Luxembourg court validates salary garnishment for 20,518 euros but rejects additional claim due to lack of prior judicial authorization.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Luxembourg Peace Court validated a salary garnishment for 20,518 euros against a debtor's wages held by the State Treasury. The creditor sought to increase the garnished amount to include future terms, arguing the debt was certain and liquid. The court granted the initial sum based on a valid European enforceable title but rejected the increase because special garnishment rules require prior judicial authorization for any modification.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 5 and 20 of Regulation (EU) No 805/2004; A special garnishment order is valid for the amount supported by a certified European enforceable title, but any increase requires a separate prior judicial authorization and is inadmissible if not sought through such authorization.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Répertoire n° 3511/25
L-SA-481/25
Audience publique extraordinaire du mercredi, 4 novembre 2025
Le tribunal de paix de et à Luxembourg, arrondissement judiciaire de Luxembourg,
siégeant en matière de saisie-arrêt spéciale, a rendu le jugement qui suit
dans la cause
entre
PERSONNE1.), demeurant à D-ADRESSE1.),
partie créancière-saisissante,
comparant en personne,
et
PERSONNE2.) né PERSONNE3.), demeurant à L-ADRESSE2.),
partie débitrice-saisie,
comparant en personne,
en présence de
l’Etat du Grand-Duché de Luxembourg, représenté par son Ministre d’Etat
demeurant à Luxembourg, poursuites et diligences de la TRESORERIE DE
L’ETAT, établie à L-ADRESSE3.),
partie tierce-saisie.
Faits
Sur demande de la partie tierce-saisie en date du 2 avril 2025, les parties furent
convoquées par voie du greffe, à comparaître à l'audience publique du jeudi,
26 juin 2025 à 9.00 heures, salle n° JP.1.19.
Pour des raisons de réorganisation interne des services le tribunal refixa ce rendez-
vous au mercredi, 1er octobre 2025 à 15.00 heures, salle n° JP.1.19.
Après une remise contradictoire, l’affaire fut utilement retenue à l’audience
publique du mercredi, 22 octobre 2025 lors de laquelle les parties créancière-
saisissante
et
débitrice-saisie,
PERSONNE1.)
et
PERSONNE2.)
né
PERSONNE3.), se présentèrent personnellement.
Les parties furent entendues en leurs explications et déclarations.
Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l'audience publique de ce
jour, à laquelle le prononcé avait été fixé,
le jugement qui suit :
Par ordonnance rendue le 25 mars 2025 par le juge de paix de Luxembourg,
PERSONNE1.) a été autorisée à pratiquer saisie-arrêt sur les salaires, traitements,
appointements, indemnités de chômage, pensions, et rentes touchés par
PERSONNE2.), né PERSONNE3.) entre les mains de l’ETAT DU GRAND-
DUCHE DE LUXEMBOURG, poursuites et diligences de la Trésorerie de l’Etat,
pour avoir paiement de la somme de 21.518 euros, composé d’un montant de 5.832
euros ainsi que des termes courants échus de 713 euros par enfant et l’indexation
pour la période de mai 2024 à mars 2025.
Cette ordonnance de saisie-arrêt a été notifiée dans les formes légales à la partie
tierce-saisie en date du 28 mars 2025.
Suivant courrier entré au greffe de ce tribunal le 2 avril 2025, celle-ci a fait la
déclaration affirmative prévue par la loi.
Il y a lieu de lui en donner acte et de statuer contradictoirement à son égard.
A l’audience du 22 octobre 2025, PERSONNE1.) demande à voir valider la saisie-
arrêt telle qu’elle a été autorisée. Elle demande encore à voir augmenter sa
demande en validation pour le terme courant échu de 713 euros par enfant, soit 2
x 713 euros à partir de janvier 2025 ainsi que pour le terme courant à partir de
novembre 2025.
Elle estime que cette augmentation de sa demande en validation de la saisie est
recevable.
PERSONNE2.) s’oppose à cette demande en faisant valoir que cette augmentation
n’a pas été autorisée. Il s’oppose ensuite à la validation de la saisie-arrêt en
invoquant sa situation financière précaire si la saisie était validée. Il va introduire
un recours à l’égard de la décision allemande. Il souligne également le caractère
totalement excessif du montant de la pension alimentaire fixé dans ladite décision
compte tenu du loyer à sa charge. Comme le certificat européen ne lui a pas été
notifié, il n’aurait pas pu prendre les mesures nécessaires pour se préparer à la
saisie et s’y opposer.
PERSONNE1.) donne à considérer que le débiteur a accepté de voir fixer le
montant de la pension alimentaire à 713 euros par enfant devant le juge allemand.
Le montant de la pension alimentaire aurait été fixé en fonction de différents
critères ayant entre autres trait à la situation financière d’PERSONNE2.).
