.8
Sélection des personnes à interroger
Cette sélection devrait tenir compte des méthodes habituelles d'enquête sur les accidents et incidents de
mer. La sécurité devrait primer toute autre considération quand on établit le calendrier des entretiens.
On devrait toujours essayer d'envoyer le plus tôt possible sur place l'équipe d'enquêteurs et d'interroger
les personnes les plus directement concernées, ce qui, dans les affaires maritimes, signifie toujours que l'on
s'occupera d'abord du navire. Quand c'est impossible en raison de facteurs externes, tels que le lieu
géographique de l'événement, ou de considérations politiques, on pourra nommer un représentant local qui
se chargera provisoirement de l'enquête. Du point de vue de l'organisation de l'enquête, on devrait pouvoir
amorcer le processus en interrogeant au moins quelques personnes à terre.
Dans certaines régions du monde, il n'est pas toujours possible de s'adresser directement aux autorités
portuaires ou aux services de pilotage. En pareil cas, tout doit être fait pour obtenir au moins une copie de
la déclaration du pilote, si un pilote est impliqué dans l'affaire. S'il s'agit d'un abordage dans des eaux
fermées, le témoignage des opérateurs du matériel de surveillance électronique à terre peut être
particulièrement précieux.
Il n'y a pas de "recettes" pour choisir les personnes à interroger et les rubriques ci-après ne sont données
qu'à titre indicatif.
2.2.8.1 Personnes sur place (témoins les plus proches)
Il est en général utile de commencer par l'équipe qui gère le navire, y compris le capitaine et le chef
mécanicien, qui sont habituellement à même de donner une vue d'ensemble de ce qui s'est produit.
Témoins directs présents au moment où l'événement s'est produit, quels que soient le rang et le poste
qu'ils occupent dans l'organisation.
Témoins directs présents au moment de l'événement, mais extérieurs à l'organisation, par exemple les
travailleurs portuaires aidant à l'amarrage ou à l'accostage ou le personnel en visite tel qu'agents ou
entrepreneurs divers.
Témoins directs ne se trouvant pas à l'endroit précis où l'événement s'est produit, par exemple
personnel du navire, observant, depuis la passerelle, un événement se produisant sur le pont principal,
à l'occasion de l'amarrage.
Témoins directs ne se trouvant pas à l'endroit précis où l'événement s'est produit et extérieurs à
l'organisation, par exemple un pilote sur la passerelle, témoin d'un événement se produisant sur le pont
principal, à l'occasion de l'amarrage.
Personnes directement concernées par les conséquences immédiates d'un événement dans lequel elles
n'ont pas été impliquées, par exemple les équipes d'intervention chargées de la maîtrise des avaries, de
la lutte contre l'incendie à bord ou de l'administration de soins médicaux d'urgence.
Équipage des remorqueurs, des allèges d'amarrage ou des bateaux-pilotes.
Personnel des opérations de recherche et de sauvetage, y compris les équipages d'hélicoptères.
Pompiers à terre.
Personnel travaillant sur la jetée ou dans le terminal.
Autres navires à proximité immédiate.
Personnel des services de trafic maritime et des systèmes de surveillance.
2.2.8.2
Personnes hors site
La "personne désignée" en vertu du Code ISM.
Les exploitants de navires à terre.
La direction technique à terre.
La direction générale de la compagnie à terre.
Les consultants (compétents pour l'événement considéré).
Les inspecteurs de l'Etat du port.
Les inspecteurs de l'Etat du pavillon.
Les autorités chargées de la réglementation et du contrôle.
Les représentants des sociétés de classification.
Les membres de la commission de sécurité, y compris les représentants des équipages.
Les architectes navals, constructeurs de navires, fabricants et réparateurs.
2.3
Sujets d'enquête2
Le schéma ci-dessous indique un certain nombre de facteurs qui ont une influence directe ou indirecte sur
le comportement de l'individu et son aptitude à exécuter les tâches qui lui incombent.
2 L’appendice 2 indique les questions à poser lors del’enquête et l’appendice 3 donne les définitions de termes courants
relatifs à l’élément humain.
Les rubriques de ce schéma sont développées ci-après
2.3.1
Aspects liés à l'individu
aptitude, compétences, connaissances (formation et expérience)
personnalité (état psychologique et affectif)
condition physique (aptitude physique, consommation de drogue et d'alcool, fatigue)
activités avant l'accident/incident
fonctions assignées au moment de l'accident/incident
comportement au moment de l'accident/incident
état d'esprit
2.3.2
Organisation à bord
répartition des tâches et des responsabilités
composition de l'équipage (nationalité/compétences)
niveau des effectifs
charge de travail/complexité des tâches
horaire de travail/périodes de repos
procédures et consignes
communications (internes et externes)
gestion et supervision à bord
organisation de la formation et des exercices à bord
travail en équipe, y compris gestion des ressources
planification (traversées, cargaison, entretien)
2.3.3
Conditions de travail et de logement
automatisation
conception ergonomique du matériel et des zones de travail, d'habitation et de loisir
qualité des conditions de logement
possibilités de loisirs
qualité de l'alimentation
intensité du roulis, des vibrations, de la chaleur et du bruit
2.3.4
Aspects liés au navire
conception
état général (entretien)
équipement (disponibilité et fiabilité)
caractéristiques de la cargaison, y compris assujettissement, manutention et surveillance
certificats
2.3.5
Gestion à terre
politique de recrutement
principes et politique de sécurité (tradition, état d'esprit et confiance)
gestion axée sur la sécurité
planification des périodes de congés
politique générale de gestion
calendrier des escales
arrangements contractuels et/ou conventions collectives
répartition des fonctions
communication navire/terre
2.3.6
Influences extérieures et environnement
conditions météorologiques et état de la mer
conditions de transit et d'escale dans les ports (service de trafic maritime, pilotes, etc.)
densité du trafic
présence de glaces
organisations représentant les propriétaires de navires et les gens de mer
réglementation, visites et inspections (internationales, nationales, portuaires, des sociétés de
classification, etc.)
2.4
Analyse
Quand on a rassemblé les faits, il faut les analyser pour essayer de reconstituer le déroulement de
l'événement et tirer des conclusions concernant les points faibles de la sécurité mis en lumière par
l'enquête. L'analyse est un travail méthodique qui fait appel à la logique et au raisonnement pour tirer des
conclusions à partir des données concrètes.
Il faut d'abord passer en revue les faits, faire le tri de ce qui est pertinent et de ce qui ne l'est pas et s'assurer
que l'information est complète. Ce travail peut indiquer à l'enquêteur certains points à éclaircir.
Normalement, quand on ne peut pas combler toutes les lacunes de l'information, on recourt à
l'extrapolation logique et à des hypothèses raisonnables. Ces extrapolations et hypothèses devraient être
indiquées comme telles et il faudrait préciser leur degré de certitude.
