Arrêté grand-ducal du 1er juin 1922 portant modification de l'arrêté grand-ducal du 28 octobre 1920, en exécution de la loi du même jour destinée à endiguer l'affluence exagérée
Table des dispositions (10)
Texte législatif (10 Articles)
Mémorial
du
Grand-Duché de Luxembourg.
des
Großherzogtums Luxemburg.
Samedi, 3 juin 1922.
N° 43.
Samstag, 3. Juni 1922.
Arrêté grand-ducal du 1er juin 1922 portant
modification de l'arrêté grand-ducal du 28
octobre 1920, en exécution de la loi du même
jour destinée à endiguer l'affluence exagérée
d'étrangers sur le territoire du Grand-Duché.
Nous CHARLOTTE, par la grâce de Dieu,
Grande-Duchesse de Luxembourg, Duchesse
de Nassau, etc., etc., etc.;
Vu la loi du 28 octobre 1920, destinée à
endiguer l'affluence exagérée d'étrangers sur
le territoire du Grand-Duché;
Revu Notre arrêté du même jour pris en
exécution de la loi précitée;
Vu l'art. 27 de la loi du 16 janvier 1866, por-
tant organisation du, Conseil d'État, et attendu
qu'il y a urgence;
Sur le rapport de Notre Ministère d'État,
Président du Gouvernement, et de Notre Direc-
teur général de la justice et des travaux publics;
Après délibération du
Gouvernement en
Conseil;
Avons arrêté et arrêtons
Les art. 8 et 10 de Notre arrêté du
28 octobre 1920, pris en exécution de la loi du
même jour destinée
à endiguer
l'affluence
exagérée d'étrangers sur le territoire du Grand-
Duché, sont rapportés.
Großh. Beschluß vom 1. Juni 1922, betreffend
Umänderung des Großh. Beschlusses vom
28. Oktober 1920, in Ausführung des Ge-
setzes vom selben Tage zwecks Eindämmung
des übermäßigen Zustroms von Fremden
in das Großherzogtum.
Wir Charlotte, von Gottes Gnaden, Groß-
herzogin von Luxemburg, Herzogin zu Nassau,
u.,
u.,
u.;
Nach Einsicht des Gesetzes vom 28. Oktober
1920,. über die Eindämmung des übermäßigen
Zustroms von Fremden in das Großherzogtum;
Nach Wiedereinsicht Unseres Beschlusses des-
selben Tages, betreffend die Ausführung des
vorerwähnten Gesetzes;
Nach Einsicht des Art. 27 des Gesetzes vom 16.
Januar 1866, die Organisation des Staats-
rates betreffend, und in Anbetracht der Dring-
lichkeit;
Auf den Bericht Unseres Staatsministers,
Präsidenten der Regierung, und Unseres Gene-
ral-Direktors der Justiz und der öffentlichen
Arbeiten;
Nach Beratung der Regierung im Konseil;
Haben beschlossen und beschließen
Die Art. 8 und 10 Unseres Beschlusses
vom 28. Oktober 1920, betreffend die Ausführung
des Gesetzes desselben Tages, über die Ein-
dämmung
des übermäßigen Zustroms
von
Fremden in das Großherzogtum, sind aufgehoben.
Memorial
L'art. 9 du même arrêté est modifié
comme suit
« L'autorité locale, auprès de laquelle la dé-
claration de l'étranger doit être faite dans
le délai de cinq resp. de trois jours, exigera
des étrangers la remise de leurs photogra-
phies en quadruple exemplaire. Celles-ci
seront jointes, l'une à l'original de la décla-
ration d'arrivée, et les trois autres respecti-
vement aux trois copies dont mention à l'ar-
ticle
2 du règlement du 15 février 1911 et
qui porteront également la signature du décla-
rant. Les étrangers devront obtempérer à
cette injonction dans les trois jours de l'in-
vitation leur faite à cet effet.»
Der Art. 9 desselben Beschlusses ist
umgeändert wie folgt
« Die Ortsbehörde, bei welcher die Anmel-
dung des Ausländers innerhalb funf Tagen
bezw. drei Tagen abgegeben werden soll, hat
von den Ausländern die Einhändigung deren
Photographie in vierfachem Exemplar zu ver-
langen. Von diesen wird eines dem Original
der Ankunftserklärung, und die drei anderen
je den drei Abschriften beigefugt, von denen
in Art. 2 des Reglementes vom 15. Februar
1911 die Rede ist und die ebenfalls die Unter-
schrift des Fremden tragen. Die Ausländer
müssen
dieser Aufforderung innerhalb drei
Tagen von dem Tage an, an dem sie ergangen
ist, Folge leisten."
Notre Ministre d'État, Président du
Gouvernement, et Notre Directeur général de
la justice et des travaux publics, sont chargés
de l'exécution du présent arrêté.
Château de Berg, le 1er juin 1922.
CHARLOTTE.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement,
E.
REUTER.
Le Directeur général de la justice
et des travaux publics,
G. LEIDENBACH.
Avis. — Timbre.
Il résulte d'une quittance délivrée par le rece-
veur de l'enregistrement des actes civils à Lu-
xembourg le 26 mai 1922, vol. 63 art. 110, que
la société anonyme « Newsbury» avec siège
social à Luxembourg a acquitté le droit de tim-
bre à raison de cent actions de 1000 fr. cha-
cune, portant les n° 1 à 100 inclusivement.
La présente déclaration est destinée à satis-
faire à l'art. 5 de la loi du 25 janvier 1872.
Luxembourg, le 30 mai 1922,
Le Directeur général des finances,
A. NEYENS.
Unser Staatsminister, Präsident der
Regierung, und Unser General-Direktor der
Justiz und der öffentlichen Arbeiten, sind mit der
Ausführung dieses Beschlusses beauftragt.
Luxemburg, den 1. Juni 1922.
Charlotte.
Der Staatsminister,
Präsident der
Regierung,
E. Reuter.
Der General-Direktor der Justiz
und der öffentlichen Arbeiten,
W. Leidenbach.
Bekanntmachung. — Stempel.
Aus einer vom Enregistrementseinnehmer
der Zivilalten zu Luxemburg am 26. Mai 1922,
Band 63, Art. 110, ausgestellten Quittung er-
hellt, daß die anonyme Gesellschaft „Newbury"
mit Sitz in Luxemburg, die Stempelgebühr für
100 Aktien zu je 1000 Fr., tragend die Nr. 1 bis
100, entrichtet hat.
Diese Bekanntmachung soll der Bestimmung
des Art. 5 des Gesetzes vom 25. Januar 1872
Genüge leisten.
Luxemburg, den 30. Mai 1922.
Der General-Direktor der Finanzen,
A. N e y e n s .
Avis. — Enseignement supérieur et moyen.
Par arrêté grand-ducal du 24 mai 1922 Melle
Marguerite Biever, docteur en philosophie et
lettres, a été nommée répétitrice au lycée de
jeunes filles d'Esch-s.-Alz.
Luxembourg, le 26 mai 1922.
Le Directeur général de l'intérieur
et de l'instruction publique,
Jos. BECH.
Avis. — Administration communale.
Par
arrêté
du soussigné en date de ce jour,
M. Jean-Pierre Pletschet, cultivateur à Esch-
weiler, a été nommé échevin de la commune
d'Eschweiler.
Luxembourg, le 27 mai 1922.
Le Directeur général de l'intérieur
et de l'instruction publique.
Jos. BECH.
Avis. — Justice.
Par arrêté grand-ducal du 30 mai 1922, M.
Jean-Pierre Zeimet,
commis au parquet de
Luxembourg, a été comme secrétaire-adjoint
près le même parquet.
Luxembourg, le 31 mai 1922.
Le Directeur général de la justice
et de travaux publics,
G. LEIDENBACH.
Bekanntmachung. — Höherer und mittlerer
Unterricht.
Durch Großh. Beschluß vom 24. Mai 1922 ist
Frl. Margareta Biever, Doktor der Philo-
sophie und Philologie, zur Repetentin an das
Mädchenlyzeum zu Esch a. d. Alzette ernannt
worden.
Luxemburg, den 26. Mai 1922.
Der General-Direktor des Innern
und des öffentlichen Unterrichts,
Jos Bech.
Bekanntmachung. — Gemeindeverwaltung.
Durch Beschluß des Unterzeichneten vom heu-
tigen Tage ist Hr. Johann Peter Pletschet,
Landwirt, zu Eschweiler, zum Schöffen der
Gemeinde Eschweiler ernannt worden.
Luxemburg, den 27. Mai 1922.
Der General-Direktor des Innern
und des öffentlichen Unterrichts,
Jos. Bech.
Bekanntmachung. — Justiz.
Durch Großh. Beschluß vom 30. Mai 1922,
ist Hr. Johann Peter Zeimet, Kommis der
Staatsanwaltschaft zu Luxemburg, zum Hilfs-
sekretar derselben Staatsanwaltschaft ernannt
worden.
Luxemburg, den 31. Mai 1922.
Der General-Direktor der Justiz,
und der öffentlichen Arbeiten,
W. Leidenbach.
Avis. — Union économique.
Par arrêté grand-ducal du 1er juin 1922, M.
Ernest Hamélius, Conseiller
d'État
à Luxem-
bourg, a été nommé membre-suppléant du
«Conseil supérieur de l'Union.»
Luxembourg, le 2 juin 1922.
Le Ministre d'État,
Président du Gouvernement,
E.
REUTER.
Bekanntmachung. — Wirtschaftsvertrag.
Durch Großh. Beschluß vom 1. Juni 1922 ist
Hr. Ernest Hamelius, Staatsrat zu Luxem-
burg zum Ergänzungs mitglied des „ Höheren
Bundnisrates" ernannt worden.
Luxemburg, den 2. Juni 1922.
Der Staatsminister,
Präsident der Regierung,
E. R e u t e r .
Arrêté du 27 mai 1922, concernant la publica-
tion du rapport général de la Chambre de
Commerce, pour l'année 1921.
LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'AGRICULTURE,
DE L'INDUSTRIE ET DE LA PRÉVOYANCE SOCIALE;
Vu le rapport de la Chambre de commerce
sur la situation du commerce et de l'industrie
dans le Grand-Duché pendant l'année 1921 ;
Arrête
— La Chambre de commerce comprend 24 membres effectifs et 24 membres sup-
pléants. Les sièges sont attribués en nombre égal aux deux groupes Industrie et Commerce, ce der-
nier étant formé par les industries plus spécialement commerciales, comme la banque, les assu-
rances, les transports, la branche hôtelière, le commerce de gros et de détail.
Un règlement d'administration publique fixera tous les six ans la répartition des sièges entre
les diverses branches de l'industrie et du commerce suivant leur importance économique, la Chambre
de commerce entendue. La proportion des membres suppléants pour les divers sièges sera la même
que celle fixée pour les membres effectifs.
Le pays forme une seule circonscription électorale. L'élection aux sièges d'une branche sera
faite exclusivement par les électeurs de cette branche.
La Chambre donnera à ses travaux la publicité qu'elle jugera convenir.
— Sont électeurs pour la Chambre de commerce tous les commerçants de nationa-
lité luxembourgeoise sans distinction de sexe âgés de 21 ans, inscrits sur les registres aux firmes.
Les sociétés commerciales ayant un siège dans le Grand-Duché se l'ont représenter au vote
par des délégués.
La qualité d'électeur confère l'éligibilité. Sont en outre éligibles les anciens négociants inscrits
pendant cinq ans sur les registres aux firmes ainsi que les étrangers remplissant la même con-
dition.
Nombre des ouvriers occupés
Production totale
Valeur de la production
Prix moyen par tonne
Salaires et traitements payés
Année 1920
1.
3.704.390
fr.
37.997.000
»
10.20
«
27.4.03.903
Année 1921
3.031.626
'26.461.773
8. 73
23.227.670
Minières.
La statistique de production établie par l'Administration des Mines (voir pages 20 et 21)
renseigne pour 1921
La production moyenne par ouvrier ressort à 902538 tonnes d' une valeur de 7877,50 fr. environ.
La comparaison avec les chiffres de la production de l'année précédente donne les résultats
suivants
Nombre des ouvriers occupés.
Production totale
t.
Bassin
d'Esch.
897.689
Bassin de
Rumel.-Dudel.
1.129.932
Bassin de
Differd.-Pétange.
1.004.005
Totaux.
3.031.626
19,18
Production moyenne
t.
1.262.
3 2 8
»
1.140.
3 9 1
» 1 . 3 9 2 .
7 0 3
»
1.446.
4 8 5
» 1.077.
2 1 7
»
894.
»
8 5 5 .
4 0 0
»
9 5 2 .
2 8 0
»
9 0 2 .
5 3 8
Valeur
fr. 3. 782,64
»
3.604.40
»
4.420,30
»
4.932,33
»
4.491,99
»
3.772,41
»
6.930.80
»
9.767.86
»
7.877,50
Les premiers mois de l'année 1921 ont vu se continuer la crise qui avait commencé à se des-
siner dès l'été 1920. La situation n'a fait qu'empirer depuis ce temps, les demandes pour les mine-
rais devenant de plus en plus rares et les prix obtenus descendant à 9 fr. la tonne pour minerais
calcareux de 30 % et minerais silicieux de 34 % de fer.
Pendant le mois de mars, par suite des grèves, la production, qui avait été de 323.726 tonnes
pour le mois correspondant de l'année 1920, tombe à 107.465 tonnes. Pour toute la période qui
s'étend du commencement du mois de mai à fin octobre, la production reste très sensiblement
inférieure à celle de 1920; pour les deux derniers mois, elle atteint le niveau de l'année précédente.
Le marché français était complètement fermé aux minettes luxembourgeoises, les usines
belges ne prenaient que des quantités absolument faibles et les expéditions pour les usines
lorraines et sarroises étaient considérablement réduites.
Les usines allemandes en pays occupé et dans le bassin de la Ruhr demeuraient, comme en 1920,
les clients des plus importants, mais malheureusement les expéditions ont subi des arrêts très
fréquents et prolongés par suite des grèves des ouvriers et des difficultés de transport. Ces arrêts
ont causé de grands préjudices à un certain nombre d'exploitants qui n'avaient d'autres débouchés
que les usines allemandes.
Après la grève du mois de mars les salaires ont pu être réduits de 10 à 20%. Celte réduction
ajoutée à celle qui s'est produite sur diverses matières nécessaires à l'exploitation, comme bois
de mines, carbure, explosifs, huiles, charbons, etc., a permis de continuer l'exploitation qui, autre-
ment, aurait dû être suspendue.
Les minerais de Lorraine ainsi que ceux du bassin de Briey concurrencent fortement nos
minerais auxquels ils sont supérieurs en qualité. Il n'est guère possible d'écouler encore mainte-
nant des minerais dosant moins de 30 % de fer, alors que les années antérieures des minerais de
27 à 29 % composaient une très grande partie de nos exportations.
A la fin de l'année le Gouvernement a introduit, sans avoir consulté ni averti les exploitants
des augmentations de transport de 30 %, alors que nos voisins de Lorraine continuaient à béné-
ficier des anciens tarifs réduits. Après de nombreuses démarches le tarif fut ramené à l'ancienne
échelle, le 12 janvier 1922, mais nos voisins de Lorraine et de Meurthe-et-Moselle, grâce au tarif
réduit, avaient enlevé les marchés pour 1922.
La courbe du rendement s'est développée comme suit depuis la dernière année normale
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Production
1. 308.442
»263.845
»107.466
»266.870
»236.934
»261.786
»253.156
»248.731
»240.839
»257.206
»275.181
»300.024
Nombre d'ouvriers
Rendement
par ouvrier
t.
85,8
»
75,3
» 30,72
»
88,5
»
76,3
»
83,75
» 82,5
»
84,8
«
84,6
» 88,4
» 127,5
» 130
t. 1038,1
Il en résulte que le rendement intrinsèque par ouvrier, qui s'elève à 1038,1 tonnes, est allé
nettement en augmentant pendant l'année 1921, bien qu'il reste encore au-dessous des dernières
années normalen de l'avant-guerre.
La moindre-production imposée par le syndicat en juillet et août 1920 a été abandonnée par
les ouvriers mineurs à la suite de la réduction des salaires introduite en 1921. Comme les mineurs
travaillaient à la tâche, ils cherchaient à rattraper leur ancien gain en faisant des journées pleines.
Les exportations sont fortement en recul: de 2.042.889 tonnes elles sont descendues à 1.668.582
tonnes. Les expéditions pour l'Allemagne occupée sont tombées de 475.061 à 444.781 tonnes, pour
l'Allemagne non-occupée, de 827.602 à 698.998 tonnes, pour la Belgique, de 551.768 à 357.776
tonnes.
Jusqu'en 1913, le rendement par ouvrier et par an a constamment augmenté par suite des
perfectionnements introduits dans l'abatage et le transport par les grandes exploitations minières,
notamment par l'emploi du marteau perforateur. Pendant cette période toutes les exploitations
étaient productives.
A partir de 1916, et surtout pendant la période qui a suivi l'armistice, nombre d'exploitations
furent obligées de chômer faute de commandes ou de moyens de transports. Néanmoins il fallait
occuper des ouvriers à l'entretien des galeries et à d'autres travaux de secours dans les exploi-
tations non productives, et ces ouvriras, englobés dans le nombre total des ouvriers occupés,
devaient réduire nécessairement la moyenne du rendement en minerais. C'est ainsi que pour la
période à partir de 1918 le rendement par ouvrier et par an se trouve être inférieur à celui de
1903 à 1913 où toutes les exploitations étaient productives.
En éléminant pour 1921 les exploitations non productives, c'est-à-dire en retranchant du
nombre total des ouvriers occupés ceux qui furent employés uniquement à l'entretien des exploi-
tations chômantes, nous arrivons, malgré la grève du mois de mars, à un rendement moyen de
1038,1 tonnes.
1912.
Production
. t. 5.793.875
» 6.263.385
» 6.059.797
» 6.533.930
» 7.333.372
» 5.007.457
» 6.139.434
» 6.752.207
» 4.276.550
» 3.131.400
» 3.112.472
» 3.704.390
» 3.031.626
Valeur totale
fr. 15.850.966
»
17.747.017
»
18.647.326
» 19.427.508
» 21.965.818
»
15.826.514
» 19.485.064
» 23.024.145
»
17.833.214
»
14.995.635
» 25.366.646
» 37.997.000
» 26.461.773
Prix de lu tonne
fr. 2,73
» 2,83
» 3,07
» 2,97
»
2,99
» 3,16
» 3,17
» 3,41
»
4,17
» 4,51
»
8,15
» 10,26
» 8,73
Années
Tonnes
772.039
924.382
911.695
990.499
1.174.334
1.331.743
1.442.668
1.090.845
1.196.729
1.262.825
1.407.617
1.613.392
2.173.463
2.161.881
2.539.295
2.551.090
2.447.634
2.648.449
Années
Tonnes
2.361.372
2.649.710
3.261.925
3.102.753
3.359.413
3.102.050
3.370.352
3.351.938
3.958.280
3.913.076
4.758.741
5.349.009
5.348.951
6.014.394
6.171.229
4.455.179
5.130.069
6.010.012
Années
Tonnes
6.347.781
6.595.860
7.229.385
7.492.870
5.800.868
5.793.875
6.263.385
6.059.797
6.533.930
7.333.372
5.007.457
6.139.434
6.752.207
4.276.550
3.131.400
3.112.472
3.704.390
3.031.626
Les importations de minerais français sont en légère avance: de 965.124 tonnes elles ont passé
à 1.054.447 tonnes.
Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production des minières
depuis 1909
Rappel de la production des minières depuis 1868.
Production des Minières.
Statistique
Differdange-Pétange
Esch-s.-Alz
Rumelange-Dudelange
Totaux
7.284.164
8.718.880
7.206.370
7.684.339
8.737.136
11 050.684
23.227.670
27.453.903
minette
calcaire
minette
calcaire
minette
calcaire
minette
minette
calcaire
minette
calcaire
minette
,et
calcaire
minette
et
calcaire
836.389
167.616
1.038.262
175.356
885.311
12.378
901.371
1.128.179
1.753
1.575.629
13.772
3.031.626
3.704.390
33,7
27,5
28,5
27,5
21,5
29,5
22,5
9,50
7,00
6,65
8,85
6,50
11,50
8,35
9,50
5,50
8,90
5,80
10 65
5,35
0,66
0,55
0,70
0,59
0,57
0,38
0,60
0,58
0,49
0,62
0,60
0,47
0,64
0,59
Années.
Bassins.
Nombre
moyen
d'ouvriers
occupés.
Salaires et
traitements
payes
(en francs).
Désignation
du
minerai.
Production de minerai de fer.
Nombre
de
tonnes.
Teneur
moyenne
à 100" en fer
en %.
Valeur
du minerai
sur wagon
par tonne.
fr.
Teneur en phosphore
en %
Différence
en faveur
de
4.226.233
minette
et
calcaire
minette
et
calcaire
672.764
0,5
1,0
0,45
1,75
0,04
0,12
Minière pour 1921.
Quantité
vendue ou
consommée
dans le
Grand-Duché
to.
427.500
346.681
843.548
795.841
399. 840
280.667
1.670.888
1.423.189
247.699
Quantité exportée en
Allemagne
territoire
occupe.
to.
168.952
180.270
3.893
275.709
290.898
444.781
475.061
30.280
territoire
non-occupé
to.
141.320
138.063
24.490
23.967
533.184
665.572
698.994
827.602
128.608
France.
to.
167.031
188.030
167.031
188.458
21 .427
Belgique.
to.
234.762
338.098
52.170
9.950
70.844
203.720
357.776
551.768
193.992
Total.
to.
