Prisoner's weekend release group change request dismissed due to organizational constraints and equality of treatment.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court declared the prisoner's appeal against the refusal of a weekend release group change non-founded. The prisoner argued the change was necessary to visit his mother in poor health, while the public prosecutor emphasized administrative constraints requiring uniform rules for all inmates. The court ruled that individual preferences cannot override organizational needs unless the disadvantage is disproportionate, which was not the case here.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticle 35(1) of the Prison Administration Reform Law; Article 698 of the Code of Criminal Procedure: The prison administration must apply uniform rules ensuring equal treatment, excluding individual preferences for release schedules unless the resulting disadvantage is disproportionate.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Arrêt n° 30/26 chap
du 12 février 2026
La Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel du Grand-Duché
de Luxembourg a rendu le douze février deux mille vingt-six l'arrêt qui suit:
Vu le recours formé le 10 février 2026 par déclaration au greffe du Centre
pénitentiaire de Givenich par
PERSONNE1.), né le DATE1.) à ADRESSE1.), actuellement détenu au
Centre pénitentiaire de Givenich,
contre la décision du Directeur de l’Administration pénitentiaire du 6 février
2026, lui notifiée le 9 février 2026 ;
Vu les réquisitions écrites du Ministère public ;
Après avoir délibéré conformément à la loi ;
LA CHAMBRE DE L’APPLICATION DES PEINES DE LA COUR D'APPEL
PERSONNE1.) a formé un recours contre la décision du Directeur de
l’Administration pénitentiaire du 6 février 2026, ayant rejeté son recours contre
une décision du Directeur adjoint du Centre pénitentiaire de Givenich du 28
janvier 2026 lui ayant refusé un changement de groupe de sortie le weekend
en raison de contraintes organisationnelles internes.
La décision du Directeur de l’Administration pénitentiaire est motivée par la
circonstance qu’une modification des groupes
de sortie le weekend
impliquerait une réorganisation impossible à mettre en œuvre. Il a encore
relevé « qu’il n’est pas possible de faire droit à des demandes individuelles de
cette nature en l’absence de situation d’urgence, dans la mesure où cela
pourrait créer un sentiment d‘inégalité parmi les autres détenus ».
Dans son recours, PERSONNE1.) répète qu’il a présenté une demande de
changement de groupe de sortie le weekend afin de passer plus de temps
avec sa mère, laquelle se trouverait dans un état de santé précaire.
Le Ministère public considère que le recours est recevable, mais non fondé. Il
relève que l’Administration pénitentiaire est tenue par des contraintes
d’organisation, qui lui imposent de définir des règles générales appliquées de
façon uniforme à tous les détenus. Cette application uniforme des procédures
assurerait le respect de l’égalité de traitement, qui constituerait une condition
essentielle de leur acceptation par les détenus. En revanche, faire droit à la
diversité des souhaits individuels, en l’occurrence les souhaits relatifs au
moment des sorties de weekend, empêcherait toute organisation rationnelle
de ces sorties pour l’ensemble des détenus. Il s’y ajouterait que, en l’espèce,
le désavantage subi par le requérant du fait de l’application du régime de sortie
ne serait pas totalement intolérable, le requérant étant toujours en mesure de
rendre visite à sa mère, seules les conditions de transport (obligation de
recourir aux transports en commun au lieu de pouvoir profiter d’un covoiturage
par un codétenu) étant un peu plus difficiles que celles applicables en cas de
recours à la solution préconisée par lui.
Appréciation
L’article 35(1) de la loi modifiée du 20 juillet 2018 portant réforme de
l’administration pénitentiaire dispose que :
« Toutes les décisions prises à l’égard des détenus par le directeur de
l’administration pénitentiaire en application de la présente loi peuvent faire l’objet
d’un recours juridictionnel devant la chambre de l’application des peines ».
Par ailleurs, le recours a été introduit selon les formes et délai prévus par
l’article 698 du Code de procédure pénale auquel renvoie l’article 35 précité,
de sorte qu’il est recevable.
C’est néanmoins à bon droit que le représentant du Ministère public conclut
au rejet du recours au motif qu’il appartient à l’Administration pénitentiaire
d’appliquer des règles uniformes garantissant l’égalité de traitement des
détenus, ce qui exclut la prise en compte de préférences individuelles quant
aux horaires de sortie, d’autant que le requérant ne subit pas un désavantage
disproportionné puisqu’il peut toujours se rendre auprès de sa mère malgré
des modalités de transport moins commodes.
Le recours n’est dès lors pas fondé.
P A R C E S M O T I F S :
la Chambre de l’application des peines, siégeant en composition collégiale,
reçoit la demande en la forme,
déclare le recours de PERSONNE1.) non fondé.
Ainsi fait et jugé par la Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel du
Grand-Duché de Luxembourg, composée d’Elisabeth WEYRICH, président de
chambre, Nadine WALCH, premier conseiller, et Laurent Lucas conseiller, qui ont
signé le présent arrêt avec le greffier Amra ADROVIC.
La lecture de l'arrêt a été faite en audience publique à la Cité Judiciaire, Bâtiment
CR, Plateau du St. Esprit, par Elisabeth WEYRICH, président de chambre, en
présence d’Amra ADROVIC, greffier.