Si, malgré tout, l'analyse n'aboutit pas à des conclusions fermes, on devrait s'en tenir aux hypothèses les
plus vraisemblables.
2.4.1
Etablissement des faits et analyse
Après l'établissement des faits et leur analyse, on devrait pouvoir décrire l'événement, en indiquant son
contexte, le moment où il s'est produit et les circonstances qui l'ont provoqué.
Cette description devrait inclure les éléments factuels, tels que
les conditions météorologiques;
l'opération ou les opérations en cause;
l'équipement en service, ses possibilités, ses performances et toute défaillance éventuelle;
l'endroit où se trouvait le personnel clé et ce qu'il faisait immédiatement avant l'événement;
les règles et consignes pertinentes;
les risques non maîtrisés;
les changements intervenus dans le personnel, les procédures, l'équipement ou les procédés qui sont
susceptibles d'avoir contribué à l'événement;
les mesures de prévention qui étaient en place ou qui auraient dû l'être;
les mesures prises (soins d'urgence, arrêt, lutte contre l'incendie, évacuation, recherche et sauvetage);
les soins médicaux administrés pour réduire les effets de l'événement et soulager les blessés, en
particulier dans les cas où une incapacité ou la mort s'ensuit;
la maîtrise des avaries, y compris les opérations d'assistance;
l'inventaire de toutes les conséquences de l'événement (blessures, perte, avaries ou dommages à
l'environnement); et
l'état général du navire.
On devrait pouvoir aussi identifier les facteurs manifestes et latents, tels que
mauvaise exécution;
défaillances structurelles de la coque qui relèvent de la conception;
défectuosités des ressources et de l'équipement;
mauvaise utilisation des ressources et de l'équipement;
qualifications du personnel et utilisation de ces qualifications;
facteurs physiologiques (fatigue, stress, alcool, drogues illicites, médicaments);
raisons de l'inutilité ou de l'inefficacité des mesures de prévention;
rôle des programmes relatifs à la sécurité;
problèmes touchant à l'efficacité des règles et consignes;
questions liées à la gestion; et
questions liées aux communications.
2.5
Renforcement de la sécurité
2.5.1
L'objectif fondamental de ce genre d'enquête est de renforcer la sécurité maritime et la protection du milieu
marin. Dans le cadre des présentes directives, cet objectif est atteint si l'on parvient à repérer les points
faibles de la sécurité, grâce à un examen systématique des accidents ou incidents de mer, et si l'on peut
recommander ou apporter des modifications au système de sécurité maritime pour remédier à ces
insuffisances.
2.5.2
Dans un rapport qui expose clairement les faits relatifs à un événement et les analyse logiquement pour en
tirer des conclusions fondées, y compris en ce qui concerne les facteurs humains, les mesures de sécurité
requises apparaîtront sans doute comme allant de soi.
2.5.3
Les mesures de sécurité recommandées, quelle que soit leur forme, devraient spécifier clairement ce qu'il
faut faire, quelle est la personne ou l'organisation à laquelle il incombe d'effectuer des changements et, si
possible, les délais dans lesquels ces changements doivent être apportés.
Procédures de notification
3.1
Afin de faciliter la circulation de l'information provenant des enquêtes sur les accidents, chaque rapport
devrait être présenté suivant le modèle proposé à la section 1, paragraphe 14.2 de la présente annexe.
3.2
Les rapports devraient être soumis à l'OMI conformément aux procédures établies3.
3.3
Les personnes et/ou les organisations concernées par un rapport devraient avoir la possibilité de formuler
leurs observations sur ce rapport ou les sections pertinentes de celui-ci, avant qu'il soit établi
définitivement.
3.4
Le rapport final devrait être diffusé aux parties intéressées et, de préférence, il devrait aussi être rendu
public.
Qualifications et formation des enquêteurs
4.1
Divers facteurs peuvent jouer un rôle notable dans les événements qui précèdent un accident ou incident
de mer. Une question importante est donc de décider qui sera chargé d'enquêter et d'analyser les facteurs
humains. En général, pour tous les aspects de cette enquête, sauf les plus spécialisés, la personne la plus
apte est un enquêteur spécialisé dans les accidents et incidents de mer.
4.2
L'enquêteur doit avoir reçu une formation théorique et posséder une expérience suffisante en matière
d'enquêtes sur les accidents de mer. La formation qu'il a reçue doit l'avoir préparé notamment à identifier
les facteurs humains qui contribuent aux accidents et incidents de mer.
4.3
Dans certains cas, il peut être très utile d'avoir un spécialiste des facteurs humains.
3 Se reporter à la circulaire MSC/Circ.827 - MEPC/Circ.333 du 9 décembre 1997. "Rapports sur les accidents et
incidents de mer".
APPENDICE 1
METHODE OMI/OIT D'ENQUETE SUR LES FACTEURS HUMAINS
On expose ci-après la démarche systématique, étape par étape, à suivre dans les enquêtes sur les facteurs humains.
C'est une synthèse et une adaptation de plusieurs grilles de lecture des facteurs humains : SHEL (Hawkins, 1987), GEMS
- Accident Causation and generic error-modelling system frameworks (Reason, 1990) et Taxonomy of Error
(Rasmussen, 1987).
La méthode, qui peut s'utiliser pour les deux catégories d'événements, c'est-à-dire les accidents et les incidents de
mer, comprend les étapes suivantes
1 rassembler des données sur les événements;
2 déterminer la séquence des événements;
3 identifier les actions/décisions et circonstances dangereuses;
puis, pour chacune de ces actions/décisions dangereuses,
4 définir le type d'erreur ou d'infraction commise;
5 définir les facteurs sous-jacents; et
6 définir les problèmes potentiels de sécurité et formuler des mesures de sécurité.
Les étapes 3, 4 et 5 sont utiles parce qu'elles aident à identifier les facteurs de risque sous-jacents. A l'étape 6, les
problèmes potentiels de sécurité sont définis dans une large mesure en fonction de ces facteurs sous-jacents qui ont
été identifiés. Parfois, une circonstance dangereuse est le résultat d'un phénomène naturel; dans ce cas, l'enquêteur
peut passer directement de l'étape 3 à l'étape 6. Mais il peut arriver qu'une action ou une décision dangereuse résulte
d'une circonstance dangereuse, elle-même créée par une décision erronée; en pareil cas, l'enquêteur devrait suivre
toutes les étapes, de 3 à 6.
Etape 1 - Collecte de données sur les événements
La première étape d'une enquête sur les facteurs humains consiste à recueillir des informations liées au travail au
sujet du personnel, des tâches, de l'équipement et du milieu environnant en rapport avec l'événement. Il est
indispensable alors de procéder d'une façon systématique pour permettre une analyse complète et pour respecter les
conditions logistiques de la constitution, de l'organisation et de la mise à jour d'une base de données pertinentes sur
les événements.