712.065
844.461
76.780
37.810
879.737
1.160.618
1.668.582
2.042.889
374. 307
Quantité
importée
de
France.
to.
424.955
601.154
421.085
289.735
208.407
74.235
1.054.447
965.124
89.323
Quantité
mise en
dépôt
to.
7.620
69.821
4.028
68.823
5.205
207.047
16 853
345.691
328.838
prise du
dépôt de
1920.
to.
143.180
47.345
26 667
1.103
154.850
58.931
324.697
107.379
217.318
Métallurgie.
La situation franchement mauvaise du marché métallurgique que noua avons constatée à
la fin de l'année précédente s'est continuée pendant 1921 en s'accentuant toujours sous l'influence
déprimante du marasme général des affaires. L'affaissement des prix marchait de pair avec l'atonie
du marché mondial. Cette situation trouve son expression dans les bilans des sociétés métallurgiques
qui, sans exception, offrent un aspect peu réconfortant.
On s'attendait, la paix revenue, à un prompt retour à la liberté du commerce. Cet espoir a
été cruellement déçu. Partout nous constatons le retour à un régime de restrictions, de prohibi-
tions, de relèvements des tarifs douaniers. Une vague protectionniste semble passer sur l'Europe
meurtrie, avide pourtant de travail assuré, d'échanges actifs, de bien-être. On conçoit que cette
situation devait se répercuter tout particulièrement sur la métallurgie du Grand-Duché qui, n'ayant
pas de marché intérieur, dépend essentiellement du marché international.
Si le marché français pouvait être travaillé avec quelque chance de succès, les autres débou-
chés traditionnels se dérobaient toujours davantage. Encore le marché Français, par suite du re-
lèvement considérable des coefficients de majoration, devenait-il de plus eu plus impraticable.
La Belgique, très fortement industrialisée aussi, n'offre en général qu'un débouché assez restreint.
En Allemagne, les prix pratiqués étaient trop peu rémunérateurs. La métallurgie luxembourgeoise
n'était pas en mesure de lutter avec succès sur ce marché, naturellement protégé par le prix de
revient si avantageux que lui assure le bas prix du coke et de la main-d'œuvre indigène.
Après l'armistice, nos usines s'étaient résolument mises à l'œuvre pour s'adapter à la situation
nouvelle engendrée par la guerre mondiale: elles cherchaient à se créer des débouchés nouveaux,
plus lointains. Comme le marché intérieur n'offre nulle ressource et que les débouchés européens
étaient perdus en grande partie, elle abordait les marchés exotiques: le Brésil, l'Argentine, les
Indes anglaises, le Japon. Les comptoirs de vente organisés dans ces pays ont été développés..
Tout en travaillant avec perte, le Luxembourg, grâce à ces circonstances a peut-être moins souf-
fert que les pays voisins en donnant même du développement à sa production.
Toutefois, dans la lutte sur le marché mondial, nos usines sont en très sérieuse intériorité
vis-à-vis de la concurrence par le fait que certains grands pays consentent des avances à d'autres
pays à finances obérées à condition que ceux-ci leur passent des commandes. L'industrie natio-
nale est stimulée ainsi par le jeu de combinaisons financières et politiques. Comme le Luxem-
bourg n'est pas de taille à se livrer à des opérations d'aussi puissante envergure, notre industrie
doit renoncer à ces avantages: elle est réduite à ses propres forces.
La dépression générale du marché mondial du fer avait pour conséquence un desserrement
sur le marché des cokes où les facilités augmentaient en raison directe de la diminution des demandes
de la métallurgie. En diminuant leur production, les usines des pays voisins laissaient de fortes
quantités de cokes disponibles. Et si, en 1920, la production luxembourgeoise était limitée par
les arrivages insuffisants de combustibles, elle fut, en 1921, sous l'exclusive dépendance de la
conjoncture mondiale du fer.
Alors que la production marque un recul dans les pays voisins, elle a augmenté dans le Grand-
Duché: de 692.935 tonnes elle a passé à 970.336 tonnes. Nos usines ont mis à profit, les facilités
qu'offrait le marché du coke pour donner plus d'extension à leur production, voulant, d'une part,
arriver ainsi à une diminution du prix de revient, et éviter, d'autre part, les répercussions regret-
tables au point de vue social des chômages étendus dans l'industrie principale du pays.
Le coke de provenance allemande dont s'alimentaient en majeure partie nos usines, était
fourni par l'intermédiaire de la Commission des réparations. La défense d'exportation ayant été
levée eu Belgique où l'allure réduite des hauts fourneaux laissait de fortes disponibilités, plusieurs
usines ont pu n'approvisionner également de coke belge, concurremment avec du coke hollan-
dais et anglais livré de nouveau à des prix abordables.
Le fond de la baisse a été atteint vers le mois d'octobre où le marché témoignait d'une tendance
à se raffermir. Depuis le commencement de l'année 1922, il donne des signes incontestables de
relèvement. Si les prix sont très lents à s'améliorer, la demande dans toutes les catégories de pro-
duits métallurgiques est en réel progrès. L'Allemagne montre un certain intérêt pour les produits
bruts. On envisage la réglementation internationale pour certains produits: une convention des
rails l'ait depuis quelque temps l'objet de pourparlers entre métallurgistes. Le développement
progressif de la production, en permettant un abaissement correspondant du prix de revient,
laisse entrevoir de nouveau une faillie marge de bénéfice.
Depuis les grèves de mars, avec leur cortège d'événements si regrettables qui amenèrent la
suppression des conseils d'usines, la question des salaires est entrée dans des voies normales.
Le recul des salaires, en concordance avec le coût de la vie, est de 10 à 12 % en moyenne. Les
chômeurs ont été réintégrés dans la suite. Aujourd'hui les usines occupent de nouveau un fort
contingent d'ouvriers étrangers, spécialement des Italiens, qui sont revenus nombreux. Dans cer-
taines catégories d'ouvriers spécialistes on constate une pénurie incontestable.
Un sujet de graves préoccupations est la tendance à l'exagération des charges fiscales dont
la grande industrie est accablée déjà. Pour rester viable, il faut évidemment que notre industrie,
au point de vue de la fiscalité, ne soit pas handicapée plus fortement que les industries contre
lesquelles elle doit soutenir la concurrence sur le marché mondial. En toute hypothèse, elle est
en droit de demander que ces charges ne soient pas plus élevées qu'en Belgique.
Si l'union économique avec la Belgique, heureusement consommée aujourd'hui, n'ouvre
pas un débouché sérieux à nos produits métallurgiques, les usines escomptaient toujours des faci-
lités de transport via Anvers par l'octroi du même tarif dont jouissent les usines belges. Elles s'at-
tendaient à voir coïncider des tarifs avec la mise en vigueur de la convention.
Le règlement de cette question reste toujours eu suspens. La commission paritaire qui devra
rechercher «un juste équilibre dans les conditions d'approvisionnement en matières premières
et d'écoulement de la production», lequel pourra être formulé en des mesures tarifaires, a donné
au dernier moment une interprétation s'écartant de celle des usines luxembourgeoises. Elle croit
ne pas devoir abandonner
les différences existant actuellement pour le maintien du juste
équilibre. La question devra être tranchée alors par un arbitrage.
Statistique de production,
a) Hauts Fourneaux.
Nombre des fours existants
Nombre des fours à
feu
Nombre des semaines de
travail
Nombre des ouvriers occupés
Montant des salaires payés
Année 1919
fr.
17.520.941
Année 1920
17—19
fr.
24.514.288
Année 1921
18—23
fr.
20.243 566
Consommation de minerais
indigènes
exotiques
t.
2.055.651
62.436
t.
1.764.608
433.866
t.
2.561.368
480.067
Consommation de cokes
Production
fonte de moulage
fonte Thomas
fonte d'affinage
ensemble
Valeur de la production
fonte de moulage
fonte Thomas
fonte d'affinage
t.
t.
t.
fr.
fr.
839.590
93.648
523.287
617.422
24.013.448
133.743.374
113.960
157.870.782
t.
t.
t.
fr.
fr.
910.011
62.204
630.161
692.935
32.798.260
349.057.679
253.662
382.109.601
t.
t.
t.
fr.
1.199.995
79.223
890.438
970.336
21.283.746
217.822.287
151.491
239.257.324
Le tableau ci-après donne le mouvement et la valeur de la production de la foule pendant
les dix dernières années
Production
t.
2.252.229
2.547.861
1.827.270
1.590.773
1.950.514
1.528.865
1.266.671
617.422
692.935
970.336
Valeur totale
fr. 135.788.759
163.359.161
113.170.161
113.892.183
205.794.142
231.845.055
254.590.396
157.870.782
382.109.601
239.257.324
Prix moyen de la tonne
fr.
60,29
64,11
60,60
71,59
105,54
151,73
201,10
255,69
551,03
246,57
b) Aciéries.
Nombre des aciéries
Nombre des ouvriers occupés
Montant des salaires payés
fr.
Année 1919
5.832.630
fr.
Année 1920
9.976.1 17
fr.
Année 1921
7.055.195
Consommation de matières premières
fontes
mitrailles
chaux et dolomies
t.
Année 1919
407.458
11.116
63.875
t.
Année 1920
623.341
38.101
99.313
t.
Année 1921
829.927
13.647
125.859
Production
acier brut (lingots)
acier coulé et au four électrique
scories de déphosphoration.
autres scories
t.
366.231
4.564
89.850
7.961
t.
569.545
15.423
137.719
9.770
t.
750.974
3.098
179.403
9.553
Valeur de la production
acier brut (lingots)
acier coulé et au four électrique
scories de déphosphoration
autres scories
fr.
»
133.882.768
4.039.703
9.426.817
343.698
fr. 430.216.030
16.096.843
35.055.767
462.204
fr. 219.836.385
3.955.250
36.839.391
133.642
Le tableau ci-après donne le mouvement et la valeur de la production de l'acier brut (lingots)
pendant les huit dernières années
t.
Production
1.128.791
967.821
1.296.407
1.053.596
857.937
366.231
569.545
750.974
fr.
Valeur totale
77.097.187
121.553.064
195.060.772
207.045.891
199.573.806
133.882.768
430.216.030
219.836.385
Prix de la tonne
fr.
68,35
125,70
150,51
196,62
232,61
384,00
755,37
292,73
L'acier coulé et au four électrique renseigne pour la même période
t.
Production
7.704
12.563
15.155
33.126
29.712
3.185
15.423
3.098
fr.
Valeur totale
3.093.750
3.411.757
3.574.135
9.653.635
11.274.961
3.345.000
16.096.843
3.955.250
c) Laminoirs.
Nombre des laminoirs
Nombre des ouvriers occupés
Montant des salaires payés
Consommation de lingots
fr.
t.
Année 1919
17.144.967
361.120
fr.
t.
Année 4920
21.356.817
567.574
fr.
t.
Année 1921
16.667.980
738.856
Production
demi-produits
matériel fixe de voie
poutrelles et gros profilés
barres et petites profilés
±il machine
bandages
tôles
palplanches
chutes
t.
Année 1910
108.027
31.495
58.120
83.513
7.834
14.028
7.834
1.420
30.045
t.
Année 4920
107.670
25.510
103.875
141.790
36.206
17.651
3.980
45.662
t.
Année 1921
231.212
99.189
102.058
112.286
51.819
11.585
6.917
84.425
Valeur de la production
demi-produits
matériel fixe de voie
poutrelles et gros profilés
barres et petits profilés
fil machine
bandages
tôles
palplanches
chutes
fr.
44.917.831
17.399.220
30.338.934
43.047.042
4.357.670
8.907.780
4.758.500
942.880
5.090.165
fr.
133.346.722
25.474.590
97.065.869
138.527.961
39.616.505
20.181.056
4.975.631
7.202.482
fr.
77.228.234
42.615.649
44.211.566
47.104.620
23.610.750
5.213.255
6.083.406
353.363
12.371.327
d) Fonderies.
Nombre des fonderies en activité
Nombre des ouvriers occupés
Montant des salaires payés
Consommation de matières premières
fontes
mitrailles
Production
poterie
tuyaux
machines
acier coulé
fonte pour bâtiments
fontes spéciales diverses
soit ensemble
Valeur de la production
fr.
t.
t.
»
t.
fr.
Année 1919
2.581.713
9.206
6.074
6.874
3.415
11.969
9.135.879
fr.
t.
t.
t.
fr.
Année 1920
3.986.041
10.440
9.355
1.841
2.518
11.885
16.849
24.035.792
fr.
t.
t.
t.
fr.
Année 1921
3.808.355
9.244
8.574
2.920
1.226
11.579
16.097
15.353.700
Années
Nombre
des hauts fourneaux
Production
des hauts fourneaux
Tonnes
184.573
256 349
246.600
270.377
230.500
215.388
248.377
261.236
260.666
293.615
376.587
344.688
365.997
419.610
300.644
492.038
523.776
561.733
559.912
544.944
586.515
558.289
679.816
694.812
898.898
870.373
954.867
982.929
970.885
916.403
1.080.305
1.217.830
1.198.002
1.368.252
1.460.105
1.485.272
1.299.918
1.552.590
1.682.519
1.728.973
2 252.229
2.547.861
1.827.270
1.590.773
1.950.514
1.528.865
1.266.671
617.422
692.935
970.336
Production
des aciéries
Tonnes
20.554
57.345
69.739
97.000
97.4 62
110.920
103.310
129.123
131.220
134.812
136.955
143.692
170.153
166.206
184.714
257.055
31/1.930
371.979
366.302
397.942
435.285
444.268
460.570
535.202
598.310
716.194
947.184
1.182.227
1.136.495
980.384
1.296.407
1.053.596
857.937
366.231
569.545
750.974
Production
des fonderies
Tonnes
1.615
1.413
1.310
1.341
1.370
1.269
1.394
1.205
1.701
1.579
1.726
1.827
1.670
1.440
2.585
3.644
4.615
4 .642
5.909
7.062
6.281
7.764
8.328
8.747
9.307
9.874
9.358
11.154
11.293
9.984
9.658
11.119
13.437
13.628
16.877
18.054
16.382
15.442
17.217
16.002
20.893
26.513
22.954
16.649
24.571
23.609
19.968
11.969
16.849
16.097
Rappel de la production sidérurgique depuis 1872.
I — Production de la Fonte
II — Répartition de la Production ci-contre.
III. — Production de l'Acier.
IV. — Production des Fonderies.
Pièces brutes en fontes mécanique
Pièces brutes en acier coulé
Pièces brutes en bronze
Machines complètes
Fin 1920
fr.
1.30 à 1.55
2,80 à 3,00
5.50 à 6.00
4,60 à 6,20
Fin 1921
0 . 7 2 à 0,96
1,00 à 1,50
3,80 à 4,20
1,65 à 3,10
Ateliers de construction et petite métallurgie.
L'année 1921 était caractérisée dans sa première partie par une dégringolade rapide des prix
des matières premières nécessaires aux ateliers et fonderies qui ne s'arrêta que vers le mois de
juin. Les prix pratiqués ont traversé successivement les étapes suivantes
(les % kg., départ usine)
Fonte de moulage
III
Hématite
Poutrelles
Coke
Juillet 1911
fr.
75 — 80
Janvier 1921
Juillet 1921
Janvier 1922
Vers la fin de l'année, une légère hausse se dessinait surtout dans les accessoires spéciaux
pour lesquels nous sommes tributaires de l'étranger, les tarifs de transport ainsi que les droits de
douane ayant subi des majorations importantes que les faibles réductions accordées par les four-
nisseurs ne purent compenser. Ces circonstances ont particulièrement influé sur nos rapports avec
l'Allemagne.
Le réveil du marché qu'on s'attendait à se voir produire comme conséquence logique de la
baisse se faisait toujours attendre. La baisse ne parvenait pas à ranimer la demande, dépassée
considérablement d'ailleurs par une offre exagérée, partant non seulement des établissements
indigènes mais aussi de la concurrence étrangère qui souffrait de la même situation. La produc-
tion totale de la fonderie n'a guère varié par l'apport à l'année précédente : 16.097 tonnes contre
16.849 tonnes en 1920, mais sa valeur commerciale est descendue de 24 millions à 15,4 millions
de francs.
Les prix de vente des produits fabriqués montrent approximativement et en dépendance des
prix unitaires les variations suivantes
Durant le premier trimestre plusieurs ateliers bénéficiaient encore d'un stock de commandes
en carnet, mais qui ne tardait pas à s'épuiser par suite de l'abstention complète de la clientèle
étrangère, de la clientèle française surtout. Le ralentissement de la marche des ateliers, le chômage
partiel, l'arrêt complet chez quelques-uns eu furent la conséquence dans la seconde moitié de
l'année. Fendant les derniers mois l'âpreté de la concurrence forçait certains ateliers, qui
cherchaient, à occuper leur personnel par tous les moyens, à un avilissement regrettable des prix.
Il est vrai que les fonderies annexées aux grandes usines métallurgiques, qui, en temps ordi-
naire, ne s'occupent que de grosses pièces ou de travaux urgents pour le compte de leurs services
d'entretien, se sont vu forcées d'empiéter sur le domaine des petites et moyennes fonderies et de
leur faire une concurrence contre laquelle celles-ci n'étaient pas de taille à lutter. La clientèle pro-
fitait de cette situation pour rabattre autant que possible des prix.
Les conditions de paiement tendent malheureusement à se rapprocher de plus en plus de celles
de l'avant-guerre, immobilisant de forts capitaux qui sont détournés ainsi de leur rôle productif.
L'allure languissante des grandes usines ajoutée à la concurrence acharnée des établissements
belges et allemands enlevait presque tout intérêt au marché indigène. La Belgique, et surtout la
France, qui souillaient elles-aussi du marasme des affaires, n'offraient plus guère de ressources
malgré les efforts les plus obstinés et l'importance des sacrifices faits par nos établissements. Le
bas cours du mark rendait impossibles les exportations en Allemagne. Par contre, les pays du Nord
reparaissaient de nouveau comme acheteurs de certains articles spéciaux. Les pays d'outre-mer,
notamment les grandes républiques sud-américaines, limitaient louis commandes au strict mini-
mum.
L'agitation qui secouait les masses ouvrières au lendemain de la guerre et qui renaissait encore
par moments au commencement de l'année a fait place au calme. La réduction ou suppression
des primes de pain adoptée sur l'initiative de la Fédération des Industriels en concordance avec
l'abaissement du coût de la farine n'a guère trouvé d'opposition.
Le développement des moyennes industries ne marque qu'un faible progrès malgré les efforts
tenaces des fondeurs et constructeurs, inlassablement occupés à moderniser et à étendre leurs
moyens de fabrication et à améliorer l'organisation commerciale de leurs établissements et à
élargir leur rayon d'action.
Cet état de choses est dû évidemment au manque de protection que trouvent les industries
transformatrices. Sœur cadette de la grande métallurgie, la moyenne industrie devrait être ap-
pelée dans une plus forte mesure à remplir les intéressantes fonctions économiques qui consistent
à transformer et à multiplier les richesses en minerai de notre sous-sol au bénéfice de notre acti-
vité nationale.
La situation dans l'industrie des meubles en fer ne s'est pas sensiblement modifiée par rap-
port à l'année précédente. Les conjonctures économiques si défavorables n'ont permis ni un travail
rationnel ni une production rémunératrice.
Les ventes à l'exportation se l'ont toujours plus difficiles à cause des droits élevés dont s'en-
tourent les pays voisins. Si le marché français est encore acheteur pour les articles qui forment
la spécialité de rétablissement, Berl et Cie, les expéditions ne sont possibles qu'en livrant
franco frontière française. Ainsi cette industrie doit supporter les charges énormes des frais de
transport et de douane et des frais accessoires qui absorbent presque complètement les bénéfices
déjà si modestes.
Si rétablissement a réussi à développer sa production, il ne lui a pas été possible de la porter
à son ancien niveau. Au lieu de la réduction des droits d'entrée en France qu'on espérait, les coef-
ficients de majoration ont été relevés vers le milieu de l'année.
Cette industrie attend avec impatience la réalisation des accords spéciaux avec la France
qui, par des tarifs plus abordables pour les produits luxembourgeois, lui permettront d'envisager
l'avenir avec moins d'appréhension.
Meubles en fer.
La crise qui avait commencée vers la tin de l'année précédente n'a fait que n'accentuer dans
le courant de l'année 1921, à tel point qu'au mois de juin l'usine de Bissen a été forcée d'arrêter
presque complètement sa fabrication, de congédier une vingtaine d'ouvriers et deux employés
et de réduire de 10 % le salaire du personnel restant. La situation s'est aggravée à mesure que
l'isolement économique se prolongeait : les coefficients de majoration ayant été portés au double
en France, les droits d'entrée sont devenus en quelque sorte prohibitifs, de sorte que le marché
alsacien-lorrain se dérobait complètement.
Ce n'est que vers la fin de l'année que l'exportation pour la pointe de Paris a commencé à
reprendre un peu et a permis à l'établissement d'embaucher de nouveau la majeure partie de ses
anciens ouvriers. Le nombre des ouvriers, hommes et femmes, occupés par les usines de Bisses
a été de 60; il était descendu à 40 pendant l'époque de l'arrêt partiel.
Les prix de vente ont été continuellement en baisse pendant toute l'année. Pour quelques
articles ils sont descendus au-dessous du prix de revient. Si les prix du fil machine et des princi-
pales matières premières, comme charbon, acides, etc., ont suivi un mouvement analogue, celui-
ci a été moins rapide que la baisse des prix de vente.
La fabrication, par suite d'un arrêt forcé, n'a atteint que la moitié de celle de l'année précé-
dente. La diminution a été de 361 tonnes. En résumé, l'année 1921 laissera un souvenir fâcheux
dans les annales de la clouterie.