A l’appui de sa demande, PERSONNE1.) verse l’expédition en forme exécutoire
d’un « Gerichtlicher Vergleich » conclu par les parties par-devant l’« Amtsgericht
St. Wendel » en date du 18 avril 2024 aux termes duquel PERSONNE2.) s’est
engagé à payer à PERSONNE1.) des arriérés de pension alimentaire de 2.916 euros
pour chacun des deux enfants mineurs couvrant la période de juin 2023 à avril
2024 ainsi que le terme courant de 713 euros par enfant à partir du mois de mai
2024, notifié à PERSONNE2.) en date du 26 avril 2024, ainsi que certificat de titre
exécutoire européen délivré en date du 15 octobre 2024 par le greffe de
l’« Amtsgericht St. Wendel » sur base de l’expédition en forme exécutoire de cette
transaction.
L’article 21, 2. du règlement CE n° 805/2004 du 21 avril 2004 portant création
d’un titre exécutoire européen pour les créances incontestées prévoit que « la
décision [étrangère] ou sa certification en tant que titre exécutoire européen ne
peut en aucun cas faire l’objet d’un réexamen au fond dans l’Etat membre
d’exécution ».
L’argumentaire d’PERSONNE2.) relatif au fond de l’affaire ne saurait dès lors être
examiné par le Tribunal de céans.
L’article 20, 1. du même règlement dispose encore que « sans préjudice des
dispositions du présent chapitre, les procédures d’exécution sont régies par la loi
de l’Etat membre d’exécution. Une décision certifiée en tant que titre exécutoire
européen est exécutée dans les mêmes conditions qu’une décision rendue dans
l’Etat membre d’exécution ».
Par application des articles 5 et 20 du prédit règlement le « Gerichtlicher
Vergleich » précité jouit de la force exécutoire au Grand-Duché de Luxembourg
et est exécuté dans les mêmes conditions qu’une décision rendue par les
juridictions indigènes.
Ce « Gerichtlicher Vergleich » constitue donc un titre exécutoire remplissant les
conditions posées par le règlement communautaire et permettant la validation de
la saisie-arrêt.
Comme la partie saisissante dispose d’une créance certaine, liquide et exigible à
concurrence du montant réclamé et que la saisie-arrêt a été pratiquée
conformément aux règles de procédure régissant la matière, il y a lieu de valider
la saisie-arrêt pour le montant de 21.518 euros.
En ce qui concerne l’augmentation de la prétention de PERSONNE1.), il y a lieu
de relever que la demande en validité en rapport avec cette augmentation est
irrecevable, les règles d’ordre public concernant la procédure des saisies-arrêts
spéciales disposant que toute saisie-arrêt doit faire l’objet d’une autorisation
préalable du juge de paix, ce qui n’est pas le cas en l’espèce.
En présence d’un titre exécutoire pour la somme de 20.518 euros, il y a lieu
d’ordonner l’exécution provisoire du présent jugement.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal de paix de Luxembourg, siégeant en matière de saisie-arrêt spéciale,
statuant contradictoirement et en premier ressort,
d o n n e a c t e à l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, poursuites
et diligences de la Trésorerie de l’Etat, de sa déclaration affirmative,
d i t la demande en validité recevable et fondée pour la somme de 20.518 euros,
d é c l a r e bonne et valable,
partant v a l i d e la saisie-arrêt pratiquée le 25 mars 2025 par PERSONNE1.) sur
les salaires, traitements, appointements, indemnités de chômage, pensions, et
rentes touchés par PERSONNE2.), né PERSONNE3.) entre les mains de l’ETAT
DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, poursuites et diligences de la
Trésorerie de l’Etat, pour avoir paiement de la somme de 20.518 euros,
o r d o n n e
à la partie tierce-saisie de verser entre les mains de la partie
créancière-saisissante les retenues légales qu'elle était tenue d'opérer sur les
salaires, traitements, appointements, indemnités de chômage, pensions, et rentes
de la partie débitrice-saisie à partir du 28 mars 2025, jour de la notification de la
saisie-arrêt,
o r d o n n e en outre à la partie tierce-saisie de faire les retenues légales venant à
échéance et de les verser à la partie créancière-saisissante jusqu'à concurrence de
la somme redue,
d i t la demande en validité irrecevable pour le surplus,
o r d o n n e l’exécutoire provisoire du présent jugement, nonobstant toute voie
de recours et sans caution,
c o n d a m n e
PERSONNE2.), né PERSONNE3.) aux frais et dépens de
l'instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique dudit tribunal de paix de
Luxembourg, date qu’en tête, par Nous Anne SIMON, Juge de paix, assistée de la
greffière assumée Fabienne FROST, qui ont signé le présent jugement.
Anne SIMON
Fabienne FROST
Juge de Paix
Greffière assumée