Dans les systèmes complexes, les interactions entre les éléments constitutifs sont nombreuses et on risque
constamment de négliger ou de perdre en cours d'enquête une information essentielle.
Le modèle SHEL est un bon outil d'organisation au moment de la collecte des données sur les lieux de travail car il
contribue à éviter des problèmes en aval, pour les raisons suivantes
1 il tient compte de tous les éléments importants d'un régime de travail;
2 il met en évidence les interrelations entre ces éléments du régime de travail;
3 il met l'accent sur les facteurs déterminant les performances humaines, en reliant tous les éléments
périphériques à l'élément central qu'est l'élément humain.
Il s'agit d'abord de répondre aux questions les plus simples "quoi, qui et quand", avant de passer à celles, plus
compliquées, de "comment" et de "pourquoi". Les données obtenues forment une collection d'événements et de
circonstances qui comprennent diverses actions et conditions, dont certaines présentent un intérêt pour l'enquêteur
en raison de leur caractère dangereux.
Le modèle SHEL s'articule autour des quatre éléments suivants
L : Elément humain
H : Matériel
S : Logiciel
E : Environnement
On représente habituellement le modèle SHEL sous la forme d'un bloc-diagramme de façon à montrer non
seulement les quatre éléments mais aussi les relations, ou interfaces, entre l'élément humain et les autres éléments. La
figure 1 illustre le fait qu'une bonne ou une mauvaise interface ont autant d'importance que les caractéristiques des
blocs eux-mêmes. Une mauvaise interface peut être la source d'une erreur humaine et repérer une mauvaise interface,
c'est parfois mettre le doigt sur une défaillance du système. La figure 2 montre aussi comment ce modèle peut
s'appliquer à un système complexe où il existe une multiplicité de composantes: élément humain, matériel, logiciel et
environnement.
Figure 1. Modèle SHEL
(adapté de Hawkins, 1987)
Elément humain (central)
La composante la plus précieuse et la plus souple du système est l'élément humain, qui est au centre du modèle.
Chaque personne a ses capacités et ses limites, qu'elles soient physiques, physiologiques, psychologiques ou
psychosociales. Cette composante peut être appliquée à tout intervenant direct ou auxiliaire. La personne considérée
est en interaction directe avec chacun des quatre autres éléments. Chaque personne et chaque interaction ou interface
constitue des champs potentiels d'enquête sur la performance humaine.
Elément humain (périphérique)
L'élément humain périphérique représente les interactions entre individus à l'intérieur du système, notamment les
facteurs tels que la gestion, la supervision, les interactions et communications entre membres d'équipage.
Matériel
Le matériel est tout ce qui a trait à l'équipement d'un système de transport. Il inclut la conception des postes de
travail, les écrans, les commandes, les sièges, etc.
Logiciel
Le logiciel est la partie non matérielle du système, qui inclut les politiques d'organisation, les procédures, les manuels,
la présentation des listes de contrôle, les organigrammes, les cartes, les avis et, de plus en plus souvent, les programmes
informatiques.
Environnement
L'environnement inclut le milieu intérieur et extérieur, la température, la visibilité, les vibrations, le bruit et autres
facteurs, qui constituent les conditions dans lesquelles les personnes travaillent. Il recouvre aussi les contraintes
générales, politiques et économiques auxquelles est soumise l'exploitation d'un système. La réglementation fait partie
de l'environnement, dans la mesure où elle a une incidence sur les communications, la prise de décisions, les contrôles
et la coordination.
Etape 2 - Etablissement de la séquence des événements
Quand l'enquêteur aborde les questions de "comment" et "pourquoi", il faut articuler les données identifiées à la
première étape. Le modèle de Reason (1990) de causalité des accidents, qui utilise une matrice, peut servir de guide à
l'enquêteur pour établir la séquence des événements. Le modèle de Reason facilite l'organisation des données
collectées à l'aide du modèle SHEL et permet de mieux comprendre leur influence sur la performance humaine. La
séquence des événements est établie en regroupant les renseignements concernant les événements et circonstances
antérieurs autour de chacun des cinq "filtres" de production, à savoir les décideurs, les responsables hiérarchiques, les
conditions préalables, les activités productives et les défenses.
Les "filtres" de la matrice sont ordonnés dans une dimension temporelle. Cette dimension est un important vecteur
d'orientation puisque les événements et circonstances ne sont pas nécessairement proches, spatialement ou
temporellement, de l'accident ou de l'incident qu'ils ont pu entraîner. En établissant l'ordre séquentiel des données, on
introduit la distinction théorique de Reason (1990) entre facteurs manifestes et facteurs sous-jacents.
Les facteurs manifestes sont les derniers événements ou dernières circonstances qui ont entraîné un accident ou
incident. Leur effet est souvent immédiat car ils interviennent soit directement au coeur des défenses du système (par
exemple système d'alarme hors d'usage) soit sur le lieu des activités productives (c'est-à-dire des activités intégrées
des différents éléments du système : élément humain, logiciel et matériel), ce qui a pour résultat d'anéantir les défenses
du système (par exemple utilisation d'une procédure contre-indiquée).
Les facteurs sous-jacents peuvent exister aussi bien au niveau de l'individu qu'au niveau de l'organisation; ils peuvent
être présents dans les conditions qui existent à l'intérieur d'un système considéré (il s'agit des "conditions préalables"
du modèle hybride). Parmi les facteurs sous-jacents, on peut citer des règles insuffisantes, des procédures non
conformes, un manque de formation, une charge de travail écrasante et des délais excessivement stricts.
Dans la pratique, les étapes 1 et 2 peuvent aller de pair. Quand l'enquêteur commence à rassembler les données, il
est très naturel qu'il essaie d'ordonner l'information, bien que fragmentaire aux premiers stades de l'enquête, en une
séquence d'événements. Pour mener de front la collecte et l'organisation séquentielle des données, on peut combiner
le modèle SHEL et le modèle de Reason comme l'illustre la figure 2.
Les données recueillies au cours d'une enquête (c'est-à-dire les données sur les événements et les circonstances) peuvent être
articulées, en utilisant les multiples composantes du modèle SHEL modifié, autour d'un schéma événementiel (dans le cas
présent, le scénario d'un événement) inspiré du modèle de Reason. Les facteurs déterminants, à savoir les actions/décisions et
circonstances dangereuses, sont ainsi identifiés.
Etapes 3 à 5 - Vue d'ensemble
Les étapes 3 à 5 utilisent le modèle GEMS. Ce modèle ouvre des "pistes" qui permettent de remonter de
l'identification de l' action /la décision dangereuse (étape 3) jusqu'à l'identification de l'"erreur" dans cette action/cette
décision (étape 4) et de placer finalement celle-ci dans le contexte du comportement (c'est-à-dire le type d'erreur, au
niveau d'exécution considéré (étape 5)). Le modèle GEMS représenté à la figure 3 est particulièrement utile pour la
reconstruction hypothétique de ce qui s'est produit.
