Tenant eviction and rent judgment allowed; payment delay request dismissed; procedural fee awarded.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Peace Court of Esch-sur-Alzette ruled in favor of the State, ordering the tenant to vacate the property and pay monthly occupation fees totaling €2,790. The tenant argued for a payment delay under Article 1244 of the Civil Code, but the court rejected this claim due to lack of proof of hardship. Consequently, the judgment was made enforceable without security, and the tenant was ordered to pay a procedural fee of €250.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 1244 al. 2 CC; Art. 240 NCPC; Art. 115 NCPC: The court may grant payment delays only upon demonstrated hardship, and procedural fees are discretionary but may be awarded when the claim is partially successful.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Répertoire n° 1193/2025
E-BAIL-216/25
Audience publique extraordinaire du 7 mai 2025
Le tribunal de paix d'Esch-sur-Alzette, arrondissement judiciaire du Grand-Duché
de Luxembourg, a rendu le jugement qui suit :
Dans la cause entre :
l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, représenté par son
Ministre d’Etat actuellement en fonctions, demeurant à L-1341 Luxembourg, 2
Place de Clairefontaine et pour autant que de besoin par son Ministre de
l’Immigration et de l’Asile, poursuites et diligences de l’Office national de
l’accueil (ONA), établi à L-1734 Luxembourg, 5, rue Carlo Hemmer, représentée
par son directeur actuellement en fonctions,
- partie demanderesse - comparant par Maître Saïkou DRAMÉ, en remplacement
de Maître Marc THEWES, avocats à Luxembourg,
et :
PERSONNE1.), demeurant à L-ADRESSE1.),
- partie défenderesse - comparant en personne.
FAITS
L'affaire fut introduite par requête - annexée à la minute du présent jugement -
déposée le 28 mars 2025 au greffe de la Justice de Paix d’Esch-sur-Alzette.
Sur convocations émanant du greffe, elle fut appelée à l'audience publique du 25
avril 2025, date à laquelle l’affaire fut utilement retenue.
A cette audience, le mandataire de la partie demanderesse et la partie défenderesse
furent entendus en leurs moyens et conclusions.
Sur ce, le tribunal prit l'affaire en délibéré et rendit à l'audience publique
extraordinaire de ce jour,
le jugement
qui suit :
Par requête déposée au greffe en date du 28 mars 2025, l’ETAT DU GRAND-
DUCHÉ DE LUXEMBOURG a fait convoquer PERSONNE1.) devant le Tribunal
de paix d’Esch-sur-Alzette pour faire :
constater l’échéance fixée dans l’engagement signé le 13 juillet 2022,
constater que la partie défenderesse est occupante sans droit ni titre du
logement,
condamner la partie défenderesse à déguerpir du logement avec tous ceux
qui l’occupent de son chef dans un délai d’un mois à partir de la notification
du jugement à intervenir,
constater les échéances fixées dans l’engagement précité relative au
paiement des indemnités d’occupation mensuelles,
condamner la partie défenderesse à payer à la partie requérante la somme de
1.970 € à titre d’indemnités d’occupation mensuelles, avec les intérêts
légaux à partir des échéances respectives des indemnités, sinon à compter
de la présente demande en justice jusqu’à solde,
condamner la partie défenderesse à payer à la partie requérante une
indemnité de procédure de 250 € sur base de l’article 240 du NCPC,
ordonner l’exécution provisoire du jugement à intervenir,
condamner la partie défenderesse à tous les frais et dépens de l’instance.
A l’appui de sa requête, l’ETAT expose que l’immeuble sis à ADRESSE2.) est
géré par l’Office national d’accueil (ONA) en tant que structure pour demandeurs
de protection internationale, réfugiés et autres ressortissants de pays tiers. L’ONA
s’est substitué à l’OLAI avec effet au 1er janvier 2020.
