Legislator Jurisprudence & Législation
ATAS/203/2011 • CJ GE ATAS/203/2011 Généré par l'IA

Disability Benefits Appeal Remanded for Further Psychiatric Investigation

Numéro de cause ATAS/203/2011
Autorité / Tribunal
Juridiction Suisse · Canton de Genève (CH-GE)
Date de la décision
Issue du litige Partiellement admis (Partially Allowed)
Frais judiciaires à la charge de l'autorité

Synthèse Legislator

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An individual appealed a decision by the social insurance office denying disability benefits, with the denial based on a medical opinion suggesting the appellant could resume adapted work since January 2010. During the appeal, new medical reports were submitted detailing chronic pain and severe depression requiring specialized psychiatric care, leading the reviewing medical service to conclude that the case file required further investigation, particularly concerning the psychological aspects. Consequently, the court partially admitted the appeal, annulled the initial decision, and remanded the case to the insurance office for supplementary investigation and a new ruling, recognizing that the file was insufficiently documented to render a decision on the merits.

Regeste Legislator

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Art. 6 LPGA, Art. 7 LPGA, Art. 8 al. 1 LPGA, Art. 42 LTF, art. 64 LTF, art. 66 al. 1 LTF; Disability Benefits Appeal Remanded for Further Psychiatric Investigation: During the appeal, new medical reports were submitted detailing chronic pain and severe depression requiring specialized psychiatric care, leading the reviewing medical service to conclude that the case file required further investigation, particularly concerning the psychological aspects. Consequently, the court partially admitted the appeal, annulled the initial decision, and remanded the case to the insurance office for supplementary investigation and a new ruling, recognizing that the file was insufficiently documented to render a decision on the merits.

Mots-clés

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révision de prestations d'invalidité demande de prestation d'assurance prestation d'assurance sociale mesures d'instruction complémentaires dossier médical examen sur le fond

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1)

This provision establishes the jurisdiction of the Social Insurance Chamber over disputes related to the Federal Act on Disability Insurance (LAI), which underpins the subject matter of the appeal.

art. 6 LPGA

Cited as the legal definition of incapacity to work, which is central to the merits of the claim, although the final order only necessitates further investigation rather than a definitive ruling based on this definition.

art. 7 LPGA

Cited as the legal definition of incapacity to earn, which is central to the merits of the claim, although the final order only necessitates further investigation rather than a definitive ruling based on this definition.

art. 8 al. 1 LPGA

Cited as part of the legal definition of disability, which is central to the merits of the claim, although the final order only necessitates further investigation rather than a definitive ruling based on this definition.

art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 9 octobre 2009 (LOJ; RS E 2 05)

Cited as the provision establishing the jurisdiction of the Social Insurance Chamber to hear the case.

art. 64 LTF

Cited in the notification section concerning the possibility of filing an appeal to the Federal Supreme Court.

art. 66 al. 1 LTF

This provision (implied by the order to pay costs, referencing the appeal procedure before the Federal Supreme Court) is referenced indirectly via the general instruction on appealing, although the cost award itself is local (800 fr. awarded under local rules, but the instruction to appeal mentions LTF articles).

art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110)

Cited in the final order to inform the parties about the procedure for appealing the decision to the Federal Supreme Court.

art. 42 LTF

Cited in the final order to specify the conditions for submitting the appeal electronically to the Federal Supreme Court.

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Texte complet

A/45/2011

### [ATAS/203/2011](/apps/decis/fr/atas/show/1965454) du 24.02.2011 ( AI ) , PARTIELMNT ADMIS

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[En fait](#EF)

[En droit](#ED)

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE

POUVOIR JUDICIAIRE

A/45/2011 ATAS/203/2011 COUR DE JUSTICE Chambre des assurances sociales 3ème Chambre

Arrêt du 24 février 2011

En la cause

Madame S__________, domiciliée à Genève, comparant avec élection de domicile en l'étude de Maître CHERVAZ Damien · recourante

contre

OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE GENEVE, sis rue de Lyon 97, Genève · intimé

EN FAIT

Par décision du 22 novembre 2010, l'OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITE DU CANTON DE GENEVE (ci-après l'OAI) a nié le droit de Madame S__________ a toute prestation de sa part.

L'OAI a brièvement motivé sa décision par le fait qu'il avait soumis le dossier de l'assuré à son service médical régional (SMR) et que ce dernier avait émis l'avis que depuis le mois de janvier 2010, l'intéressée aurait pu reprendre une activité adaptée à son état de santé.

Par écriture du 10 janvier 2011, l'assurée, représentée par un avocat, a interjeté recours contre cette décision en concluant principalement à l'octroi d'une demi-rente d'invalidité, subsidiairement au renvoi de la cause à l'OAI pour nouvelle décision après instruction complémentaire.

