Luxembourg Court of Appeal dismisses appeal against drug trafficking conviction, upholding prison sentence and confiscation.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal dismissed the defendant's appeal against a first-instance judgment for drug trafficking. The defendant argued for leniency, but the court found the prior convictions in Austria and the severity of the current offense warranted a twenty-four-month prison term. Consequently, the court upheld the confiscation of drugs and the mobile phone while relieving the defendant of the fine and bodily constraint.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 199, 202, 203, 209 et 211 du Code de procédure pénale: The Court of Appeal may declare an appeal founded and reform the judgment to relieve the defendant of a fine and bodily constraint when the defendant lacks income, while maintaining the prison sentence and confiscation of illicit goods.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Arrêt N°251/24 X.
du 15 juillet 2024
(Not. 41295/23/CD)
La Cour d'appel du Grand-Duché de Luxembourg, dixième chambre, siégeant en
matière correctionnelle, a rendu en son audience publique du quinze juillet deux mille
vingt-quatre l’arrêt qui suit dans la cause
e n t r e :
le Ministère Public, exerçant l'action publique pour la répression des crimes et délits,
appelant,
e t :
PERSONNE1.),
alias
PERSONNE2.), né le
DATE1.)
au Cameroun, alias
PERSONNE3.), né le DATE2.) à ADRESSE1.) au Cameroun, alias PERSONNE4.),
né le DATE3.), alias PERSONNE5.), né le DATE3.) à ADRESSE2.) au Cameroun,
PERSONNE6.), né le DATE3.) au Nigéria, alias PERSONNE6.), né le DATE4.) au
Nigéria, alias PERSONNE7.), né le DATE2.) au Cameroun, alias PERSONNE8.), né
le DATE5.) à ADRESSE3.) (Nigéria), actuellement détenu au Centre pénitentiaire
d’Uerschterhaff,
prévenu et appelant,
______________________________________________________________
F A I T S :
Les faits et rétroactes de l'affaire résultent à suffisance de droit d’un jugement
contradictoire rendu par la chambre correctionnelle du Tribunal d’arrondissement de
et à Luxembourg le 25 avril 2024 sous le numéro 964/2024, dont les considérants et
le dispositif sont conçus comme suit :
« »
De ce jugement, appel au pénal fut relevé au greffe du tribunal d’arrondissement de
Luxembourg le 7 mai 2024 par le mandataire du prévenu PERSONNE9.) et le 8 mai
2024 par déclaration déposée au greffe du tribunal d’arrondissement de Luxembourg
par le représentant du ministère public.
En vertu de ces appels et par citation du 22 mai 2024, le prévenu PERSONNE9.) fut
régulièrement requis de comparaître à l’audience publique du 8 juillet 2024 devant la
Cour d'appel de Luxembourg, dixième chambre, siégeant en matière correctionnelle,
pour y entendre statuer sur le mérite des appels interjetés.
A cette dernière audience, le prévenu PERSONNE9.), assisté de l’interprète dûment
assermenté à l’audience PERSONNE10.), et après avoir été averti de son droit de
garder le silence et de son droit de ne pas s’incriminer lui-même, fut entendu en ses
explications et moyens de défense.
Maître Eric SAYS, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, développa plus
amplement les moyens d’appel et de défense du prévenu PERSONNE9.).
Madame l’avocat général Nathalie HILGERT, assumant les fonctions de ministère
public, fut entendue en son réquisitoire.
Le prévenu PERSONNE9.), renonçant à la traduction, eut la parole en dernier.
L A C O U R
prit l'affaire en délibéré et rendit à l'audience publique du 15 juillet 2024, à laquelle le
prononcé avait été fixé, l'arrêt qui suit:
Par déclaration du 7 mai 2024 au greffe du tribunal d’arrondissement de Luxembourg,
le mandataire de PERSONNE9.), également connu sous les alias repris dans l’entête
de l’arrêt, a déclaré interjeter appel au pénal contre le jugement n° 964/2024 du 25
avril 2024, rendu contradictoirement par une chambre correctionnelle du tribunal
d’arrondissement de Luxembourg.
Le jugement attaqué est reproduit aux qualités du présent arrêt.