D'une manière générale, les aspects généraux de cette industrie ne se sont pas sensiblement
modifiés en 1921 où le bâtiment continuait d'obéir aux influences contraires qui le sollicitent
depuis l'armistice.
Alors que la crise des logements conservait toute son acuité, semblait s'exaspérer même par
moments, l'initiative privée s'est montrée hésitante et la spéculation n'est pas sortie de sa réserve.
Cette situation absolument anormale, et qu'on craignait voir prendre un aspect réellement inquié-
tant, trouve son explication dans le prix de revient extravagant des constructions ainsi que dans
les entraves dont s'entoure le libre usage de la propriété bâtie.
Le prix de revient des nouvelles constructions atteint en moyenne le quadruple des prix de
l'avant-guerre. Alors que les salaires des ouvriers et artisans ont au moins quadruplé, la durée
du travail a diminué et la main-d'œuvre se montre moins consciente.
Pour les différentes catégories d'ouvriers du bâtiment les salaires s'établissent comme suit
Industrie du bâtiment.
Terrassiers et journaliers
Maçons
Tailleurs de pierres
Charpentiers
Couvreurs
Peintres
2.00 — 2.50 fr.
3.00 — 3.50
3.50 — 4.00
3 00
3.00 — 4.00
3.00 — 3.50
Clouterie.
II s'est produit on 1921 une baisse indéniable sur les matériaux de construction. Les prix
des fers ont fortement diminué, les bois s'obtenaient dans de meilleures conditions, mais les autres
matériaux, s'ils ont suivi le mouvement de baisse, se tenaient à des niveaux relativement élevés.
L'augmentation continue des frais de transport d'un côté, les charges fiscales de l'autre, ont com-
pensé les avantages que le bâtiment se disposait à tirer de la baisse des matériaux de construction.
Indépendamment du prix de revient si élevé des constructions, la spéculation est rebutée
par les est fictions du libre usage de la propriété bâtie. La réglementation officielle des loyers
et des congés qui s'inspire d'un but humanitaire que nous n'entendons pas discuter ici, forme,
à notre sentiment, un autre obstacle, et peut-être le principal, qui s'oppose à la reprise dans le
bâtiment. Comme l'initiative privée n'entrevoit aucune rémunération équitable de son capital
et de ses efforts, elle reste dans l'expectative.
Toutefois, à examiner le problème si ardu et apparemment insoluble de la crise des logements
à la seule lumière des faits, débarrassé des considérations sociales qui le faussent et le déplacent
on doit se rendre à l'évidence qu'il n'y a qu'un remède à la solution : construire, éviter surtout de
décourager l'initiative privée. Le problème est, au fond, purement économique. Et tant que la
demande se présentera, armée des chicanes de la réglementation officielle, l'offre restera méfiante.
Des conventions franches, d'une parfaite loyauté économique, favoriseraient le retour à une
situation saine et normale. Une activité réelle du bâtiment en concordance avec les besoins réels
de la population ne se laisse envisager qu'avec la disparition des entraves réglementaires qui la
gênent et la découragent.
Il a été construit en 1921 nous les auspices de l'État, des communes et des grandes sociétés
industrielles plusieurs groupes de maisons familiales. Ainsi la crise des logements a pu être con-
jurée en une certaine mesure. Toutefois ces constructions portent essentiellement le caractère
d'entreprises de prévoyance sociale.
Des indices sérieux d'une reprise vigoureuse se manifestent depuis le début de l'année 1922.
L'État et les communes, abandonnant l'éternelle erreur interventionniste, cherchent à encourager
limitative privée, et si les entraves qui restreignent encore le libre usage des immeubles venaient
à disparaître, nous verrions probablement un essor très réel se dessiner dans cette branche.
La production des différents groupes de carrières du Grand-Duché pour l'exercice 1921 est
résumée dans les tableaux statistiques ci-après, dressés par l'Administration des Mines
Carrières.
Nombre
des
exploitations
Nombre
des ouvriers
occupes
sous
terre
au
jour
PRODUCTION
Spécification
Quantités
en m
Prix (fr.)
QUANTITÉS
employées dans
le Grand-Duché
exportées
à I étranger
A. Carrières de calcaire à polypier.
Communes de Differdange, Pétage, Rumelange.
pierres de taille
pierres à bâtir
100.00 — 130.00
5.00 — 8.00
Nombre
des
exploitations
Nombre
des ouvriers
occupes
sous
au
terre
jour
PRODUCTION
Spécification
Quantités
en m 3
Prix (fr.)
QUANTITÉS
employées dans
le Grand-Duché
exportées
à l'étranger
B. Déblais de mines.
Commune de Differdange, Pc fange.
pierres à bâtir
3.00 — 4.00
C. Terre glaise.
Commune de Bettembourg.
briques
2854 ‰
100.00
‰
2064 ½ ‰
789 ½‰
D. Carrières de grés Musique.
1° Communes de Contern, Hesperange, Luxembourg, Mondorf-les-Bains, Schuttrange.
pierres de taille
moellons
pierres à bâtir
pavés
pierrailles
sable
302 ‰
100.00
10.00
4.00 — 10.00
150.00 — 400.00
6.00— 10.00
6.00 — 15.00
282 ‰
20 ‰
2° Communes de Bertrange, Hobscheid, Kehlen, Karich,
Mamer, Steinfort
pierres à bâtir
pavés
pierrailles
sable
651 ‰
4.00 — 6.00
80.00 — 190.00
6.00 — 10.00
4.00 — 7.50
329 300
321 700
3° Communes de Beaufort, Bech, Berdorf, Consdorf, Waldbillig.
dalles
pierres de taille
pierres à bâtir
pavés
pierraille
sable
20 m 2
33 ‰
75.00 —100.00
3.00 — 5.00
50.00 — 150.00
6.00 — 7.50
4.00 — 7 . 5 0
20 m2
33 ‰
4° Communes de Medernach, Reisdorf.
pierres de taille
pierres à bâtir
parements
pierraille
sable
140.00 —150.00
6.00
7.00
25.00
5.00 — 5.50
10.00
5° Communes de Betzdorf, Flaxweiler, Junglinster, Niederanven, Rodenbourg.
pierres à bâtir
pavés
pierrailles
sable
748 ‰
4.00 — 5.00
100.00 — 500.00
6.00 — 10.00
3.00 — 5.00
497 ‰
251 ‰
Nombre
des
exploitations
Nombre
des ouvriers
occupes
sous
terre
au
jour
pierres de taille
pierres à bâtir
pavés
pierrailles
sable
15 ‰
50.00—200.00
5.00— 10.00
62.50 —175.00
6.00 — 10.00
4.00— 12.00
15 ‰
7° Communes de Beckerich, Saeul.
pierrailles
sable
pierres à bâtir
8.00
4.00 —
8.00
E. Carrières de grés coquillier supérieur.
Communes de Bettborn, Feulen, Mertzig, Schieren, Vichten.
pierres de taille
pierres à bâtir
pavés
pierrailles
sable
1 ‰
250.000
4.00— 10.00
200.00
7.00— 13.00
4.00—
7.00
1 ‰
F. Carrières de grés bigarré.
Commune de Rosport.
pierres de taille
pierres à bâtir
120.00 — 150.00
8.00
G. Carrières de grés de Bonr.
Communes de Mompach, Rosport.
pierres de faille
pierres à bâtir
pavés
3 ‰
150.00 — 180.00
8.00
125.00
3 ‰
II. Carrières de calcaires keuprique.
Communes de Binnen, Barvange-s.-Allert.
pierrailles
gravier
7.50
12.50
I. Carrières de grés coquillier.
Communes de Bellendorf, Ermsdorf.
dalles
ni erres de taille
pierres à bâtir
pavés
pierrailles
250 m 2
440 ‰
10.00
145.00 — 300.00
5.00
300.00 — 400.00
5.00—
6.00
‰
‰
6° Communes de Fischbach, Heffingen, Larochette, Lintgen, Mersch, Nommern, Tuntange.
Walferdange.
PRODUCTION
Specification
Quantités
en m 3
Prix (fr.)
QUANTITÉS
employées dans
le Grand-Duche
exportées
à l'etranger
K. Carrières de sehiste dévonien et de
quatzite.
1° Communes d'Asselborn, Basbellain, Bœvange, Clervaux, Consthum, Hachiville, Heinerscheid,
Hosingen, Munshausen, Weiswampach.
Nombre
des
exploitations
Nombre
des ouvriers
occupés
sous
terre
au
jour
PRODUCTION
Spécification
Quantités
en m 3
Prix (fr.)
QUANTITÉS
employées dans
le Graud-Duché
exportées
à l'étranger
pierres à bâtir
pierrailles
3.00 — 5.00
6.50 — 12.50
2° Communes de Boulaide, Eschweiler, Gœdorf, Harlange, Heiderscheid, Kautenbach, Mecher,
Oberwampach, Wiltz, Winseler.
pierres à bâtir
pierraille (concassée)
sable ou gravier
28.613
6.00
8.00
17.50 — 2.50
3.00
28.613
3° Communes d'Arsdorf, Bigonville, Ell, Perlé, Wahl.
pierres à bâtir
pierraille (concassée)
sable ou gravier
5.00
20.00
3.00
4° Communes de Bastendorf, Boursch, Bourcheid, Erpeldange,
Hoscheid.
pierres à bâtir
pierraille (concassée)
4.00
14.50 —22.50
5° Communes de, Putscheid, Vianden.
pierres à bâtir
pierraille (concassée)
5.00
22.50
L. Carrières du pierres à chaux.
1° Commune d'Echternach.
dalles
pierres à bâtir
pierraille (concassée)
chaux vive
tuf calcaire
21 m2
10.00
7.00
16.50 —18.50
60.00 — 65.00
15.00
21 m 2
2° Communes de Diekirch, Ellelbruck, Redange.
pierres à chaux
5.00 — 6.00
M. Carrières de pierres à chaux et de dolomie.
Communes de Biver, Grevenmacher, Manternach, Mertert, Remich, Wormeldange
dolomie
pierres à bâtir
pierraille
chaux vive
pierres à chaux
11.542
17.120
20.00
6.00
7.50 —10.00
60.00 — 65.00
5.00
10.000
11.514
L'industrie d'extraction de la pierre, très florissante pendant les années qui précédaient la
guerre, tend à sortir de la torpeur à laquelle l'avaient condamnée les événements. Comme c'est
elle qui fournit les matériaux de nos maisons et fabriques, la crise du bâtiment avait comme
conséquence celle don industries d'extraction.
Les 470 carrières qui étaient on exploitation en 1913 occupaient 1300 ouvriers.
En 1921, 800 ouvriers carriers travaillaient dans 290 carrières, dont une dizaine occupaient
à elles seules 300 hommes. Les ardoisières, qui no sont pan comprises dans ces chiffres, occupaient
377 ouvriers, dont 95 au fond, pour faire 11 millions d'ardoises. Une quarantaine d'ouvriers tra-
vaillaient encore en galerie à côté de 35 ouvriers à jour pour l'extraction du plâtre et de la dolomie.
Les briqueteries, qui chômaient encore en 1920, faute de commandes, ont repris la fabrication
avec 30 hommes, produisant, en 1921, 2854 mille briques. En 1913, 11 millions de briques avaient
été cuites dans trois briqueteries du pays.
La production de la pierraille pour chaussées a légèrement progressé sur celle de l'année 1920
elle a été de 23.000 m3. Cette stagnation, en quoique sorte, peut être attribuée au lait qu'une con-
currence lui eut surgie dans les matériaux plus résistants provenant de l'étranger. La circulation
de plus en plus lourde en même temps que plus en plus rapide et intense sur nos chaussées,
mange celles-ci à vue d'oeil. Quoi de plus naturel que l'administration des travaux publics cherche
Nombre
des
exploitations
Nombre
des ouvriers
occupes
sous
terre
au
jour
PRODUCTION
Spécification
Quantités
en m 3
Prix (fr.)
QUANTITÉS
employées dans
le Crand-Duche
exportées
à l'étranger
IV. Carrières de chaux hydraulique.
1° Communes de Bertrange, Contern, Luxembourg, Weiler-la-Tour.
chaux vive
60.00 — 65.00
2° Communes de Kehlen, Mamer.
chaux vive
60.00 — 65.00
3° Communes de Burmerange, Remich
chaux vive
60.00— 65.00|
O. Plâtrières.
Communes de Bous
Reisdorf,
Rosport, Walferda
nge.
plâtre brut
15.00 — 20.00
P. Sablières.
Communes de Grevenmacher, Mertert.
sable ou gravier
12.50 — 25.00
Communes de Bettendorf, Diekirch, Etleibruch, Mertzig, Schieren.
sable ou gravier
5.00— 8.00|
Communes de Bellborn, Ell, Folschelle, Grosbous
sable ou gravier.
8.00— 11.00
à obvier à cette usure rapide, même au prix de sacrifices importants de premier établissement.
Elle a fait des essais avec des quartzites de la Sarre, des diorites et des basaltes du Rhin pour
diminuer les fastidieux et fréquents rechargements des routes avec cylindrage encombrant et
coûteux.
Même notre beau pavé de grès blanc a dû céder, en certaines carrefours, la place au dur granit
des Vosges.
Nous avons encore constaté en 1921 une production d'environ 1800 mille pavés dont le coût
était en moyenne de 186 francs le mille. Toutefois le tieis de ces pavés était demandé à l'étranger,
où son bel aspect le fait rechercher.
Le recul dans la fabrication de la dolomie de la Moselle peut s'expliquer par la crise dans la-
quelle se débat la métallurgie. Toutefois les combinaisons en cours pour la mise on valeur du
produit de notre richesse en pierre calcaire dolomitique fait augurer d'une reprise générale de cette
industrie si prospère avant la guerre.
De même, le plâtre luxembourgeois est encore beaucoup demandé. Il s'exploite, pour la
plupart en galerie, dans le conchylien moyen et dans les assises des marnes irisées.
Quant à l'industrie de la chaux hydraulique, extraite dans les marnes à gryphées arquées,
les exploitations avaient constitué en 1920 de très fortes provisions de pierres qui furent cuites
avec la campagne de 1921. Les statistiques constatent donc une baisse de 23 % comparée à la
production de 1920.
La statistique de production, établie par l'Administration des Mines ,renseigne les chiffres
suivants pour les deux dernières années
L'augmentation de la production, supérieure pour les ardoises de 1803 mille à celle de l'année
précédente, est due à l'augmentation du personnel. Si elle n'y est pas proportionnelle, il faut en
1) En mille — 2) En pièces. — 3) En mètres carrés.
Ardoisières.
ardoises1)
éviers 2)
dalles3)
ardoises
éviers
dalles
10.079
11.882
225.00
300.00
48.00
30.00
200.00— 270.00
48.00
30.00
Années
Nombre
des
exploitations
Nombre des
ouvriers occupés
sous
terre
au
jour
PRODUCTION
Spécification
Quantités
Prix (fr)
QUANTITÉS
employées
dans le
Grand- Duché
vendues
à
l'etranger
chercher la cause dans la mauvaise marche des affaires. Pour ne pas accumuler des stocks sur les
chantiers, les ardoisières de Haut-Martelange ont dû réduire le travail dans une certaine mesure
pendant les mois de mai et de juin. En même temps la réduction de la journée à huit heures a
continué à exercer une influence très désavantageuse sur la production.
Alors que le prix de revient n'a pas varié comparativement à l'année précédente, les prix
de vente, ont dû subir de fortes baisses pour permettre l'écoulement des produits. Ces baisses de
prix sont la conséquence de la crise générale qui s'est fait sentir surtout dans l'industrie du bâti-
ment et qui explique les stocks assez importants restés sur chantier à la fin de l'année.
La vente dans les pays de l'ancien «Zollverein» qui constituaient jusqu'à fin 1914 le dé-
bouché naturel de cette industrie et qui absorbaient les 9/10 de sa production, est devenue impos-
sible par suite de l'élévation des frais de transport et du bas cours du mark à la faveur duquel les
ardoisières du Rhin et de la Moselle parviennent à fournir leurs ardoises franco lieu de destina-
tion à des prix inférieurs à notre prix de revient. Cependant notre schiste, par sa structure, se
prête surtout à la fabrication des ardoises du modèle «Ecaille» employé presqu'exclusivement
en Allemagne. Mais pour les motifs que nous venons d'exposer nos ardoisières ont dû arrêter la
fabrication des ardoises de ce modèle et s'orienter pour leur vente vers les pays de l'Ouest.
La fabrication forcée des modèles employés dans ces pays pèse naturellement sur la produc-
tion en augmentant par là même assez sensiblement le prix de revient. Comme, de plus, l'accord
économique avec la Belgique n'est pas encore définitif, les ardoises luxembourgeoises ne pou-
vaient être admises dans ce pays pour les constructions de l'État et des communes. Après son
entrée en vigueur, cette difficulté disparaîtra, ce qui facilitera beaucoup la vente à l'intérieur de
l'union.
Il y a lieu d'envisager cependant que, après quelques années, la reconstruction étant ter-
minée, la production réunie de la Belgique et du Grand-Duché dépassera de beaucoup les besoins
de la consommation et il est à prévoir que l'industrie ardoisière dans les deux pays passera alors
par une très mauvaise période, si, dans l'entretemps, le cours du mark ne se sera pas amélioré
suffisamment pour permettre la vente avec bénéfice en Allemagne.
La France ne pourra pas, après la reconstruction des régions dévastées, servir de débouché
aux produits ardoisiers de l'union belgo-luxembourgeoise. Diverses raisons s'y opposent. La
plus grande fissilité du schiste, les charges sociales beaucoup plus réduites, le travail des femmes
dans les ardoisières et les frais de transport moins élevés assurent aux ardoisières françaises un
prix de revient très favorable et lui permettent un prix de \ente contre lequel nous ne pourrons
jamais soutenir la concurrence. D'ailleurs la France aussi a une production de beaucoup supérieure
à sa consommation normale et elle exportait avant la guerre de fortes quantités.
Comme par suite des baisses continuelles, les prix de vente n'étaient plus en rapport avec
le prix de revient, l'industrie ardoisière a été forcée de réduire les salaires des ouvriers à partir
du mois de juillet en concordance avec les réductions opérées dans les autres industries du pays.
Au mois d'octobre cependant, à la suite d'une grève, une augmentation fut accordée aux ouvriers
qui compensait presque la réduction faite en juillet.
Le recrutement des ouvriers, et surtout des ouvriers au pic du fond, présente toujours de sé-
Ardoises (mille)
28.072
14.010
12.339
7.803
8.488
7.329
9.630
10.079
11.882
Éviers (pièces)
Dalles (m2)
La production a été inférieure de 100 tonnes environ à celle de l'année précédente. Le coût
de la production n'a commencé à fléchir légèrement que vers la fin de l'année, mais sans que la
réduction des irais de revient ait été proportionnelle à la réduction des prix de vente. Les ventes
ont été irrégulières et mauvaises.
La majeure partie de la production a été exportée en France aux prix et conditions du Comp-
toir Céramique. Le droit d'entrée presque prohibitil de 15 % de la valeur des marchandises ne
laissait, dans bien des cas, pas même un modeste bénéfice. L'exportation vers les autres pays du
continent, hormis l'Allemagne, et les pays d'outre-mer notamment, est en reprise, main pour la
dernière période de l'année seulement.
Le nombre des ouvriers, grâce à des sacrifices, a pu être maintenu pendant toute l'année à
230 on moyenne. Les salaires ont subi une réduction vers le mois d'août. Si le recrutement de la
main-d'œuvre n'a pas été trop difficile, la préparation et en général la qualité des ouvriers lais-
saient à désirer.
La situation commerciale de cette industrie, peu satisfaisante depuis quelque temps, ne s'est
pas modifiée par rapport aux années précédentes.
La production de l'usine de Wasserbillig, manufacture de carrelages mosaïques en grés cérame,
la seule usine du pays fabriquant les carreaux céramiques vitrifiés, est en légère augmentation,
quoiqu'elle reste encore bien en-dessous de la production normale. Les prix de production et de
vente ont été moins élevés que ceux de 1920, mais la diminution a été proportionnellement plus
rieuses difficultés et ceci surtout par le fait qu'il s'agit dans cette industrie d'ouvriers spécialistes
et que les jeunes gens de la région ne se décident pas facilement à apprendre ce travail.
La libre entrée des ardoises Luxembourgeoises en Allemagne, garantie par le traité de Ver-
sailles pour une période de cinq ans, est rendue illusoire par le coins défavorable du mark et l'élé-
vation des frais de transport. Une amélioration du change est donc vivement désirée par cette
industrie.
La production des ardoisières luxembourgeoises renseigne les chiffres suivants pour les huit
dernières années
Mosaïques et dallages céramiques.
Faïencerie.
forte pour ces derniers. Pour la vente il fallait continuer à nouer de nouvelles relations, surtout
à l'étranger.
Les prix des matières premières que cette industrie doit importer en grande partie d'Alle-
magne gardent une tendance ascendante, à cause surtout des sanctions qui ont amené la fixation
de prix maxima pour l'exportation en francs français.
En 1921, l'usine occupait régulièrement en moyenne 160 à 200 ouvriers. Des modifications
ne se sont pas produites dans les prix de la main-d'œuvre. L'usine a repris pendant cette année
le travail à la tâche qui a en quelque sorte favorisé la fabrication.
Cette industrie éprouve de grandes difficultés à recruter un nombre suffisant d'ouvrières.
La population des environs préfère le travail des champs et des vignes. Quant aux ouvriers de
la région limitrophe, l'industrie se trouve en présence de la défense d'occuper des étrangers et
des difficultés des passeports. Elle a réussi partiellement à vaincre ces obstacles, mais il importe
qu'elle obtienne encore plus de facilités sous ce rapport.
