Landlord wins eviction and rent arrears judgment for serious non-payment breach in Luxembourg. Court allows provisional execution and rejects procedural fee claim.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court declared the landlord's claim for rent arrears and eviction founded, ordering the tenants to pay 22,000 euros and vacate the property. The tenants argued for a payment extension due to changed circumstances, but the court found their non-payment for nearly nine months constituted a grave breach justifying immediate termination. While the judgment allows for provisional execution of the debt, the court rejected the landlord's request for a procedural fee indemnity as discretionary and not proven to be inequitable.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 1728 du Code civil; Art. 240 du nouveau code de procédure civile: The court must assess the gravity of rent arrears to justify lease termination; procedural fee indemnities are discretionary and require proof of inequity.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
N° 705/26
du 11 mai 2026
Audience publique du lundi, onze mai deux mille vingt-six
Le Tribunal de Paix de Diekirch, arrondissement judiciaire de Diekirch et
Grand-Duché de Luxembourg, siégeant en matière de bail à loyer, a rendu le
jugement qui suit dans la cause
e n t r e :
PERSONNE1.), demeurant à L-ADRESSE1.),
partie demanderesse,
représentée par Maître Joël DECKER, avocat à la Cour, demeurant à Diekirch,
e t :
1) PERSONNE2.) et
2) PERSONNE3.), demeurant ensemble à L-ADRESSE2.),
parties défenderesses,
représentées par Monsieur PERSONNE2.).
F A I T S :
Suivant requête déposée en date du 12 mars 2026 au greffe de la Justice de Paix
de Diekirch, les parties furent convoquées à comparaître devant le tribunal de
paix de Diekirch, à l'audience publique du lundi, 20 avril 2026, pour y entendre
statuer sur le mérite des causes énoncées dans ladite requête.
Après une remise, l’affaire fut utilement retenue à l’audience publique du lundi,
4 mai 2026.
Le représentant des parties demanderesses donna lecture de la requête
introductive de l’instance et exposa l’affaire.
Le représentant des parties défenderesses fut entendu en ses moyens et
explications.
Sur ce le tribunal prit l'affaire en délibéré et rendit à l'audience de ce jour à
laquelle le prononcé avait été fixé
l e j u g e m e n t q u i s u i t :
Par requête déposée au greffe de la Justice de Paix de Diekirch le 12 mars 2026,
PERSONNE1.), a fait convoquer
PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à
comparaître devant le tribunal de paix de et à Diekirch, siégeant en matière de
bail à loyer, pour les voir condamner solidairement sinon in solidum sinon
chacun pour sa part au paiement de la somme de 21.100.- euros à titre d’arriérés
de loyer avec les intérêts légaux à partir d’une mise en demeure du 17 février
2026. Elle a encore requis la résiliation judiciaire aux torts des locataires du
contrat de bail en raison de ce non-paiement ainsi que le déguerpissement des
locataires. La requérante a finalement sollicité l’exécution provisoire du
jugement à intervenir ainsi que l’octroi d’une indemnité de procédure de 1.000.-
euros.
A l’audience du 4 mai 2026, la requérante a déclaré augmenter sa demande en
paiement d’arriérés de loyer de 900.- euros.
Il y a lieu de lui en donner acte.
PERSONNE2.) et PERSONNE3.) ont fait état d’un changement de situation qui
aurait empêché un paiement régulier des loyers. Ils auraient besoin d’un peu de
temps afin de réduire leur dette.
Au vu des pièces versées et des renseignements fournis à l’audience publique,
la demande relative aux arriérés de loyer est à déclarer fondée pour le montant
de 22.000.- euros.
Au vu des dispositions du contrat de bail, il y a lieu à condamnation solidaire
des parties défenderesses.
