Court dismisses employee's claims and orders payment of unemployment benefits to the state fund.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Labor Court of Luxembourg dismissed the employee's claims for damages and severance pay, ruling that her immediate dismissal was justified. The court found the termination regular and ordered the employee to reimburse the state unemployment fund for benefits previously paid to her. Consequently, the employee was also condemned to pay procedural costs to both the employer and the state.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. L.521-4 (6) du Code du travail; Art. 240 du Nouveau Code de Procédure Civile: When a dismissal is declared justified, the employee must reimburse unemployment benefits paid by the state; procedural costs are allocated based on the outcome of the litigation.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Rép.no 2524/2024
(rôle L-TRAV-55/2023)
A U D I E N C E P U B L I Q U E D U 1 2 J U I L L E T 2 0 2 4
Le tribunal du travail de et à Luxembourg a rendu le j u g e m e n t qui suit
dans la cause e n t r e :
PERSONNE1.), ci-avant salariée auprès de la ORGANISATION1.) du Grand-
Duché de Luxembourg, demeurant à L-ADRESSE1.),
demanderesse, comparant par Maître Florence HOLZ, avocat à la Cour,
demeurant à Howald, en l’étude de laquelle domicile est élu,
e t
la ORGANISATION1.) du Grand-Duché de Luxembourg, régie par la loi du 1er
août 1919 concernant les mutuelles, établie et ayant son siège social à L-
ADRESSE2.), représentée par son conseil d’administration actuellement en
fonction, inscrite au registre du commerce et des sociétés de et à Luxembourg
sous le numéro NUMERO1.),
défenderesse, comparant par la société à responsabilité limitée CASTEGNARO
SARL, établie et ayant son siège social à L-ADRESSE3.), inscrite au registre de
commerce et des sociétés de Luxembourg sous le numéro NUMERO2.), inscrite
sur la liste V du Tableau de l’Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, qui
est constituée et en l’étude de laquelle domicile est élu, représentée par son
gérant actuellement en fonctions, représentée aux fins de la présente procédure
par Maître Guy CASTEGNARO, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg,
en présence de l'ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, pris en sa
qualité de gestionnaire du Fonds pour l'Emploi, représenté par son Ministre
d’Etat, établi à L-ADRESSE4.), dûment informé, comparant par la société à
responsabilité limitée RODESCH Avocats à la Cour, établie et ayant son siège
social à L-ADRESSE5.), représentée par ses gérants actuellement en fonctions,
inscrite au RCSL sous le numéro NUMERO3.), inscrite au barreau de
Luxembourg, représentée aux fins de la présente procédure par Maître Virginie
VERDANET, avocat à la Cour, demeurant professionnellement à la même
adresse, en l’étude de laquelle domicile est élu.
_______________________________________________________________
P R E S E N T S :
- Vanessa WERCOLLIER, juge de paix de et à Luxembourg, siégeant comme
Présidente du tribunal du travail de et à Luxembourg ;
- Véronique WAGENER, assesseur – employeur ;
- Fernand GALES, assesseur – salarié ;
les deux derniers dûment assermentés ;
- Michèle GIULIANI, greffière.
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F A I T S :
Les faits et rétroactes de la présente affaire résultent à suffisance de droit des
qualités, considérants et motifs d'un jugement rendu par le tribunal du travail de
ce siège en date du 19 avril 2024, inscrit au répertoire fiscal sous le numéro
1324/2024, dont le dispositif est conçu comme suit :
« P A R C E S M O T I F S :
le tribunal du travail de et à Luxembourg, statuant contradictoirement et en
premier ressort,
reçoit la demande en la forme,
avant tout autre progrès en cause,
ordonne à la mutuelle ORGANISATION1.) du Grand-Duché de Luxembourg de
verser les recherches du service IT de la ORGANISATION1.), en l’espèce la liste
détaillée de toutes les suppressions effectuées par PERSONNE1.),
refixe l’affaire à l’audience publique du vendredi, 28 juin 2024, 09.00 heures,
salle J.P.0.15, pour continuation des débats,
réserve les demandes de PERSONNE1.) et le surplus. »
A l'appel de la cause à l’audience publique dont question, l’affaire fut alors
contradictoirement refixée au vendredi, 05 juillet 2024 pour plaidoiries.
A l’audience publique du vendredi, 05 juillet 2024, l’affaire fut utilement retenue.
Lors de cette audience, Maître Florence HOLZ, le mandataire de la partie
requérante, et Maître Alessia BORDON, en remplacement de Maître Guy
CASTEGNARO, le représentant du mandataire de la société défenderesse,
furent entendus en leurs moyens et prirent les conclusions reprises dans les
considérants du présent jugement, tandis que Maître Gil SIETZEN se présenta
en remplacement de Maître Virginie VERDANET, la représentante du mandataire
de l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, pris en sa qualité de
gestionnaire du Fonds pour l'Emploi.