Etape 3 - Identification des actions/décisions et circonstances dangereuses
A l'étape 3, les informations recueillies et organisées en fonction des modèles SHEL et Reason sont utilisées pour
identifier les facteurs déterminants, c'est-à-dire les actions/décisions et circonstances dangereuses. Un acte dangereux
est défini comme une erreur ou une infraction commise alors qu'il existe un risque ou une circonstance potentiellement
dangereuse.
Des décisions qui en apparence ne sont pas suivies d'actions mais qui ont une influence négative sur la sécurité
devraient aussi être considérées comme des actions dangereuses. Une circonstance dangereuse ou un risque, comme
on l'a déjà mentionné, est un événement ou une circonstance pouvant provoquer un accident. Il peut y avoir plusieurs
actions, décisions et/ou circonstances potentiellement dangereuses, ce qui oblige à faire une évaluation itérative des
faits qui se sont produits. Le modèle hybride SHEL-Reason (voir figure 2) peut être un bon point de départ pour de
telles évaluations par itération.
L'action, la décision ou la circonstance dangereuse ayant été identifiée, il faut ensuite retracer la genèse de cette
action ou de cette circonstance. Un complément d'enquête et/ou d'analyse peut révéler d'autres actions/décisions ou
circonstances dangereuses, antérieures au facteur déterminant repéré initialement.
On a déjà dit que plusieurs actions et décisions dangereuses peuvent être identifiées au cours des deux premières
étapes de l'enquête. L'action dangereuse qui précède immédiatement l'événement constitue souvent un bon point de
départ pour la reconstruction de ce qui s'est produit. Cette dernière action ou décision se distingue des autres en ce
qu'elle apparaît comme le point de non-retour, c'est-à-dire la dernière action ou décision qui a rendu inévitable
l'accident ou l'incident - la cause essentielle de l'événement initial. Bien qu'il s'agisse habituellement d'une
défaillance manifeste, il faut parfois la chercher en profondeur, dans une circonstance potentiellement dangereuse : par
exemple, une mauvaise décision au niveau de la conception entraînera une défaillance du système.
Etape 4 - Identification du type d'erreur ou d'infraction
Pour chaque action/décision dangereuse, on pose simplement la question : "où est l'erreur qui a rendu dangereuse
cette action ou cette décision ?"
L'identification du type d'erreur ou d'infraction se fait en deux temps (voir figure 3)
Figure 3
Le modèle GEMS
(Adapté de Reason, 1990)
Le modèle GEMS aide à établir le lien entre une erreur/infraction et la performance d'un individu au moment où la défaillance
se produit.
1)
Action involontaire ou délibérée
Il faut d'abord déterminer si l'erreur ou l'infraction a été involontaire ou délibérée. "La personne a-t-elle agi
délibérément?" Si la réponse est non, il s'agit d'une action involontaire. Les actions involontaires sont des actions qui
ne se déroulent pas comme prévu; ce sont des erreurs d'exécution.
Si la réponse est oui, il s'agit d'une action délibérée. Ce sont des actions qui sont accomplies comme prévu mais qui
sont mal adaptées à la situation; ce sont des erreurs d'appréciation.
2)
Type d'erreur ou infraction
Dans un second temps, il faut voir dans quelle catégorie d'erreur ou infraction s'inscrit la défaillance, en tenant
compte du caractère involontaire ou délibéré de la décision. Ces catégories sont au nombre de quatre : étourderie, oubli,
erreur et infraction.
Une étourderie est une action involontaire où la défaillance est une faute d'inattention. Il s'agit d'une erreur
d'exécution. Un oubli est une action involontaire où la défaillance est une lacune de mémoire. Il s'agit là aussi d'une
erreur d'exécution. Une erreur est une action délibérée sans qu'il y ait intention d'agir à l'encontre d'une règle ou d'un
plan. Il s'agit d'une erreur d'appréciation. Une infraction est une entorse à l'organisation, où il y a décision délibérée
d'aller à l'encontre d'une règle ou d'un plan. Des infractions de routine sont commises tous les jours, les gens s'écartant
fréquemment de la procédure normale, souvent parce que les pratiques de travail sont mal conçues ou mal définies.
En revanche, une infraction exceptionnelle est en principe un manquement ponctuel à une pratique de travail, par
exemple lorsqu'on ignore délibérément les règles de sécurité afin d'accomplir une tâche. Même dans ce cas, il n'y a pas
intention délictueuse, on veut simplement que le travail soit fait.
Etape 5 - Identification des facteurs sous -jacents
La distinction entre les diverses activités des étapes 4 et 5 peut sembler arbitraire par rapport à la réalité de
l'enquête, où l'on s'efforce de mettre à jour la relation entre les erreurs/infractions et le comportement qui les a
entraînées. Dans sa plus simple expression, le comportement consiste en une décision et une action ou un mouvement.
A l'étape 3, l'action ou la décision (c'est-à-dire l'action ou la décision dangereuse) a été identifiée. L'étape 4 a révélé ce
qui n'allait pas dans cette action ou décision. A l'étape 5, il s'agit de mettre en lumière les causes déterminantes de l'acte
ou de la décision d'un individu ou d'un groupe. Pour ce faire, il est important de voir s'il y a dans le système un ou
plusieurs facteurs qui ont pu favoriser la manifestation du type de défaillance considéré (et donc de l' infraction /l'erreur
et de l'action dangereuse). Ces facteurs sont appelés facteurs sous-jacents. On peut les découvrir en étudiant les
données concernant le système qui ont été recueillies et organisées à l'aide des modèles SHEL ou Reason aux étapes
1 et 2. Le réexamen de ces données souligne la nature itérative du processus d'investigation, où il peut même s'avérer
nécessaire d'entreprendre de nouvelles recherches.
Etape 6 - Identification des problèmes potentiels de sécurité et élaboration de mesures de sécurité
L'identification des problèmes potentiels de sécurité se fait essentiellement sur la base des facteurs identifiés comme
sous-jacents. Là encore, on voit l'importance que revêt une démarche systématique aux deux premières étapes de
l'enquête car elle établit les fondements des étapes ultérieures. Si besoin est, on peut analyser plus avant les problèmes
potentiels de sécurité afin d'identifier les risques inhérents au système et d'élaborer des mesures de sécurité.
APPENDICE 2
DOMAINES D'ENQUETE SUR LES FACTEURS HUMAINS
Le questionnaire suivant est conçu pour faciliter la tâche de l'enquêteur dans son étude des facteurs humains. Des
questions pertinentes permettent d'éliminer les pistes qui ne mènent à rien pour se concentrer sur les domaines
potentiellement les plus intéressants.