PERSONNE1.) a obtenu la protection internationale le 17 juin 2022. Par un
engagement unilatéral signé le 13 juillet 2022, PERSONNE1.) a accepté de quitter
le logement temporairement mis à sa disposition pour le 1er juillet 2023 au plus tard
et de payer à l’ONA une indemnité d’occupation mensuelle
L’ETAT expose que PERSONNE1.) n’a pas encore quitté les lieux au terme
convenu, ni payé les arriérés d’occupation mensuelle.
L’ETAT expose encore que, conformément aux dispositions de la loi du 18
décembre 2015, PERSONNE1.) n’a plus droit aux conditions matérielles d’accueil
que l’ONA offre. Les structures d’hébergement de l’ONA sont encore exclues de
la loi du 21 septembre 2006 sur le bail à usage d’habitation. L’article 7 de la loi du
4 décembre 2019 n’a que modifié le libellé de l’article 1 paragraphe 3 point e) de
la loi du 21 septembre 2006 en changeant les termes « aux structures
d’hébergement réservées au logement provisoire d’étrangers visées par la loi du 16
décembre 2008 concernant l’accueil et l’intégration des étrangers au Grand-Duché
de Luxembourg » en les termes « aux structures d’hébergement réservées au
logement provisoire de demandeurs de protection internationale, de réfugiés et de
personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire visés par la loi du 18
décembre 2015 relative à la protection internationale et à la protection
temporaire. » Ces structures d’hébergement sont destinées à l’hébergement
temporaire et provisoire, tel que prévu par l’article 2 de la loi du 4 décembre 2019.
Ce n’est qu’à titre exceptionnel que l’ONA a continué à héberger PERSONNE1.)
dans une de ses structures pour lui permettre d’effectuer des démarches pour
trouver un logement adapté à ses besoins personnels. Une certaine tolérance basée
sur la situation sociale défavorisée de l’occupant ne lui confère aucun droit acquis.
Par courrier recommandé du 26 février 2025, l’ONA a mis en demeure
PERSONNE1.) de quitter le logement mis à sa disposition pour le 26 mars 2025 au
plus tard, ce qu’il a refusé de faire. A ce jour, il occupe toujours les lieux et n’a pas
restitué les clefs. Il est dès lors à considérer comme occupant sans droit ni titre.
L’ONA réclame encore des arriérés d’indemnités d’occupation à hauteur de
1.970 €.
Suivant engagement unilatéral du 13 juillet 2022, PERSONNE1.) s’était engagé à
payer une indemnité d’occupation mensuelle de 510 € à partir du 1er octobre 2022.
Malgré rappels et mises en demeure, l’ONA n’est pas parvenu à obtenir le paiement
qui lui est dû.
Suivant relevé financier du 6 février 2025, PERSONNE1.) redoit la somme de
1.970 € à titre d’arriérés d’indemnités d’occupation.
Appréciation
Il résulte des éléments du dossier que PERSONNE1.) a signé un engagement
unilatéral par lequel il a accepté de quitter le logement temporairement mis à sa
disposition pour le 1er juillet 2023 au plus tard. PERSONNE1.) s’est partant
expressément engagé à quitter ce logement avec tous ceux qui l’occupent de son
chef, à une certaine date, désormais dépassée.
Dès lors, PERSONNE1.) n’a plus de titre l’autorisant à occuper les lieux et il est à
considérer comme occupant sans droit ni titre.
PERSONNE1.) explique qu’il a, il y a deux ans, entamé des recherches afin de
trouver un logement adapté.
La demande en déguerpissement est par conséquent fondée, et il y a lieu d’accorder
un délai de 2 mois à PERSONNE1.).
A l’audience des plaidoiries, la partie demanderesse verse un nouveau relevé
financier daté au 14 avril 2025 et réclame la somme de 2.790 € à titre d’arriérés.
La créance invoquée par la partie requérante est justifiée par les renseignements
fournis à l’audience et les pièces versées en cause, pour le montant réclamé, à
augmenter des intérêts légaux à partir de la demande en justice jusqu’à solde.