La production des usines d'Esch-s.-Alz. et de Dommeldange renseigne pour 1921 45.000 tonnes
de ciment et 5.400.000 briques de laitier : alors que la production du ciment est restée au-dessous
de celle de l'année précédente, le nombre des briques de laitier a été sensiblement le même. L'usine
d'Esch a occupé en moyen 159, celle de Dommeldange, 68 ouvriers.
La diminution de la production est due à la crise dont les premiers effets sur l'activité dans
l'industrie des ciments se faisaient sentit en novembre 1920 et qui, pendant le courant de l'année
1921, s'est accentuée progressivement. La fabrication du ciment à l'usine de Rumelange a dû
être arrêtée à partit de décembre 1920; elle n'a pas été reprise depuis. La crise n'a donc permis
à cette industrie que d'utiliser fort incomplètement ses installations qui sont capables de produire
annuellement jusque 100.000 tonnes de ciment.
Les difficultés nées de la situation générale des affaires ont été aggravées, en ce qui concerne
spécialement l'industrie des ciments, par l'isolement économique du pays. Elle a perdu, en effet,
une partie importante de ses anciens débouchés naturels et, sur son propre marché, elle a dû subir
et subit toujours actuellement la concurrence des usines loi raines, qui, protégées par des droits
d'entrée prohibitifs, viennent pratiques dans le Grand-Duché un véritable dumping.
Les négociations qui vont s'engager entre l'Union belgo-luxembourgeoise et la France seront
pour l'industrie du ciment d'une importance vitale. Il dépendra des décisions qui seront prises
si l'orientation nouvelle créera pour elle une situation tolérable du moins, lui permettant une
activité normale.
L'année 1921 n'a pas été plus prospère que l'exercice précédent. Si, d'un côté, le tonnage des
expéditions a été en augmentation, les prix ont baissé par suite du marasme des affaires.
Les espoirs nés des besoins de la reconstitution des territoires dévastés ont été bien vite déçus
Industrie des ciments.
Briqueterie mécanique.
et le maintien des tarifs douaniers entre le Luxembourg et la France n'est pas de nature à faciliter
les exportations. Par ailleurs, la menace de la concurrence allemande et sarroise, provisoirement
écartée par suite du cartel des fabricants, en vigueur jusqu'au 31 décembre 1922, ne saurait à la
longue être atténuée que par rétablissement de droits de douane. Cette mesure serait d'autant
plus légitime que les briques luxembourgeoises paient des droits considérables à leur entrée en
France.
Les expéditions qui, en 1920, étaient de 1.792.000 briques, ont été, en 1921, de 2.988.000
pour les briqueteries de Bettembourg. Ces établissements expédiaient avant la guerre une moyenne
de 5 millions de briques par an. De plus, les autres briqueteries du pays, celles de Mersch et d'Esch-
s.-Alz., n'ont pas travaillé, de sorte que, contre une production annuelle d'avant-guerre de 10 mil-
lions de briques, on n'a pas même atteint 3 millions.
L'année 1921 est caractérisée par le fait que tous les pays dans lesquels la Poudrerie de Lu-
xembourg aurait pu trouver un débouché pour ses produits ont défendu l'importation d'explosifs.
La France a étendu son monopole sur l'Alsace-Lorraine, interdisant strictement l'importation
dans les provinces qui constituaient autrefois notre débouché principal. Quant aux autres pays,
la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, etc., les mesures de protection étaient devenues nécessaires
par suite du danger de l'invasion allemande.
Les produits chimiques nécessaires à la fabrication des explosifs, notamment les produits
azotés, sont fabriqués synthétiquement en Allemagne, et les prix du marché intérieur atteignaient
en 1921 à peine un tiers des prix du marché mondial. Cependant ces mêmes matières premières
ne peuvent être exportées d'Allemagne qu'à des prix légèrement inférieurs aux prix mondiaux
alors que les produits finis, comme les explosifs, dont le prix n'atteint pas en Allemagne la moitié
des prix mondiaux peuvent être exportés avec une majoration de 10% seulement. Le but de ce,
système, qui était la ruine de l'industrie chimique des pays limitrophes, a été vite compris par les
Gouvernements de ces pays, et la conséquence en fut, soit une défense absolue d'importation,
comme pour les explosifs, soit des droits d'entrée prohibitifs.
La Confédération Suisse a aboli le 19 juillet 1921 la défense d'importation des explosifs pour
la remettre en vigueur déjà le 16 septembre. Les considérations qui ont dicté cette mesure s'im-
posent à notre attention: «Par arrêté fédéral du 19 juillet 1921 la défense d'importation des ex-
plosifs et des artifices existant depuis le 7 décembre 1918 avait été rapportée, La conséquence
immédiate de cette mesure est l'inondation de notre pays par des explosifs étrangers et par là
l'arrêt des fabriques d'explosifs suisses. L'étranger (soit l'Allemagne) est à même de fournir des
explosifs en Suisse à des prix inférieurs de 50 % au prix de revient des fabricants nationaux. Mais
ce ne sont non seulement 120 à 130 ouvriers et employés occupés dans les 4 fabriques suisses qui
sont menacés de chômage, mais ce sont également les producteurs suisses de sodium, chlorate et
glycérine qui ont un intérêt vital au maintien de la fabrication des explosifs, de sorte que l'arrêt
imminent des fabriques d'explosifs entraînerait un manque de travail considérable dans l'industrie
chimique. »
Industrie des explosifs.
En rendant libre l'importation des explosifs, le Gouvernement a livré cette industrie pieds
et poings liés à la concurrence allemande. Les conséquences étaient à prévoir. De fortes quantités
d'explosifs allemands ont été importées. Notre production nationale est devenue insignifiante
et a été vendue avec perle.
Il aurait mieux valu pour l'établissement de Kockelscheuer de fermer. Mais l'entretien des
machines et des installations exige le maintien d'une fabrication, quelque restreinte qu'elle soit,
et surtout l'établissement n'a pu se décider à congédier des ouvriers qu'il occupe depuis plus de
20 ans.
La réalisation de l'union économique avec la Belgique permet à cette industrie d'envisager
l'avenir avec plus de confiance.
Tannerie.
La crise aiguë sur laquelle se terminait l'année 1920 s'est prolongée sans interruption pendant
une grande partie de l'année 1921. Une légère reprise commençait à se dessiner vers le mois d'août
et s'est maintenue depuis, mais sans donner une poussée vigoureuse aux affaires.
Les exportations vers la France et la Belgique n'étaient possibles qu'en prenant à sa charge
les droits d'entrée, lesquels, venant s'ajouter aux autres faux frais, portaient le prix de revient
à un niveau qui ne permettait pas à nos tanneries de soutenir la concurrence. Les affaires avec
l'Allemagne devenaient toujours plus difficiles à mesure, que le mark s'avilissait. En 1920, l'Alle-
magne fut encore acheteur de produits finis: elle devenait fournisseur de ces mêmes produits
dans la suite.
Si l'année 1920 nous avait apporté les prix les plus élevés, l'année 1921 nous valut les prix
les plus bas et qui se rapprochaient de ceux de l'avant-guerre. Les prix de 1921 ont passé par les
étapes suivantes
Croupons lissés
Cuit industriel
janvier
fr. 17.10
»
23.00
Mai
12.50
17.50
Décembre
16.00 le kg.
20.00 —
Sur le marché des matières premières nous constatons un développement analogue. Les cuirs
verts, par suite de la crise qui affectait les produits finis, montraient peu d'entrain. Leurs cours
renseignent les fluctuations suivantes
Gros cuirs indigènes
Cuirs de veaux
Janvier
fr.
3.00
»
7.00
Août
2.70
6.00
Décembre
3.50 le kg.
7.60 —
L'année 1920 avait laissé une forte partie d'écorces invendues que nous avons évaluée dans
notre dernier rapport à 350 400.000 kg., et à laquelle venait s'ajouter la récolte nouvelle. La
demande étant faible par suite de l'allure réduite des tanneries, la vente des écorces restait diffi-
cile pendant toute l'année à des prix variant entre 14 et 18 les % kg. Les expéditions étaient entra-
vées par les fiais de transport, si élevés. De faibles quantités ont été placées en Alsace-Lorraine.
Les extraits tannants sont de nouveau employés couramment : aux prix actuels ils sont encore
plus avantageux que les écorces de chêne qui ne peuvent se vendre alors à un prix plus élevé.
Les prix des extraits se sont développés comme suit
L'orientation nouvelle que la tannerie est forcée de donner à ses exportations la met en face
d'un problème assez difficile. Cette industrie étant très développée en Belgique, le marché inté-
rieur de l'Union belgo-Luxembourgeoise n'offre que des ressources très insuffisantes pour alimenter
nos établissements. Et comme le marché allemand présente aujourd'hui de gros aléas, il est vive-
ment à désirer que l'accord spécial à négocier avec la France vienne lui assurer bientôt des
compensations sur le marché français.
Industrie de la chaussure.
La production de la Fabrique luxembourgeoise de chaussures « Falux» varie entre 100 et
125 paires de chaussures par jour. En mai 1921, les nouvelles installations ont été terminées,
mettant l'établissement en mesure de porter sa production quotidienne à 300 paires.
Les prix de production et de vente ont été moins élevés qu'en 1920 par suite de la baisse gé-
nérale des matières premières. Les ventes conservaient une allure courante jusqu'au mois de no-
vembre où les consommateurs luxembourgeois, vivement sollicités par le bas cours du mark,
allaient s'approvisionner en Allemagne. Nos magasins de chaussures, délaissés par la clientèle, ne
pouvaient plus acheter. Ne voulant pas renvoyer sou personnel, l'établissement a travaillé en
stock. Son stock s'élève actuellement à 6000 paires.
Cette industrie a occupé régulièrement 60 ouvriers, à l'exception de la période du 15 décembre,
au 8 février 1922 où les commandes faisaient défaut. Le recrutement de la main-d'œuvre est assez
difficile, la préparation d'un bon ouvrier demandant environ trois ans.
Le seul débouché de l'industrie de la chaussure est le marché intérieur auquel viendra ne
joindre le marché belge. L'Alsace-Lorraine, qui demande justement le genre de chaussure fabriqué
à Luxembourg, nous est fermée actuellement par des droits d'entrée très élevés. Un accord spécial
avec la France qui nous ouvrirait ce marché, permettrait à l'industrie de la chaussure d'augmenter
sa production annuelle de 60.000 paires au moins.
Ganterie.
La situation de la ganterie, si déplorable en 1920 déjà, a abouti au marasme.
Pendant le premier semestre de l'année 1921 le chômage était complet ; pendant le deuxième
semestre, la production atteignait à peine 30 % de celle de l'avant-guerre. La concurrence de
l'Allemagne et de la Tchéco-Slovaquie rend les affaires impossibles,
De tout temps, la ganterie du Grand-Duché se fournissait régulièrement en Allemagne et en
Tchéco-Slovaquie de quantités considérables de peaux de chevreaux qui y abondent. Dans les der-
nières années les Gouvernements de ces deux pays, sous la pression des fabricants de gants et des
mégissiers indigènes, ont défendu l'exportation de cet article. En évinçant ainsi la concurrence
des acheteurs étrangers, les fabricants de gants et mégissiers de ces deux pays peuvent dicter
Extrait de châtaignier
Extrait de Quebracho
Janvier
fr.
110.00
»
155.00
Juin
72.50
110.00
Décembre
77.50 les % kg.
111.00
les prix aux marchands de peaux et se procurer à des prix excessivement bon marché la principale
matière première nécessaire à la fabrication, alors que la ganterie luxembourgeoise est obligée
d'acheter les peaux en France, en Italie et en Espagne à des prix plus élevés de 75 %.
A cela viennent s'ajouter les différences énormes dans le coût de la main-d'œuvre qui sont
absolument fantastiques: elles vont jusqu'à 500 % à cause de la dépréciation du mark et de la
couronne tchéco-slovaque.
Pour comble de malheur, la consommation du gant de cuir a fortement diminué, les dames
ayant puis goût d'aller sans gants aux soirées, aux bals et au théâtre.
Si cet état de choses devait se prolonger, la ruine de la ganterie luxembourgeoise serait irré-
médiable.
Brasserie.
Nous pouvons constater avec satisfaction que, malgré la concurrence si acharnée, la brasserie
luxembourgeoise continue sa marche ascendante. La comparaison des deux derniers exercices
renseigne
pour 1920, une production de 175.000 hl., soit 56 %.
pour 1921, une production de 211.955 hl., soit 6 7 %
de la production normale, c'est-à-dire de la production moyenne des exercices 1913 et 1914, qui
s'élevait à 3 15.000 hl.
Le chiffre des quantités de malt employées par la brasserie est monté de 3200 tonnes à 3660
tonnes, et les droits d'accise acquittés se sont élevés à 1.059.000 fr., dépassant ainsi de 198.000 fr.
ceux de l'exercice précédent.
Les exportations vers la Belgique sont également en légère augmentation.
Toutefois les résultats financiers de la brasserie ont été médiocres par suite de la cherté exces-
sive des matières premières et de tous les articles de brasserie ainsi que de la hausse persistante
de la main-d'œuvre.
La réalisai ion de l'union économique avec la Belgique lui permettra de renouer d'abord avec
sa clientèle belge les relations interrompues depuis 1914, et ensuite, de se créer de nouveaux
débouchés.
Distillerie.
Le nombre des distilleries en activité eu 1921 était de 1188, dont 240 ayant distillé des ma-
tières farineuses, et 943, ayant distillé des fruits.
Il a été produit ensemble 258.100 litres d'alcool pur, dont 205.981 1. provenant de la distil-
lai ion de matières farineuses, savoir: seigle 70.392 l., mais 82.682 l., pommes de terre 611 l., bette-
raves 9 l., méteil 1791 l., sarrasin 1946 l., mélasse 48.550 ]., et 52.185 litres provenant de la dis-
tillation de fruits, savoir : fruits à pépins 36.184 l., quetsches 14 l., vin 754 l., cidre 76 l, lies de
vin 3522 l., mares 5325 l., dattes 2775 l., baies de genièvre 38 l., chicorée 21 l., figues 3476 l.
Les exportations renseignent 64.231 litres d'alcool pur. Les droits d'accise perçus s'élèvent
à 2.581.663,50 fr.
Industrie textile.
La production de tissus des Draperies de Schleifmuhl s'est élevée en 1921 à 1.350.971 fr.,
soit une diminution de 79,31 % celle des tricots à 765.733 fr., soit une diminution de 48,93 %
comparativement à l'année précédente.
En présence de la situation incertaine du marché, engendrée par les fluctuations des matières
premières, la clientèle se réservait pendant les premiers mois de l'année. Les expéditions vers
la France, qui est protégée par des droits d'entrée prohibitif, ont presque tout à l'ait cessé; l'Al-
sace-Lorraine, qui formait autrefois un débouché important, n'avait plus d'intérêt pour les pro-
duits luxembourgeois, tant draperies que tricots.
A l'intérieur, les ventes étaient presque nulles pendant les huit premiers mois. L'industrie
allemande, qui pouvait introduire ses produits sans payer de droits d'entrée, inondait le pays de
tissus, le bas cours du mark lui permettant de produire meilleur marché que les fabricants indi-
gènes. Les consommateurs luxembourgeois allaient l'aire leurs achats à Trêves, à Coblence, à
Cologne, à Mayence, et le commerce de détail, qui souffrait beaucoup de cette situation, se
voyait forcé de remettre ses commandes en Allemagne.
Avec l'introduction du tarif belge, la fabrication et le commerce luxembourgeois commen-
çaient à respirer, surtout que l'Allemagne, vidée, rendait difficile, sinon impossible
exportations
A partir du mois d'août, l'industrie textile recommençait à marcher, tandis que jusqu'à cette
époque elle était forcée de chômer ou de produire en stock. Malgré les ventes des derniers mois,
il restait encore dans les magasins beaucoup de marchandises, fabriquées pendant l'été, dans
l'attente d'un relèvement des affaires.
La Belgique, protégée par des droits d'entrée, n'achetait pas dans le Grand-Duché: ses fa-
briques chômaient également, l'Allemagne, pour les motifs que nous venons d'indiquer, l'inondant
de ses produits à des prix dérisoires. L'Angleterre, qui était autrefois un grand acheteur de nos
tricots, n'achetait rien au début de l'année; le commerce anglais se fournissait eu Allemagne
et l'industrie n'était pas mieux partagée que la nôtre.
Le commerce des laines peut se résumer ainsi: Douze mois d'anxiété, de doute et d'incerti-
tude presque continuels ont été traversés, mais à la fin de l'année l'impression nous reste que,
malgré tout, quelques pas ont été faits sur la route qui mène aux conditions saines et normales.
L'industrie mondiale souffrait des stocks énormes que lui avait légués l'année précédente, en
présence d'une demande restreinte.
A vrai dire, la situation n'a l'ait qu'empirer toujours. L'incertitude au sujet du contrôle des
prix par la British Australian Wool Realisation Association a contribué matériellement à troubler
le marché. Au commencement, les laines du Gouvernement furent limitées sensiblement au-dessus
des prix courants. Le fait est que la séance d'ouverture des enchères fut un fiasco, et des protes-
tations retentissantes se faisaient entendre de la part de l'industrie en général, ayant pour résultat
la réduction des limites vers la fin de la série des ventes. Plus tard, une proclamation sous la loi
des Douanes australiennes interdisait les exportations d'Australie de toute laine non-vendue, à
moins que l'exportateur ne prît l'engagement de ne vendre qu'à la limite convenue, plus le fret
et les frais. Après une expérience de six mois cependant le système fut abandonné.
Les pronostics pour 1922 sont incontestablement meilleurs dans l'industrie textile. La con-
joncture se relève.
Commerce des chiffons. — La crise que nous avons laissé entrevoir dans notre dernier rapport
s'est développée conformément à nos prévisions. La baisse des prix a été subite et inquiétante.
Les détenteurs de stocks, aussi bien dans le Grand-Duché que dans les pays voisins, n'ont pu les
réaliser qu'avec de fortes pertes. L'exportation des chiffons a beaucoup diminué, la baisse des
prix ayant détourné le commerce des achats sur les marchés étrangers. Les chiffons triés ont été
expédiés sans exception à l'étranger.
Vers la fin de l'année les prix se sont raffermis, mais tout en se maintenant à des niveaux assez
bas. Le commerce a repris plus d'assurance et le temps des sautes de prix paraît fini. Si le per-
sonnel occupé au travail des chiffons n'a pu être occupé pendant toute l'année 1921, la situation
sous ce rapport s'est sensiblement améliorée.
Industrie des tabacs.
L'industrie des tabacs renseigne pour 1921 une situation en tous points pareille à celle de
l'année précédente: l'allure de la production ainsi que les prix de revient et de vente n'ont pas
sensiblement varié. Comme la production des tabacs aussi bien que des cigares et cigarettes se règle
sur la consommation intérieure, elle est enserrée dans des limites assez étroites. Les exportations
ne sont pas possibles pour le moment.
Les stocks de tabacs bruts en magasin ne dépassent pas les besoins courants de la fabrication,
la matière brute étant cotée encore à des prix qui n'engagent pas les fabricants à des achats allant
au-delà de ces besoins.
Si la récolte aux Etats-Unis de l'Amérique a été fort éprouvée par la sécheresse exceptionnelle
de l'été, entraînait une tension sur ce marché, les stocks accumulés dans d'autres pays produc-
teurs ont ramené l'équilibre sur le marché des tabacs bruts. Par contre, l'élévation du change sur
Heureusement le marché, pendant la courte période où le système restait en vigueur, fut
bien au-dessus des limites fixées, et celui-ci ne causa aucun inconvénient. Les prix, qui avaient
déjà baissé de 50 à 60 % dans le courant de l'année précédente, continuaient leur mouvement
rétrograde jusqu'au mois de mai où la demande se manifestait plus ample, la confiance com-
mençant à renaître. En juillet survint un recul, dû en partie à la quantité excessive offerte, mais
en septembre la situation générale avait l'air de s'améliorer. A la fin de 1921, les laines mérinos
étaient de 20 à 30 %, les croisés de 35 à 45 % plus bas qu'à la fin de l'année précédente. Les laines
de l'Afrique du Sud avaient baissé de 10 à 15 %.
Le marché des cotons subissait les mêmes fluctuations. Les cotons des Indes se vendaient
Octobre 1920
Janvier 1921
Février
Août
Novembre
5.80 fr. le kg.
4.65 »
»
3.50 »
»
3.75 »
»
6.15 »
»
les divers pays qui nous intéressent ainsi que la cherté des transports continuent à grever les prix
d'acquisition.
Les ouvriers ont été régulièrement occupés. Les prix de la main-d'œuvre se sont maintenus
aux mêmes niveaux que l'année précédente; le recrutement des ouvriers n'a pas présenté de diffi-
cultés.
La réalisation de l'union économique avec la Belgique ne laisse entrevoit aucune amélioration
dans la situation de cette industrie, le régime fiscal à appliquer étant plus compliqué que le régime
auquel elle était soumise jusqu'à présent.
Imprimerie.
Les répercussions de la crise générale sur la marche de l'imprimerie, qui commençaient à se
faire sentir vers l'automne de l'année 1920, se sont accentuées dans le courant de l'année 1921.
La situation, pendant les derniers mois, devenait peu rassurante et rappelait dans ses grands
aspects la crise du commencement de la guerre. Le degré d'occupation laissait fort à désirer dans
la plupart des établissements. En dépit de la convention des tarifs, les imprimeries à court de
travail se disputaient à coups de réductions de prix les ordres, assez difficiles à obtenir.