L'ordre dans lequel on posera les questions et la manière dont on le fera dépendront de la personne interrogée, de
sa bonne volonté et de son aptitude à décrire son comportement et ses impressions personnelles. Il est parfois
nécessaire aussi de vérifier, notamment par recoupements, ou de compléter les déclarations d'une personne en
interrogeant d'autres sur les mêmes sujets.
Ces domaines d'enquête peuvent servir à planifier les entretiens. Les questions ci-après ne sont pas censées être
exhaustives ni servir de liste de contrôle, et certaines peuvent ne pas être pertinentes lors de l'enquête sur un accident
particulier. A mesure que de nouveaux aspects concernant les facteurs humains se présenteront, les enquêteurs
devront explorer de nouveaux domaines d'investigation.
QUESTIONS RELATIVES AUX CONDITIONS A BORD
Politique en matière de sécurité
.1 La compagnie a-t-elle une politique en matière de sécurité consignée par écrit ?
.2 La compagnie a-t-elle désigné un responsable des questions de sécurité à bord ?
.3 A quand remonte la dernière visite à bord d'un représentant de la compagnie et à quand remonte votre
dernière prise de contact avec la compagnie ?
.4 Quand avez-vous reçu votre dernière formation en matière de sécurité ? En quoi cette formation a-t-elle
consisté et comment a-t-elle été dispensée ?
.5 A quand remonte le dernier exercice d'alerte (par exemple incendie, abandon du navire, homme à la mer,
lutte contre la pollution, etc.) et qu'avez-vous fait pendant l'exercice ?
.6 Disposiez-vous d'un équipement de protection individuelle satisfaisant et en avez-vous fait usage ?
.7 Avez-vous eu connaissance d'accidents corporels qui se sont produits à bord avant l'accident ?
Activités avant l'accident
.1 Comment vous occupiez-vous, en règle générale, lorsque le navire était au port ? (Si le navire quittait le
port au moment de l'accident)
.2 A quand remonte la dernière escale dans un port ou un terminal ? (Si le navire s'approchait du port ou
était en mer au moment de l'accident)
.3 Que faisiez-vous immédiatement avant d'être de quart ou de prendre vos fonctions et depuis combien de
temps ? Loisirs ? Exercice physique ? Sommeil ? Lecture ? Télévision ? Repas ? Travaux d'écritures ?
Voyageant pour rejoindre le navire ?
.4 Que faisiez-vous exactement environ 4 heures ..., 1 heure..., 30 minutes... avant l'accident ?
.5 Quelle manœuvre effectuait le navire au moment de l'accident ? Quel était votre rôle pendant cette
manoeuvre ?
.6 Immédiatement avant l'accident, à quoi pensiez-vous ?
.7 Avez-vous eu l'impression, à un moment quelconque avant l'accident, qu'un membre de l'équipage était
fatigué ou incapable d'assurer ses fonctions ?
Fonctions assignées au moment de l'accident
.1 Où étiez-vous sur le navire au moment de l'accident ?
.2 Quelle tâche ou fonction particulière vous avait-on confiée à ce moment-là ? Qui vous l'avait assignée ?
Aviez-vous compris ce que vous deviez faire? Avez-vous reçu des ordres contradictoires ?
.3 Combien de fois avez-vous effectué cette tâche ou cette fonction dans le passé (sur le navire mis en cause
dans l'accident) ?
Comportement effectif au moment de l'accident
.1 Où étiez-vous exactement au moment de l'accident ?
.2 Quelle tâche précise effectuiez-vous au moment de l'accident ?
.3 Avez-vous, à un moment ou à un autre après avoir pris vos fonctions, eu l'impression que vous ne pouviez
pas vous concentrer (fixer votre attention) sur une tâche que vous essayiez d'effectuer ?
Formation / Instruction / Brevets détenus / Expérience professionnelle
.1 Depuis combien de temps êtes-vous affecté à ce navire ? Avez-vous demandé que votre affectation soit
prolongée ou écourtée ?
.2 Depuis combien de temps occupez-vous votre poste en tant que membre de l'équipage? Quels autres
postes avez-vous occupés à bord de ce navire ?
.3 Depuis combien de temps êtes-vous titulaire du brevet indiquant vos qualifications?
.4 Avant d'être affecté à ce navire, avez-vous travaillé sur d'autres navires ? Dans l'affirmative, quels postes
avez-vous occupés ?
.5 Quelle est la durée du plus long voyage en mer que vous avez effectué ? Combien de temps avez-vous
passé en mer lors de cette traversée? Quelle a été votre plus longue traversée ?
Etat physique
.1 Vous êtes-vous senti malade ou peu bien dans les 24 heures qui ont précédé l'accident? Dans l'affirmative,
quels étaient vos symptômes ? Fièvre, vomissements, vertiges, autres ? En avez-vous parlé à quelqu'un ? A
votre avis, quelle en était la cause ?
.2 A quand remonte votre dernier repas avant l'accident ? Qu'avez-vous mangé ? Etait-ce suffisant ?
.3 Faites-vous régulièrement de l'exercice lorsque vous êtes à bord ? Quand en avez-vous fait pour la
dernière fois (avant l'accident) ? Pendant combien de temps ?
Etat psychologique, émotionnel, mental et conditions de travail
.1 Quand vous êtes-vous senti pour la dernière fois d'entrain ou plein d'enthousiasme à bord du navire et à
quoi cet état était-il dû ?
.2 Quand vous êtes-vous senti pour la dernière fois triste, abattu ou déprimé à bord du navire ? Pour quelle
raison ? En avez-vous parlé à quelqu'un ?
.3 Avez-vous dû prendre des décisions personnelles difficiles récemment ? Avez-vous eu des soucis financiers
ou familiaux récemment ?
.4 Avez-vous été critiqué dans votre travail dernièrement ? Par qui ? Etait-ce justifié ?
.5 Quelle a été la situation la plus stressante à laquelle vous avez dû faire face pendant le voyage (avant
l'accident) ? Quand s'est-elle produite ? Comment a-t-elle été résolue?
.6 Quelles sont les dispositions contractuelles qui s'appliquent à l'ensemble des membres de l'équipage ?
.7 Des plaintes ou des actions revendicatives ont-elles été engagées au cours de ces (12) derniers mois ?
Charge de travail/Complexité des fonctions
.1 Comment l'organisation à bord est-elle structurée ?
.2 Est-elle efficace ?
.3 Quelle est votre position dans la hiérarchie à bord (c'est-à-dire pour qui travaillez-vous, à qui rendez-vous
compte ou à qui confiez-vous des tâches) ?
.4 Quelle est la nature de votre travail ? Sédentaire ? Eprouvant physiquement ?
.5 Les capacités des personnes mises en cause lors de l'accident avaient-elles été limitées en raison d'une
charge de travail trop importante ?