Par une déclaration d’appel du même jour, entrée au greffe du tribunal
d’arrondissement de Luxembourg, le 8 mai 2024, le procureur d’Etat de Luxembourg
a déclaré interjeter appel au pénal contre ce même jugement.
Ces appels, relevés en conformité de l’article 203 du Code de procédure pénale et
endéans le délai légal, sont recevables.
PERSONNE9.) a été condamné à une peine d’emprisonnement de vingt-quatre mois,
pour avoir, depuis un temps indéterminé et notamment le 14 novembre 2023, dans
l’arrondissement judiciaire de Luxembourg, et plus précisément à ADRESSE4.),
commis des infractions aux articles 8.1.a., 8.1.b. et 8-1 de la loi modifiée du 19 février
1973 concernant la vente de substances médicamenteuses et la lutte contre la
toxicomanie, en vendant une quantité indéterminée de cocaïne à cinq personnes et
deux boules de cocaïne à PERSONNE11.), en acquérant, transportant et détenant 7
boules d’héroïne et 17 boules de cocaïne et en acquérant et détenant l’objet et le
produit de ces infractions, à savoir un téléphone portable et la somme de 160,09 euros.
Le prévenu a été acquitté des faits de vente de stupéfiants à PERSONNE12.) et à
PERSONNE13.) pour lesquels il a été renvoyé par ordonnance de la Chambre du
Conseil du tribunal d’arrondissement de Luxembourg du 15 février 2024.
Les juges de première instance ont encore ordonné la confiscation comme biens
formant l’objet et le produit des infractions, respectivement comme objets ayant servi
à les commettre des stupéfiants saisis, d’un téléphone portable de la marque
SAMSUNG, modèle GALAXY A53 5G, ainsi que de la somme de 160,09 euros.
A l’audience de la Cour, PERSONNE9.) n’a pas contesté les infractions lui reprochées,
mais a demandé la réduction de la peine prononcée à son encontre. Il a exprimé ses
excuses et a expliqué les faits par une addiction aux produits stupéfiants. Il a reconnu
avoir des antécédents judiciaires en matière de stupéfiants en Autriche et avoir subi
une condamnation pour séjour illégal en Suisse. Il a exprimé ses regrets et son vœu
de vouloir rejoindre sa famille qui se trouverait en Grèce.
Son mandataire sollicite également la réduction de la peine prononcée et demande de
prendre en compte que le prévenu est en aveu des faits dès le début de la procédure,
que le trouble à l’ordre public pour le Luxembourg n’est pas important au vu des
quantités de stupéfiants en cause, ainsi que du fait que le prévenu a d’ores et déjà
subi une détention préventive de huit mois. Ce serait sa première affaire au
Luxembourg et il désirerait rejoindre sa femme et ses enfants en Grèce. De l’avis du
mandataire du prévenu, la peine d’emprisonnement ne devrait pas dépasser les huit
mois de détention préventive, sinon devrait rester en dessous des vingt-quatre mois
prononcés en première instance.
Il demande, par réformation de la décision entreprise, la restitution du téléphone
portable et de 90 euros saisis auprès du prévenu qui ne seraient pas en relation avec
la vente de stupéfiants.
La représentante du ministère public requiert la confirmation du jugement entrepris,
sauf à faire, le cas échant, abstraction du prononcé d’une amende au regard du fait
que le prévenu n’a pas de revenus réguliers.
Ce serait à bon droit que le prévenu a été acquitté des faits lui reprochés concernant
PERSONNE12.) et à PERSONNE13.) et qu’il a été retenu dans les liens des autres
infractions retenues à sa charge. Les règles du concours d’infractions auraient été
correctement appliquées et les peines prononcées seraient légales et appropriées. Les
confiscations auraient été ordonnées à juste titre dans la mesure où le prévenu n’aurait
pas de revenus légaux et que le téléphone portable lui aurait servi pour commettre les
infractions. Tout aménagement des peines serait exclu en considération des
antécédents du prévenu.
Les débats en instance d’appel n’ont pas apporté de faits nouveaux par rapport à ceux
qui ont été soumis à l’appréciation de la chambre correctionnelle du tribunal
d’arrondissement.
