Court declares substantive contract modification null for lack of nature indication and awards procedural costs.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court declared the request to annul the employer's letter regarding a substantive contract modification admissible but without effect, as the employer had already issued a separate nullity notice. While the employer admitted violating Article L.121-7 of the Labour Code by failing to specify the modification's nature, the court found the annulment request moot due to the subsequent nullity letter. Consequently, the court awarded the employee 500 euros in procedural costs under Article 240 of the Civil Procedure Code, ordering the employer to pay these fees and cover all instance expenses.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticle L.121-7 du Code du travail; Article 240 du nouveau code de procédure civile: A substantive contract modification notification lacking the specific indication of its nature is void under Article L.121-7, but if a subsequent nullity notice is issued, the request for annulment becomes moot, though procedural costs may still be awarded to the aggrieved party.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Répertoire n : 2211/2025
E-TREF-85/25
Ordonnance du 5 septembre 2025
Par requête régulièrement déposée le 16 juillet 2025 au greffe de la justice de
paix de et à Esch-sur-Alzette,
dans la cause entre:
PERSONNE1.), demeurant à F-ADRESSE1.),
- partie demanderesse -, comparant par Maître Ludovic MATHIEU, en
remplacement de Maître Nicolas BAUER, avocats à la Cour, les deux
demeurant à Belvaux,
et:
SOCIETE1.), en abrégé SOCIETE1.), établie et ayant son siège social à L-
ADRESSE2.), inscrite au Registre de Commerce et des Sociétés à
Luxembourg sous le numéro NUMERO1.), représentée par son conseil
d’administration actuellement en fonctions,
- partie défenderesse -, comparant par Maître Gynette TOMEBA, avocat, en
remplacement de Maître Pierrot SCHILTZ, avocat à la Cour, les deux
demeurant à Luxembourg.
FAITS :
Suite à la requête déposée le 11 juillet 2025 au greffe du tribunal du travail
par PERSONNE1.), les parties furent convoquées à l'audience publique du 5
août 2025 devant le Président du tribunal du travail.
À l’audience du 5 août 2025, l’affaire fut refixée au 19 août 2025, date à
laquelle l’affaire fut refixée au 2 septembre 2025, date à laquelle l’affaire fut
utilement retenue
A l'appel de la cause à l’audience publique dont question, Maître Ludovic
MATHIEU se présenta pour la requérante, et Maître Gynette TOMEBA se
présenta pour la partie défenderesse.
L’affaire fut alors utilement retenue.
Les mandataires des parties furent entendus en leurs moyens et conclusions.
Sur ce, le Président du tribunal du travail prit l’affaire en délibéré et rendit à
l'audience publique extraordinaire de ce jour à laquelle le prononcé avait été
fixé,
l' o r d o n n a n c e qui suit :
Par requête déposée au greffe le 11 juillet 2025, PERSONNE1.) a fait
convoquer la SOCIETE1.) devant le Président du tribunal du travail aux fins
de voir déclarer nul et sans effet le courrier de l’employeur du 27 juin 2025
valant « modification substantielle du contrat de travail » de la requérante
notifié au mépris des dispositions prévues à l’article L.121-7 du Code du
travail et des articles auxquels il renvoie.
La requérante a en outre sollicité l’allocation d’une indemnité de procédure
de 2.500.- euros sur base de l’article 240 du nouveau code de procédure civile
et elle a conclu à l’exécution provisoire de l’ordonnance à intervenir.
A l’appui de sa demande, PERSONNE1.) a fait valoir que le courrier ayant
pour objet la notification d’une « modification substantielle » de son contrat
de travail serait muet quant à la nature de la modification substantielle dont il
serait question. L’employeur se serait borné à renseigner la date de prise
d’effet de la modification de son contrat de travail, à savoir le 31 décembre
2025, sans cependant indiquer sa nature exacte et ses conséquences sur son
contrat de travail.
Ce courrier serait dès lors intervenu en violation des dispositions de l’article
L.121-7 du Code du travail qui prescrit l’indication de la nature de la
modification du contrat de travail.
