Law firm wins default judgment for unpaid legal fees plus interest and procedural costs against absent client.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court granted a default judgment against an absent defendant for unpaid legal fees totaling 2,698.61 euros. The plaintiff argued that partial payments acknowledged the debt, while the defendant failed to appear or contest the claim. The court ruled in favor of the law firm, ordering payment of the balance, increased interest rates, and procedural costs.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 1153 du code civil; Article 15 de la loi du 2004: A partial payment acknowledges the debt, entitling the creditor to a judgment for the remaining balance with statutory interest and procedural costs.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Rép. n° 4075/24
L-CIV-683/24
Audience publique du 19 décembre 2024
Le Tribunal de Paix de et à Luxembourg, arrondissement judiciaire et Grand-
Duché de Luxembourg, siégeant en matière civile, a rendu le jugement qui suit
dans la cause
entre
la société d’avocats à responsabilité limitée WASSENICH LAW, établie et ayant
son siège social à L-2134 LUXEMBOURG, 54, rue Charles Martel, inscrite sur
la liste V auprès du Barreau de Luxembourg et sous le numéro de registre de
commerce et des sociétés de Luxembourg B 207545, représentée par son gérant
actuellement en fonction, Maître Claude WASSENICH, avocat à la Cour,
respectivement par l’une de ses fondées de pouvoir dûment nommées, demeurant
tous professionnellement à la même adresse,
partie demanderesse,
comparant par Maître Marie-Pierre BEZZINA, avocat à la Cour, en remplacement
de Maître Claude WASSENICH, avocat à la Cour, les deux demeurant à
Luxembourg,
et
PERSONNE1.), demeurant à B-ADRESSE1.),
partie défenderesse,
n’étant ni présente ni représentée à l’audience du 5 décembre 2024.
Faits
Par exploit de l’huissier de justice Laura GEIGER de Luxembourg du 3 octobre
2024, la société d’avocats à responsabilité limitée WASSENICH LAW fit donner
citation à PERSONNE1.) à comparaître le 5 décembre 2024 à 15.00 heures devant
le Tribunal de Paix de et à Luxembourg, siégeant en audience publique, en matière
civile, en la salle JP.1.19, pour y entendre statuer sur le bien-fondé des causes
énoncées dans ledit exploit, annexé à la minute du présent jugement.
À l’appel des causes à l’audience publique du 5 décembre 2024, la partie
défenderesse ne comparut ni en personne, ni par mandataire. Le mandataire
préqualifié de la partie demanderesse fit retenir l’affaire par défaut et fut ensuite
entendu en ses moyens et conclusions.
Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique du 19
décembre 2024, à laquelle le prononcé avait été fixé,
le jugement qui suit :
Par exploit d’huissier de justice du 3 octobre 2024, la société WASSENICH LAW
Sàrl a fait citer PERSONNE1.) devant le tribunal de paix de Luxembourg, siégeant
en matière civile, pour l’entendre condamner au paiement du montant de 2.698,61
euros du chef d’honoraires d’avocat impayés, avec les intérêts légaux à partir de
la demande en justice, jusqu’à solde.
La demanderesse sollicite en outre la majoration du taux d’intérêt de trois points
à l’expiration d’un délai de trois mois à partir de la signification du jugement à
intervenir, la condamnation du défendeur au paiement d’une indemnité de
procédure de 500 euros sur le fondement de l’article 240 du nouveau code de
procédure civile ainsi qu’aux frais et dépens de l’instance.
A l’appui de sa demande, la demanderesse expose avoir presté des services pour
compte de la défenderesse et de son époux dans le cadre d’une affaire les ayant
opposés à la société SOCIETE1.), qui a donné lieu à une instance devant la Justice
de paix d’Esch-sur-Alzette et d’une instance en appel devant le Tribunal
d’arrondissement de Luxembourg et que ses prestations ont été facturées suivant
mémoire d’honoraires en date du 25 mai 2022 pour un montant de 13.997,23
euros.
Elle précise avoir réclamé suivant courrier du 25 mai 2022 à chacun des époux le
paiement de sa part afférente, soit le montant de 2.698,61 euros.
Malgré courrier de rappel du 22 juin 2022, envoyé par recommandé le 26 juin
2023, valant mise en demeure de payer, et une promesse de payer dans le chef de
la partie citée, un solde de 2.698,61 resterait impayé à ce jour, de sorte qu’il y
aurait lieu à contrainte judiciaire.
A l’audience publique du 5 décembre 2024, la partie demanderesse a fait réitérer
ses prétentions contenues dans l’acte introductif d’instance.