Il se dégage ainsi du dossier pénal, que le prévenu a vendu des stupéfiants à cinq
personnes et notamment deux boules à PERSONNE11.) et qu’il a détenu 7 boules
d’héroïne d’un poids de 2,5 grammes et 17 boules de cocaïne d’un poids de 9,5
grammes de cocaïne.
C’est à juste titre, que la vente de stupéfiants n’a pas été retenue pour les personnes
PERSONNE12.) et PERSONNE13.), à défaut de preuves suffisantes, la Cour
renvoyant à la motivation de la juridiction de première instance qu’elle fait sienne.
Les infractions retenues sont partant restées établies en instance d’appel.
Les règles du concours d’infractions ont été correctement énoncées et appliquées.
Les peines prononcées sont légales.
Au regard de la gravité des faits et de la personnalité du prévenu qui n’en est pas à
son premier forfait et qui ne justifie d’aucune activité légale, la peine d’emprisonnement
de vingt-quatre mois est également adéquate.
Ayant subi diverses condamnations en Autriche à des peines d’emprisonnement, dont
une dernière condamnation par le « Landgericht für Strafsachen Wien » du 3 mars
2020 du chef d’infractions liées aux stupéfiants, le prévenu ne peut pas bénéficier d’un
quelconque aménagement de la peine d’emprisonnement. Les infractions retenues
comportent une peine dépassant une privation de liberté de six mois, de sorte qu’il n’y
a également pas lieu de prononcer au lieu et place de la peine d’emprisonnement, un
travail dans l’intérêt de la communauté non rémunéré.
PERSONNE9.) étant sans revenus, il y a cependant lieu, par réformation de la décision
entreprise, de faire abstraction du prononcé d’une amende.
Le jugement est à réformer en ce sens.
Il convient de maintenir la confiscation des stupéfiants saisis en tant qu’objet des
infractions, du GSM saisi qui est utilisé pour contacter de potentiels clients et qui
appartenait même auparavant à une consommatrice de stupéfiants notoire (rapport
JDA n°145300-6 du 5 novembre 2023 du SPJ - section stupéfiants page 7) et de
l’argent saisi, comme constituant le produit des infractions, le prévenu n’ayant, selon
ses propres dires, pas de revenus, ni ne recevant actuellement des aides sociales. Il
n’a partant pas d’autres revenus que ceux résultant de la vente de stupéfiants.
P A R C E S M O T I F S,
la Cour d’appel, dixième chambre, siégeant en matière correctionnelle, statuant
contradictoirement, le prévenu PERSONNE9.) et son mandataire entendus en leurs
explications et moyens, et la représentante du ministère public en son réquisitoire,
reçoit les appels de PERSONNE9.) et du ministère public en la forme ;
déclare ces appels fondés ;
réformant :
relève PERSONNE9.) du paiement d’une amende de 1.500 (mille cinq cents) euros,
ainsi que de la contrainte par corps de 15 (quinze) jours prononcées par jugement n°
964/2024 du 25 avril 2024 ;
confirme pour le surplus le jugement entrepris ;
condamne PERSONNE9.) aux frais de sa poursuite pénale en instance d’appel, ces
frais liquidés à 3,00 euros.
Par application des textes de loi cités par la juridiction de première instance et des
articles 199, 202, 203, 209 et 211 du Code de procédure pénale.
Ainsi fait et jugé par la Cour d’appel du Grand-Duché de Luxembourg, dixième
chambre, siégeant en matière correctionnelle, composée de Madame Nathalie JUNG,
président de chambre, de Madame Marie-Anne MEYERS, conseiller, et de Madame
Claudine ELCHEROTH, conseiller,
qui,
à l’exception de
Madame
Claudine
ELCHEROTH, qui se trouve dans l’impossibilité de signer, ont signé le présent arrêt
avec Monsieur Gilles FABER, greffier.
La lecture de l’arrêt a été faite en audience publique à la Cité Judiciaire, bâtiment CR,
plateau du St. Esprit, par Madame Nathalie JUNG, président de chambre, en présence
de Monsieur Marc SCHILTZ, premier avocat général, et de Monsieur Gilles FABER,
greffier.