Tenant's default leads to landlord winning eviction and arrears claim in Luxembourg bail court.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court ruled in favor of the landlord, granting the tenant's default due to non-appearance at hearings. The court found the tenants in serious breach of their obligations, justifying the termination of the lease and ordering their eviction within 40 days. While the claim for arrears was partially reduced to 3,600 EUR, the landlord also received a procedural fee of 500 EUR, though no provisional execution was ordered.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 84, 240, 115 Nouveau Code de procédure civile; In the absence of tenant justification for non-appearance, the court may rule on the merits, terminate the lease for exclusive fault, and award procedural fees while declining provisional execution absent a title authenticum.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Répertoire No. 1899/26
L-BAIL-1059/25
Audience publique du 13 mai 2026
Le tribunal de paix de et à Luxembourg, arrondissement judiciaire de
Luxembourg, siégeant en matière de bail à loyer, a rendu le jugement qui
suit
dans la cause
e n t r e
PERSONNE1.), demeurant à L-ADRESSE1.)
partie demanderesse
comparant par Maître Paulo FELIX, avocat à la Cour, demeurant à
Luxembourg
e t
1 ) PERSONNE2.), et
)
PERSONNE3.),
les
deux
demeurant
à
L-ADRESSE2.)
parties défenderesses
sub 1) comparant en personne à l’audience du 28 janvier 2026, ne se
présentant plus à l’audience du 20 avril 2026
sub 2) n’étant ni présente ni représentée aux audiences
F a i t s
L’affaire fut introduite par requête – annexée au présent jugement –
déposée au greffe de la Justice de paix de Luxembourg en date du 5
décembre 2025.
Sur convocations émanant du greffe, l’affaire fut appelée à l’audience
publique du 28 janvier 2026.
Lors de l’appel de l’affaire à la prédite audience, PERSONNE2.) comparut
en personne tandis que PERSONNE3.) n’était ni présente ni représentée.
L’affaire fut refixée au 20 avril 2026 afin de régulariser la procédure à
l’égard de PERSONNE3.) sur base de l’article 84 du Nouveau Code de
procédure civile.
À l’audience du 20 avril 2026, Maître Paulo FELIX fut entendu en ses
moyens et conclusions. Les parties défenderesses n’étaient ni présentes
ni représentées.
Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique de
ce jour, à laquelle le prononcé avait été fixé,
l e j u g e m e n t q u i s u i t :
Par requête déposée le 5 décembre 2025, PERSONNE1.) a sollicité la
convocation de PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à comparaître devant le
tribunal de paix de Luxembourg, siégeant en matière de bail à loyer, aux
fins de prononcer la résolution, sinon la résiliation du contrat de bail, avec
effet au jour du jugement à intervenir, et de condamner les parties
défenderesses au paiement de la somme de 5.400.-EUR correspondant
aux arriérés de loyers et charges, avec les intérêts légaux à compter de la
demande en justice jusqu’à solde.
Il sollicite en outre la condamnation des parties défenderesses à déguerpir
des lieux dans un délai de huit jours à compter de la notification du
jugement.
Enfin,
PERSONNE1.)
demande également leur
condamnation au
paiement de la somme de 2.000.-EUR sur base de l’article 240 Nouveau
Code de procédure civile, ainsi qu’aux frais et dépens de l’instance, tout
comme l’exécution provisoire de la décision à intervenir.
A l’appui de sa requête, PERSONNE1.) expose que suivant contrat de bail
signé le 25 septembre 2024, prenant effet le même jour, il a donné en
location un logement à usage d’habitation sis à L-ADRESSE2.), 2ᵉ étage,
à PERSONNE2.) et PERSONNE3.). Le loyer aurait été fixé à 1.600.-EUR,
assorti de 200.-EUR à titre d’avances sur charges, soit un montant
mensuel total de 1.800.-EUR, payable le premier jour de chaque mois.
Les locataires auraient cependant procédé à des paiements tardifs et
irréguliers : le loyer de juillet 2025 n’aurait été réglé qu’en septembre 2025,
tandis que les loyers et charges des mois d’août et septembre 2025
n’auraient été payés que le 1er décembre 2025, malgré une mise en
demeure adressée par courrier recommandé du 22 octobre 2025.
À la date de la requête, les loyers et avances sur charges des mois
d’octobre,
novembre
et
décembre
2025
demeuraient
impayés,
représentant un arriéré de 5.400.-EUR.
Le requérant considère que le non-paiement et les paiements irréguliers
constituent une inexécution contractuelle grave justifiant la résolution,
sinon la résiliation du bail.
À l’audience des plaidoiries, le requérant a maintenu l’ensemble de ses
demandes. Il a en outre actualisé sa demande au titre des arriérés de loyers
afin de tenir compte des paiements intervenus, tout en y incluant les loyers
des mois de mars et d’avril demeurés impayés, en précisant que ceux
afférents aux mois de janvier et février avaient été soldés au mois de mars.
Appréciation
Quant à la demande de report d’audience de PERSONNE2.)
Par courriel envoyé en date du 29 avril 2026, PERSONNE2.) a sollicité la
rupture du délibéré au motif qu’il aurait été absent le jour de l’audience en
raison d’un séjour à l’étranger. Il précise n’avoir pris connaissance de la
convocation à l’audience qu’après son retour.
Le courriel en question n’est pas de nature à convaincre le tribunal du
caractère sérieux de la partie défenderesse, dès lors que celle-ci était
présente à l’audience du 28 janvier 2026, au cours de laquelle l’affaire avait
été remise contradictoirement en sa présence, de sorte qu’elle ne pouvait
ignorer la date à laquelle l’affaire a été refixée.
