Appeal against prison cell regime extension dismissed due to persistent disciplinary behavior and adaptation difficulties.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal declared the prisoner's appeal admissible but ultimately non-founded, rejecting his request to move from solitary confinement to community living. The court relied on the SPSE evaluation report which documented the prisoner's accumulation of disciplinary reports, behavioral issues, and failure to adapt to rules despite his polite demeanor. Consequently, the extension of the cell regime was upheld as justified by the persistent security risks and lack of behavioral improvement.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticle 29 (4) of the Prison Administration Reform Law of 20 July 2018; Article 698 of the Code of Criminal Procedure: The extension of a prisoner's placement in the cell regime is justified when the evaluation report demonstrates persistent disciplinary behavior, adaptation difficulties, and continued security risks, thereby negating the applicant's claim of exemplary conduct.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Arrêt n°36/26 chap
du 17 février 2026.
La Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel du Grand-Duché
de Luxembourg a rendu le dix-sept février deux mille vingt-six l'arrêt qui suit:
Vu le recours écrit, entré le 11 février 2026, par courrier électronique, au greffe
de la Chambre de l’application des peines de la Cour d’appel par Maître
Philippe STROESSER pour le compte de
PERSONNE1.), né DATE1.) à ADRESSE1.) (E), actuellement détenu au
Centre Pénitentiaire d’Uerschterhaff,
contre la décision rendue le 30 janvier 2026 par Madame le directeur adjoint
de l’Administration pénitentiaire, décidant la prolongation, sur base de l’article
29 (4) de la loi du 20 juillet 2018 portant réforme de l’administration
pénitentiaire, du placement du requérant en régime cellulaire;
Vu les réquisitions écrites du Ministère public ;
Après avoir délibéré conformément à la loi ;
LA CHAMBRE DE L’APPLICATION DES PEINES DE LA COUR D'APPEL :
Vu le recours, entré le 11 février 2026, par courrier électronique au greffe de
la Chambre de l’application des peines de la Cour d’appel par Maître Philippe
STROESSER, avocat à la Cour, pour le compte d’PERSONNE1.) dirigé contre
une décision de Madame le directeur adjoint de l’Administration pénitentiaire,
ordonnant la prolongation du placement au régime cellulaire d’PERSONNE1.),
sur base de l’article 29 (4), de la loi du 20 juillet 2018 sur l’administration
pénitentiaire, aux conditions suivantes :
ouverture de la cellule pendant 3 heures (promenade incluse);
retrait des activités individuelles et communes, à l'exception des
activités sportives (1 fois par semaine) et éducatives;
droit à la pratique religieuse (retrait des activités religieuses en
commun, mais l'assistance spirituelle peut toutefois s’entretenir
librement avec le détenu lorsque celui-ci en fait la demande) ;
droit à la correspondance ;
droit à la lecture;
accès au téléphone;
vêtements personnels ;
douche journalière ;
achats limités à 60€ par semaine à l’'Economat.
A l’appui de son recours, le requérant fait valoir que les conditions de l’article
29 de la loi du 20 juillet 2018 portant réforme de l’administration pénitentiaire
ne seraient plus données. Il soutient avoir eu un comportement exemplaire au
courant du mois écoulé, qu’il n’aurait été impliqué dans aucun incident, qu’il ne
présenterait aucun risque d’évasion, de mise en danger de soi-même ou
d’autrui par le biais de violences physiques ou morales ou de troubles
caractérisés de la sécurité, de la sûreté et du bon fonctionnement du centre
pénitentiaire.
La décision de prolonger son placement en régime cellulaire ne serait en
conséquence pas justifiée et il demande à être placé en régime de vie en
communauté.
Le représentant du Ministère public conclut à la recevabilité du recours, mais
à le voir déclarer non fondé. Il se réfère au rapport d’évaluation SPSE du 29
janvier 2026 pour souligner l’absence d’évolution du comportement du
requérant et à l’avis de l’agent SPSE qu’une prolongation du placement du
requérant en régime cellulaire lui serait bénéfique.
