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JPLCIVIL_3635 Généré par l'IA

Court partially allowed contract claim for principal debt and penalty fee but rejected interest on penalty.

Numéro de cause JPLCIVIL_3635
Autorité / Tribunal
Juridiction Luxembourg (LU)
Date de la décision
Issue du litige Partiellement admis (Partially Allowed)

Synthèse Legislator

Généré par l'IA

The court partially allowed the plaintiff's default judgment claim against an absent defendant for the remaining contract balance and a contractual penalty fee. The plaintiff argued for the full amount including interest on the penalty, while the defendant did not appear to contest the claim. The court ruled that the penalty clause was valid but that no interest could be awarded on it because the fixed sum already served as full compensation for damages.

Regeste Legislator

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Art. 15 of the Law of 18 April 2004; Art. 238 of the New Civil Procedure Code: A contractual penalty clause constitutes a fixed compensation for breach and precludes the award of legal interest on that specific sum.

Mots-clés

Généré par l'IA
contractual penalty clause interest on penalty default judgment breach of contract New Civil Procedure Code fixed compensation contractual interest rate obligation de comparaître à l'audience

Dispositions légales citées

Généré par l'IA
Art. 15 of the Law of 18 April 2004 on payment periods and interest on arrears
La notification étant intervenue conformément à l’article 155 (5) du nouveau code
Art. 238 of the New Civil Procedure Code
en l’espèce PERSONNE1.), conformément à l’article 238 du nouveau code de
article 1690 du code civil
à l’article 1690 du code civil qui prévoit que « le cessionnaire n’est saisi à l’égard
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Texte complet

Rép. n° 3635/24

L-CIV-631/24

Audience publique du 21 novembre 2024

Le Tribunal de Paix de et à Luxembourg, arrondissement judiciaire et Grand-

Duché de Luxembourg, siégeant en matière civile, a rendu le jugement qui suit,

dans la cause

entre

la société anonyme de droit belge SOCIETE1.) S.A., établie à B-ADRESSE1.),

représentée par son conseil d’administration actuellement en fonctions, inscrite

auprès de la SOCIETE2.) sous le numéro de TVA NUMERO1.) et au Registre de

commerce de Bruxelles sous le numéroNUMERO2.),

partie demanderesse,

représentée par la société à responsabilité limitée NCS AVOCATS S.à r.l., établie

à L-2430 Luxembourg, 16, rue Michel Rodange, RCS n° B225706, inscrite sur la

liste V du Tableau de l’Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, qui est

constituée et en l’étude de laquelle domicile est élu, représenté par Maître Aline

CONDROTTE, avocat à la Cour, demeurant professionnellement à la même

adresse,

comparant par Maître Aline CONDROTTE, avocat à la Cour, demeurant à

Luxembourg,

et

PERSONNE1.), demeurant à L-ADRESSE2.),

partie défenderesse,

n’étant ni présent ni représenté à l’audience du 7 novembre 2024.

Faits

Par exploit de l’huissier de justice Kelly FERREIRA SIMOES en remplacement

de l’huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg du 7 octobre 2024, la

société anonyme de droite belge SOCIETE1.) S.A. fit donner citation à

PERSONNE1.) à comparaître le 7 novembre 2024 à 15.00 heures devant le

Tribunal de Paix de et à Luxembourg, siégeant en audience publique, en matière

civile, en la salle JP.1.19, pour y entendre statuer sur le bien-fondé des causes

énoncées dans ledit exploit, annexé à la minute du présent jugement.

À l’appel des causes à l’audience publique du 7 novembre 2024, la partie

défenderesse ne comparut ni en personne, ni par mandataire. Le mandataire

préqualifié de la partie demanderesse fit retenir l’affaire par défaut et fut ensuite

entendu en ses moyens et conclusions.

Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique du 21

novembre 2024, à laquelle le prononcé avait été fixé,

le jugement qui suit :

Par exploit d’huissier du 7 octobre 2024, la société anonyme de droit belge

SOCIETE1.) S.A. (ci-après la société SOCIETE1.)) a fait citer PERSONNE1.) à

comparaître devant le tribunal de paix de ce siège pour l’entendre condamner à lui

payer le montant total de 2.188,01 euros, ventilé comme suit:

- 1.989,31 euros à titre de solde sur contrat, avec les intérêts de retard

conventionnels de 15,68%, sinon avec les intérêts légaux avec majoration dudit

taux de 3% à partir du premier jour du 4ème mois suivant la signification de la

décision à intervenir sur le montant redû à titre de solde restant dû en capital au

moment de la déchéance du terme, soit 1.987,00 euros, sinon à partir de la

citation, jusqu’à solde; et

- 198,70 euros à titre d’indemnité forfaitaire avec les intérêts légaux à partir de

la citation jusqu’à solde.

Pour autant que de besoin, elle demande au tribunal de déclarer résiliée la

convention de prêt conclue entre partie en date du 21 septembre 2022.