Rythme des périodes de travail, de repos et de loisirs
.1 Quel est votre horaire normal ?
.2 Faites-vous partie du personnel de jour ou de quart ?
.3 Quel était votre horaire la veille de l'accident et pendant la semaine ayant précédé l'accident ?
.4 Faisiez-vous des heures supplémentaires au moment de l'accident ?
.5 Depuis combien de temps aviez-vous pris vos fonctions ou étiez-vous occupé à autre chose au moment
de l'accident ?
.6 A quand remonte votre dernière période de sommeil ? Quelle en a été la durée ? Combien de fois vous
êtes-vous réveillé au cours de cette période ? Vous sentiez-vous reposé au réveil ? Si tel n'était pas le cas,
comment auriez-vous pu améliorer la qualité de votre sommeil ?
.7 Comment occupez-vous d'ordinaire votre temps libre à bord ? Jouez-vous aux cartes ? Lisez-vous ?
Ecoutez-vous de la musique ? Regardez-vous la télévision ? Autres occupations ?
.8 A quand remonte votre dernière longue période de repos pendant votre temps libre ?
Rapports avec les autres membres de l'équipage et les supérieurs/subordonnés
.1 Qui considéreriez-vous comme un ami parmi les membres de l'équipage ?
.2 Y a-t-il des membres de l'équipage dont vous trouvez la compagnie désagréable ?
.3 Vous est-il difficile de communiquer avec certains des membres de l'équipage en raison d'obstacles
linguistiques ?
.4 De nouveaux membres de l'équipage ont-ils embarqué récemment à bord du navire ? Avez-vous eu
l'occasion de faire leur connaissance ?
.5 Vous êtes-vous récemment disputé avec un autre membre de l'équipage ?
.6 Dans une situation critique, feriez-vous confiance à vos collègues pour vous prêter assistance ?
.7 Un autre membre de l'équipage vous a-t-il offert de vous remplacer au quart ou d'effectuer une tâche à
votre place pour que vous puissiez vous reposer plus longtemps ?
.8 Quel a été le sujet de la dernière conversation que vous avez eue avec un autre membre de l'équipage
avant de prendre vos fonctions (avant l'accident) ?
.9 Avez-vous parlé avec d'autres membres de l'équipage depuis l'accident ? Dans l'affirmative, de quoi avez-
vous parlé ? Avez-vous parlé de l'accident avec quelqu'un d'autre avant d'être interrogé ?
Conditions de logement et cadre de vie à bord du navire
.1 Jugez-vous confortable l'espace qui vous est imparti à bord du navire ? Dans la négative, comment aimeriez-
vous qu'il soit amélioré ?
.2 Avant l'accident, avez-vous eu du mal à vous reposer en raison du mauvais temps, du bruit, de la chaleur
ou du froid, des mouvements du navire, etc. ?
Effectifs
Le navire dispose-t-il, à votre avis, d'effectifs suffisants pour son exploitation ?
Ordres permanents du capitaine
.1 Des ordres permanents du capitaine à l' ensemble de l'équipage sont-ils consignés par écrit ?
.2 Le capitaine/chef mécanicien a-t-il donné ses ordres permanents au personnel de quart par écrit ou
verbalement ?
.3 Ces ordres étaient-ils contraires à la politique de la compagnie en matière de
sécurité ?
Niveau d'automatisation /de fiabilité du matériel
.1 A votre avis, le système était-il fiable ?
.2 Le système avait-il déjà eu des défaillances ?
.3 Avaient-elles été réparées par des membres de l'équipage ou du personnel à terre ?
Conception du navire et caractéristiques de ses mouvements/de sa cargaison
Avez-vous remarqué quelque chose d'anormal au cours du voyage qui avait trait à la conception du navire
ou aux caractéristiques de ses mouvements ou de sa cargaison?
QUESTIONS RELATIVES A LA GESTION A TERRE
Organisation des périodes de travail et de repos
Quelle est la politique de la compagnie en ce qui concerne les horaires de travail et la relève ?
Effectifs
Comment les effectifs de vos navires sont-ils déterminés ?
Dispositions relatives au quart
.1 Exigez-vous que le capitaine assure le quart ?
.2 Laissez-vous les dispositions relatives au quart à la discrétion du capitaine ?
Assignation des fonctions
Laissez-vous cette question à la discrétion du capitaine ?
Soutien et communications côte /navire /côte
Quel soutien fournissez-vous au capitaine ?
Politiques de gestion
La compagnie a-t-elle une politique en matière de sécurité consignée par écrit ?
Planification des voyages et programmation des escales
Comment le capitaine planifie-t-il les voyages ?
Installations récréatives
Existe-t-il à bord des services ou installations pour le bien-être / les loisirs ?
Dispositions et accords contractuels et/ou professionnels
.1 Quels sont les accords contractuels qui s'appliquent à l'ensemble des membres de l'équipage ?
.2 Des plaintes ou des actions revendicatives ont-elles été engagées au cours de ces (12) derniers mois ?
Prescriptions nationales/internationales
La direction et le capitaine se conforment-t-ils aux prescriptions et recommandations des conventions
internationales et de la réglementation de l'Etat du pavillon qui sont applicables ?
APPENDICE 3
DEFINITIONS
TERMES COURANTS RELATIFS A L'ELEMENT HUMAIN
Erreur humaine : Entorse à une pratique acceptable ou souhaitable de la part d'une personne ou d'un groupe de
personnes qui peut avoir des résultats inacceptables ou fâcheux.
Diminution de la performance humaine
Etat émotionnel : Etat physiologique d'agitation ou de trouble qui peut affecter la capacité normale d'une personne à
exécuter les tâches requises.
Panique : Peur qui s'empare subitement d'un individu et réduit sa capacité à exécuter les tâches requises.
Anxiété : Etat d'inquiétude et d'angoisse lié aux incertitudes futures qui peut réduire la capacité à se concentrer
comme il convient sur une tâche requise.
Problème personnel : Problème qui préoccupe un individu sur le plan affectif et réduit sa capacité à accomplir les
tâches requises. Exemples : incapacité physique, décès ou maladie dans la famille, problèmes conjugaux et autres
problèmes relationnels, problèmes de santé, soucis financiers, colère ou difficultés relationnelles avec les collègues.
Déficience mentale : Affaiblissement des facultés mentales qui peut réduire ou perturber la capacité normale d'une
personne à s'acquitter de la partie mentale des tâches requises.
Abus de l'alcool : Consommation de boissons alcooliques qui diminue la capacité d'une personne à exécuter les tâches
requises. Exemples : consommation de boissons alcooliques pendant le service ou peu de temps avant, qui peut
perturber les capacités d'un individu; ivresse pendant le service; consommation de boissons alcooliques en dehors des
heures de service, qui réduit l'efficacité pendant les périodes de service; et excès de boisson sur une longue période,
qui entraîne une diminution permanente des facultés mentales.
