Appeal dismissed for prisoner seeking prison execution in Luxembourg due to lack of stable ties.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal dismissed the appeal filed by a Portuguese national detained in Luxembourg seeking execution of a seven-month prison sentence there. The prisoner argued that his recent health issues and temporary housing prevented him from returning to Portugal, claiming this would disrupt his social reintegration. The court rejected these claims, finding the evidence of his residence and professional history too recent and precarious to demonstrate the stable attachments required by law.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticle 5 point (6) of the law of 17 March 2004; A prisoner may only request execution of a sentence in a Member State other than the one of origin if they demonstrate stable and durable attachments to that State, which temporary housing and recent unemployment fail to prove.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Arrêt n° 97/26 chap
du 8 juin 2026.
La Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel du Grand-Duché de
Luxembourg a rendu le huit juin deux mille vingt-six l'arrêt qui suit :
Vu le recours introduit par requête adressée par courrier électronique du 1er juin 2026
au greffe de la Cour d’appel, Chambre de l’application des peines, par Maître Célia
LIMPACH, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, pour le compte et au nom
de :
PERSONNE1.), né le DATE1.) à ADRESSE1.) au Portugal, actuellement détenu
au Centre pénitentiaire d’Uerschterhaff (CPU),
dirigé contre une décision prise par la Déléguée du Procureur général d’État à
l’exécution des peines en date du 28 mai 2026, notifiée au requérant le même jour,
par laquelle sa demande en vue de l’exécution au Luxembourg de la peine
d’emprisonnement du 7 mois prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de
la commune de Leiria a été rejetée ;
Vu les réquisitions écrites du Ministère public ;
Après avoir délibéré conformément à la loi ;
LA CHAMBRE DE L’APPLICATION DES PEINES DE LA COUR D'APPEL :
Par requête déposée au greffe de la Chambre de l’application des peines de la Cour
d’appel le 1er juin 2026 par Maître Célia LIMPACH, avocat à la Cour, au nom et pour
compte de PERSONNE1.), né le DATE1.) à ADRESSE1.) (Portugal), actuellement
détenu au CPU, dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis à
son encontre par les autorités portugaises en date du 12 mai 2026 – réf. :
237/19.9GAMGR, ce dernier sollicite l’accord des autorités luxembourgeoises à ce
qu’il puisse exécuter sur le territoire luxembourgeois la peine d’emprisonnement de
7 mois prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de la commune de Leiria,
en application de l’article 5 point (6) de la loi modifiée du 17 mars 2004 relative au
mandat d’arrêt européen et aux procédures de remise entre Etat membres de l’Union
européenne.
Le requérant, de nationalité portugaise invoque son absence d’attaches au Portugal
et son parcours professionnel au Luxembourg depuis plusieurs années. Il soutient
avoir perdu son emploi en raison de graves problèmes de santé, qu’il se trouverait
ainsi à la rue depuis mars 2025, qu’il se serait néanmoins inscrit au programme de
substitution offert par la Fondation ORGANISATION1.) et qu’il serait également
hébergé actuellement par le Foyer de Nuit ORGANISATION2.) où il aurait dormi
jusqu’au 15 avril 2026. Il estime qu’il serait primordial qu’il continue à pouvoir suivre
le programme de substitution. En cas d’un transfèrement au Portugal, il risquerait de
perdre les liens sociaux et personnels qu’il aurait tissés au Luxembourg et que les
effets positifs de son traitement seraient anéantis. Il estime de ce fait que l’exécution
de sa peine au Luxembourg serait plus adaptée à sa réinsertion sociale.
Il demande à la Chambre de l’application des peines de la Cour d’appel, par
réformation de la décision entreprise, de dire que rien ne s’oppose à sa demande de
l’exécution de la peine d’emprisonnement de 7 mois au Luxembourg et de lui
accorder le droit d’exécuter cette peine au Luxembourg.
La représentante du Ministère public conclut que le recours est régulier en la forme,
mais non fondé.