Les éléments du prix de revient, papier et salaires, n'ont pas suivi le mouvement général de
baisse. Le marché du papier, dominé par les caprices du change allemand, s'abandonnait aux
manœuvres de la spéculation. Le bas cours du mark permettait ainsi à certaines firmes de se pro-
curer des lots de rencontre dans des conditions assez avantageuses, alors que d'autres, qui sont
liées à des approvisionnements plus considérables et surtout plus réguliers, ont profité dans une
mesure moindre des occasions avantageuses qui venaient s'offrir.
Avec les indemnités de vie chère accordées le 1er novembre 1920 les salaires atteignaient leur
point culminant pour se maintenir à ce niveau depuis. Des réductions en concordance avec la
baisse persistante du coût de la vie n'ont pu Cire opérées: à la diminution du coût de la vie on
opposait obstinément les charges nouvelles qui résultent pour l'ouvrier du relèvement des loyers
et des impôts.
Comme les éléments du prix de revient ne se sont guère modifiés par rapport à l'année précé-
dente, l'allure des divers compartiments de cette industrie n'offre aucun changement appréciable.
Le journal souffre du relèvement des taxes postales ainsi que des réductions dans le service
de la distribution des correspondances que l'administration vient d'introduire en vue de réaliser
des économies et dont l'imprimerie fait les frais. Si la situation est demeurée satisfaisante dans son
ensemble, les prix des abonnements sont loin de compenser les nouveaux prix de revient.
Le livre reste négligé. Il n'est pas en mesure de lutter contre la concurrence désastreuse des
imprimeries allemandes qui continue à s'exercer ici à la laveur du bas cours du mark. Le prix de
revient est incontestablement trop élevé pour stimuler la production. Si, avant la guerre déjà,
l'impression des livres n'était guère lucrative, elle ne laisse plus aujourd'hui une sérieuse marge
de bénéfice.
Une amélioration dans le compartiment du labeur de ville, où le travail reste toujours limité
au strict nécessaire, n'est pas à prévoir. L'habitude de remplacer par des annonces les lettres de
faire part, parmi lesquelles les avis mortuaires formaient le plus gros contingent, tend à se répandre
de plus en plus.
Brosserie.
La brosserie, qui a, occupé en moyenne 80 ouvriers, renseigne une production en diminution
sensible pour 1921. Les ventes s'étant ralenties, il est resté des stocks importants en magasin.
Les exportations vers Jos pays voisins ont été enrayées par l'augmentation considérable des droits
d'entrée. Les prix de vente ont suivi la baisse des matières premières.
Les efforts faits en vue de la recherche de nouveaux débouchés ont été couronnés de succès.
Depuis le début de l'année 1922 les affaires ont repris et, à l'heure actuelle, la brosserie est pourvue
de commandes pour un certain temps.
L'union économique avec la Belgique ouvre un nouveau débouché à la brosserie qui, mal-
gré les difficultés d'une orientation nouvelle, envisage l'avenir avec confiance. Comme l'Alsace-
Lorraine formait avant l'armistice un débouché important pour cette industrie, la réalisation d'un
accord spécial avec la France lui offrirait des facilités très appréciables.
Horticulture.
Les rosiéristes ont dû écouler leurs marchandises vers les mêmes pays que l'année précédente,
c'est-à-dire vers les pays à monnaie saine et à change élevé. Comme les stocks n'étaient pas encore
bien grands, tout le disponible a pu se vendre.
Il est à craindre pour l'avenir qu'au fur et à mesure de l'accroissement de la production l'écou-
lement ne devienne plus difficile. A ce point de vue il y a lieu de relever que les États-Unis ne per-
mettent l'importation des nouveautés qu'en vertu d'une autorisation du Gouvernement fédéral
de sorte que le marché vers ce pays est pour ainsi dire nul.
En général le commerce se heurte encore à bien des difficultés, surtout les transports laissent
beaucoup à désirer et nombre de colis arrivent avec des retards considérables. Une grande sur-
prise pour les rosiéristes a été l'augmentation très sensible des tarifs des colis postaux, survenue
alors que les catalogues étaient déjà expédiés, et qui de ce fait a dû naturellement être supportée
par les exportateurs. De même la suppression de la distribution du dimanche a l'ait beaucoup de
tort à raison de l'avance qu'elle donne à nos concurrents des pays étrangers.
Les arboriculteurs et les fleuristes ont pu placer leurs produits dans le pays même. Quant aux
maraîchers ils n'ont réussi à fournir Je marché que médiocrement de légumes à cause de l'extra-
ordinaire sécheresse de la saison passée. Aussi les prix étaient-ils sensiblement en hausse. D'une
manière générale toute l'horticulture s'est ressentie, pendant l'été dernier, de l'extrême sécheresse
qui n'a pas manqué d'entraver ses travaux.
Conserves de légumes.
A la suite des difficultés qui résultent pour la fabrication du renchérissement des matières
premières et de la main-d'œuvre, l'établissement de Beaufort a fermé provisoirement dans l'at-
tente de temps plus propices.
Meunerie.
Tout comme les deux années succédant à l'armistice, le Gouvernement luxembourgeois tenait
en ses magasins et dans les moulins qui travaillaient pour le compte de l'État une provision mini-
mum de 250 à 300 wagons de blé, afin d'assurer, par ces temps encore mouvementés, le ravitaille-
ment en pain de la population. Pendant les quatres premiers mois de l'année 1921, les moulins
ont travaillé pour le compte de l'Office d'achats et de répartition 450 wagons de blé ce qui cor-
respond à environ 80 wagons de farine par mois au lieu de 160 à 170 wagons par mois pendant
l'année précédente.
Les arrivages de blés à Anvers devenant de jour en jour plus nombreux dans la suite, la crainte
de manquer de blé n'était plus justifiée, et le Gouvernement décida de vendre ses stocks à la meu-
nerie. Pour faciliter leur reprise, et afin de simplifier la transaction, la meunerie s'est constituée
en coopérative, dite «Coopérative des meuniers luxembourgeois.»
La reprise des stocks eut lieu le 1er mai. La Coopérative a Fait moudre du 1er mai au 1er juillet
pour son propre compte, mais toujours encore sous le contrôle de l'État, 610 wagons de blé dont
553 formant le reliquat des stocks repris, alors que 57 wagons furent importés par ses ses soins.
Ce fut pour la Coopérative une assez mauvaise affaire, car depuis ce temps les blés ont baissé
énormément par suite de l'excellente récolte de l'année, des grands arrivages de l'Amérique du
Nord et de l'Argentine, ainsi que des ventes publiques des stocks que l'Étal français et l'Étal belge
conservaient en magasin. Les prix des farines baissaient parfois de 4 à 6 fr. par semaine. En égard
à l'importance des stocks achetés à l'État et à la grande difficulté d'écouler ses produits, la mino-
terie indigène a réalisé des pertes considérables sur cette opération.
A partir du 1er août le commerce des blés et des farines devenait libre. Et aussitôt la grande
minoterie belge, en particulier les grands moulins Ricquier-lez-Bruxelles, les grands moulins de
Troisfontaines à Vilvorde, les grands moulins Wyckmael de Louvain, et même les grands moulins
Vilgrain de Nancy, malgré le droit d'entrée de 2 fr. par % kg. de farine, vinrent inonder le
Grand-Duché de leurs produits.
Littéralement écrasée par cette formidable concurrence et n'ayant plus de débouché ni en
Allemagne ni en Lorraine, la meunerie luxembourgeoise a dû ralentir sa fabrication. Depuis le mois
de janvier 1922, elle est pour ainsi dire complètement arrêtée.
Il est incontestable que la meunerie, après l'industrie métallurgique, est l'industrie la plus
importante du Grand-Duché. Quelle sera sa situation le jour où les droits de protection n'existe-
ront plus, c'est-à-dire où les produits de la minoterie belge entreront en franchise de droits? Ne
sera-t-elle pas tout simplement condamnée à disparaître ?
Viticulture et Commerce des vins.
(Rapport présenté par la Commission de Viticulture.)
Il est intéressant de se rendre compte de la genèse des vins de 1921, qu'à bon droit on con-
sidère connue un phénomène dans l'histoire de notre viticulture. A en juger des éléments que four-
nissent les annales viticoles, les vins de la dernière année sont d'une essence tellement rare, que,
dans tout le cours du dix-neuvième siècle, aucun cru de notre Moselle n'a pu y atteindre.
Qu'on se rappelle, tout d'abord, qu'à vrai dire nous n'avons pas eu d'hiver cette année-là.
La température ne descendait que très rarement au-dessous de zéro, et, généralement, il faisait
un temps sec, doux et agréable. La première moitié d'avril était marquée par des jours tellement
chauds et ensoleillés que, dans toutes les côtes de la Moselle, les vignes se paraient déjà d'une
pampre opulente. Les tendres bourgeons étaient fortement développés, quand survint la gelée
néfaste et meurtrière du 15 avril. Pendant les nuits du 15 au 17, le thermomètre notait jusque
- 4°, et la conséquence inévitable était d'anéantir, environ, les 4/5 de toute la récolte future. Ce
furent justement les meilleures vignes, celles dont la végétation se trouvait la plus avancée, qui
furent atrocement ravagées par le fléau. Les dégâts subis par la Moselle dans ces quelques nuits
sont incommensurables, puisque, sans cela, les vendanges de 1921 auraient été prodigieuses par la
quantité, en même temps que d'une qualité tout à fait supérieure.
Le reste de la bonne saison, à partir de la mi-avril jusqu'en octobre, s'est passé dans des con-
ditions très propices pour la véraison du raisin. Les quelques bourgeons épargnés ont pu se déve-
lopper à merveille, et, le beau temps aidant, la floraison a été si prompte à s'effectuer que le cochylis
n'a pu causer de dommage. De même, c'est à peine si le mildiou a fait son apparition, et l'oïdium
a été vigoureusement et efficacement combattu par des soufrages réitérés.
Malgré l'extraordinaire sécheresse de l'année, les raisins ont acquis, sous l'action intense et
continue du soleil, une maturité aussi précoce que parfaite. Jamais on a vu le « Riesling», cep de
haute qualité, atteindre ce degré de saveur et de bouquet comme en 1921. Et c'est, cela qui explique
que les meilleurs de nos crus, à la dégustation, ressemblent si étrangement aux grands vins de la
Sarre et de la Basse-Moselle.
Vers le 20 septembre, le « Kleinborger » était généralement mûr, et c'est, à cette date que les
vendanges se sont ouvertes. Nous avons regretté le zèle intempestif de certains vignerons de hâter
la rentrée de leur récolte, car ce sont les journées d'octobre seulement qui donnent au raisin tout
leur fini et leur bouquet. Au 10 octobre, la cueillette était achevée, ce qui prouve assez combien
le produit en a été maigre. La statistique officielle dressée par les soins du Commissariat de sur-
veillance pour la viticulture a enregistré un total de 2984 foudres, soit environ deux foudres par
hectare, et à peine le 1/5 d'une récolte normale.
La qualité des 1921 formera un chapitre à part, et pour lequel nous sommes en train de réunir
les éléments. M. Medinger, chimiste du laboratoire bactériologique s'attache, justement, à soumettre
à une analyse minutieuse des échantillons très variés recrutés au hasard dans tous les districts
du vignoble. Ce travail achevé, ces données éparses étant coordonnées, les générations futures
trouveront une image aussi fidèle que possible de la constitution des grands vins de 1921. 11
suffira, pour le moment, de relever que la densité des moûts, en automne, variait de 73 à 108
degrés, ce qui répond à une teneur en alcool de 7 à 11 %. Véritable phénomène, ainsi que nous
avons noté à l'ingrès.
Quant au commerce des vins pendant l'année 1921, il faut retenir un fait caractéristique
L'écoulement vers l'Allemagne a été peu actif. Les commerçants d'Outre-Moselle ont enlevé une
fraction seulement des quantités exemptées du droit d'entrée par l'effet du Traité de Versailles.
Le marché belge nous était encore fermé. Néanmoins dix mille foudres, environ, ont pu être placés,
signe manifeste que la consommation de vins s'est fortement accentuée au pays même. T'est avec
une vive satisfaction que les vignerons ont enregistré ce fait qui contient une promesse d'avenir
pour la culture de la vigne.
Vins mousseux.
La maison E. Mercier et Cle profitant de la bonne qualité des vins de 1920, a mis en bouteilles
un stock important au cours de 1921. Par contre, la baisse du mark d'une part et les difficultés
d'importation en Belgique d'autre part, ont arrêté la vente presque totalement pendant quelques
mois, de sorte que les expéditions ont été fort inférieures à celles de l'année précédente.
Le cours des vins en 1921 a été assez favorable. Certaines matières premières nécessaires à
cette industrie, en particulier les bouteilles vides, ont subi une baisse considérable, surtout les
bouteilles venant d'Allemagne. Les prix des autres articles: bouchons, étiquettes, fil de fer, etc
sont restés stationnaires.
Cet établissement a occupé régulièrement 32 ouvriers et 9 ouvrières aux mêmes salaires
qu'en 1921.
Les autres établissements de vins mousseux, qui sont de création récente, renseignent une
production annuelle de 6 à 700.000 bouteilles à laquelle ils emploient en moyenne une cinquan-
taine d'ouvriers.
Établissement thermal de Mondorf-les-Bains.
Le nombre des baigneurs inscrits de la saison 1921 a été de 1777, se répartissant comme suit
d'après leur nationalité: Luxembourgeois 596, Belges 612, Français 522, Allemands 28, Anglais 9,
Américains 4, Néerlandais 1, Irlandais 1, Suisse 1, Argentins 2, Congolais 1. La colonie thermale
de Daundorf pour enfants a accueilli 41 garçons et 31 fillettes.
Les opérations balnéaires, au nombre de 28.829, se répartissent de la manière suivante: bains
de toutes espèces 15.122, douches 4878, sudations 1605, électrisations 106, massages 4675, injec-
tions et irrigations 409, inhalations et gargarisations 715, pulvérisations 1319.
Le montant des recettes des différents ordres s'établit ainsi: cartes de baigneurs (y compris
taxes de linge) 13.275 fr., cartes d'abonnement aux concerts 2325 fr., cartes d'entrée au parc
25.344 fr., cartes de canotage 2071,50 fr., bains, douches, massages, opérations thérapeutiques
60.670,50 fr., frais de cure payés par les établissements d'assurances pour leurs affiliés 5509 fr.,
vente de Peau minérale 12.625,30 fr., produit des concerts et recettes diverses 12.837,83 fr., soit au
total 134.657,83 francs.
Commerce de gros et de détail.
Malgré la disparition des entraves administratives qui s'opposaient au libre développement
du commerce en 1919, et dont plusieurs se sont prolongées encore pendant une partie de l'année
suivante, le retour à une situation normale et parfaitement saine ne s'effectue qu'avec lenteur
et circonspection. Trop d'influence contraires d'ordre économique, social et moral encombrent son
chemin.
Dans ses grands aspects, l'année 1921 rappelle l'année précédente. Si les approvisionnements
dans tous les articles sans distinction étaient suffisants, la crise générale qui affectait les divers
compartiments de la vie économique ne laissait pas que de se répercuter sur le commerce à tous
ses degrés.
Denrées coloniales. — Les premiers mois ont vu se continuer, pour le commerce de gros, la
situation que nous avons constatée vers la fin de l'année précédente. Une forte baisse se produisit
pendant les mois de mai et de juin, qui fut suivie bientôt d'une hausse sensible provoquée par la
sécheresse persistante. Quelques firmes ont pu mettre à profit les brusques variations de la con-
joncture pour faire leurs approvisionnements dans des conditions avantageuses, de sorte que
l'année 1921, prise dans son ensemble, n'a point été défavorable. Le chiffre d'affaires a été satis-
faisant.
Tissus. — La vente au détail des tissus a été particulièrement mauvaise en 1921. Au début
de l'année survint une très forte baisse. Le commerce de détail, qui s'était couvert en marchan-
dises à des prix exorbitants, a vu descendre les prix jusqu'à la moitié des prix antérieurs, et même
au-dessous, et à ces prix il a eu encore du mal à vendre, les consommateurs escomptant la con-
tinuation du mouvement de baisse.
La perte en résultant pour le commerce a été énorme. De plus, son attente de se rattraper
partiellement pendant l'été et l'automne a été déçue, une grande partie de la clientèle ayant cou-
vert ses besoins en Allemagne où l'attirait le bas coins du mark. Uno situation analogue est con-
statée dans la confection.
Chaussure. — Le commerce de la chaussure a eu à souffrir d'un ensemble de circonstances
contraires qui l'accablaient en 1921. Alors que Jos approvisionnements en France et en Belgique
étaient assez onéreux par suite de la, perte sur le franc luxembourgeois, les achats en Allemagne
présentaient de gros aléas résultant de la dépréciation brusque et inquiétante du mark.
Les consommateurs, de leur côté, cherchant à profiter des avantages du change, allaient
s'approvisionner largement sur le marché allemand. A la suite d'une information officielle annon-
çant l'outrée en vigueur de l'union économique avec la Belgique pour le 1er novembre, le commerce
de détail s'empressait de solder avec perte les marchandises achetées à des prix élevés pour s'adapter
à la situation nouvelle, qui devait amener, avec le nivellement du change oscillant alors entre 7 et
8 %, la disparition des droits d'entrée de 10 %. Il y a lieu d'ajouter à ces circonstances contraires
la concurrence si regrettable des magasins de vente improvisés par des firmes étrangères dans
les principaux centres du pays.
Mercerie. — L'année 1921 a été pour le commerce de détail de cette branche la moins favorable
depuis l'armistice. Pondant la saison d'hiver 1920/21 il souffrait des effets de la crise survenue
en automne. La saison nouvelle, pour laquelle on avait escompté une reprise normale des affaires,
fut désastreuse à cause de la chute déconcertante du mark qui drainait la clientèle vers l'Alle-
magne pendant que le colportage s'emparait d'une partie du marché à l'intérieur.
Au surplus, le commerce de la pelleterie, branche apparentée à la mercerie, a été sérieusement
handicapé, à partir du mois d'août, par les droits de 20 % sur la valeur des marchandises impor-
tées de France et de Belgique. Le commerce indigène a été dans l'impossibilité de soutenir la con-
currence avec les villes voisines de Metz et d'Arlon qui étaient en mesure d'offrir, surtout dans
la fourrure de luxe, un avantage appréciable à la clientèle.
Quincaillerie et articles de ménage. — La baisse des prix qui a continué sans interruption dans
ce compartiment n'est pas parvenue à stimuler la demande. Fendant la seconde partie de l'année,
le brusque effondrement du mark attirait la clientèle vers le marché allemand où les articles de
quincaillerie étaient littéralement pris d'assaut. Le public luxembourgeois, pendant cette période,
a fait des provisions exagérées d'articles de ménage: marmites en aluminium, fourneaux et cui-
sinières émaillées, serrures et poignées de portes, ferrements, etc. Le nouveau tarif douanier qui
est entré en vigueur le 1er août n'a pas eu pour effet d'enrayer ces achats dans une mesure appré-
ciable.
Le commerce indigène était complètement délaissé, surtout dans la région frontière, le long
de la Sûre et de la Moselle. Pour empêcher la liquidation totale des stocks, le Gouvernement alle-
mand multipliait les entraves à la sortie des marchandises en augmentant les prix d'exportation.
La quincaillerie luxembourgeoise qui, comme corollaire du Zollverein, avait pris l'habitude de
s'approvisionner presque exclusivement en Allemagne, devait payer à ses fournisseurs des prix
sensiblement supérieurs à ceux payés par le commerce allemand. A cela il faut ajouter que les com-
merçants luxembourgeois ont dû subir encore le reproche mal fondé de bénéfices exagérés.
La Belgique, avec laquelle nous venons de contracter une union douanière, se défend contre
l'importation de la quincaillerie allemande par la surtaxe. Il est difficile de se rendre compte, à
l'heure actuelle, quelle répercussion la situation nouvelle exercera sur les approvisionnements du
commerce luxembourgeois, mais il est peu probable que le consommateur voudra renoncer aux
produits auxquels il s'est habitué depuis de longues années.
Vins et spiritueux. — Le commerce des vins et spiritueux a été assez mouvementé par suite
des changements qui se sont produits en 1921 au point de vue des tarifs douaniers et des accises.
Avant le 1er août, date de la mise en vigueur du nouveau tarif, nous avons assisté à un important
courant d'importation: les cultivateurs surtout, qui pendant, et après la guerre avaient réalisé de
gros bénéfices, ont fait des achats considérables chez les voyageurs et commissionnaires en négli-
geant plutôt le commerce. Depuis cette date, le mouvement s'est ralenti par suite des fortes aug-
mentations des droits d'entrée qu'apportait le nouveau tarif.
L'union économique avec la Belgique vient d'ouvrir un nouveau débouché à nos vins indi-
gènes, mais il n'est guère à prévoir que le commerce proprement dit soit appelé, dans une mesure
appréciable, à servir d'intermédiaire dans leur placement.
Matériaux de construction. — L'atonie du bâtiment a persisté pendant, toute la durée de l'année
1921. L'activité est restée limitée aux constructions édifiées sous les auspices des autorités en vue
d'atténuer la crise si intense des logements. L'initiative privée, par contre, s'est abstenue par suite
de la cherté des matières premières, de la réglementation des loyers et de l'instabilité de notre
situation économique en général. Les transactions ont rencontré les difficultés les plus diverses
dans les sautes du mark pour les achats en Allemagne, dans le change élevé pour les importations
de France et de Belgique, dans les lenteurs des arrivages occasionnées par l'obligation des permis
d'exportation imposée aux fournisseurs étrangers et dans les formalités de toutes sortes pour
l'entrée et la sortie des marchandises.