Usage de drogue : Usage d'un médicament ou stupéfiant qui affecte la capacité d'une personne à exécuter les tâches
requises. Discussion : l'usage de drogues licites et illicites peut avoir de nombreux effets différents sur les facultés
mentales et physiques allant d'une somnolence extrême à l'impression erronée d'être compétent et aux hallucinations.
Les facultés mentales de l'usager peuvent aussi être perturbées par le besoin constant de se procurer davantage de
drogues. De plus, les personnes risquent de ne pas être conscientes des "effets secondaires" des drogues licites et
peuvent les prendre pendant leur service ou oublier de signaler qu'ils les prennent.
Inattention : Manque de concentration, d'attention ou de considération; négligence. Exemples : fait de ne pas
surveiller les écrans de visualisation, de ne pas assurer une veille visuelle appropriée ou d'oublier d'accomplir une tâche
confiée. L'inattention peut aussi avoir d'autres causes comme un problème personnel, la fatigue, les drogues, l'ennui ou
des troubles auditifs.
Blessure : Lésion corporelle qui entraîne une diminution des facultés mentales ou physiques. Exemples : traumatisme
crânien et blessures telles qu'un doigt écrasé ou une brûlure grave, où la douleur détourne l'attention et provoque une
perte des facultés mentales.
Maladie mentale : Comportement psychotique ou instable, dépression, hallucinations ou autres formes de
comportement anormal.
Maladie physique : Malaise qui entraîne une diminution des aptitudes mentales ou physiques mais qui n'est pas
considéré en général comme maladie mentale. Exemples : incapacité générale provoquée par un rhume ou une grippe,
hallucinations dues à une forte fièvre, migraine, mal de mer, et même indigestion grave et exposition à des substances
toxiques.
Démotivation : Manque de volonté ou de désir de réussir, d'où un relâchement dans l'exécution normale des tâches
requises.
Méfait délibéré : Prendre intentionnellement une mesure incorrecte ou s'abstenir intentionnellement de prendre la
mesure correcte. Exemples : manquement au devoir, refus d'obéir aux ordres, sabotage, vol ou ignorance des
consignes.
Fatigue : Diminution des capacités physiques et/ou mentales à la suite d'un effort physique, mental ou affectif qui peut
affaiblir la quasi-totalité des capacités physiques, à savoir : résistance, rapidité, délai de réaction, coordination, prise de
décisions ou équilibre.
Démoralisation : Problème lié à la motivation d'une personne ou d'un groupe qui se manifeste par une diminution de
la volonté, de la confiance ou de la discipline, nécessaires pour exécuter les tâches confiées. Exemples/causes : conflits
entre membres de l'équipage, absence de qualités relationnelles chez les officiers, absence de culture axée sur la
sécurité au sein de la compagnie ou à bord, extrême longueur des heures de travail.
Manque d'autodiscipline : Maîtrise inadéquate du comportement personnel. Exemples : perte de sang-froid ou
comportement non professionnel.
Troubles visuels : Diminution de l'acuité visuelle due à une infirmité physique spécifique. Causes : traumatisme oculaire
qui entraîne une cécité totale ou partielle, ne pas porter les lunettes ou verres de contact prescrits, incapacité à
s'adapter comme il convient à l'obscurité.
Charge de travail excessive
Diminution des capacités physiques ou mentales du fait de l'accumulation des tâches mentales et physiques qu'une
personne doit accomplir dans un délai donné, d'où une diminution de la performance professionnelle.
Environnement marin
Environnement naturel dangereux : Situation dans laquelle l'environnement naturel rend l'exécution des tâches requises
plus difficile que d'ordinaire. Exemples : tempêtes, forte houle, eaux peu profondes, hauts-fonds, marées ou courants
forts, glace, rochers, épaves immergées, tourbillons, trafic maritime, vent, brouillard, bruine, pluie, neige, neige fondue,
brume, poussière, particules en suspension dans l'air.
Mauvaise conception ergonomique : Mauvaise conception du navire, de ses sous-systèmes, du milieu de travail, des
systèmes de commande ou des interfaces homme/machine qui rend l'exécution des tâches plus difficile. Exemples
éclairage insuffisant, bruit excessif, vibrations excessives, systèmes de chauffage, de refroidissement ou de ventilation
inadéquate; ponts, escaliers, échelles, cloisons ou surfaces de travail dangereux; inadéquation des dispositions prévues
en cas de gros temps ou de dégradation du mode d'exploitation, rambardes ou poignées inadéquates; mauvaise
orientation du poste de travail eu égard à la dynamique du navire; caractéristiques insuffisantes de tenue en mer de la
coque; commandes qui permettent une mise en marche accidentelle; affichages ou indications de commande illisibles
ou ambigus; mauvais agencement, mauvais dimensionnement ou mauvaise coloration des commandes et des affichages;
conception inadéquate de l'accès aux fins de l'exploitation ou de l'entretien; conception inadéquate aux fins de la
sécurité.
Mauvaise exploitation : Situation dans laquelle des personnes ou des groupes de personnes dégradent l'environnement
à bord du navire et rendent l'exécution des tâches requises plus difficile. Exemples : manœuvres du navire (par exemple,
augmentation de la vitesse, changement de cap, manoeuvres désordonnées) qui ont une incidence sur la dynamique du
navire et causent des difficultés d'équilibre ou de contrôle, ou lorsque le personnel exécutant une tâche gêne celui qui
en accomplit une autre, ou lorsque l'arrimage de la cargaison gêne l'accès ou le passage.
Maintenance défectueuse : Défaut de maintien en état de fonctionnement de toute partie du navire ou de son
équipement, pendant sa durée de vie ou de fonctionnement, ce qui dégrade l'environnement à bord et rend l'exécution
de certaines des tâches requises plus difficile. Exemples: absence de pièces de rechange ou d'outils adéquats pour
assurer un bon entretien, du fait d'un manque d'engagement de la part de la direction.
Administration de la sécurité
Connaissances techniques insuffisantes : Insuffisance, en raison d'une expérience et/ou d'une formation inadéquate, des
connaissances générales requises pour effectuer le travail à bord, par exemple, dans des domaines tels que la navigation,
les usages maritimes, les systèmes de propulsion, la manutention de la cargaison, les communications et la
météorologie.
Prise de conscience inadéquate de la situation : Méconnaissance due à un manque d'expérience, de communication et
de coordination et/ou de formation, de l'état actuel du navire, de ses systèmes ou son environnement. Exemples
ignorance de la position, du cap ou de la vitesse du navire et de l'état d'avancement de l'entretien à bord.
Manque de communication ou de coordination : Non-utilisation de toutes les sources de renseignements disponibles
pour évaluer la situation, en raison soit d'un manque d'initiative de la part d'une personne, soit d'un manque d'initiative
et/ou de coopération de la part des autres. Exemples : manque de communication entre les officiers à la passerelle,
avec les pilotes et manque de coordination entre le pont et la machine.