PERSONNE1.) ne s’est pas présentée, ni fait représenter à l’audience du 5
décembre 2024.
Appréciation
La non-comparution du défendeur domicilié dans un autre Etat membre oblige le
juge, tout à la fois, à vérifier, dans tous les cas, sa compétence, et à assurer que le
défendeur a été cité dans des conditions qui lui permettent de se défendre, ce en
application de l’article 28 du règlement (UE) n° 1215/2012 du Parlement européen
et du Conseil du 12 décembre 2012 concernant la compétence judiciaire, la
reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (ci-
après « Règlement (UE) n°1215/2012»).
Il y a dès lors lieu d’analyser d’office si la transmission de la citation à l’étranger
a été valablement faite et si le délai de comparution a été respecté avant
d’examiner la compétence du tribunal en vertu du Règlement (UE) n°1215/2012.
1. Régularité de la citation
PERSONNE1.) résidant en Belgique, il y a lieu de se référer au règlement (UE)
n° 2020/1784 relatif à la signification et à la notification dans les États membres
des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile et commerciale (ci-après
« le Règlement (UE) n° 2020/1784 »).
L’article 22 paragraphe 1er du Règlement (UE) n° 2020/1784 dispose:
« Lorsqu'un acte introductif d'instance ou un acte équivalent a dû être transmis
dans un autre État membre aux fins de signification ou de notification dans le
cadre du présent règlement, et que le défendeur ne comparaît pas, le juge est tenu
de surseoir à statuer aussi longtemps qu'il n'est pas établi que, soit la signification
ou la notification de l’acte, soit la remise de l’acte a eu lieu dans un délai suffisant
pour permettre au défendeur de se défendre et que :
a)
l’acte a été signifié ou notifié selon un mode prescrit par la loi de l’État
membre requis pour la signification ou la notification d’actes dans le cadre
d’actions nationales à des personnes se trouvant sur son territoire ; ou
b)
l’acte a été effectivement remis au défendeur ou à sa résidence selon un
autre mode prévu par le présent règlement. »
En l’espèce, il ressort des indications contenues à la page 3 de la citation du 3
octobre 2024 que l’huissier de justice instrumentant luxembourgeois a adressé
deux exemplaires de son exploit rédigé en langue française, accompagné du
formulaire A prévu par l’article 8, paragraphe 2 du règlement (UE) 2020/1784,
par lettre recommandée avec avis de réception, à l’huissier de justice Séverine
KOENIG établi à Athus, aux fins de signification à la partie citée PERSONNE1.)
et de dresser l’attestation prévue par l’article 14, formulaire K, dudit règlement.
Il résulte de l’attestation d’accomplissement de la signification ou de la
notification des actes (formulaire K), prise en exécution de l’article 11 du
Règlement n° 2020/1784, émise par l’huissier de justice Séverine KOENIG, et
datée du 10 octobre 2024, que la citation rédigée en langue française a été délivrée
le 10 octobre 2024 au destinataire lui-même de l’acte.
La signification est dès lors régulière au regard de l’article 11 du Règlement (UE)
n° 2020/1784.
Aux termes de l’article 13, paragraphe 1er du règlement (UE) 2020/1784, la date
de la signification ou de la notification d’un acte effectuée en application de
l’article 11 est celle à laquelle l’acte a été signifié ou notifié conformément au
droit de l’Etat membre requis.
Au regard des dispositions de l’article 103 du nouveau code de procédure civile,
le délai de citation pour les personnes domiciliées ou résidant au Luxembourg est
de huit jours augmenté des délais de distance de l’article 167 du nouveau code de
procédure civile pour les personnes demeurant hors Grand-Duché. L’article 167
précité précise que le délai est augmenté de quinze jours pour ceux qui demeurent
dans un territoire d’un pays membre de l’Union européenne.
La partie citée résidant en Belgique, le délai de citation est de vingt-trois (huit +
quinze) jours.
Ce délai a commencé à courir à partir de la signification intervenue et par
application des règles de computation des délais reprises aux articles 1256 et
suivants du nouveau code de procédure civile, découlant elles-mêmes de la
Convention européenne sur la computation des délais, faite à Bâle le 16 mai 1972,
le dies a quo était le 10 octobre 2024 à minuit et le dies ad quem le 2 novembre
2024 à minuit.
Les délais prévus par le droit interne de l’Etat luxembourgeois ayant été respectés,
la citation à comparaître pour l’audience du 5 décembre 2024 est dès lors recevable
de ce chef.
Il y a lieu de statuer par un jugement réputé contradictoire à l’égard de
PERSONNE1.), en application de l’article 79, alinéa 2 du nouveau code de
procédure civile.