La société SOCIETE1.) sollicite encore la condamnation de la partie citée aux frais

et dépens de l’instance.

A l’audience publique du 7 novembre 2024, le mandataire judiciaire de la société

SOCIETE1.) a réitéré ses prétentions contenues dans l’exploit introductif

d’instance.

Il résulte des annotations sur le récépissé établi par les services postaux que le pli

ayant contenu la citation pour l’audience du 7 novembre 2024 fut accepté le 9

octobre 2024 par une personne dont le tribunal ignore qu’elle est habilitée à

réceptionner ledit courrier pour compte de PERSONNE1.).

La notification étant intervenue conformément à l’article 155 (5) du nouveau code

de procédure civile, la procédure est régulière à l’égard de PERSONNE1.) et il y

a lieu de statuer par défaut à son égard, par application des dispositions de l'article

79 alinéa, 1er nouveau code de procédure civile.

La demande est régulière en la forme et partant recevable à cet égard.

1. Les Faits

Il ressort des pièces versées que le 21 septembre 2021, PERSONNE1.) a conclu

avec la société anonyme de droit belge SOCIETE3.) SA/NV (ci-après la société

SOCIETE3.)) un contrat d’ouverture de crédit à durée indéterminée portant sur le

montant de 2.000 euros. Le taux d’intérêt effectif global est fixé à 17% l’an, le

taux d’intérêt de retard étant fixé à 15,68%.

Par courrier recommandé du 2 mars 2024, la société SOCIETE3.) a mis en

demeure PERSONNE1.) d’apurer le retard de remboursement du crédit s’élevant

à 95,41 euros en principal, avec information qu’en cas de non apurement du solde

dû dans le mois de la lettre de mise en demeure, la totalité des sommes prélevées,

augmentées des intérêts de retard et des pénalités contractuelles, serait exigible.

2. Quant à la qualité à agir de la société SOCIETE1.)

Par courrier recommandé du 31 mai 2024, la société SOCIETE3.) et la société

SOCIETE1.) ont informé PERSONNE1.) que sa créance découlant du contrat de

prêt a été cédée à la société SOCIETE1.).

Cette cession de créance a été régulièrement signifiée au défendeur, conformément

à l’article 1690 du code civil qui prévoit que « le cessionnaire n’est saisi à l’égard

des tiers que par la notification du transport faite au débiteur ».

La société SOCIETE1.) a dès lors qualité pour intenter la présente action en justice

contre la partie citée.

3. Quant à la loi applicable

La société SOCIETE1.) soutient que la loi belge est applicable au rapport

contractuel en cause.

Aux termes de l’article 3.1 du règlement (CE) n°593/2008 du 17 juin 2008 sur la

loi applicable aux obligations contractuelles, « Le contrat est régi par la loi choisie

par les parties. Ce choix est exprès ou résulte de façon certaine des dispositions

du contrat ou des circonstances de la cause. (…) ».

Le choix de la loi applicable ne doit pas nécessairement être explicite et se refléter

dans une clause écrite du contrat. Il peut se déduire implicitement de l’ensemble

des dispositions du contrat, de son environnement économique comme des

relations habituelles des parties, de l’utilisation de contrats types connus

uniquement d’un pays ou de la désignation de la juridiction compétente ou du lieu

où les litiges doivent être tranchés par voie d’arbitrage (F. Schockweiler: La loi

applicable aux obligations contractuelles au Luxembourg après l’adoption, en

droit national, des règles de la convention de Rome du 19 juin 1980, in: Diagonales

à travers le droit luxembourgeois, Livre jubilaire de la Conférence St.Yves, p.776,

p.58 et s).

En l’espèce, aux termes de l’article I.8 « Divers » des conditions générales du

contrat de prêt il est stipulé que « d) Les parties choisissent le droit belge comme

applicable au contrat de prêt précité, en application de l’article 3 du règlement

(CE) n°593/2008 du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 sur la loi

applicable aux obligations contractuelles (Rome I) ».

Il s'ensuit que les parties ont clairement choisi la loi belge comme étant applicable

au contrat de prêt du et devant régir leurs relations contractuelles.

Comme la loi belge est applicable aux relations contractuelles entre parties, il n’y

a pas lieu d’appliquer la loi luxembourgeoise relative à la protection juridique du

consommateur, ni à la clause pénale, ni aux intérêts de retard convenus

conventionnellement.