En vertu de l’article 1728 du Code civil, l’obligation de payer le prix du bail
constitue une des obligations principales pesant sur le preneur, alors que ce prix
est la contrepartie de la jouissance locative. Le non-paiement des loyers et
avances sur charges locatives aux échéances convenues constitue une violation
grave des obligations du locataire justifiant à lui seul la résiliation du bail.
Par ailleurs, le bailleur qui met à la disposition d’un locataire son logement est
en droit de pouvoir compter sur une rentrée d’argent régulière et il ne saurait
être contraint de patienter pendant des mois avant de rentrer dans ses droits.
Il appartient cependant toujours au juge d’apprécier, en fonction des éléments
de l’espèce, si le manquement présente un caractère de gravité suffisant pour
justifier la résiliation éventuelle (Novelles, Tome VI, Le louage des choses, Des
baux en général, n° 388 bis).
En l’espèce, il résulte des éléments du dossier que les locataires accusent des
arriérés de loyers à hauteur de presque neuf mois de loyers.
Eu égard à l’importance des arriérés de loyers, il y a lieu de retenir que
PERSONNE2.) et PERSONNE3.) ont manqué gravement à leurs obligations et
que ces manquements justifient la résiliation du bail aux torts exclusifs des
locataires et la condamnation de ces derniers au déguerpissement.
La partie demanderesse sollicite encore le paiement d’une indemnité de
procédure de 1.000.- euros sur base de l’article 240 du nouveau code de
procédure civile.
L’application de l’article 240 relève du pouvoir discrétionnaire du juge (Cour
de Cassation française, 2e chambre, 10.10.2002, Bulletin 2002 II, n° 219, p.172).
PERSONNE1.), ne justifiant pas en quoi il serait inéquitable de laisser à sa
charge l’intégralité des frais non compris dans les dépens, sa demande en
obtention d’une indemnité de procédure est à rejeter.
Il y a toutefois lieu de faire droit à la demande en exécution provisoire du présent
jugement en ce qui concerne la condamnation au paiement des arriérés de loyer
alors que le bien-fondé de ladite créance n’est pas contesté.
PAR CES MOTIFS
le tribunal de paix de Diekirch, siégeant en matière de bail à loyer, statuant
contradictoirement et en premier ressort,
reçoit la demande en la forme ;
donne acte à PERSONNE1.), de l’augmentation de sa demande relative aux
arriérés de loyer ;
déclare cette demande fondée ;
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) solidairement à payer à
PERSONNE1.), la somme de 22.000.- euros avec les intérêts légaux sur le
montant de 18.600.- euros à partir du 17 février 2026, sur le montant de 2.500.-
euros à partir du 12 mars 2026 et sur le montant de 900.- euros à partir du 4 mai
2026, chaque fois jusqu’à solde ;
ordonne l’exécution provisoire de la précédente condamnation, nonobstant
appel et sans caution ;
déclare résilié aux torts de PERSONNE2.) et PERSONNE3.) le bail portant sur
une maison d’habitation sise à L-ADRESSE2.) ;
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à déguerpir des lieux loués avec
tous ceux qui les occupent de leur chef dans un délai de 2 (DEUX) MOIS à
partir de la notification du présent jugement, sinon et faute par eux de ce faire
dans le délai imparti autorise d’ores et déjà PERSONNE1.), à faire expulser les
locataires et tous ceux qui occupent les lieux de leur chef par la force publique
et dans la forme légale, le tout aux frais de PERSONNE2.) et PERSONNE3.),
ces frais récupérables sur simple présentation des quittances des ouvriers y
employés ;
déboute PERSONNE1.), de sa demande en allocation d’une indemnité de
procédure ;
condamne PERSONNE2.) et PERSONNE3.) aux frais et dépens de l’instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé par Nous Lex EIPPERS, juge de paix directeur
adjoint, assisté du greffier Gilles GARSON, en notre audience publique en la
salle des audiences de la Justice de Paix de Diekirch, « Bei der Aler Kiirch »,
date qu’en tête et avons signé avec le greffier.