2. Compétence
L'article 28 du Règlement (UE) n°1215/2012 prévoit que lorsque le défendeur
domicilié sur le territoire d'un Etat membre est attrait devant une juridiction d'un
autre Etat membre et ne comparaît pas, le juge se déclare d'office incompétent, si
sa compétence n'est pas fondée aux termes du présent règlement.
La partie demanderesse justifie la compétence du tribunal saisi par le fait que les
prestations d’avocat ont été effectuées au Grand-Duché de Luxembourg.
Il est admis que la détermination de la compétence territoriale internationale pour
connaître d’une demande en paiement d'honoraires doit se faire sur base de
l’article 7, paragraphe premier, sub b) du règlement communautaire numéro (UE)
1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 relative à
la compétence judiciaire, à la reconnaissance et à l’exécution des décisions en
matière civile et commerciale, qui dispose que, sauf convention contraire, le lieu
d’exécution de l’obligation qui sert de base à la demande est, pour la fourniture de
services, le lieu de l’Etat membre où, en vertu du contrat, les services ont été ou
auraient dû être fournis. (Cour de Cassation, cassation civile, 15 avril 2010, Pas.
T.35, 1/2011, p. 14 et s., par analogie car la nouvelle disposition de l’article 7 reste
inchangée par rapport à l’article 5 du règlement CE) no 44/2001 du Conseil du
22.12.2000 abrogée)
Les tribunaux du Grand-Duché de Luxembourg sont dès lors internationalement
compétents pour connaître de la demande dans la mesure où les services de la
société WASSENICH LAW Sàrl ont été rendus au Grand-Duché de Luxembourg.
La société WASSENICH LAW Sàrl étant établie dans l’arrondissement judiciaire
de la justice de paix de Luxembourg, le tribunal saisi est compétent pour connaître
de la demande en vertu de l’article 28 du nouveau code de procédure civile.
3. Au Fond
En vertu de l’article 78 du nouveau code de procédure civile, si le défendeur ne
comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la
demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Au vu des principes directeurs qui régissent la charge des preuves, et en
application des dispositions des articles 58 du nouveau code de procédure civile
et 1315 du code civil, il incombe à la société WASSENICH LAW Sàrl de prouver
conformément à la loi les faits nécessaires au succès de ses prétentions.
La société WASSENICH LAW Sàrl réclame le paiement de ses honoraires
facturés le 25 mai 2022 au prix total de 13.997,23 euros aux époux PERSONNE2.)
et PERSONNE1.) dans une affaire les opposant à la société SOCIETE1.) AG
relative à la résiliation des contrats de prêts conclus entre parties.
Il résulte du mémoire d’honoraires du 25 mai 2022 que la société WASSENICH
LAW Sàrl a demandé à chacun des époux de lui payer sa part des prestations
effectuées pour compte des époux, soit le montant de (13.997,23 /2) 6.998,61
euros à charge de chacun d’eux.
Aux termes de l’article 38 de la loi du 10 août 1991 sur la profession d’avocat, «
l’avocat arrête ses honoraires et met en charge ses frais professionnels. Dans la
fixation des honoraires l’avocat prend en compte les différents éléments du
dossier, tels l’importance de l’affaire, le degré de difficulté, le résultat obtenu et la
situation de fortune du client. Dans les cas où cette fixation excèderait des normes
raisonnables, le Conseil de l’Ordre les réduit, eu égard aux différents éléments du
dossier, mentionnés au paragraphe précédent ».
Aux termes de l’article 2.4.5.2. du Règlement Intérieur de l’Ordre des Avocats du
12 septembre 2007, l’avocat doit tenir compte de l’importance et du degré de
difficulté de l’affaire, du travail fourni par lui-même ou par d’autres avocats de
son cabinet, de sa notoriété et de son expérience professionnelle, du résultat obtenu
et de la situation de fortune du mandant.
En cas de réclamation contre les honoraires demandés par l’avocat, le Conseil de
l’Ordre peut être saisi afin de les taxer et de les réduire au cas où ils excéderaient
les normes raisonnables.
La taxation du Conseil de l’Ordre n’est jamais rien d’autre qu’un avis (F.
Entringer: Le recouvrement forcé des honoraires d’avocat, Bulletin du Cercle
François Laurent, 1993 no 4, p. 61 et 62). La décision du Conseil de l’Ordre n’est
pas exécutoire et ne lie ni le client, ni la juridiction.
Le juge saisi par l’avocat en vue d’obtenir un titre exécutoire doit apprécier
souverainement la demande en tenant compte notamment de l’importance de
l’affaire, du degré de difficulté et du résultat obtenu.