Le tribunal rejette partant la demande de remise de PERSONNE2.).
PERSONNE2.), ayant initialement comparu à l’audience du 28 janvier
2026, et PERSONNE3.), dûment reconvoquée en application de l’article 84
du Nouveau Code de procédure civile, ne comparurent pas à l’audience du
20 avril 2026, de sorte qu’il y a lieu de statuer par un jugement réputé
contradictoire à leur égard.
Quant aux arriérés de loyer
Suivant l’article 1728, alinéa 2 du Code civil, le preneur a l’obligation de
régler le loyer aux termes convenus.
Au vu des explications données par PERSONNE1.) et des pièces
justificatives versées à l’appui, et en l’absence de contestation de la part de
à PERSONNE2.) et PERSONNE3.), qui ne se sont pas présentés à
l’audience pour assurer sa défense, la demande à titre d’arriérés de loyers
et d’avances sur charges est à déclarer fondée pour la somme totale
réclamée de 3.600.- EUR avec les intérêts légaux à partir de la demande
en justice.
En l’absence de clause de solidarité stipulée dans le contrat de bail, il n’y a
toutefois pas lieu de condamner les locataires solidairement.
Quant à la demande en résiliation et en déguerpissement
L’obligation de payer le prix du bail constitue l’une des obligations
principales pesant sur le preneur, étant donné que ce prix constitue la
contrepartie de la jouissance locative. Le non-paiement des loyers et
avances sur charges locatives aux échéances convenues constitue une
violation grave des obligations du locataire susceptible de justifier à lui seul
la résiliation du bail aux torts exclusifs du locataire.
Le bailleur qui met à la disposition d’un locataire son logement est en effet
en droit de pouvoir compter avec une rentrée d’argent régulière et il ne
saurait être contraint de patienter pendant des mois avant de rentrer dans
ses droits.
Il appartient cependant toujours au juge d’apprécier, en fonction des
éléments de l’espèce, si le manquement présente un caractère de gravité
suffisant pour justifier la résiliation éventuelle. Le rôle du juge est
d’appliquer une sanction proportionnée à la gravité du manquement,
compte tenu des circonstances.
En l’espèce, eu égard à l’importance des arriérés et en l’absence de
justification fournie par à PERSONNE2.) et PERSONNE3.) qui ne se sont
pas présentés à l’audience, il y a lieu de retenir qu’ils ont gravement
manqué à leurs obligations de locataire et que ce manquement justifie à lui
seul la résiliation du bail et leur condamnation au déguerpissement, sauf à
leur accorder un délai de déguerpissement de 40 jours à partir de la
notification du présent jugement.
Quant aux demandes accessoires
Eu égard à l’issue du litige, il paraît inéquitable de laisser à la charge
d’PERSONNE1.) l’ensemble des frais non compris dans les dépens, de
sorte qu’il y a lieu de lui allouer une indemnité de procédure de 500.- EUR
sur base de l’article 240 du Nouveau Code de procédure civile.
Aux termes de l’article 115 du Nouveau Code de procédure civile,
l’exécution provisoire, sans caution, sera ordonnée, même d’office en
justice de paix, s’il y a titre authentique, promesse reconnue ou
condamnation précédente par jugement dont il n’y ait point appel. Dans
tous les autres cas, l’exécution provisoire pourra être ordonnée avec ou
sans caution.
En l’espèce, il n’y a ni titre authentique, ni promesse reconnue, ni
condamnation précédente par jugement non entrepris rendant l’exécution
provisoire obligatoire et il n’existe pas non plus de motif justifié pour
ordonner l’exécution provisoire facultative, de sorte qu’il n’y a pas lieu de la
prononcer.
Ayant succombé à l’instance, PERSONNE2.) et PERSONNE3.) doivent en
supporter les frais et dépens.
P a r c e s m o t i f s
le tribunal de paix de et à Luxembourg, siégeant en matière de bail à loyer,
statuant avec effet contradictoire à l’égard des parties défenderesses et en
premier ressort,
rejette la demande de rupture du délibéré de PERSONNE2.);
déclare la demande recevable ;
déclare la demande à titre d’arriérés de loyers et d’avances sur charges
fondée pour la somme de 3.600.- EUR ;
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à payer à PERSONNE1.) la
somme de 3.600.- EUR, avec les intérêts légaux à partir du 20 avril 2026,
jusqu’à solde ;
déclare la demande en résiliation du bail et en déguerpissement fondée ;
prononce la résiliation du contrat de bail existant entre parties aux torts
exclusifs de PERSONNE2.) et PERSONNE3.);
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à déguerpir des lieux loués
avec tous ceux qui s’y trouvent de leur chef dans un délai de quarante jours
à partir de la notification du présent jugement ;
au besoin, autorise PERSONNE1.) à faire expulser PERSONNE2.) et
PERSONNE3.) dans la forme légale et aux frais de ces derniers,
récupérables sur simple présentation des quittances des ouvriers y
employés ;
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à payer à PERSONNE1.)
une indemnité de procédure de 500.- EUR sur base de l’article 240 du
Nouveau Code de procédure civile ;
dit qu’il n’y a pas lieu à ordonner l’exécution provisoire du présent
jugement ;
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) aux frais et dépens de
l’instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique par Nous, Frédéric
GRUHLKE, juge de paix à Luxembourg, assisté de la greffière Martine
SCHMIT, avec laquelle Nous avons signé le présent jugement, le tout, date
qu'en tête.
Frédéric GRUHLKE
juge de paix
Martine SCHMIT
greffière