Appeal dismissed; unlawful occupation claim upheld; eviction deadline confirmed despite family hardship.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Tribunal d'Arrondissement of Diekirch declared the appeal admissible in form but non-founded in substance, confirming the first-instance judgment regarding unlawful occupation. The appellants argued that a three-month eviction deadline was insufficient due to housing difficulties and the best interests of their minor children, while the State contended that granting extra time would violate equality and disrupt the reception system. The court rejected these arguments, ruling that the lack of documented housing efforts and the State's need for the premises justified the original three-month period.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 238 N.C.P.C.; Art. 1000 N.C.P.C.; An appeal against a judgment on unlawful occupation is admissible if filed within the statutory time limits but must be substantiated by specific legal grounds; the court cannot supply missing arguments, and the best interests of children do not override the requirement for lawful possession or justify extending eviction deadlines absent documented efforts to secure alternative housing.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugement N° 2026TADCOMM/0060 (appel occupation sans droit ni titre)
Audience publique du mercredi, vingt-cinq février deux mille vingt-six
Numéro du rôle : TAD-2025-01513
Composition :
Jean-Claude WIRTH,
vice-président,
Fernand PETTINGER,
premier juge,
Geraldine HELLENBRAND,
attachée de justice à titre provisoire déléguée,
Christiane BRITZ,
greffier.
Entre:
1. PERSONNE1.), né le DATE1.) à ADRESSE1.) (ADRESSE2.)), de nationalité
érythréenne, sans emploi et son épouse
2. PERSONNE2.), née le DATE2.) à ADRESSE3.) (ADRESSE2.)), de nationalité
érythréenne, sans emploi,
demeurant ensemble à L-ADRESSE4.),
parties appelantes aux termes d'un exploit de l'huissier de justice suppléant Alex
THEISEN, en remplacement de l’huissier de justice Geoffrey GALLÉ, demeurant à
Luxembourg, du 24 octobre 2025,
comparant par
Maître Sarah MOINEAUX, avocat à la Cour, demeurant à
Luxembourg, en l’étude de laquelle domicile est élu,
et:
l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, représenté par son Ministre d’Etat
actuellement en fonctions, Monsieur Luc FRIEDEN, ayant ses bureaux à L-1341
Luxembourg, 2, Place de Clairefontaine, et pour autant que de besoin, par son
Ministre de la Famille, des solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil, poursuites et
diligences de l’OFFICE NATIONAL DE L’ACCUEIL, établi à L-1734 Luxembourg, 5,
Rue Carlo Hemmer, représenté par son directeur actuellement en fonctions,
comparant par Marc HAYOT, juriste au Ministère de la Famille, des Solidarités, du
Vivre ensemble et de l’Accueil, Office national de l’accueil (ONA) suivant procuration
du 12 décembre 2023,
partie intimée aux fins du prédit exploit THEISEN.
___________________________________________________________________
Le Tribunal :
Faits:
Par exploit du ministère de l'huissier de justice suppléant Alex THEISEN, en
remplacement de l’huissier de justice Geoffrey GALLÉ, demeurant à Luxembourg, du
24 octobre 2025, PERSONNE1.), né le DATE1.) à ADRESSE1.) (ADRESSE2.)), de
nationalité érythréenne, sans emploi, et son épouse PERSONNE2.), née le DATE2.)
à ADRESSE3.) (ADRESSE2.)), de nationalité érythréenne, sans emploi, demeurant
ensemble à L-ADRESSE4.), ont fait signifier à l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE
LUXEMBOURG, représenté par son Ministre d’Etat actuellement en fonctions,
Monsieur Luc FRIEDEN, ayant ses bureaux à L-1341 Luxembourg, 2, Place de
Clairefontaine, et pour autant que de besoin, par son Ministre de la Famille, des
solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil, poursuites et diligences de l’OFFICE
NATIONAL DE L’ACCUEIL, établi à L-1734 Luxembourg, 5, Rue Carlo Hemmer,
représenté par son directeur actuellement en fonctions, qu’ils relèvent formellement
appel du jugement n°1266/2025 rendu contradictoirement et en premier ressort par le
Tribunal de paix de Diekirch, siégeant en matière d’occupation sans droit ni titre, en
son audience publique en date du 17 septembre 2025.
Par même exploit THEISEN, ils ont fait donner assignation à l’ETAT DU GRAND-
DUCHE DE LUXEMBOURG, et pour autant que de besoin, son Ministre de la Famille,
des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil, poursuites et diligences de
l’OFFICE NATIONAL DE L’ACCUEIL, établi à L-1734 Luxembourg, 5, rue Carlo
Hemmer, représenté par son directeur actuellement en fonctions, à comparaître à
l’audience publique du mercredi, 26 novembre 2025, à 10.00 heures du matin, devant
le tribunal d'arrondissement de Diekirch, siégeant en matière d’appel d’occupation
sans droit ni titre, pour y voir statuer sur le mérite des conclusions du dispositif de
l'assignation reproduite ci-après par procédé de photocopie :
Cette affaire fut mise au rôle par les soins des parties appelantes et inscrite au rôle
sous le numéro TAD-2025-01513.