Connaissance inadéquate de l'exploitation du navire : Manque de connaissance résultant d'une expérience inadéquate,
de l'ignorance des règles, d'une connaissance insuffisante des procédures, d'une formation insuffisante et/ou de
l'ignorance de la responsabilité attachée au rôle ou à la tâche à assumer, par exemple, dans des domaines tels que la
navigation, les usages maritimes, les systèmes de propulsion, la manutention de la cargaison, les communications et la
météorologie.
Connaissance inadéquate des règles et des normes : Connaissance ou compréhension insuffisante de la réglementation
due à une expérience et/ou une formation inadéquate.
Exemples de réglementation : politiques et normes des compagnies, réglementation nationale et internationale,
réglementation maritime des autres Etats du port, réglementation locale, règlement de bord, mises en garde, notations
cartographiques ou étiquetages.
Connaissance inadéquate des procédures de bord : Ignorance due à une expérience et/ou une formation insuffisante des
procédures de bord et des politiques de la compagnie qui exigent une connaissance suffisante de l'exploitation du
navire. Exemples : procédures d'urgence, méthodes d'entretien, procédures administratives et procédures du système
de gestion de la sécurité.
Ignorance de la responsabilité attachée au rôle ou à la tâche : Connaissance insuffisante de la tâche spécifique à
accomplir. Exemples : manque de compréhension des responsabilités attachées au commandement, aux
communications, à la sécurité, à l'entretien et aux situations d'urgence.
Connaissances linguistiques inadéquates : Connaissance insuffisante de la langue principale pour pouvoir communiquer
et exécuter les tâches requises. Il s'agit notamment de l'incapacité totale ou partielle de parler, de lire ou de
comprendre suffisamment la langue principale et/ou les autres langues requises pour comprendre l'ensemble des
ordres, consignes, procédures, étiquettes, avis et règlements de bord.
Gestion
Laxisme dans la discipline : Fait de ne pas s'assurer que le personnel se soumet à l'autorité, aux règles et aux
procédures appropriées. Exemples : tolérer du personnel non qualifié ou inapte, ne pas respecter les règles et
procédures, tolérer une insubordination.
Commandement défectueux : Erreurs concernant les ordres donnés. Exemples : ne pas donner des ordres appropriés,
au moment approprié, donner des ordres incorrects ou contradictoires ou sans tenir compte des autres ordres
donnés.
Supervision inadéquate : Surveillance insuffisante des activités du personnel sous sa supervision. Exemples : ne pas
vérifier qu'un travail a été bien fait et à temps, ne pas fournir les moyens appropriés pour résoudre les problèmes
portés à l'attention du superviseur, ne pas traiter de la même manière le personnel.
Communication ou coordination inadéquate : Défaut de communication et de coordination pour faire face aux
situations, résoudre les problèmes et effectuer les tâches tant à bord qu'à terre. Exemples : manque de communication
entre les officiers de la passerelle, avec les pilotes, avec le siège de la compagnie et manque de coordination entre la
passerelle et la machine.
Gestion inadéquate des ressources matérielles : Mauvaise gestion des ressources matérielles, à savoir les outils, le
matériel, les fournitures, les installations, les produits alimentaires, l'eau, le combustible, etc., nécessaires pour exécuter
les tâches requises. Exemples : absence, manque de ressources matérielles, ressources matérielles inadéquates
stockées de manière inappropriée, difficiles à obtenir lorsqu'elles sont nécessaires.
Effectifs insuffisants : Fait de ne pas s'assurer que toutes les tâches requises à bord du navire peuvent être exécutées
correctement et qu'il y a suffisamment de personnel ayant le niveau de compétence et les capacités physiques et
mentales voulues ainsi que l'expérience appropriée, les brevets nécessaires et le désir d'exécuter correctement ces
tâches.
Main-d'œuvre disponible inadéquate : Fait de ne pas affecter ou faire affecter à un navire ou à une tâche spécifique à
bord d'un navire, suffisamment de personnel ayant le niveau de compétence approprié pour garantir la sécurité et
l'efficacité des opérations.
Mauvaise conception des tâches : Spécification d'un travail ou de tâches dans des conditions qui sont déraisonnables,
inefficaces, impossibles, excessives ou peu pratiques. Exemples : durée ou fréquence excessive des quarts, affectation
d'une seule personne pour surveiller simultanément des écrans éloignés les uns des autres, exposition à des matières
dangereuses sans protection appropriée.
Règles, politiques, procédures ou pratiques inadéquates : Tout problème concernant les normes, règles, politiques,
procédures ou pratiques. Exemples : normes, règles, politiques, procédures ou pratiques qui peuvent être
contradictoires, inexactes, inappropriées, qui ne sont pas suffisamment détaillées ou qui sont périmées.
Mauvaise application de bonnes règles, politiques, procédures ou pratiques
Application des normes, règles, politiques, procédures ou pratiques à un moment ou dans des circonstances
inappropriés.
Action mentale
Méconnaissance de la situation : Compréhension incorrecte de la situation présente, pouvant aboutir à des hypothèses
erronées concernant une situation future, ou interprétation fondée sur des idées incorrectes, entraînant des erreurs
encore plus graves susceptibles d'accroître sensiblement les risques pour le navire. Exemples : établir une hypothèse
sans confirmation du cap suivi par un navire venant en sens inverse, interprétation incorrecte des alarmes à bord du
navire (par exemple, en cas de contamination par de l'eau de mer d'un circuit de combustible par mer très forte).
Manque de perception : Cas où une personne ne se rend pas bien compte d'un problème ou d'une situation donnée.
Exemples : erreur de lecture d'un cadran, fait de mal comprendre un ordre ou un message radio embrouillé, impression
de sentir de l'huile pour moteur alors qu'il s'agit en fait de brut, fait de ne pas remarquer une gîte sur tribord,
surestimation de la distance jusqu'au quai.
Reconnaissance incorrecte : Erreur de diagnostic une fois qu'une situation ou un problème particuliers ont été perçus.
Bien que le problème ou la situation soient perçus, ils sont mal identifiés. Exemples : fait de confondre les sonneries
d'alarmes à bord du navire, reconnaissance incorrecte d'un voyant lumineux sur la passerelle.
Identification incorrecte : Identification incorrecte d'un problème ou d'un risque une fois qu'ils ont été reconnus. Les
alarmes sur un panneau d'affichage peuvent avoir signalé un risque particulier pour le navire (par exemple une faible
pression du combustible) mais la personne peut avoir mal interprété l'alarme et mal identifié le problème.
Editeur
Service Central de Législation, 43, boulevard F.-D. Roosevelt, L-2450 Luxembourg
Imprimeur
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