PERSONNE1.) demande de se voir accorder le bénéfice de délais de paiement et
propose de payer 200 € par mois sur sa dette.
L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG s’oppose à la demande.
En vertu de l’article 1244 du Code civil, « le débiteur ne peut point forcer le
créancier à recevoir en partie le paiement d’une dette, même divisible », néanmoins
les « juges peuvent (…) en considération de la position du débiteur et en usant de
ce pouvoir avec une grande réserve, accorder des délais modérés pour le paiement,
et surseoir l’exécution des poursuites, toutes choses demeurant en état. ».
En l’espèce, PERSONNE1.) ne démontre pas les raisons pour lesquelles il devrait
être considéré comme un débiteur malheureux méritant l’octroi d’un délai pour le
paiement de sa dette et au vu du refus de la partie requérante, il n’y a pas lieu de
faire droit à sa demande en obtention de délais de paiement.
L’indemnité de procédure
L’application de l’article 240 du nouveau code de procédure civile relève du
pouvoir discrétionnaire du juge (Cour de cassation française, 2ème chambre, arrêt
du 10 octobre 2002, Bulletin 2002, II, n° 219, p. 172 ; arrêt du 6 mars 2003, Bulletin
2003, II, n° 54, p. 47).
Au vu des éléments du dossier, la demande ETAT DU GRAND DUCHE DE
LUXEMBOURG est fondée jusqu'à concurrence de 250 €.
Exécution provisoire
La partie requérante sollicite l’exécution provisoire sans caution du jugement à
intervenir.
Aux termes de l’article 115 du nouveau code de procédure civile, « l’exécution
provisoire, sans caution, sera ordonnée même d’office en justice de paix, s’il y a
titre authentique, promesse reconnue ou condamnation précédente par jugement
dont il n’y ait point appel. Dans tous les autres cas, l’exécution provisoire pourra
être ordonnée avec ou sans caution. »
Au vu de la somme due, il y a lieu d’ordonner l’exécution provisoire du présent
jugement.
Par ces motifs
Le Tribunal de paix de et à Esch-sur-Alzette, siégeant en matière d’occupation sans
droit ni titre, statuant contradictoirement et en premier ressort,
reçoit la demande en la forme ;
constate que PERSONNE1.) est occupant sans droit ni titre ;
condamne PERSONNE1.) à déguerpir des lieux loués avec tous ceux qui s’y
trouvent de son chef au plus tard dans un délai de 2 mois à compter de la
notification du présent jugement ;
au besoin autorise la partie demanderesse à faire expulser la partie défenderesse
dans la forme légale et aux frais de cette dernière, ces frais récupérables sur simple
présentation des quittances des ouvriers y employés ;
condamne PERSONNE1.) à payer à l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE
LUXEMBOURG le montant de 2.790 €, à augmenter des intérêts légaux sur la
somme de 1.970 € à partir du 28 mars 2025 et sur le montant de 820 € à partir du
25 avril 2025, date des demandes en justice, jusqu’à solde ;
dit la demande de PERSONNE1.) sur le fondement de l’article 1244, alinéa 2, du
Code civil non fondée et la rejette ;
dit fondée la demande de ETAT DU GRAND DUCHE DE LUXEMBOURG en
allocation d’une indemnité de procédure ;
condamne PERSONNE1.) à payer à ETAT DU GRAND DUCHE DE
LUXEMBOURG une indemnité de procédure de 250 € sur base de l’article 240 du
nouveau code de procédure civile ;
ordonne l’exécution provisoire du présent jugement en ce qui concerne la
condamnation pécuniaire ;
condamne PERSONNE1.) aux frais et dépens de l’instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique extraordinaire à Esch-sur-Alzette
par Caroline ROLLER, juge de paix, assistée du greffier Adnan MUJKIĆ, qui ont
signé le présent jugement.