Vers la fin de l'année, un souffle nouveau commençait à animer cette branche. Les primes
que le Gouvernement et la ville de Luxembourg accordent pour la construction de nouvelles mai-
sons forment un stimulant énergique pour l'initiative privée. Le commerce des bois et matériaux
de construction est donc en droit d'escompter un relèvement lent, mais sûr.
Assurances.
Pendant l'année 1921, le Gouvernement luxembourgeois a accordé son agréation aux trois
compagnies suivantes
1° à la « Luxembourgeoise» pour la branche « incendie», selon arrêté du 5 janvier 1921;
2° à la «Nationale Luxembourgeoise» pour les branches «incendie, vol (garantie), accidents
et transports », selon arrêté du 12 janvier 1921;
3° à « La Paix » pour les branches « accidents, bris de glaces, vol», selon arrêté du 25 avril
1921.
Au cours du même exercice, la Chambre a eu à se prononcer sur 12 demandes d'agréation
parvenues au Département des finances, C'est dire que l'aiguillon de la concurrence force les com-
pagnies concessionnées à rester dans la mesure avec les tarifs et à tenir loyalement les engagements
contractuels. Le fisc, de son côté, ne peut que gagner à la venue de nouvelles compagnies, car dès
le début il louche l'impôt sur le cautionnement légal. Il y a lieu de faire observer que le revenu
de ces cautionnements est imposé au taux imputable au revenu global de la compagnie. C'est ainsi
que jusqu'à ce jour la plupart des grandes compagnies acquittaient le taux maximum de 6 %,
taux qui sera porté à 9 respectivement à 12 %, selon le projet de loi concernant l'impôt général
sur le revenu, projet dont se trouve saisie la Chambre des députés.
Il ne nous est pas encore donné d'apprécier les résultats obtenus au cours de leur premier
exercice par les deux compagnies nationales. Aux termes de la loi de 1891, elles n'ont à publier le
bilan de l'exercice révolu que pour le 30 juin de l'année suivante. C'est donc au compte rendu de
l'année prochaine que nous devons remettre l'analyse de ce premier essai des capitalistes luxem-
bourgeois dans le compartiment des assurances. L'année 1921 n'a en général pas été mauvaise
pour les assurances contre l'incendie, de façon qu'il y a lieu de présager des résultats satisfaisants
pour les débuts des dites compagnies indigènes.
A diverses reprises, la Chambre a cru devoir attirer l'attention du Gouvernement sur l'insuf-
fisance des cautionnements initiaux des compagnies venant débuter dans le pays. Ces cautionne-
ments, fixés dans un arrêté du 20 septembre 1891, et légèrement majorés par un arrêté du 27 mars
1919, ne pouvaient fatalement pas tenir compte de la dépréciation actuelle de l'argent et en corol-
laire des fortes valeurs assurables de nos jours par les nouveaux venus.
Durant la grande guerre mondiale, diverses compagnies d'assurances sur la vie, ayant siège
dans les pays de l'Entente, avaient suspendu tout paiement dans le Grand-Duché, sous prétexte
qu'il leur était défendu de faire le commerce avec l'ennemi. Plus tard, des compagnies allemandes,
se jugeant lésées par l'arrêté de valorisation du 11 décembre 1918, ou, des compagnies hollandaises,
devant leurs excessives pertes sur placements en fonds des empires centraux ont jeté la
panique dans les rangs de leurs assurés locaux, qui ont littéralement assailli le Gouvernement
luxembourgeois. Ils n'ignorent point qu'en matière d'assurances sur la vie, le paiement des primes
est facultatif et que généralement les conditions particulières des polices réservent à l'assuré le
droit d'abandonner le contrat, en le faisant réduire dans la proportion des primes acquittées. Par
contre, certains d'entre eux n'avaient nulle envie d'abandonner la police en cours, quitte à s'as-
surer à une autre compagnie, offrant plus de surface et de garantie pour l'avenir, car il leur impor-
tait avant tout d'être fixés sur le sort du contrat sur lequel ils avaient acquitté de trop nombreuses
annuités.
Le Gouvernement a dû constater que tout aussi bien au cours des procès intentés pendant
la guerre, que durant ceux entamés après la guerre, les garanties légales dans les caveaux de la
Recette Générale n'avaient aucun l'apport avec les engagements momentanés des assureurs locaux.
Aussi le Directeur général des finances, par un arrêté du 24 mars 1921, a-t-il sérieusement remanié
l'arrêté du 20 septembre 1891, portant règlement pour l'exécution de la loi sur la surveillance des
opérations d'assurances.
Le nouvel arrêté fixe les minima suivants
200.000 fr. pour les assurances sur la vie;
200.000 fr. pour les assurances contre l'incendie;
100.000 fr. pour les assurances contre les accidents;
50.000 fr. pour les autres branches,
ces cautionnements à compléter jusqu'à concurrence du double du montant annuel des primes.
Pour les assureurs opérant sur la vie de l'homme, l'arrêté du 24 mars 1921 leur impose l'obligation
de consigner une somme égale au montant des réserves mathématiques et de la réserve de garantie.
Sans vouloir entrer dans le détail du calcul de ces fonds de réserves, il y a lieu de faire observer,
que par la nouvelle mesure, l'assureur sur la vie de l'homme déposera dans les caisses de l'État
la valeur approximative du moment de tous les contrats en cours. Cette valeur augmente bien
entendu d'année en année selon le nombre des annuités libérées sur chaque contrat. En cas de cata-
clysme financier, les assurés luxembourgeois sauront qu'un gage spécial, sérieux cette fois-ci, se
trouve entre les mains du receveur général. Ce gage n'est autre chose que la réserve calculée en
bon père de famille par les actuaires des compagnies, lesquels doivent de longue haleine préparer
sérieusement leurs échéances. Les prospectus des compagnies d'assurances annoncent dans des
réclames ronflantes l'importance de ces réserves, lesquelles existent, puisqu'elles sont sévèrement
contrôlées par les commissaires de surveillance. Le Gouvernement luxembourgeois préfère à bon
droit les voir dormir dans les caveaux de la Recette Générale plutôt que dans ceux du siège de la
compagnie. Les obligations des assureurs étant, sauf de rares exceptions, stipulées en francs luxem-
bourgeois, le Département des finances a sagement prescrit la constitution des cautionnements
en titres de la dette publique ou en obligations des communes, d'établissements d'utilité publique,
ou de sociétés de chemins de fer indigènes. Cet arrêté forçait subrepticement les compagnies prati-
quant la branche vie, à recruter d'importants paquets de valeurs luxembourgeoises, introuvables
sur le marché, et par un arrêté modification du 2 août 1921, Monsieur le Directeur général des finances
a concédé l'admission pendant un délai de 5 ans, de titres au porteur qui sont émis en une monnaie
jouissant d'un taux du change égal ou supérieur aux valeurs luxembourgeoises. Les garanties
seront donc dans le numéraire des stipulations contractuelles. L'assuré luxembourgeois ne risquera
plus de pâtir des perturbations dans les changes des pays environnants, si une nouvelle guerre
européenne devait jeter le désarroi dans l'équilibre européen dont nous avons jusqu'à ce jour vai-
nement attendu le complet rétablissement.
Assurances sociales.
Résumé des opérations de la période 1911—1921.
a) Assurance-accidents (Section industrielle).
Recettes
fr. 1.775.905
2.131.957
2.002.575
2.182.449
1.920.344
2.623.790
2.876.018
3.692.136
3.939.636
4.020.525
5.423.793
Indemnités
payées
fr.
832.299
916.695
1.066.242
1.217.845
1.303.281
1.478.655
1.738.579
2.131.588
2.458.212
2.494.144
3.137.675
Frais de
traitement
fr.
74.342
95.073
116.356
87.604
86.735
111.855
191.225
248.493
302.620
284.014
325.360
Frais d'ad-
ministration
fr.
81.670
83.252
94.826
90.239
77.656
78.302
102.555
127.677
148.156
245.970
256.924
b) Assurance-vieillesse et invalidité.
fr. 1.288.157
1.280.642
1.734.832
1.601.814
1.665.114
2.422.073
2.904.532
3.073.818
4.290.296
5.889.490
fr.
37.523
52.812
69.275
109.162
145.780
185.318
243.829
292.329
333.603
386.383
fr..
8.664
33.806
57.110
157.472
186.783
326.400
785.696
623.839
814.156
859.877
fr.
81.559
51.258
75.524
71.606
88.205
139.238
202.737
197.923
350.880
352.052
c) Assurance-maladie.
fr.
Recettes
2.323.483
2.487.327
2.552.558
2.099.000
1.943.263
2.355.953
2.861.672
4.679.286
5.152.605
5.566.615
fr.
Indemnités
payées
867.624
943.132
1.027.454
847.813
694.315
871.066
1.234.003
2.581.193
1.902.107
1.507.032
fr.
Frais de
traitement
900.649
1.016.489
1.139.544
939.564
845.830
1.022.902
1.141.964
1.292.043
1.520.607
2.134.590
Frais d'ad-
ministration
fr.
86.292
93.870
92.128
79.499
79.108
84.598
95.312
173.220
186.328
233.527
Nombre des prêts réalisés
Montant des prêts réalisés
Import sur prêts non encore touché
Amortissements opérés
Remboursements anticipés
Montant en capital des prêts encore en
cours
Valeur nom. des oblig. en circulation
Val. nom. des oblig. déposées contre certif.
nominatifs
1er avril
fr.
66.426.565
228.000
13.232.360
17.654.357
35.539.848
35.830.300
14.995.400
1er juillet
fr.
66.696.065
224.000
13.415.592
17.911.510
35.368.963
35.830.300
15.045.000
1er octobre
fr.
67.567.365
343.000
13.764.549
17.974.321
35.828.496
35.830.300
14.611.200
1er janvier 1922
fr.
68.953.115
628.119
13.980.952
18.105.029
36.867.134
35.830.300
14.423.000
II. — Caisse, d'épargne.
Avoir des déposants
fr.
Nombre des versements du
trim
Montant des versements du
trim.
fr.
Nombre des remboursements du trim.
Montant des remboursements du trim. fr.
Nombre des livrets en cours
Avances aux Caisses de crédit agricole et
professionnel
fr.
Avances au service des Habitations à bon
marché
fr.
Avances en compte crt. aux communes
et Syndicats intercommunaux
fr.
157.361.037
24.180
18.967.399
16.873
11.593.271
127.493
37.899
2.208.877
20.065.170
168.501.761
17.126
14.524.341
8.841
7.481.841
128.601
22.937.573
2.837.589
40.148
168.931.500
13.315
10.196.167
10.105
9.775.858
128.279
17.723.452
3.268.562
44.127
175.520.359
68.894
53.834.273
45.516
37.227.931
128.987
18.998.070
3.487.485
52.279
Année 1921
Crédit foncier et Caisse d'épargne.
Les opérations du Crédit foncier, de la Caisse d'épargne et du Service des Habitations à bon
marché, d'après les relevés trimestriels, renseignent le mouvement suivant pour l'année 1921
1. — Crédit foncier.
III. — Service des habitations à bon marché.
Nombre des preis réalisés
Montant des prêts réalisés
Import sur prêts non encore touché
Amortissements opérés
Remboursements anticipés
Montant en capital des prêts encore en
cours
Primes versées a la Comp. d'assurances .
1er avril
fr.
6.859.690
1.208.350
2.214.346
1.152.701
3.492.643
358.445
1er juillet
1er
octobre
fr.
7.182.490
849.000
2.281.184
1.187.131
3.723.174
379.980
fr.
7.428.640
562.550
2.341.774
1.201.977
3.884.889
396.551
1er janvier 1822
fr.
7.790.140
584.100
2.411.996
1.222.077
4.156.067
414.604
Banque Internationale.
Le rapport présenté par le Conseil d'administration s'exprime ainsi
Dans notre rapport sur l'exercice précédent, nous faisions allusion déjà à la crise générale
qui sévissait dès cette époque. Cette crise, dont les causes d'ordres divers vous sont trop connues,
pour que nous nous y étendions ici, n'a pas cessé depuis lors, interrompue seulement de temps à
autre par de très courtes périodes d'activité relative.
Noire petit pays n'a pas moins souffert que ses grands voisins de l'ouest, avec cette circons-
tance aggravante que, de par son régime monétaire spécial, tout ralentissement dans ses expor-
tations menaçait son change d'une débâcle. Ce n'est que grâce aux larges crédits en devises étran-
gères et, principalement en monnaie belge, accordés par les banques locales à leur clientèle, que
les importations ont pu être réglées, sans provoquer une baisse trop sensible du franc luxembour-
geois. Mais il va de soi que, pour être en état d'allouer de tels crédits, les banques ont dû, de leur
côté, solliciter le concours de leurs amis à l'étranger, concours qui leur a été apporté clans la plus
large mesure.
L'année 1921 a été marquée par un événement capital qui mettra fin aux graves inconvé-
nients suscités par notre système monétaire dans nos rapports avec les autres nations: la conven-
tion scellant l'Union économique entre le Luxembourg et la Belgique a été signée à Bruxelles le
25 juillet 1921 et a été ratifiée depuis par les pouvoirs législatifs.
Souhaitons que les accords qui, au point de vue économique, lient notre sort à celui de la
Belgique, produisent les plus heureux effets pour les deux pays!
Bilan au 31 décembre 1921.
Actif
Réalisable
Espèces en caisse
Avoir chez nos correspondants
Effets à recevoir
Comptes courants débiteurs
Portefeuille Titres et Participations
Immeubles
Immobilisé : Immeubles
Comptes d'ordre
Dépôts de titres
Compte spécial (loi du 12 avril 1920)
fr.
»
7.825.729 48
21.774.704 93
25.022.258 29
56.164.166 12
9.981.628 16
410.705 20
fr.
»
»
fr.
121.179.192 18
1.666.621 81
20.069.473 91
91.420.120 36
34.453.893 99
268.789.302 25
Passif
Envers la société
Capital
100.000 actions privilégiées de 250 fr. .
100.000 actions ordinaires (sans désignation de valeur).
Réserves
Réserves statutaires
Réserve extraordinaire
Envers les tiers
Effets à payer
Emission de billets
Dividendes non réclamés
Comptes courants créditeurs
Comptes d'ordre
Déposants de titres
Profits et Pertes
fr.
»
fr.
»
202.092 35
1.865.309 24
1.377.223 36
6.250.000 00
33.647 43
121.221.922 11
fr.
fr.
fr.
»
»
fr.
25.000.000 00
2.067.401 59
128.882.792 90
20.069.473 91
91.420.120 36
32.192 03
1.317.321 46
268.789.302 25
Le nombre des marques de fabrique déposées s'élève à 393, se répartissant comme suit d'après
la nationalité des déposants
Statistique douanière.
La Chambre de commerce n'est pas en mesure de joindre au présent rapport la statistique
douanière pour l'année 1921, l'Administration des douanes n'ayant pu établir cette statis-
tique par suite des difficultés de la période de transition.
Luxembourgeois
Français
Belges
Allemands
Autres nationaux
Propriété industrielle.
Le nombre des brevets d'invention déposés en 1921 s'élève à 482, se répartissant comme suit
d'après la nationalité des déposants
Luxembourgeois
Français
Belges
Allemands
Autres nationaux
Tableau des importations en Allemagne
effectuées en vertu de l'art. 268 c du Traité de Versailles pendant la lre année
(15 septembre 1920 au 15 septembre 1921)
Les certificats d'origine annulés ou non utilisés ont portés en déduction
Liste des contingents
Spécification
Minerais
Fonte brute et marchandises en fonte
Acier laminé et forgé et marchan-
dises en acier
Cuivre laminé et moulé et objets en
cuivre
Fonte et acier moulé
Constructions métalliques et mé-
caniques
Mitrailles de for et de fonte
Scories Thomas
Ciments, briques de laitier
Tuiles en ciment
Ardoises
Chaux en pierres et cuite, plâtre,
dolomie
Pierres de taille, pavés
Poudre de mine ordinaire, explosifs
brisants
Goudron
Chapeaux de paille
Paillons pour bouteilles
Bouchons de liège
Cirages
Os
Déchets de laine et de coton, chiffons
Tissus de, laine et de coton, draps,..
Velours de coton
Confections, à l'exclusion des mar-
chandises en soie
Bonneteries, à l'exclusion des mar-
chandises en soie
Peaux de chèvres
Cuirs
Déchets
de cuir
Gants de peaux
Plantes vivantes, rosiers
Quantités
844.000 tonnes
690.000
»
540.000
»
»
6.720
»
5.000
»
59.000
»
172.000
»
»
»
15.200
»
30.292
»
13.364
»
»
»
150.000 pièces
1.000.000
»
1 tonne
»
»
1.000
»
»
»
»
»
8.280 pièces
2.000 tonnes
»
1500 dz. de paires
1.500.000 pièces
Certificats d'origine
délivrés par la
Chambre de commerce
*)
Le régime des certificats d'origine a été
supprimé à partir du mois de mars.
56.106 tonnes
100.015
»
0.2 »
»
344.5 »
22.726
»
131.075
»
»
5.261
»
30.292
»
8.390 pièces
80.000
»
0.1 t.
»
»
2.7 »
0.05»
0.2 »
1.008.5 »
0.1 »
6 douz.
87.246 pièces
Quantités
non utilisées
633.894 tonnes
439.985
»
73.8 »
5.862
»
4.655.5 »
36.274
»
41.725
»
9.939
»
141.610 pièces
920.000
»
26.9 t.
»
»
215.3 »
16.95 »
62.8 »
991.5 »
125.9 »
1.494 douz.
11.412.795 pièces
Composition de la Chambre de Commerce.
La Chambre de commerce était composée en 1921 comme suit
Président: M. Léon Metz, maître de forges à Esch-s.-Alz.
Vice-Président: M. Joseph Würth, directeur de la Banque Internationale à Luxembourg.
Membres: MM. Charles Bech, négociant à Diekirch; Sébastien Buchholtz, négociant à Esch-
s.-Alz.; Robert Collarl, maître de forges à Dommeldange; Eugène Dondelinger (1), négociant à
Kayl; Max Duchscher, industriel à Wecker; Henri Funck, brasseur à Neudorf; Joseph Glesener,
industriel à Hollerich; Emile Godchaux, directeur des Draperies Schleifmuhl à Pulvermuhl; Pierre
Basiert, meunier à Luxembourg-Grund; Lucien
Hess-Wolff,
tanneur à Bettembourg; le Baron
Auguste Jacquinot, industriel à Bettembourg; Léon Klensch, directeur d'assurances à Luxem-
bourg; Michel Knaff, négociant à Luxembourg; Joseph Lambert, tanneur à Wiltz; Paul-Joseph
Muller(2),
directeur de la faïencerie à Septfontaines; Maurice Pescalore, ancien directeur de la
faïencerie de Septfontaines à Septfontaines; Albert Reinhard, fabricant de ganta à Luxembourg;
Niels Reining, fabricant de tabacs à Luxembourg; Emile Schrœll, imprimeur à Luxembourg;
Constant Soupert, rosiériste à Limpertsberg; Paul Würth, ingénieur-constructeur à Luxembourg.
Secrétaire: M. J.-P. Sevenig, professeur de sciences commerciales à Luxembourg.
Luxembourg, le 26 mai 1922.
LA CHAMBRE DE COMMERCE
1) Nommé membre par arrêté g.-d. du 21 octobre 1921, en remplacement de M. Sébastien Buchholtz, décédé.
2) Nommé membre par arrêté g.-d. du 17 décembre 1921.
45a
45b
45c
Tabac
Céréales
Pommes de terre
Conserves de légumes
Fruits
Confitures
Semences de trèfle et autres
Chevaux
Bovins
Porcs et porcelets
Vins
Vins mousseux
Eaux minérales
Bière
Eaux-de-vie
Cidre
Lait, beurre, fromage
Malt
Ecorces à tan
Poterie cuite en grès
Pièces d'architecteure en grès
Pavés en grès ou grès cérame
Carreaux céramiques en grès cuits.
en grès ou grès cérames
50 tonnes
3.816
»
10.600
»
»
9.000
»
»
»
1.350 pièces
2.520
»
17.280
»
50.000 hl.
670.000 litres
160.000 bout.
500 hl.
.1.440 hl.
700 »
225 tonnes
»
3.825
»
»
7.101
»
»
2.800 tonnes
0.2 »
0.5 »
80.6 »
1.182 pièces
47.434 hl.
42.587 litres
437 bout.
1.421 hl.
3 »
54.2 t.
454.7 »
»
7.800 tonnen
8.999.8 »
35.5 »
299.4 »
168 pièces
2.566 hl.
527.413 litres
159.563 bout.
19 hl.
697 »
606.8 t.
6.646.3 »
Le Secrétaire,
J.-P.
SEVENIG.
Le Président,
Léon METZ.
Le rapport
prémentionné
sera publié comme annexe au Mémorial
Luxembourg, le 27 mai 1922.
Le Directeur général de l'agriculture,
de l'industrie et de la prévoyance sociale,
R. DE WAHA.
Avis. — Association syndicale.
Conformément à l'art. 2 de la loi du 27 mars
1900, la société locale agricole de Biwer a déposé
au secrétariat communal de Biwer l'un des
doubles de l'acte d'association sous seing privé
dûment enregistré ainsi qu'une liste indiquant
les noms, professions et domiciles des adminis-
trateurs et de tous les associés.
Luxembourg, le 28 mai 1922.