A l'appel de la cause à l'audience publique du 26 novembre 2025, l’affaire fut fixée à
l’audience du 16 janvier 2026. A cette audience, l’affaire fut utilement retenue et Maître
Sarah MOINEAUX, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, fut entendue en ses
moyens et conclusions. Marc HAYOT, représentant l’Etat du Grand-Duché de
Luxembourg en vertu d’une procuration écrite, fut entendu en ses observations et
conclusions.
Sur ce le tribunal prit l'affaire en délibéré et rendit à l’audience de ce jour, le
jugement
qui suit:
Par requête déposée au greffe de la Justice de Paix de Diekirch le 15 avril 2025,
l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, poursuites et diligences de l’Office
national de l’accueil, a fait convoquer PERSONNE1.) et PERSONNE2.) à comparaître
devant le tribunal de paix de Diekirch aux fins de voir constater que PERSONNE1.) et
PERSONNE2.) sont à considérer comme occupants sans droit ni titre d’un logement
sis à L-ADRESSE4.) et voir condamner PERSONNE1.) et PERSONNE2.) à déguerpir
des lieux. En outre, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG a réclamé la
condamnation de PERSONNE1.) et PERSONNE2.) au paiement des frais et dépens
de l’instance.
Par jugement du 17 septembre 2025, le tribunal de paix de Diekirch, siégeant en
matière d’occupation sans droit ni titre, statuant contradictoirement et en premier
ressort, a dit que PERSONNE1.) et PERSONNE2.) occupent sans droit ni titre le
logement sis à L-ADRESSE4.), a condamné PERSONNE1.) et PERSONNE2.) à
déguerpir des lieux occupés sans droit ni titre avec tous ceux qui les occupent de leur
chef dans un délai de trois mois à partir de la notification du jugement et a autorisé,
au besoin, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG à les faire expulser aux
frais de ces derniers, récupérables sur simple présentation des quittances des
ouvriers y employés.
PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont encore été condamnés aux frais et dépens de
l’instance.
De ce jugement, PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont relevé appel par exploit
d’huissier du 24 octobre 2025.
Par réformation du jugement entrepris, ils sollicitent, à titre principal, l’octroi d’un délai
de déguerpissement dont le terme prendra fin le 15 juillet 2026 et, à titre subsidiaire,
un délai de six mois.
Ils demandent encore de condamner l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG
au paiement des frais et dépens des deux instances.
L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG se rapporte à prudence de justice
quant à la recevabilité de l’acte d’appel du 24 octobre 2025. Il sollicite le rejet de
l’ensemble des demandes de PERSONNE1.) et PERSONNE2.) et la confirmation du
jugement de première instance.
Moyens des parties
A l’appui de leur appel, PERSONNE1.) et PERSONNE2.) font valoir qu’ils ont introduit
une demande de protection internationale auprès de l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE
LUXEMBOURG et ont obtenu le statut de réfugié en date du 27 octobre 2022.
Ils exposent qu’ils rencontrent, malgré les démarches entreprises, des difficultés à
trouver un logement.
Ils estiment qu’au regard de leur situation de vulnérabilité, marquée notamment par la
barrière linguistique, l’absence d’emploi et l’âge avancé de PERSONNE1.), le délai de
trois mois accordé en première instance est trop court.
PERSONNE1.) et PERSONNE2.) invoquent encore l’article 24 de la Charte des droits
fondamentaux de l’Union européenne, faisant valoir que le délai de déguerpissement
fixé porte atteinte à l’intérêt supérieur de leurs enfants, dont deux sont encore mineurs
et scolarisés. Ils sollicitent, dès lors, un prolongement du délai jusqu’à la fin de l’année
scolaire, soit jusqu’au 15 juillet 2026, afin de permettre aux enfants mineurs de
poursuivre leur scolarité au sein de l’établissement qu’ils fréquentent actuellement.
A l’audience du 16 janvier 2026, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG a
rappelé que PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont signé un engagement unilatéral en
date du 25 novembre 2022 dans le cadre duquel ils se sont engagés à quitter la
structure d’hébergement sise à L-ADRESSE5.) pour le 1er novembre 2023 au plus
tard et qu’en date du 30 janvier 2023, ils ont été relogés avec leurs enfants dans une
structure d’hébergement à L-ADRESSE4.). L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE
LUXEMBOURG a souligné qu’il leur a adressé, par courrier du 6 février 2025, une
mise en demeure de libérer les lieux pour le 6 mars 2025 au plus tard, et par courrier
du 15 mai 2025, PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont été informés de la fermeture
définitive de la structure d’hébergement dans laquelle ils résident. Cependant, ils s’y
trouvent toujours.