Invité à se déterminer, l'intimé, dans sa réponse du 7 février 2011, a indiqué à la Cour de céans qu'il avait soumis les dernières pièces médicales produites par l'assurée au SMR, à l'avis duquel il s'est référé.

L'intimé a produit en annexe à sa prise de position un avis émis le 20 janvier 2011 par le Dr A__________, du SMR. Ce dernier y constate qu'ont été produits à l'appui du recours plusieurs rapports médicaux faisant état d'éléments médicaux dont le SMR n'avait pas connaissance lorsqu'il a rendu son premier avis.

Ainsi, le Dr B__________ signale l'existence d'un symptôme douloureux chronique, le Dr C__________ atteste que sa patiente souffre d'un état dépressif sévère ayant nécessité dès février 2009 un traitement spécifique et une prise en charge spécialisée auprès du Dr D__________ et ce dernier confirme le diagnostic d'épisode dépressif sévère sans symptôme psychotiques et atteste d'une incapacité de travail de 50 % due à l'asthénie de sa patiente mais également à des troubles de la mémoire et de la concentration dont il souligne qu'ils la gênent considérablement même dans l'activité de femme de ménage.

Le Dr A__________ en tire la conclusion que l'instruction du dossier doit être complétée.EN DROIT

Conformément à l'art. 134 al. 1 let. a ch. 2 de la loi sur l'organisation judiciaire, du 9 octobre 2009 (LOJ; RS E 2 05) en vigueur dès le 1er janvier 2011, la Chambre des assurances sociales de la Cour de justice connaît, en instance unique, des contestations prévues à l'art. 56 de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, du 6 octobre 2000 (LPGA; RS 830.1) relatives à la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 19 juin 1959 (LAI; RS 831.20).

Sa compétence pour juger du cas d’espèce est ainsi établie.

La LPGA, entrée en vigueur le 1er janvier 2003 a entraîné la modification de nombreuses dispositions légales dans le domaine de l'assurance-invalidité. Cela étant, les notions et les principes développés jusqu'alors par la jurisprudence en matière d’évaluation de l'invalidité n'ont pas été modifiés par l'entrée en vigueur de la LPGA (voir ATF 130 V 343).

Par ailleurs, la loi fédérale du 16 décembre 2005 modifiant la loi fédérale sur l'assurance-invalidité est entrée en vigueur le 1er juillet 2006 (RO 2006 2003), apportant des modifications qui concernent notamment la procédure conduite devant la Chambre de céans (art. 52, 58 et 61 let. a LPGA). Le présent cas est soumis au nouveau droit, dès lors que le recours de droit administratif a été formé après le 1er juillet 2006 (ch. II let. c des dispositions transitoires relatives à la modification du 16 décembre 2005).

Interjeté dans les forme et délai légaux (art. 56 à 60 LPGA), le recours est recevable.

Est litigieuse en l’espèce la question de savoir si les atteintes à la santé de la recourante entraînent une perte de gain susceptible de lui ouvrir droit à des prestations de l’assurance-invalidité.

Est réputée incapacité de travail toute perte, totale ou partielle, de l’aptitude de l’assuré à accomplir dans sa profession ou son domaine d’activité le travail qui peut raisonnablement être exigé de lui, si cette perte résulte d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique. En cas d’incapacité de travail de longue durée, l’activité qui peut être exigée de l'assurée peut aussi relever d’une autre profession ou d’un autre domaine d’activité (art. 6 LPGA).

Est réputée incapacité de gain toute diminution de l’ensemble ou d’une partie des possibilités de gain de l’assuré sur un marché du travail équilibré dans son domaine d’activité, si cette diminution résulte d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique et qu’elle persiste après les traitements et les mesures de réadaptation exigibles (art. 7 LPGA).

Est réputée invalidité l’incapacité de gain totale ou partielle présumée permanente ou de longue durée (art. 8 al. 1 LPGA et 4 al. 1 LAI).

Il y a lieu de préciser que selon la jurisprudence, la notion d'invalidité, au sens du droit des assurances sociales, est une notion économique et non médicale; ce sont les conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il importe d'évaluer (ATF 110 V 275 consid. 4a, 105 V 207 consid. 2). L’atteinte à la santé n’est donc pas à elle seule déterminante et ne sera prise en considération que dans la mesure où elle entraîne une incapacité de travail ayant des effets sur la capacité de gain de l’assuré (MEYER-BLASER, Bundesgesetz über die Invalidenversicherung, Zurich 1997, p. 8).

Lorsqu’en raison de l’inactivité de l’assuré, les données économiques font défaut, il y a lieu de se fonder sur les données d’ordre médical, dans la mesure où elles permettent d’évaluer la capacité de travail de l’intéressé dans des activités raisonnablement exigibles (ATF 115 V 133 consid. 2, 105 V 158 consid.1). La tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1), étant rappelé que l'obligation pour l'assuré de diminuer le dommage est un principe général du droit des assurances sociales (ATF 129 V 463 consid. 4.2, 123 V 233 consid. 3c, 117 V 278 consid. 2b, 400 et les arrêts cités).