Le Directeur général de l'agriculture,
de l'industrie et de la prévoyance sociale,
R. DE WAHA.
Beschluß vom 27. Mai 1922, betreffend die
Veröffentlichung des allgemeinen Berichtes
der Handelskammer für das Jahr 1921.
Der General-Direktor des Ackerbaus,
der Industrie u. der sozialen Fürsorge
Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der
Handelskammer über die Lage des Handels
und der Industrie des Großherzogtums während
des Jahres 1921;
Beschließt
Einziger Artikel. Erwähnter Bericht soll als
Beilage zum „Memorial" veröffentlicht werden.
Luxemburg, den 27. Mai 1922.
Der General-Direktor des Ackerbaus,
der Industrie und der sozialen Fürsorge,
R. de Waha.
Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaft.
Gemäß Art. 2 des Gesetzes vom 27. März
1900 hat der landwirtschaftliche Lokalverein von
Biwer auf dem Gemeindesekretariat von Biwer
ein Duplikat der gehörig einregistrierten Privat-
urkunde betreffs des Genossenschaftsaktes nebst
einem Verzeichnis hinterlegt, das Namen, Stand
und Wohnort der Verwaltungsräte sowie sämt-
licher Mitglieder angibt.
Luxemburg, den 28. Mai 1922.
Der General-Direktor des Ackerbaus,
der Industrie und der sozialen Fürsorge,
R. de Waha.
Caisse d'Épargne. — A la date du 16 mai 1922, les livrets nos 71609, 81797, 174033, 252621,
252622 et 255156 ont été déclarés perdus. Les porteurs des dits livrets sont invités à les présenter
dans la quinzaine à partir de ce jour, soit au bureau central, soit à un bureau auxiliaire quelconque
de la Caisse d'épargne et à faire valoir leurs droits.
Faute par les porteurs de ce faire dans le dit délai, les livrets ou question seront déclarés annulés
et remplacés par des nouveaux.
Luxembourg, le 29 mai 1922.
Victor Bück, LUXEMBOURG.
Annexe au N° 43 de 1922.
PENDANT L'ANNEE 1921.
L'année 1921 ne laisse nul regret. Si, dans le passé, il y a eu sans doute des moments de ten-
sion plus forte et des crises plus aiguës à surmonter, on n'a pas gardé le souvenir d'une année où
les difficultés à vaincre aient été plus constantes et plus variées et où l'état général du commerce
ait présenté un aspect plus inquiétant.
Sur les marchés d'exportation régnait un désarroi voisin du chaos. Une grande partie de
l'Europe formait virtuellement un marché fermé. Les incertitudes continuelles sur la politique
internationale ainsi que les violentes fluctuations du change augmentaient les troubles et les per-
plexités du commerce. On estime, à l'heure actuelle, que le volume total des échanges interna-
tionaux ne dépasse pas la moitié de ce qu'il fut avant la guerre.
Au printemps 1920 le baromètre commercial commençait à descendre. La baisse, en gagnant
toujours en ampleur, arrivait à la fin de l'année à un niveau qu'on croyait ne pouvoir être dépassé.
Contrairement à toute attente, la diminution des affaires a continué sans interruption pendant
une grande partie de l'année 1921. La situation, depuis l'automne, n'a pas empiré cependant.
Le fond de la dépression était visiblement atteint: une légère reprise se dessinait dans une série
de branches.
Memorial
des
Großherzogtums Luxemburg
Mémorial
du
Grand-Duché de Luxembourg.
Situation de l'Industrie et du Commerce
RAPPORT GÉNÉRAL
SUR LA
Considérations générales.
Un concours de circonstances adverses paralysait toute espèce d'activité commerciale. La
diminution du pouvoir d'achat d'une partie importante de la population mondiale a eu pour effet
de diminuer le pouvoir d'achat du monde entier. Cela est d'ailleurs dans l'ordre naturel des choses.
Il n'est pas possible de diviser le monde industriel en compartiments étanches, la prospérité régnant
dans un domaine tandis que l'autre reste dans le dénûment. Toute interruption de la continuité
de la production ou de la consommation désorganise la machine entière.
Ces difficultés intrinsèques du marché mondial s'exaspéraient par le retour au système des
prohibitions, un des plus funestes héritages que nous ait laissés la guerre, et par le relèvement
inconsidéré des barrières douanières. Les prohibitions franches ou occultes, la multiplicité et l'in-
cohérence des tarifs douaniers empêchaient le rétablissement des courants commerciaux naturels.
L'interdépendance des marchés, conséquence nécessaire des contiguïtés géographiques, de la
variété des ressources du sol, de la division spontanée du travail entre les diverses régions, était
radicalement détruite.
Le protectionnisme a pris en Europe les proportions d'une calamité publique. La solidarité
qui unit la production et la consommation est abandonnée. Un protectionnisme outrancier, aveugle
sévit, aussi funeste que la guerre, car entre les deux maux, la guerre par les armes et la guerre
par les monopoles, s'il existe quelque différence, elle n'est certainement pas en faveur de la pro-
tection, et les engins de guerre les plus redoutables n'ont pas la puissance destructive d'un tarif
douanier.
La constatation des ravages exercés par ce retour brusque autant que violent au régime pro-
tectionniste a amené la sous-commission économique de la Conférence de Gênes à vider le texte
suivant: « Quelle que soit la valeur des raisons d'ordre économique ou financier que certains États
font valoir dans les circonstances exceptionnelles où ils se trouvent pour maintenir ou instituer
des prohibitions ou restrictions à l'importation ou à l'exportation, on reconnaît que ces mesures
constituent un des obstacles les plus graves qui s'opposent à l'heure présente au commerce inter-
national. Il conviendrait, en conséquence, de ne rien épargner pour les réduire le plus tôt possible
au strict minimum.»
Concurremment avec les entraves protectionnistes, les brusques et continuels soubresauts
du change, en enlevant toute base stable aux transactions, ont constitué un grave obstacle au
développement du commerce international. La crise des changes effrayait par son acuité et sa
généralité: c'est elle qui forme encore aujourd'hui le problème le plus grave et le plus com-
plexe qui se pose devant le monde.
Tous les pays industriels ont subi les effets fâcheux des exportations forcées de l'Allemagne;
tous les marchés ont été troublés par la dépréciation catastrophale du mark. Pour assurer une
production peu coûteuse, l'Allemagne doit payer des salaires moins élevés que les autres nations
pour un même travail : elle y arrive en dépréciant le mark sur le marché étranger, de façon à main-
tenir sa valeur intérieure supérieure à sa valeur extérieure. Tant que cette différence de valeur
existe, il y a une prime sur les exportations allemandes, et comme la pression en vue d'obtenir
paiement des réparations continue, la dépréciation progressive du mark ne peut être empêchée.
Aujourd'hui, la situation économique dans son ensemble, est certainement meilleure qu'il
y a un an. Les prix se sont tassés et les stocks qui encombraient le marché ont été liquidés. Le
travail, moins rétif, est plus disposé à s'adapter aux conditions nouvelles. La collaboration entre
le capital et le travail est plus confiante, les bénéfices et les salaires reposent en général sur une
base économique plus ferme.
Sur notre marché national si restreint nous retrouvons, atténuées ou accentuées, toutes les
caractéristiques du marché mondial, avec un élément en plus: l'isolement économique. L'activité
industrielle et commerciale était dominée par cet isolement qui, en entretenant un état d'insta-
bilité et d'incertitude, pesait sur les transactions et paralysait les initiatives.
Toutes nos industries, à de rares exceptions près, vivent d'exportation. L'exiguïté de notre
territoire suffirait pour expliquer ce fait: l'intensité des échanges extérieurs d'une entité écono-
mique est nécessairement en raison inverse de son étendue. Le marché intérieur du Grand-Duché,
fortement concurrencé encore par l'étranger, contre lequel il n'était qu'insuffisamment protégé
jusqu'à la mise en vigueur anticipée du tarif belge, n'offrait que des ressources très précaires,
extrêmement limitées. Les marchés étrangers, par contre, à l'abri de leurs droits d'entrée, souvent
prohibitifs, se dérobaient de plus en plus.
Le relèvement considérable des droits de douane en France surtout portait un coup sensible
à nos exportations. Nos industries étaient dans l'impossibilité de travailler, dans la mesure de
leurs moyens de production, ce marché qui semblait offrir un vaste champ à leur activité pour la
reconstruction des régions dévastées. Si les industries des terres et des pierres ont continué à placer
un fort contingent de leur production en France, les expéditions en produits métallurgiques ont
beaucoup diminué après le relèvement des coefficients de majoration. Le marché belge, plus res-
treint et protégé également par des droits d'entrée assez élevés, se montrait assez réservé.
Quant au marché allemand, les avantages que l'art. 268 c du traité de paix accorde à l'im-
portation des produits originaires et en provenance du Grand-Duché devenaient illusoires à la suite
de l'effondrement du mark. Le mouvement des exportations vers l'Allemagne, assez actif au début
du nouveau régime, baissait parallèlement avec le cours du change. Les demandes allemandes
portaient de préférence sur les produits non-ouvrés, les produits finis étant plutôt délaissés.
L'incertitude au sujet de nos destinées économiques a mis nos industries dans l'obligation de
rechercher des marchés plus lointains où elles se heurtaient généralement à la concurrence des
pays à change avarié. Depuis l'armistice, elles poursuivent résolument, à travers des difficultés
sans nombre, leur travail d'adaptation aux nouveaux courants du commerce mondial.
Dans la métallurgie, qui résume à elle seule une grande partie de l'activité nationale, nous
constatons une augmentation, paradoxale en apparence, de la production
Fonte
Acier
2.547.861
t.
1.182.227 »
692.935 t.
569.545 »
970.336 t.
750.974 »
Cette situation trouve son explication dans les facilités qu'offrait le marché du coke à la suite
de la diminution de la production dans les centres métallurgiques voisins. Nos usines ont saisi cette
occasion pour étendre leur production et diminuer ainsi le prix de revient par la répartition des
frais généraux sur un plus fort tonnage. Toutefois, les bilans de nos sociétés métallurgiques ne
sont rien moins que favorables.
Les autres industries ont été influencées, à un degré très variable, par les répercussions de la
conjoncture mondiale et par l'isolement économique du pays. Leurs résultats financiers, à, peu
d'exceptions près, ont été assez médiocres.
Le marché du travail, après le violent spasme du mois de mars, qui a conduit à la suppression
des conseils d'usines, a retrouvé son calme. Néanmoins, l'activité industrielle continue à se res-
sentir des effets de la limitation de la durée du travail.
La journée de huit heures, brus-
quement introduite par une sorte d'improvisation gouvernementale, a profondément bouleversé
les conditions de la production industrielle et de l'activité commerciale. Ses répercussions sur les
frais de main-d'œuvre qui se trouvent à la base du relèvement du prix de revient et par consé-
quent des prix de vente ont été multiples. La réglementation trop rigide, souvent excessive dans
ses applications, devrait faire place à une compréhension plus saine des nécessités du moment,
à une adaptation plus raisonnable de la durée du travail à l'organisation industrielle.
Le commerce de détail, vers la fin de l'année surtout, a cruellement souffert de la concurrence
allemande favorisée par le bas cours du mark. Alors que l'Allemagne se vidait, le commerce de
détail luxembourgeois était complètement délaissé. Pendant un long temps, le centre commercial
du Grand-Duché lut à Trèves où des théories interminables d'acheteurs luxembourgeois allaient
s'approvisionner chaque jour de vêtements, de chaussures, d'articles de ménage, de coutellerie,
de maroquinerie, de bimbeloterie, de papeterie et, d'une manière générale, de tout ce qui était
à vendre, jusqu'aux choses les plus futiles et les plus inutiles.
Notre change ne s'est point amélioré durant l'année écoulée ainsi que le démontre suffisam-
ment le tableau ci-après des cours moyens approximatifs des francs français et belges à Luxem-
bourg
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Francs français
1015/8
104½
1073/8
106¼
1053/1
106½
1065/8
1063/1
Francs belges
1063/1
1071/8
1/1
106¼
105¼
103½
1051/1
1051/1
1027/8
L avenir, sous ce rapport, se présentera, il est vrai, sous un jour plus favorable. L'échange
monétaire prévu par l'accord conclu avec la Belgique, nous procurera bientôt des billets belge
Quant aux 200 millions de marks allemands provenant du retrait de la circulation allemande,
ils suivront le sort des milliards détenus par la Belgique, et il y a peu de chance pour le pays de
pouvoir escompter une solution favorable à ses intérêts, l'Allemagne ne paraissant guère disposée
à reprendre au pair ces milliards.
Notre situation financière s'est encore aggravée considérablement et nos pouvoirs ne sem-
blent pas se rendre compte, malheureusement, des lourdes responsabilités qu'ils encourent en
n'adaptant pas une politique financière saine et raisonnable ayant pour effet principal de com-
primer énergiquement les dépenses et de modifier dans un sens équitable les lois fiscales draco-
niennes menaçant si gravement nos intérêts économiques les plus légitimes.
Il est vrai que le Grand-Duché n'est pas seul à souffrir de l'exagération des dépenses et de
l'accroissement inquiétant du travail improductif. La compression des dépenses publiques, tant
de l'État que des communes, figure, dans la plupart des pays, au premier plan des revendications
politiques. C'est en effet l'exagération des dépenses publiques qui, par répercussion, grève la pro-
duction; c'est la pléthore des emplois et des employés publics qui alourdit le jeu de l'administra-
tion et détourne une forte partie du travail humain de son véritable but, la production des richesses,
et augmente le travail improductif dans des proportions inquiétantes.
Les nombres-indices établis par l'Office de statistique renseignent pour 1921 une augmen-
tation progressive du coût de la vie qui a atteint son point culminant vers la fin d'octobre. Une
légère détente se manifeste à cette époque. La courbe descend rapidement. Vers le 1er mars 1922
l'indice tombe déjà au-dessous du niveau atteint le 1er juin 1921 pour accuser dans la suite sa
tendance
à l'amélioration
Juin 1921
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier 1922
février
Mars
Avril
Mai
Un événement d'une portée considérable pour l'avenir de l'industrie et du commerce du
Grand-Duché vient de se produire: la réalisation de l'union économique avec la Belgique qui est
entrée en vigueur le 1er mai 1922 et qui devra être complétée par des accords spéciaux avec la
France. Cette date mémorable clôt définitivement la période des tâtonnements et des hésitations
qui s'est ouverte avec l'armistice.
Si certaines clauses de la convention prêtent à la critique, elle forme dans son ensemble un
instrument de progrès, le point de départ d'une longue ère de stabilité commerciale. Elle ouvre la voie
aux longs espoirs et aux vastes pensées. Le goût des entreprises, refoulé par la trop longue période
d'attente, se réveillera plus vigoureux, l'industrie et le commerce, une fois l'étape de transition
franchie, reprendront une plus grande aisance dans leur développement qui leur permettra de
tirer profil de leur énergie innée. Dans son alliance économique avec la laborieuse et loyale .Belgique, à
laquelle l'unissent des liens d'affection séculaires qui ont résisté à 80 années de séparation, le Grand-
Duché trouvera des stimulants nouveaux, une force d'expansion nouvelle.
La Chambre de commerce lait volontiers siennes les excellentes paroles que S. A. R. Madame
la Grande-Duchesse, répondant au discours de S. M. le Roi des Belges, a prononcées le 15 mai
à Bruxelles
« Grâce à l'entente économique que viennent de conclure nos deux pays, unis désormais par
un idéal commun de progrès et de liberté, la Belgique et le Luxembourg marcheront, dans la
plénitude de leurs souvenirs d'indépendance, la main dans la main, vers un avenir de prospérité
matérielle et morale.»
Parmi les questions que la Chambre de commerce a traitées en 1921, nous signalons particu-
lièrement celles qui suivent
Protection de l'industrie nationale.
A la date du 24 février, la Chambre a soumis au Gouvernement les desiderata ci-après
Alors que les autres pays multiplient les mesures destinées à protéger l'industrie nationale
— nous citerons l'exemple de la France qui examine en ce moment les mesures qu'il y aurait lieu
de prendre « pour rendre plus rapides les augmentations de droits de douane devenues nécessaires»
— l'industrie luxembourgeoise est livrée sans protection aucune à la concurrence étrangère. Aux
revendications de diverses petites industries qui sollicitent depuis quelque temps des droits d'entrée
pour leurs produits, on oppose volontiers que nous traversons une période d'attente de courte durée
et que, d'ailleurs, les droits d'entrée provoqueraient un renchérissement de ces produits sur le
marché intérieur.
La Chambre de commerce ne veut pas croire à un renchérissement appréciable, car c'est un
fait reconnu que les intermédiaires sont seuls à profiter de la situation actuelle. Elle propose l'in-
troduction des tarifs belges afférents pour toute la durée de la période d'attente, ce qui serait
anticiper en quelque sorte sur l'union économique à conclure.
A cette occasion, la Chambre revient encore sur la question de l'impôt sur le chiffre d'affaires.
Elle croit de son devoir de mettre les pouvoirs en garde contre la taxation des produits industriels
à l'exportation. La situation déjà si difficile de l'industrie luxembourgeoise s'en trouverait sérieu-
sement aggravée.
Notre industrie est avant tout une industrie d'exportation. Le marché intérieur n'offre que
peu de ressources. A titre d'exemple la Chambre croit devoir citer la ganterie. Cette industrie
se fournit à l'étranger de toutes les matières premières qu'elle consomme; sa production totale
est écoulée dans les pays d'outre-mer. Le bénéfice sur la fabrication reste au pays même. Les autres
industries se trouvent dans une situation plus ou moins analogue.
Comment justifier alors la double imposition: des matières premières à l'entrée et des mêmes
matières fabriquées, dans lesquelles sont incorporées les salaires, à la sortie, alors que dans les
pays voisins les exportations sont exonérées. L'impôt qu'on projette est d'ailleurs en contradic-
Travaux de la Chambre de Commerce.
tion formelle avec la politique suivie par tous les États à industrie développée, qui tend à favo-
riser et à encourager l'industrie par tous les moyens.
La logique économique exige que l'industrie luxembourgeoise ne soit pas plus mal traitée
sous ce rapport que l'industrie étrangère contre laquelle elle doit soutenu la concurrence sur le
marché mondial. Il est inadmissible que, dans un pays qui vit d'exportation, les pouvoirs ne tiennent
pas compte de la logique des faits industriels.
Toutefois, le problème qui domine de tout son poids notre politique industrielle c'est sans
doute l'esseulement économique dans lequel nous nous éternisons. Le pays est enserré entre des
barrières douanières. L'angoissante incertitude au sujet de notre avenir économique paralyse
le goût des entreprises et peso sur le développement des affaires en général. L'industrie court à
sa ruine. Un établissement après l'autre ferme ses portes.
La Chambre prie donc instamment le Gouvernement de bien vouloir aviser à la prompte
réalisation de l'union économique avec la Belgique.
Droits d'entrée sur les travaux d'impression.
A la date du 3 octobre 1020, la Chambre avait signalé au Gouvernement que depuis un certain
temps beaucoup de consommateurs luxembourgeois, profitant du bas cours du mark, placent
leurs commandes de travaux d'impression en Allemagne. Comme les imprimeries indigènes, insuf-
fisamment pourvues d'ordres, souffrent de cet état de choses, la Chambre de commerce était d'avis
qu'il Faudrait accorder à cette branche la même protection dont elle jouit en France et en Belgique
où les imprimés sont soumis à un droit d'entrée: elle avait proposé un droit intermédiaire entre
le droit français et le droit belge, soit 50 fr. par % kg.
La Chambre a renouvelé cette proposition le 26 janvier en y appelant l'attention toute
particulière du Gouvernement.
Régime des exportations en France.
Dans une requête du 14 juillet, la Chambre a appelé l'attention toute spéciale du Gouverne-
ment sur la situation extrêmement grave que le relèvement des coefficients de douane en France
venait de créer à notre industrie en général, qui est essentiellement une industrie d'exportation.
Divers pays sont, à l'heure actuelle, en instance pour obtenir l'abandon des nouveaux coeffi-
cients français qui sont absolument prohibitifs. La Chambre donne à considérer alors au Gou-
vernement s'il ne semble pas indiqué d'entamer d'urgence des négociations avec le Gouvernement
français en vue d'obtenir un traitement plus favorable pour les produits luxembourgeois. Notre
position dans le débat serait particulièrement forte; nous ne percevons des droits d'entrée que
sur deux articles susceptibles d'intéresser la France, les vins et les alcools, alors que tous les produits
manufacturés sont libres.
Si nous ne pouvons demander évidemment la réciprocité intégrale, nous serions toujours
en droit de prétendre à un traitement tenant compte dans la mesure du possible des facilités que
les produits français trouvent dans le Grand-Duché.
Défenses
d'importation.
Sur la demande du Gouvernement, la Chambre a examiné la question de la levée de la
défense d'importation pour les ciments et les matériaux de construction. Après un examen appro-
fondi des requêtes présentées à ce sujet par la Société luxembourgeoise pour le commerce des
matériaux de construction, sur lesquelles la Chambre a appelé l'attention toute particulière du
Gouvernement, elle lui a soumis les desiderata suivants
Le tableau comparatif des prix établi par cette Société montre que, si quelques prix sont
plus élevés en Luxembourg, d'autres sont plus bas qu'en France et en Belgique. La moyenne ne
dépasse pas celle de ces deux pays. Au demeurant, ainsi que la Chambre croit savoir, le syndical
envisage en ce moment même pour les prix plus élevés une réduction qui les ramènerait au niveau
des prix étrangers, ce qui aurait pour effet d'abaisser la moyenne luxembourgeoise au-dessous
des moyennes française et belge.