Sur ce, le tribunal du travail prit l'affaire en délibéré et rendit à l'audience publique
de ce jour à laquelle le prononcé avait été fixé,
le j u g e m e n t qui suit :
1. Indications de procédure
Par requête déposée au greffe le 26 janvier 2023, PERSONNE1.) a fait
convoquer son ancien employeur la mutuelle ORGANISATION1.) du Grand-
Duché de Luxembourg (ci-après la ORGANISATION1.)) à comparaître devant le
tribunal du travail de ce siège aux fins de déclarer abusif le licenciement avec
effet immédiat du 24 octobre 2015 et de l’entendre condamner, sous le bénéfice
de l’exécution provisoire, au paiement des montants actualisés suivants :
- Indemnité compensatoire de
préavis
18.728,83 €
- Indemnité de départ
4.850,06 €
- Dommage matériel
4.682,20 €
- Dommage moral
15.000,00 €
à chaque fois avec les intérêts légaux majorés à partir de la demande en justice,
jusqu’à solde.
Elle sollicite en outre l’allocation d’une indemnité de procédure de 1.500,- euros
sur base de l’article 240 du Nouveau Code de Procédure Civile et la
condamnation aux frais et dépens de l’instance.
A l’audience des plaidoiries, PERSONNE1.) a déclaré renoncer à sa demande
en paiement d’une indemnité pour jours de congés non pris.
L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, pris en sa qualité de
gestionnaire du Fonds pour l’Emploi, (ci-après l’ETAT) demande sur base de
l’article L.521-4 du Code du travail la condamnation de la partie mal fondée au
fond du litige, à lui rembourser le montant de 1.116,10 euros, avec les intérêts
légaux tels que de droit, à titre des indemnités de chômage qu’il a versées à
PERSONNE1.).
Par jugement contradictoire du 19 avril 2024, le tribunal du travail a reçu la
demande en la forme, et a, avant tout autre progrès en cause, ordonné à la
ORGANISATION1.)
de verser les recherches du service IT de la
ORGANISATION1.), en l’espèce la liste détaillée de toutes les suppressions
effectuées par PERSONNE1.).
2. Appréciation
2.1 Le caractère réel et sérieux des motifs
Les parties maintiennent chacune leurs moyens développés lors de l’audience
du 8 mars 2024 et repris dans le jugement du 19 avril 2024.
Quant aux nouvelles pièces versées par la ORGANISATION1.), PERSONNE1.)
fait valoir que sur une page il y aurait des documents traités par elle ainsi que par
d’autres salariés.
La ORGANISATION1.) ne verserait ainsi pas de pièces reprenant exclusivement
son activité et l’ensemble des documents traités par elle.
Il serait en outre impossible de savoir à quoi correspondraient les suppressions
reprises dans les pièces et de faire un lien avec un documents précis et avec les
motifs du licenciement.
PERSONNE1.) conteste toute suppression intentionnelle.
La ORGANISATION1.) fait valoir qu’il résulterait de l’ensemble des pièces
versées en cause que PERSONNE1.) aurait intentionnellement supprimé les
documents tel qu’énumérés dans la lettre de licenciement.
Tel que le tribunal l’a relevé dans son jugement du 19 avril 2024, il résulte de
l’attestation testimoniale de PERSONNE2.), des captures d’écrans et du courrier
électronique du 15 novembre 2022 que PERSONNE1.) a intentionnellement
supprimé les 3 et 4 août 2022 deux dossiers PDF.
Il résulte encore des pièces versées en cause, notamment des « User Access
Log » versés par la ORGANISATION1.) suite au jugement du 19 avril 2024 que
PERSONNE1.) a encore supprimé des fichiers en date du 25 mai 2022, 17 juin
2022, 18 juillet 2022 et 14 octobre 2022.
A ce titre, il y a lieu de relever qu’il n’est pas pertinent de disposer de l’ensemble
des « User Access Log » de PERSONNE1.) pour tous ces mois, seules les
suppressions effectuées par PERSONNE1.) étant en cause.
Les dates des suppressions coïncident en outre avec celles énumérées dans la
lettre de licenciement.
Il résulte encore des « User Access Log » versés par la ORGANISATION1.) que
PERSONNE1.)
a
supprimé deux courriers électroniques contentant des
demandes de remboursement d’affiliés en date du 27 mai 2022.
PERSONNE1.) ne justifie pas ces suppressions et ne verse aucune pièce de
laquelle il résulterait que les suppressions opérées auraient été justifiées.