Quant à l’appréciation du bien-fondé de la note d’honoraires, le droit de l’avocat
à une juste rémunération est conditionné par l’intérêt du travail pour le client.
Pour que des honoraires soient dus, il faut qu’ils se rapportent à des prestations
d’ordre professionnel utiles au client ou qui eussent pu l’être. Il faut cependant en
principe qu’il s’agisse d’une affaire contentieuse ou susceptible de le devenir. Le
résultat du service rendu ne dépend pas uniquement de l’action de l’avocat. Il ne
peut donc pas constituer le seul critère dans la fixation des honoraires. Ni
l’importance du travail de l’avocat ni le temps consacré par lui au traitement d’une
affaire ne peuvent pareillement être retenus comme seuls critères d’appréciation.
Le service rendu pour le client dépend de l’efficacité de ce travail et de
l’importance des intérêts en jeu. L’autorité personnelle de l’avocat doit également
entrer en ligne de compte. Enfin, la capacité financière du client doit être prise en
considération. L’appréciation des honoraires doit donc se faire en fonction d’un
ensemble de critères dont l’incidence respective varie selon les cas (Cour d’appel,
30 janvier 2002, P. 32, 159).
En l’occurrence, aucune taxation par le Conseil de l’Ordre n’a été sollicitée par la
demanderesse et il ne résulte d’aucun élément du dossier que le défendeur ait saisi
le Conseil de l’Ordre d’une réclamation contre les honoraires demandés par la
société WASSENICH LAW Sàrl suivant note d’honoraires du 9 avril 2024.
Il résulte au contraire des pièces versées en cause que sur le montant de 6.998,61
euros réclamé à chacun des époux, PERSONNE1.) a payé le montant de 4.300
euros, un solde de 2.698,61 euros restant impayé.
Par ce paiement partiel, PERSONNE1.) a reconnu la créance de la société
WASSENICH LAW Sàrl au titre des prestations exécutées et facturées, de sorte
que la demande en paiement est à déclarer fondée et justifiée pour la somme
réclamée de 2.698,61 euros TTC.
Par application de l’article 1153 du code civil, les intérêts courront à partir de la
demande en justice valant pas mise en demeure de payer.
Aux termes de l’article 15 de la loi précitée de 2004, sous le chapitre II relatif aux
intérêts de retard en faveur des créances résultant de contrats conclus entre un
professionnel et un consommateur « en cas de condamnation, le tribunal
ordonnera, dans le jugement, à la demande du créancier, que le taux de l’intérêt
légal sera majoré de trois points à l’expiration d’un délai de trois mois à compter
de la signification du jugement ».
Il y a dès lors lieu de faire droit à la demande de la société WASSENICH LAW
Sàrl et d’ordonner la majoration du taux d’intérêt de retard à compter de
l’expiration du troisième mois suivant la signification du présent jugement.
Eu égard à l’issue du litige, il serait inéquitable de laisser à l’unique charge de la
société WASSENICH LAW Sàrl l’entièreté des frais exposés pour la défense de
ses intérêts en justice, de sorte qu’il y a lieu de faire droit à sa demande en
allocation d’une indemnité de procédure. Compte tenu de l’import de l’affaire et
des soins requis il y a lieu de lui allouer à ce titre le montant de 500 euros.
Par application de l’article 238 du nouveau code de procédure civile, les frais et
dépens de l’instance sont à mettre à charge de PERSONNE1.), partie qui
succombe.
Par ces motifs
le tribunal de Paix de et à Luxembourg, siégeant en matière civile, statuant
contradictoirement à l’égard de la partie demanderesse, par défaut à l’égard de la
partie défenderesse et en premier ressort,
reçoit la demande en la forme,
se déclare compétent pour en connaître,
déclare la demande fondée,
condamne PERSONNE1.) à payer à la société WASSENICH LAW Sàrl le
montant de 2.698,61 euros avec les intérêts légaux à partir de la demande en justice
jusqu’à solde,
ordonne la majoration du taux d’intérêt de trois points à compter de l’expiration
du troisième mois suivant la signification du présent jugement,
condamne PERSONNE1.) à payer à la société WASSENICH LAW Sàrl une
indemnité de procédure de 500 euros,
condamne PERSONNE1.) aux frais et dépens de l’instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique dudit tribunal à Luxembourg, par
Nous Malou THEIS, juge de paix directeur, assistée de la greffière Natascha
CASULLI, avec laquelle Nous avons signé le présent jugement, le tout date qu’en
tête.
Malou THEIS
Natascha CASULLI