Selon l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG,
PERSONNE1.)
et
PERSONNE2.) sont occupants sans droit ni titre et ne peuvent se plaindre de leur
situation actuelle dès lors qu’il leur appartenait d’entreprendre des démarches
concrètes pour trouver un nouveau logement.
Néanmoins, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG explique que pendant
deux ans, ils sont demeurés passifs et les seules démarches documentées en vue de
trouver un logement sont des attestations d’inscription sur la liste d’attente de l’Agence
immobilière sociale et de l’Office social Nordstad, intervenues peu avant le jugement
de première instance, ainsi qu’un courrier de confirmation d’inscription et
d’actualisation auprès du Fonds du Logement.
Il conclut que PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ne justifient pas de démarches
sérieuses de recherche de logement et que ce défaut d’initiative ne saurait justifier
l’octroi d’un délai supplémentaire.
S’agissant de l’intérêt supérieur de l’enfant, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE
LUXEMBOURG rappelle que, hormis les décisions relatives à la demande de
protection internationale auprès de l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG,
la prise en charge des enfants relève des services spécialisés dans l’aide à l’enfance
et non de l’autorité en matière de migration. Il fait valoir qu’en accordant un délai de
déguerpissement de trois mois, le tribunal de paix a déjà pris en considération la
situation familiale et la présence d’enfants mineurs et que la durée de la procédure
devant les juridictions a permis à la famille de bénéficier d’un délai supplémentaire.
Enfin, l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG soutient qu’accorder un délai
supplémentaire à PERSONNE1.) et PERSONNE2.) reviendrait à rompre l’égalité des
personnes en situation comparable et à porter atteinte au fonctionnement du système
d’accueil.
Motifs de la décision
Quant au rapport à sagesse ou à prudence, il convient de rappeler que ce rapport
équivaut à une contestation. Il n’en reste pas moins qu’une contestation non
autrement étayée est à écarter, étant donné qu’il n’appartient pas au juge de suppléer
à la carence des parties au litige et de rechercher lui-même les moyens juridiques qui
auraient pu se trouver à la base de leurs conclusions.
Il en découle qu’à défaut de contestation précise, l’appel est recevable pour avoir été
introduit selon les forme et délai prévus par la loi.
Le jugement de première instance n’est entrepris qu’en ce qui concerne le délai de
déguerpissement.
Les moyens invoqués par PERSONNE1.) et PERSONNE2.) reposant sur les
difficultés à trouver un logement et l’intérêt supérieur de l’enfant, notamment en lien
avec la localisation des établissements scolaires fréquentés, dont l’un se situe non
pas à ADRESSE6.) mais à ADRESSE7.), ne sauraient justifier leur maintien dans le
logement en l’absence de tout droit ou titre.
Le tribunal ne doute pas de ce qu’il est difficile pour PERSONNE1.) et PERSONNE2.)
de trouver un logement adapté à leur situation familiale. Toutefois, au vu de leurs
engagements, de la mise en demeure et du fait que leurs démarches ne sont
documentées qu’à partir de mai 2025,
le tribunal
estime qu’un délai de
déguerpissement supplémentaire n’est pas justifié, d’autant plus que l’ETAT DU
GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG a besoin des lieux pour accueillir de nouveaux
demandeurs de protection internationale.
Il résulte de ce qui précède que l’appel est à déclarer non fondé et qu’il y a lieu de
confirmer le jugement entrepris, avec la précision que le délai de déguerpissement de
trois mois court à partir de la date de la signification du présent jugement.
Conformément à l’article 238 du Nouveau Code de procédure civile, il y a lieu de
condamner PERSONNE1.) et PERSONNE2.) aux frais et dépens de l’instance
d’appel.
Par ces motifs :
le tribunal d'arrondissement de et à Diekirch, siégeant en matière d’occupation sans
droit ni titre et en instance d’appel, statuant contradictoirement,
reçoit l’appel en la forme,
dit l’appel non fondé,
partant confirme le jugement entrepris, sauf à dire que le délai de déguerpissement
de trois mois court à partir de la date de la signification du présent jugement,
condamne PERSONNE1.) et PERSONNE2.) aux frais et dépens de l’instance
d’appel.
Ainsi prononcé en audience publique au Tribunal d’arrondissement de et à Diekirch,
par Nous Jean-Claude WIRTH, vice-président près le tribunal d’arrondissement,
assisté du greffier Christiane BRITZ.
Le greffier
Le vice-président