Il y a dès lors lieu de conclure des développements qui précèdent que
PERSONNE1.) a non seulement intentionnellement supprimé les 3 et 4 août
2022 deux dossiers PDF mais elle a également supprimé des documents en date
des 25 mai 2022, 27 mai 2022, 17 juin 2022, 18 juillet 2022 et 14 octobre 2022
et ce en opposition avec les déclarations de PERSONNE1.) lors de l’entretien du
14 novembre 2022 où elle a déclaré que les faits des 3 et 4 août 2022 étaient
des faits uniques.
Eu égard au nombre des suppressions intentionnelles faites par PERSONNE1.),
il y a lieu de retenir que PERSONNE1.) a commis une faute de nature à ébranler
définitivement la confiance de la ORGANISATION1.) et justifiant un licenciement
avec effet immédiat.
Le licenciement avec effet immédiat du 15 décembre 2022 est partant à déclarer
régulier et justifié.
Les demandes de PERSONNE1.) en indemnisation des préjudices matériel et
moral et en paiement d’une indemnité compensatoire de préavis et de départ
sont à déclarer non fondées et à rejeter.
2.2 La demande de l’ETAT
L’ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, pris en sa qualité de
gestionnaire du Fonds pour l’Emploi, demande sur base de l’article L.521-4 du
Code du travail à voir condamner la partie malfondée au fond du litige à lui
rembourser le montant de 1.116,10 euros à titre des indemnités de chômage qu’il
a versées à PERSONNE1.), ce montant avec les intérêts légaux tels que de droit,
jusqu’à solde.
Or, d’après l’article L.521-4 (6) du Code du travail, le jugement ou l’arrêt déclarant
justifié le licenciement du salarié ou non justifiée la démission du salarié motivée
par un acte de harcèlement sexuel ou des motifs graves procédant du fait ou de
la faute de l’employeur condamne ce dernier à rembourser au Fonds pour
l’Emploi, le cas échéant de façon échelonnée, tout ou partie des indemnités de
chômage lui versées par provision.
Etant donné que le licenciement de PERSONNE1.) a été déclaré fondé, il échet
en application de l’article L.521-4 (6) du Code du travail de déclarer la demande
de l’ETAT fondée en ce qu’elle est dirigée contre PERSONNE1.).
Il y a partant lieu, au vu des pièces versées, de condamner PERSONNE1.) à
payer à l’ETAT le montant de 1.116,10 euros avec les intérêts légaux à partir de
la demande en justice, jusqu’à solde.
3. Indemnités de procédure
Les parties sollicitent chacune l’allocation d’une indemnité de procédure sur base
de l’article 240 du Nouveau Code de Procédure Civile.
Eu égard à l’issue du litige, la demande de PERSONNE1.) est à déclarer non
fondée.
Au vu des éléments de la cause, le tribunal évalue le montant devant revenir de
ce chef à la ORGANISATION1.) à 500,- euros.
4. Exécution provisoire
Eu égard à l’issue du litige, il n’y a pas lieu d’ordonner l’exécution provisoire du
jugement.
P A R C E S M O T I F S :
le tribunal du travail de et à Luxembourg, statuant contradictoirement, en premier
ressort, et en continuation du jugement du 19 avril 2024,
reçoit la demande en la forme,
dit que le licenciement avec effet immédiat du 15 décembre 2022 est régulier et
justifié,
dit non fondées les demandes de PERSONNE1.) en indemnisation du chef de
réparation de ses préjudices matériel et moral,
dit non fondées les demandes de PERSONNE1.) en paiement d’une indemnité
compensatoire de préavis et d’une indemnité de départ,
condamne
PERSONNE1.) à payer à l’ETAT DU GRAND-DUCHE DE
LUXEMBOURG, pris en sa qualité de gestionnaire du Fonds pour l’Emploi, le
montant de 1.116,10 euros avec les intérêts légaux à partir de la demande en
justice, jusqu’à solde,
dit non fondée la demande de PERSONNE1.) en allocation d’une indemnité de
procédure sur base de l’article 240 du Nouveau Code de Procédure Civile,
condamne
PERSONNE1.) à payer à la mutuelle ORGANISATION1.) une
indemnité de procédure de 500,- euros sur base de l’article 240 du Nouveau
Code de Procédure Civile,
dit qu’il n’y a pas lieu à exécution provisoire du jugement,
condamne PERSONNE1.) aux frais et dépens de l’instance.
Ainsi fait et jugé par Vanessa WERCOLLIER, juge de paix de et à Luxembourg,
siégeant comme Présidente du tribunal du travail, et les assesseurs prédits et
prononcé par la Présidente à ce déléguée, assistée de la greffière Michèle
GIULIANI, en audience publique, date qu'en tête, au prétoire de la Justice de
paix à Luxembourg, et qui ont signé le présent jugement.
s. Vanessa WERCOLLIER
s. Michèle GIULIANI
Photocopie
du
présent
jugement
a
été
délivrée
aux
parties
le
________________.
s. Michèle GIULIANI, greffière.