Appréciation de la Cour
L’article 5 point (6) de la loi modifiée du 17 mars 2004 relative au mandat d’arrêt
européen et aux procédures de remise entre Etat membres de l'Union européenne
(ci-après « la loi du 17 mars 2004 ») prévoit que l’exécution d’un mandat d’arrêt
européen peut être refusée, lorsqu’il a été délivré aux fins d'exécution d'une peine
ou d'une mesure de sûreté, lorsque la personne recherchée est un étranger qui
réside au Luxembourg et dont le séjour au Luxembourg peut paraître opportun en
raison de son intégration ou des liens qu'elle a établis au Luxembourg et que les
autorités luxembourgeoises compétentes s'engagent à exécuter cette peine ou
mesure de sûreté conformément à la loi luxembourgeoise.
En l’espèce, à l’appui de sa demande, PERSONNE1.) verse une attestation émise
par PERSONNE2.), éducatrice graduée au Foyer de Nuit ORGANISATION2.)
d’ADRESSE2.) aux termes de laquelle le requérant bénéficie d’un lit fixe au sein
dudit foyer. Il verse encore un exposé de sa situation familiale et professionnelle
dressé par PERSONNE3.), assistante sociale auprès du service social Fondation
ORGANISATION1.), dont il résulte qu’il est divorcé et père de trois enfants qui vivent
tous au Portugal et qu’arrivé au Luxembourg en septembre 2020 , il a accumulé les
échecs professionnels et qu’actuellement, en raison de son état de santé,
notamment des problèmes persistants au niveau des poumons et du genou, il est
sans revenu et sans domicile fixe. Depuis juillet 2025, il suit un programme de
substitution mis en place par la Fondation ORGANISATION1.).
Au vu desdites pièces, la Chambre de l’application des peines de la Cour d’appel ne
peut que se rallier à l’analyse qui en est faite par la représentante du Ministère public,
concernant le caractère récent et précaire des éléments y décrits, ces pièces ne
démontrant pas l’existence d’attaches stables, durables sur le territoire
luxembourgeois au sens de la loi du 17 mars 2004, mais s’inscrivant plutôt dans un
contexte de grande précarité et ne traduisant pas une intégration effective et
pérenne.
Le requérant ne produit aucune pièce probante quant à l’exercice d’une activité
professionnelle régulière et continue antérieurement à la période de chômage. Les
affirmations relatives à un emploi dans le secteur du bâtiment, à l’exploitation d’un
café ou à un engagement auprès de la Commune de ADRESSE3.) ne sont
corroborées par aucun élément objectif tel qu’un contrat de travail, des fiches de
salaire ou une attestation d’employeur. De même, aucun justificatif de domicile ou
de résidence stable antérieur à janvier 2026 n’est versé au dossier, l’hébergement
en foyer d’urgence constituant par définition une solution temporaire.
En ce qui concerne les attaches personnelles au Luxembourg, il convient encore de
relever que le dossier est dépourvu de toute indication concrète permettant de
caractériser l’existence de liens personnels au Luxembourg. Aucune pièce ne fait
état d’une vie familiale sur le territoire, de la présence de proches ou d’un réseau
social établi au Luxembourg.
Dans ces conditions, le recours formulé par PERSONNE1.) est à déclarer non fondé.
P A R C E S M O T I F S :
La Chambre de l’application des peines, siégeant en composition collégiale,
déclare le recours recevable,
le dit non fondé.
Ainsi fait et jugé par la Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel du
Grand - Duché de Luxembourg, composée de Yola SCHMIT, président de chambre,
Yannick DIDLINGER, premier conseiller, et Anne MOROCUTTI, conseiller, qui ont signé
le présent arrêt avec la greffière Linda SERVATY.
La lecture de l'arrêt a été faite en audience publique à la Cité Judiciaire, Bâtiment CR,
Plateau du St. Esprit, par Yola SCHMIT, président de chambre, en présence de Linda
SERVATY, greffière.