A l’audience des plaidoiries PERSONNE1.) fait plaider que sa demande en
nullité dudit courrier serait devenue sans objet alors que la partie défenderesse
aurait elle-même, suite au dépôt de la requête du 11 juillet 2025, reconnu la
nullité de la modification notifiée par courrier du 27 juin 2025.
Elle insiste cependant à se voir allouer une indemnité de procédure alors
qu’elle a été obligée d’introduire une requête devant le tribunal du travail pour
faire réagir la partie défenderesse.
En outre, la requérante donne à considérer que cette modification du contrat
de travail annoncée par courrier de son employeur du 27 juin 2025 serait déjà
la deuxième tentative de modification de son contrat de travail, la première
aurait également été abandonnée par l’employeur.
La SOCIETE1.) conteste la demande en allocation d’une indemnité de
procédure formulée par la requérante au motif que la requête déposée au
greffe de la Justice de paix n’aurait eu aucune incidence sur l’annulation de
la modification du contrat de travail. Le courrier en annulation de cette
modification, bien que daté du 18 juillet 2025, aurait déjà été préparé avant la
notification de la requête déposée par PERSONNE1.) à la Justice de Paix.
Or, le tribunal constate à cet égard que la requête a été déposée le 11 juillet
2025 au greffe de la Justice de Paix d’Esch-sur-Alzette et notifiée à la
SOCIETE1.) en date du 16 juillet 2025. Le courrier par lequel l’employeur
reconnaît la nullité de la modification du contrat de travail est daté au 18
juillet 2025 et, d’après le tampon de la poste, il a été envoyé au mandataire
de la requérante en date du 21 juillet 2025.
Il est par conséquent incontestable que le courrier portant annulation de la
modification du contrat de travail a été envoyé après la notification de la
requête du 11 juillet 2025.
Il est encore reconnu par la partie défenderesse que la notification de la
modification du contrat de travail de PERSONNE1.) a été faite en violation
des dispositions légales.
Il y a dès lors lieu de constater que la requérante a dû agir en justice et engager
des frais par rapport à son employeur qui a agi en violation des dispositions
légales à son encontre. Il serait par conséquent inéquitable de laisser ces frais
à sa seule charge, de sorte que la demande est à déclarer fondée en son
principe.
Eu égard à la nature de l’affaire, aux soins qu’elle requiert et aux difficultés
qu’elle comporte, il y a lieu de fixer l’indemnité de procédure devant revenir
à PERSONNE1.) à la somme de 500.- euros.
PAR CES MOTIFS:
Nous, Joëlle GEHLEN, Présidente du tribunal du travail de et à Esch-sur-
Alzette, statuant contradictoirement et en premier ressort ;
d é c l a r o n s la demande de PERSONNE1.) recevable ;
c o n s t a t o n s que la demande tendant à voir déclarer nul et sans effet le
courrier de l’employeur du 27 juin 2025 valant « modification substantielle
du contrat de travail » de la requérante notifié au mépris des dispositions
prévues à l’article L.121-7 du Code du travail et des articles auxquels il
renvoie est devenue sans objet ;
d i s o n s la demande en allocation d’une indemnité de procédure sur base
de l’article 240 du nouveau code de procédure civile fondée pour le montant
de 500.- euros ;
c o n d a m n o n s la SOCIETE1.) à payer à PERSONNE1.) une indemnité
de procédure de 500.- euros sur base de l’article 240 du nouveau code de
procédure civile ;
o r d o n n o n s l’exécution provisoire de la présente ordonnance, nonobstant
toutes voies de recours et avant enregistrement ;
c o n d a m n o n s la SOCIETE1.) à tous les frais et dépens de l’instance.
Ainsi décidé et prononcé en audience publique extraordinaire à Esch sur
Alzette, le 5 septembre 2025, et Nous avons signé avec le greffier.
Le juge de paix,
le greffier assumé,
s. Joëlle GEHLEN
s. Ben GAUDRON