Dès lors, le juge ne peut pas se fonder simplement sur le travail que l'assuré a fourni ou s'estime lui-même capable de fournir depuis le début de son incapacité de travail, ceci pour éviter que le recourant soit tenté d'influencer à son profit, le degré de son invalidité (ATF 106 V 86 consid. 2 p. 87).

Pour qu’une invalidité soit reconnue, il est nécessaire, dans chaque cas, qu’un diagnostic médical pertinent soit posé par un spécialiste et que soit mise en évidence une diminution importante de la capacité de travail (et de gain; ATF 127 V 299). Ainsi, pour pouvoir calculer le degré d'invalidité, l'administration (ou le juge, s'il y a eu un recours) a besoin de documents que le médecin, éventuellement aussi d'autres spécialistes, doivent lui fournir.

L’instruction des faits d'ordre médical se fonde sur le rapport du médecin traitant destiné à l'Office AI, les expertises de médecins indépendants de l'institution d'assurance, les examens pratiqués par les Centres d'observation médicale de l'AI (ATF 123 V 175), les expertises produites par une partie ainsi que les expertises médicales ordonnées par le juge de première ou de dernière instance (VSI 1997, p. 318 consid. 3b; Stéphane BLANC, La procédure administrative en assurance-invalidité, thèse Fribourg 1999, p. 142).

Lors de l'évaluation de l'invalidité, la tâche du médecin consiste à porter un jugement sur l'état de santé et à indiquer dans quelle mesure et pour quelles activités l'assuré est incapable de travailler. En outre, les données médicales constituent un élément utile pour déterminer quels travaux on peut encore, raisonnablement, exiger de l'assuré (ATF 125 V 261 consid. 4, 115 V 134 consid. 2, 114 V 314 consid. 3c, 105 V 158 consid. 1 in fine).

L’autorité administrative doit constater d’office les faits déterminants, c’est-à-dire toutes les circonstances dont dépend l’application des règles de droit (ATF 117 V 261 consid. 3 p. 263; T. LOCHER, Grundriss des Sozialversicherungsrecht, Bern 1994, t. 1, p. 438). Elle est ainsi tenue d’ordonner une instruction complémentaire lorsque les allégations des parties et les éléments ressortant du dossier requièrent une telle mesure, et qu’en particulier, elle doit mettre en œuvre une expertise lorsqu’il paraît nécessaire de clarifier des aspects médicaux (ATF 117 V 282 consid. 4a p. 283; RAMA 1985 p. 240 consid.4; LOCHER loc. cit.).

De son côté, le juge qui considère que les faits ne sont pas suffisamment élucidés peut renvoyer la cause à l’administration pour complément d’instruction ou procéder lui-même à une telle instruction complémentaire (RAMA 1993 p. 136). En matière d’assurance-invalidité, la première solution est en principe préférée (ATFA I 431/02 du 8 novembre 2002).

En l'espèce, il apparaît manifeste que des investigations médicales complémentaires sont nécessaires sur le plan psychique puisqu'ainsi que l'a constaté le médecin du SMR, ce plan-là n'a pas été suffisamment investigué.

La cause n'étant, de l'avis de la Cour de céans comme des parties, pas suffisamment instruite pour permettre de se déterminer en connaissance de cause, il convient d’admettre partiellement le recours et de renvoyer la cause à l’intimé pour instruction complémentaire puis nouvelle décision.

Il est rappelé que le recourant qui obtient gain de cause a droit au remboursement de ses frais et dépens ainsi que de ceux de son mandataire. Or, tel est le cas en l’espèce dès lors qu’il est avéré que l’instruction du dossier nécessite d’être complétée.

PAR CES MOTIFS,

LA CHAMBRE DES ASSURANCES SOCIALES :

Statuant

A la forme :

Déclare le recours recevable.

Au fond :

L’admet partiellement au sens des considérants.

Annule la décision du 22 novembre 2010.

Renvoie la cause à l’intimé pour instruction complémentaire et nouvelle décision.

Condamne l’intimé à verser à la recourante la somme de 800 fr. à titre de dépens.

Informe les parties de ce qu’elles peuvent former recours contre le présent arrêt dans un délai de 30 jours dès sa notification auprès du Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 LUCERNE), par la voie du recours en matière de droit public, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110); le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire; il doit être adressé au Tribunal fédéral par voie postale ou par voie électronique aux conditions de l'art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l'envoi.

La greffière Marie-Catherine SECHAUD · La présidente Karine STECK

Une copie conforme du présent arrêt est notifiée aux parties ainsi qu’à l’Office fédéral des assurances sociales par le greffe le