4. Quant au fond

Conformément à l’article II.2.7.C. des conditions générales dûment acceptées,

« Le Prêteur a le droit de mettre fin au contrat ou d’exiger le paiement immédiat

de la totalité des sommes dues lorsque le client est en défaut de paiement d’au

moins 2 échéances ou d’une somme équivalente à 20% du montant total à

rembourser et ne s’est pas exécuté un mois après le dépôt à la poste d’une lettre

recommandée contenant mise en demeure. Dans ce cas, le Prêteur a le droit

d’exiger le paiement immédiat des montants suivants:

- le solde restant dû (capital prélevé);

- les intérêts et frais échus et non payés;

- les intérêts de retard calculés sur le solde restant dû, dont le taux est égal au

dernier taux débiteur appliqué majoré d’un coefficient de 10 %;

- une indemnité également calculée sur le solde restant dû et limitée à

(cumulatif): 10 % calculés sur la tranche du solde restant dû jusqu’à 7.500

EUR et 5 % calculés sur la tranche du solde restant dû supérieure à 7.500 EUR

(…) ».

La mise en demeure du 2 mars 2024 est restée infructueuses, de sorte que,

conformément à l’article II.2.7.C. précité, le contrat de crédit a été résilié de plein

droit le 3 avril 2024 et tous les engagements résultant dudit contrat sont devenus

exigibles.

Dans sa citation la société SOCIETE1.) S.A. présente un décompte libellé comme

suit:

Montant restant dû en principal à la déchéance du terme

et base de calcul des intérêts de retard :

1.987,00 euros

Intérêts échus et impayés :

2,31 euros

Solde sur contrat au moment de la citation :

1.989,31 euros

+ indemnité forfaitaire :

198,70 euros

Solde général

2.188,01 euros

Au vu des pièces versées et des renseignements fournis à l’audience et en l’absence

de preuve de paiement, la demande de la société SOCIETE1.) est à déclarer fondée

pour le montant de 1.989,31 euros à titre de solde sur contrat au moment de la

citation avec les intérêts au taux conventionnel de 15,68% sur le montant de

1.987,00 euros à partir du 7 octobre 2024, date de la demande en justice, jusqu’à

solde.

La demande de majoration du taux conventionnel de 3% à partir du premier jour

du quatrième mois qui suit la signification de la décision à intervenir est à déclarer

non fondée, alors que l’article 15 de la loi du 18 avril 2004 relative aux délais de

paiement et aux intérêts de retard permet uniquement la majoration du taux de

l´intérêt légal.

La société SOCIETE1.) S.A. réclame à PERSONNE1.) le montant de 198,70 euros

à titre d’indemnité forfaitaire.

Aux termes de l’article II.2.7.C des conditions générales, le débiteur devra payer,

en cas d’infraction au contrat, une indemnité calculée comme suit : « 10% calculés

sur la tranche du solde restant dû jusqu’à 7.500 euros et 5% calculés sur la

tranche du solde restant dû supérieure à 7.500 euros ».

La clause pénale a pour objet d’évaluer forfaitairement et par avance les

dommages et intérêts dus par le débiteur en cas d’inexécution du contrat, sans que

le créancier doive rapporter la preuve du dommage lui accru. Le mécanisme de la

clause pénale dispense donc le demandeur d’établir qu’il a subi un dommage du

fait de l’inexécution des obligations contractuelles par le défendeur, par le biais

d’une fixation conventionnelle de ce dommage.

Celui qui souscrit un tel engagement sait donc, dès le moment de la conclusion du

contrat, ce à quoi il s'expose en cas d'inexécution de sa part.

Au moment de la dénonciation du contrat, le solde restant dû en capital s’élevait à

1.987,00 euros, de sorte que le calcul de l’indemnité, soit 10% de 1.987,00 =

198,70 euros est partant conforme aux dispositions des conditions générales.

Il n’y a cependant pas lieu d’allouer des intérêts sur le montant de la clause pénale

alors qu’en présence d’une clause d’évaluation conventionnelle, il ne peut être

alloué d’intérêts au taux légal, la fixation conventionnelle d’une indemnité tenant

lieu de toute réparation à un autre titre.

Les frais et dépens de l’instance sont à mettre à charge de la partie qui succombe,

en l’espèce PERSONNE1.), conformément à l’article 238 du nouveau code de

procédure civile.

Par ces motifs :

le tribunal de paix de et à Luxembourg, siégeant en matière civile, statuant avec

effet contradictoire à l’égard de PERSONNE1.) et en premier ressort,

reçoit la demande en la forme,

la dit partiellement fondée,

condamne PERSONNE1.) à payer à la société anonyme de droit belge

SOCIETE1.) S.A.:

-

la somme de 1.989,31 euros à titre de solde sur contrat d’ouverture de

crédit, avec les intérêts de retard conventionnels de 15,68%, sur le

montant redû à titre de solde restant dû en capital au moment de la mise

en demeure, soit 1.987,00 euros, jusqu’à solde,

-

la somme de 198,70 euros à titre de clause pénale,

déboute pour le surplus,

condamne PERSONNE1.) aux frais et dépens de l’instance.

Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique dudit tribunal à Luxembourg, par

Nous Malou THEIS, juge de paix directeur, assistée de la greffière Natascha

CASULLI, avec laquelle Nous avons signé le présent jugement, le tout date qu’en

tête.

Malou THEIS

Natascha CASULLI