Sur la recevabilité du recours
En vertu de l’article 35 de la loi du 20 juillet 2018 portant réforme de
l’administration pénitentiaire, la Chambre de l’application des peines est
compétente pour connaître des recours dirigés contre les décisions prises à
l’égard des détenus par le directeur de l’administration pénitentiaire en
application de ladite loi.
Suivant l’article 35 (1) de cette même loi, ce recours doit être introduit dans un
délai de huit jours ouvrables qui court à partir de la notification de la décision
attaquée, et ce recours doit être formé par écrit. En l’espèce, le recours contre
la décision du 30 janvier 2026 ayant été introduit le 11 février 2026, a été
intenté endéans le délai des huit jours ouvrables. Le recours ayant été formé
par écrit, il respecte également cette condition.
L’article 35 (2) de la loi précitée renvoie aux articles 698, 699, paragraphes 1
et 2, ainsi qu’aux articles 700 à 704 du Code de procédure pénale.
Conformément à l’article 698, paragraphe 1 dudit Code, le recours doit contenir
un exposé sommaire des moyens invoqués. Cette condition est également
remplie en l’espèce.
Le recours est partant recevable pour avoir été introduit dans les forme et délai
de la loi.
Sur le bien-fondé du recours
L’article 29 (4) de la loi du 20 juillet 2018 portant réforme de l’administration
pénitentiaire dispose que « La décision de placement au régime cellulaire sur
base du paragraphe 2, point (b), est prise par le directeur de l'administration
pénitentiaire. Elle est notifiée par écrit par le directeur du centre pénitentiaire
au détenu qui doit avoir été en mesure de faire valoir son point de vue au
préalable. Au plus tard un mois après la décision de placement en régime
cellulaire, et par la suite au moins une fois par mois, la direction du centre
pénitentiaire évalue si les conditions ayant motivé le placement en régime
cellulaire persistent. Les prorogations ou non-prorogations du placement du
détenu au régime cellulaire sont décidées par le directeur de l'administration
pénitentiaire sur proposition du directeur du centre pénitentiaire et notifiées au
détenu par ce dernier ».
Il résulte du rapport d’évaluation SPSE du 29 janvier 2026, que quelques
semaines après le début de sa détention en octobre 2025, le requérant « a
commencé à accumuler des rapports disciplinaires, semblait adopter un
comportement particulier et avoir des difficultés à s'adapter et à respecter les
règles et a été impliqué dans divers conflits, tant avec ses codétenus qu'avec
le personnel pénitentiaire ».
L’agent SPSE indique que bien que lors des entretiens, le requérant « reste
très poli, respectueux et calme tout au long de ses propos », il « ne semble
pas percevoir la problématique liée à son comportement ».
L’agent SPSE est partant d’avis qu’il serait bénéfique pour PERSONNE1.) de
limiter ses contacts avec ses codétenus et de le maintenir sous régime
cellulaire
« afin qu'il comprenne qu’un tel comportement n’est pas
acceptable ».
Au vu du rapport d’évaluation SPSE et de l’avis du 29 janvier 2026, la décision
du directeur adjoint de l’Administration pénitentiaire de prolonger le placement
en régime cellulaire d’PERSONNE1.) est justifiée et le recours de ce dernier
contre cette décision n’est pas fondé.
P A R C E S M O T I F S :
La Chambre de l’application des peines, siégeant en composition
collégiale,
déclare le recours d’PERSONNE1.) recevable mais non fondé.
Ainsi fait et jugé par la Cour d’appel du Grand-Duché de Luxembourg,
Chambre de l’application des peines, à la Cité Judiciaire, Bâtiment CR, Plateau
du St. Esprit, date qu’en tête par Elisabeth WEYRICH, président de chambre,
Nadine WALCH, premier conseiller, et Laurent LUCAS, conseiller, qui ont
signé le présent arrêt avec le greffier en chef Viviane PROBST.
La lecture de l'arrêt a été faite en audience publique à la Cité Judiciaire,
Bâtiment CR, Plateau du St. Esprit, par Elisabeth WEYRICH, président de
chambre, en présence de Viviane PROBST, greffier en chef.