La levée de la défense d'importation, en présence du cours actuel du mark, laisserait le champ
libre à la concurrence allemande, et les ouvriers indigènes, qui travaillent aujourd'hui dans des
conditions peu enviables, en seraient réduits à cesser le travail. Le nombre déjà si inquiétant des
chômeurs se grossirait des 500 ouvriers occupés dans les industries qui travaillent pour le bâti-
ment.
Il ne faut pas perdre de vue surtout que les ouvriers qualifiés se dispenseront, passeront à d'au-
tres branches ou chercheront à se caser à l'étranger, et que, la situation venant à s'améliorer, il
serait extrêmement difficile d'organiser une production régulière, rémunératrice, avec un per-
sonnel recruté au hasard.
Autorisations de commerce.
Consultée par le Gouvernement sur la question de savoir si le moment ne semblait pas venu
de rapporter le régime des autorisations de commerce instituté par l'arrêté du 30 août 1918, la
Chambre s'est prononcée comme suit
Le régime en question répondait incontestablement à une nécessité économique. Il a rendu
d'ailleurs des services très réels et généralement appréciés. Vers la fin de la guerre le commerce
était sous la menace d'être submergé par le flot envahissant des personnes d'une moralité dou-
teuse et sans expérience des affaires qui se pressaient vers les carrières commerciales. Un contrôle
officiel s'imposait.
La situation a changé depuis. Ainsi que le Gouvernement veut bien le reconnaître, cette régle-
mentation semble avoir perdu son cachet, d'actualité et d'opportunité. Le besoin de la continuer
ne se fait plus guère sentir. Elle ne forme plus qu'une entrave au libre développement du com-
merce, une gêne qui a fait son temps.
Pour le beurre, le lait et les œufs au contraire, le maintien du régime actuel, comme le Gou-
vernement le propose, est vivement souhaité. La Chambre se demande même s'il n'y avait pas
lieu de renforcer encore le contrôle de ces articles en présence de l'effervescence des prix ainsi que
des manœuvres illicites qui s'y donnent libre cours.
Le Gouvernement ayant demandé dans la suite l'avis de la Chambre de commerce sur la
question de la remise en vigueur des autorisations de commerce soulevée à l'assemblée des délé-
gués de la Fédération générale des commerçants, elle confirme sou avis antérieur.
Depuis ce temps, l'amélioration a fait de nouveaux-progrès, les approvisionnements sont
devenus plus abondants. La Chambre estime que rien ne justifierait alors le retour à la réglemen-
tation du commerce. Elle croit devoir recommander néanmoins une surveillance plus étroite des
éléments étrangers indésirables ainsi que du colportage.
Limitation des bénéfices dans le commerce de détail. - Affichage des prix dam les vitrines.
Sur les deux questions: Retour éventuel à la limitation des bénéfices dans le commerce de
détail et suppression éventuelle de l'obligation à l'affichage des prix dans les vitrines, que le Gou-
vernement lui avait soumises, la Chambre a présenté le 20 novembre l'avis suivant
a) Limitation des bénéfices.
La Chambre ne croit pas que les plaintes au sujet des bénéfices exagérés que prélèverait le
commerce soient réellement fondées. Ces plaintes semblent procéder essentiellement d'une con-
ception erronée de la pratique commerciale. Il est évident que le commerce de détail ne peut s'adapter
à tous les caprices du marché et aux brusques fluctuations du change. Si p. ex. une conjoncture
de change inouïe, comme celle du subit effondrement du mark à laquelle nous assistons, crée dans
notre voisinage des conditions tout à l'ait anormales, mais éphémères, pour l'acheteur luxembour-
geois, le commet ce indigène, qui a fait ses assortiments par une conjoncture infiniment moins
favorable, ne pourra descendre évidemment au même niveau. Ses prix suivront plutôt une ligne
intermédiaire entre les alternances continuelles de hausse et de baisse.
La meilleure preuve que ses bénéfices ne sont pas exagérés est donnée par les coopératives
qui, à qualité égale, ne vendent guère meilleur marché que le commerce, et l'on comprendrait
difficilement que le public continuât à se fournil dans les magasins de détail.
Les années de guerre nous ont prouvé surabondamment l'inanité de la réglementation offi-
cielle des bénéfices. Aujourd'hui, les approvisionnements en marchandises de toute nature étant
largement suffisants, la concurrence, ce grand régulateur du commerce, se charge de maintenir
les prix à un niveau raisonnable.
b) Affichage des prix dans les vitrines.
En principe, le commerce n'est pas opposé au maintien de l'obligation à l'affichage des prix
dans les vitrines. Cette obligation ne peut porter nul préjudice au commerce solide. Il est entendu
toutefois que l'ai fichage obligatoire devra rester limité aux articles de première nécessité et de
grande consommation. Elle ne se justifierait guère pour les autres articles, et il ne paraît pas que,
pour ces articles, le consommation y attache un intérêt réel.
La Chambre saisit cette occasion pour exprimer encore le désir que les organes chargés de
l'exécution de cette mesure s'en acquittent avec tact et discernement afin d'éviter des rigueurs
inutiles et purement vexatoires.
Création d'un Office des devises.
Sur la question de la création d'un Office central des devises, qui lui avait été soumise, la Cham-
bre a présenté le 25 mai les desiderata suivants
La Chambre craint que les mesures proposées, outre que la surveillance des exportations
serait fort difficile et dispendieuse, ne viennent créer de sérieux embarras à nos exportations.
Le Gouvernement ne doit pas ignorer que, par le temps de crise que nous traversons, la position
des vendeurs est nécessairement très faible. L'industrie doit courir après les acheteurs qui se dé-
robent: elle ne saurait charger les marchés déjà si difficiles à conclure de conditions de paiement
assez gênantes. Le nombre des devises disponibles serait d'ailleurs très limité. L'industrie doit
régler avec la majeure partie du produit des exportations les achats de cokes et de matières pre-
mières, et ce ne sont à proprement parler que les salaires qui soient payés en argent luxembour-
geois. Toutes les acquisitions, à de rares exceptions près, sont à régler en monnaie étrangère.
Le franc luxembourgeois n'a pas de marché proprement dit, et il est difficile de concevoir
qu'il puisse se faire une place sur le marché international. La création d'un Office national des
devises, institution abandonnée aujourd'hui par les autres pays, ne saurait alors être envisagée
sérieusement. Cette question, de l'avis unanime de la Chambre, se réglera automatiquement avec
la réalisation de l'union économique que nous négocions avec la Belgique, et il est à prévoir
qu'avant qu'une telle institution serait en mesure de fonctionner, cette union sera définitive.
Il y a lieu de faire remarquer ensuite que notre change s'est ressaisi depuis peu: la perte sur
le franc français et belge n'est plus de 5 à 6 %. Le cours du franc luxembourgeois serait fort pro-
bablement moins désavantageux si des inquiétudes au sujet de nos bons de caisse n'étaient sur-
venues. Ces bons seront-ils échangés au pair ou au-dessous du pair? Il est notoire que le bruit que
l'échange contre des billets belges pourrait se faire au-dessous du pair a influencé défavorablement
notre change. Une déclaration du Gouvernement y relative rassurerait le public et raffermirait
le cours de notre franc.
A cette occasion, la Chambre exprime encore le désir que l'échange des bous de caisse se fasse
au pair dans l'intérêt bien compris de nos finances et de notre situation économique en général.
Cours des billets luxembourgeois.
La Chambre de commerce a été amenée, dans sa séance du 20 décembre, à examiner le rôle
que les billets luxembourgeois seront appelés à jouer après l'introduction du papier belge.
L'art. 22 de la convention d'union économique, qui règle l'échange de nos bons de caisse,
autorise le Gouvernement à laisser en circulation dans les limites du territoire grand-ducal des
coupures d'un import ne dépassant pas 10 fr. jusqu'à concurrence de 25 millions. A cette somme
vient s'ajouter l'émission actuelle de billets de la Banque internationale pour une somme de
6¼ millions, portant à 31¼ millions le montant total des billets luxembourgeois en circulation.
Ces billets sont destinés — ou mieux condamnés — à circuler à l'intérieur du Grand-Duché. Et
comme, d'après la loi connue de Gresham, la mauvaise monnaie chasse la bonne, notre papier
— la mauvaise monnaie qui n'est pas cotée sur le marché international et n'a qu'un rayon de
circulation très restreint — chassera de la circulation la bonne monnaie, le papier belge.
Nos billets finiront ainsi par encombrer les transactions intérieures. Il est même à craindre
qu'ils ne soient considérés comme un instrument de payement inférieur au papier belge et ne
donnent lieu à une perte qui, même très minime, serait toujours fort gênante et nuisible aux
affaires.
En conséquence, la Chambre a prié le Gouvernement de bien vouloir aviser eu temps utile
aux mesures à prendre pour éviter un désagio sur nos billets nationaux.
Problèmes d'électrification.
Dans sa séance du 17 novembre, la Chambre de commerce, a examiné la question de la distri-
bution du courant électrique qui mérite de fixer tout particulièrement l'attention des pouvoirs.
La Chambre est d'avis qu'il importe de concentrer cette industrie, qui aujourd'hui s'éparpille
en une infinité de petites entreprises travaillant généralement dans des conditions peu économiques.
Il paraît indispensable de coordonner les efforts et de rechercher une solution uniforme d'une large
envergure. Pour atteindre ce but, il faut que les communes, conseillées et guidées par le Gouver-
nement, se mettent d'accord et confient l'exécution de leurs projets à des hommes compétents.
En tout cas, l'orientation future du pays semble exiger une réalisation prompte et rationnelle
des problèmes d'électrification qui viennent se poser, toujours plus impérieux.
Chemins de fer.
Etiquettes.
Le 23 février la Chambre de commerce a présenté la requête suivante concernant les étiquettes
exigées pour wagons complets
Depuis quelque temps les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine emploient des étiquettes
pour wagons complets qui doivent porter le nom et l'adresse du destinataire. Ces étiquettes étant
collées sur les wagons, les noms des clients de l'expéditeur sont livrés au public qui peut en prendre
connaissance à son aise.
Comme le commerce attache du prix à ne pas divulguer sa clientèle, la Chambre prie le Gou-
vernement de bien vouloir intervenir auprès de l'administration des chemins de fer en vue de la
suppression de cet étiquetage.
Taxes de chômage. — Colis par exprès.
A la date du 19 avril, elle a présenté deux desiderata concernant le relèvement des taxes de
chômage et la suppression éventuelle des colis par exprès.
Le relèvement des laxes de chômage sur les chemins de fer Guillaume-Luxembourg mis on
vigueur peu de temps après l'armistice, avait été motivé par la pénurie de matériel roulant qui
existait à cette époque. Les chemins de fer voulaient amener, par des amendes très fortes, oné-
reuses même, les intéressés à procéder le plus rapidement possible au chargement et au décharge-
ment des wagons.
La Chambre de commerce se demande si, à l'heure actuelle où le matériel vide encombre les
gares, celte mesure d'exception, qui a suscité de très nombreuses réclamations de la part de nos
industriels et commerçants, se justifie encore. Elle estime que le moment semble venu de ramener
ces taxes à leurs anciens niveaux.
La Chambre croit savoir ensuite que les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine envisagent
la suppression du régime des colis par exprès. Cette mesure serait déplorée vivement par le com-
merce de détail. Certaines branches, entre autres le commerce des journaux et des livres, en
seraient sérieusement affectées. La Chambre a donc prié le Gouvernement de bien vouloir n'em-
ployer énergiquement auprès de l'administration des chemins de fer en faveur du maintien de ce
service.
Organisation du trafic sur la ligne de Wasserbillig.
La Chambre a présenté le 18 octobre la requête suivante concernant la ligne de Wasserbillig
L'organisation du trafic sur la ligne de Luxembourg à Wasserbillig donne lieu depuis quelque
temps à d'incessantes réclamations de la part de nos industriels et commerçants.
La ligne de Wasserbillig dessert la région enserrée entre le vicinal Luxembourg-Echternach,
la Sûre, la Moselle et la vallée de Trintange, très intéressante au point de vue industriel et agri-
cole, et assure, à elle-seule, les relations si importantes avec l'Allemagne.
Une série d'industries, l'industrie vinicole d'abord, les établissements céramiques de Wasser-
billig, les usines de Wecker, les carrières de Mensdorf, etc., dépendent eu une certaine mesure du
bon fonctionnement de cette ligne. Le nombre des ouvriers qui s'en servent, soit pour se diriger
vers ces industries, soir pour aller travailler dans les usines de l'agglomération luxembourgeoise,
est très considérable.
En 1919, le trafic, comparé à celui de l'avant-guerre avait doublé; on peut affirmer qu'il a
triplé aujourd'hui.
Malgré ce développement prodigieux, la ligne de Wasserbillig est négligée depuis l'armistice
d'une façon regrettable et qu'on a de la peine à s'expliquer. Alors qu'on 1914 elle était desservie
par 16 trains circulant dans les deux directions, dont deux rapides, elle ne l'est plus aujourd'hui
que par 10 trains, circulant encore d'après un horaire défectueux.
Pour se rendre à Luxembourg on ne dispose dans la matinée que de 3 trains arrivant à 5 h. 40,
7 h. 25 et 12 h. 30. Il faudrait évidemment, pour répondre aux besoins de communication, un
train arrivant à Luxembourg vers 10 heures et qui trouverait sa contre-partie dans un train par-
tant en sens inverse vers midi. Le dernier train du soir quitte Luxembourg à 19 h. 20. Ce départ
est fixé trop tard pour les ouvriers travaillant jusqu'à 6 heures, et trop tôt, pour les voyageurs arri-
vant par la ligne du Nord ou du bassin minier. Une situation à peu près analogue est à constater
dans la direction inverse.
La diminution du nombre des trains a pour corollaire une réduction des correspondances
postales. Il est aujourd'hui presque impossible de recevoir le même jour une lettre remise à
poste le matin à Esch-s.-Alzette.
Enfin, l'affluence extraordinaire des acheteurs luxembourgeois vers Trêves à laquelle nous
assistons depuis l'effondrement du mark a mis l'administration des douanes dans l'impossibilité
de garantir le départ régulier des trains à Wasserbillig. Depuis des semaines les trains du soir
arrivent avec des retards de deux, trois, jusqu'à quatre heures.
Cet état de choses ne peut durer évidemment et les violentes critiques dont la presse se l'ait
l'écho traduisent la gravité de la situation. La Chambre a donc appelé l'attention toute spéciale
du Gouvernement sur un état de choses qui crée de sérieux embarras à la vie économique de toute
une région.
Chambres professionnelles : Réforme de la Chambre de commerce.
Dans sa séance du 20 décembre, la Chambre de commerce a adopté l'avis suivant concernant
sa réforme dans le cadre du projet de loi sur les chambres professionnelles élaboré par le Conseil
d'État
a) Composition de la Chambre de commerce.
La Chambre de commerce devant traduire le plus fidèlement possible la physionomie écono-
mique du pays, il paraît indispensable d'accorder aux diverses branches de l'activité industrielle
et commerciale une représentation correspondant à leur importance économique. (Je principe»
qui réalise les aspirations de l'industrie et du commerce, a trouvé son expression dans le projet
de loi élaboré par le Conseil d'État.
Toutefois, notre Chambre se demande s'il est opportun de fixer définitivement dans une
loi, la répartition des sièges entre les diverses branches. Les industries se transforment au gré
des conjonctures économiques, politiques et sociales: telle industrie, florissante aujourd'hui, dis-
paraîtra dans quelques années, telle autre prendra un développement insoupçonné, des industries
nouvelles viendront se substituer aux branches disparues. Une répartition adaptée à la situation
actuelle deviendra nécessairement un anachronisme après un certain temps où elle ne correspondra
plus à la physionomie économique du pays. Ainsi, sur l'initiative même de notre Chambre, diverses
modifications ont été faites dans la répartition des sièges telle que l'avait fixée l'arrêté organique
de 1841. Au sentiment de la Chambre, cette répartition devra être abandonnée à la réglementa-
tion, plus souple que la législation.
Soucieuse d'assurer à toutes les branches intéressantes une représentation adéquate, la Chambre
propose encore de porter à 24 le nombre des sièges. L'art. 33 du projet serait alors à modifier dans
le sens suivant : La Chambre de commerce comprendrait 24 membres effectifs et 24 membres sup-
pléants, dont 12 pour l'industrie et 12 pour les différentes branches du commerce. Les sièges
seraient répartis entre les industries ou groupes d'industries et les commerces ou groupes de pro-
fessions commerciales suivant leur importance économique. Un règlement d'administration publique
fixerait cette répartition tous les six ans sur les propositions de la Chambre de commerce.
Cette formule résume les dispositions afférentes de la loi française du 19 février 1908.
La répartit ion des sièges d'après la physionomie économique actuelle du pays, en prenant
soin de diversifier le plus possible la représentation, serait la suivante
Industrie (12 sièges): Métallurgie (2), Petite métallurgie et ateliers de construction (1), In-
dustries extractives (1), Bâtiment et industries des pierres s'y rattachant (1), industrie des peaux
et cuirs (1), Industrie textile (I), Industrie des tabacs (1), Brasserie (1), Minoterie (I), Imprimerie
(I), Industries non dénommées (1).
Commerce (12 sièges): Banque (1), Assurances (1), Transports (1), Branche hôtelière et com-
merce des boissons (I), Commerce de gros (3), Commerce de détail (4), Représentants de com-
merce ( 1),
b) Régime électoral.
Le projet du Conseil d'État consacre le suffrage universel de tous les commerçants inscrits.
Ce principe, dans ses, ultimes conséquences, ne donnerait pas les garanties nécessaires pour assurer
aux divers intérêts économiques une représentation équitable. Ainsi, la représentation d'une
industrie qui occupe des milliers d'ouvriers et résume presque tous les intérêts d'une localité, d'une
région entière, mais disposant de quelques voix seulement, serait livrée aux caprices de groupes
disposant d'un nombre considérable de voix, indifférents ou même hostiles. Un tel régime serait
inadmissible, il pourrait donner lieu à de graves abus. Il demeure donc entendu que chaque branche
nommera son représentant en parfaite indépendance des autres groupes.
Comme le projet n'envisage pas ce point, la Chambre propose d'y insérer la disposition affé-
rente de la loi française, qui stipule à ce sujet: « L'élection aux sièges d'une catégorie sera faite
exclusivement par les électeurs de celle catégorie. Nul ne pourra être électeur que dans sa caté-
gorie. »
La Chambre a jugé à propos d'examiner à cette occasion la question des négociants retirés
des affaires et ne remplissant plus, par conséquent, les conditions d'éligibilité. Des exemples très
nombreux de négociants qui, après s'être retirés des affaires, oui tenu une place prépondérante
dans Ja vie publique et pris une large part dans la solution des questions économiques, démontrent
que leur exclusion ne se justifierait guère Beaucoup de chambres de commerce ont rendu un
hommage mérité à l'impartialité des anciens négociants et à leur jugement sûr, mûri.
Notre Chambre ne saurait donc admettre l'exclusion des anciens négociants: elle attache,
au contraire, du prix à ce que leur collaboration justement appréciée lui reste acquise. Un petit pays
offre d'ailleurs, au point de vue du recrutement d'une représentation économique, une marge très
restreinte qu'il serait dangereux de restreindre encore.
La Chambre s'est préoccupée aussi de la question de la nationalité des membres. La natio-
nalité luxembourgeoise doit-elle être exigée formellement ? Un pays tout en lisière comme le
Grand-Duché, où existent beaucoup d'établissements étrangers doit se montrer moins exclusi-
viste sous ce rapport que les grands pays où l'industrie est nécessairement moins cosmopolite.
Aussi notre Chambre ne verrait-elle nul inconvénient dans l'éligibilité des étrangers honorables
habitant le Grand-Duché.
c) Autres desiderata.
L'art. 7 charge les administrations communales de rétablissement des listes électorales. Il
serait difficile cependant, sinon impossible, de mettre celte disposition en concordance avec les
données qui se trouvent à la base de la Chambre de commet ce.
Les listes électorales doivent être évidemment extraites des registres aux firmes qui sont
tenus auprès des deux tribunaux d'arrondissement de Luxembourg et de Diekirch. Une intervention
des diverses administrations communales ne peut se concevoir alors. La seule solution pratique
consisterait à charger un autre organisme de la confection des listes, soit la Chambre de commerce,
qui vient se présenter tout naturellement, à moins que le Gouvernement ne préfère en charger
un autre organisme à ce qualifié.
La délimitation entre la Chambre de commerce et la Chambre d'artisans est laissée dans le
vague.
Qui est artisan ? Ni la loi ni la science économique n'ont fourni jusqu'ici une définition nette
de cette profession. Sa signification reste flottante. Il est des artisans qui sont à proprement parler
de petits industriels, d'autres se confondent avec les commerçants, d'autres enfin sont plutôt
des ouvriers. La plupart des artisans sont commerçants aux ternies de l'art. 1er du Code de com-
merce et inscrits sur le registre aux firmes. Si leur situation est nettement définie au point de vue
du Code de commerce, elle l'est moins au point de vue de la représentation de leurs intérêts pro-
fessionnels et économiques.
La loi doit établir alors une règle sûre et précise, définir la qualité d'artisan.
Enfin la Chambre de commerce ne désire nullement abandonner la tradition qu'elle a tou-
jours suivie dans la publicité de ses travaux; elle attache du prix à rester en contact permanent
avec l'industrie et le commerce dont elle est la représentation officielle. Comme les dispositions
générales semblent vouloir écarter la publication des comptes-rendus réguliers des séances, il y
a lieu de relever encore ce point.
Conclusions
En conséquence, la Chambre de commerce propose de modifier les art. 33 et 34 comme suit