Court imposes 12-month driving bans and vehicle confiscation for driving while judicially prohibited in Luxembourg.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Tribunal d'Arrondissement convicted the defendant of driving a vehicle while under a judicial driving ban and an administrative license revocation. The court rejected the defense's request for a suspended sentence, citing the mandatory nature of Article 628 of the Criminal Procedure Code. Consequently, the defendant was sentenced to a fine, ten days of detention for non-payment, and a twelve-month prohibition from driving, with the seized vehicle confiscated.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 628 al. 4 CPP; Art. 14, 16, 28-31, 60, 65, 66 Penal Code; Art. 179-196 CPP; Art. 12-14bis Road Traffic Law: A judicial driving ban prohibits driving entirely; the court must impose a full driving ban and may confiscate the vehicle, excluding any suspension of the ban's execution.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugt no 803/2024
Not. 10034/21/CC + 37889/21/CC
IC 2x
Confisc. 1x
Audience publique du 21 mars 2024
Le Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, douzième chambre, siégeant en
matière correctionnelle, statuant en composition de juge unique, a rendu le jugement qui
suit:
Dans la cause du Ministère Public contre
PERSONNE1.),
né le DATE1.) à ADRESSE1.) (Portugal),
demeurant à L-ADRESSE2.) ;
- prévenu -
FAITS :
Par citation du 20 décembre 2023, le Procureur d'Etat près le Tribunal d'arrondissement
de Luxembourg a requis le prévenu de comparaître à l'audience publique du 26 février
2024 devant le Tribunal correctionnel de ce siège pour y entendre statuer sur les
préventions suivantes:
circulation – cocaïne (53,1 ng/ml) ; benzoylecgonine (1574 ng/ml), morphine (29,2
ng/ml) ; défaut d’un permis de conduire valable.
A l'appel de la cause à cette audience, le vice-président constata l'identité du prévenu
PERSONNE1.), lui donna connaissance de l’acte qui a saisi le Tribunal et l’informa de
ses droits de garder le silence et de ne pas s’incriminer soi-même.
A cette audience, le prévenu déclara vouloir comparaître volontairement pour voir
statuer sur les faits du 27 février 2021.
Il échet de lui en donner acte.
Le Tribunal est partant régulièrement saisi de ces faits par cette comparution volontaire.
Le prévenu PERSONNE1.) fut ensuite entendu en ses explications et moyens de
défense.
Le représentant du Ministère Public, Pascal COLAS, premier substitut du Procureur
d’Etat, fut entendu en son réquisitoire.
Maître Nicky STOFFEL, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, développa plus
amplement les moyens de défense du prévenu PERSONNE1.).
Le prévenu eut la parole en dernier.
Le Tribunal prit l'affaire en délibéré et rendit à l'audience publique de ce jour, date à
laquelle le prononcé avait été fixé, le
JUGEMENT QUI SUIT :
Vu la citation à prévenu du 20 décembre 2023, régulièrement notifiée à PERSONNE1.).
I. Quant à la notice 10034/21/CC
Vu le procès-verbal numéro 30502/2021 du 27 février 2021, établi par la Police Grand-
Ducale, Région Sud-Ouest, Commissariat Dudelange (C3R). (10034/21/CC)
Le Ministère Public reproche à PERSONNE1.) d’avoir le 27 février 2021 vers 00.06
heure à ADRESSE3.), conduit un véhicule automoteur sur la voie publique malgré une
interdiction de conduire judiciaire de 18 mois, exceptés le trajet le plus court menant du
domicile du prévenu à son lieu de travail et le retour ainsi que les trajets effectués dans
l’intérêt prouvé de sa profession, exécutée du 23 juin 2020 au 14 décembre 2021, lui
notifiée le 22 juin 2020, et résultant d’un jugement n°785 rendu par le Tribunal
correctionnel de et à Luxembourg en date du 12 mars 2020.
Il lui est également reproché d’avoir dans les mêmes circonstances de temps et de lieu
conduit un véhicule automoteur malgré un retrait administratif du permis de conduire
par arrêté ministériel du 2 décembre 2020 lui notifié le 24 décembre 2020.
Au vu des éléments du dossier répressif, ensemble les débats menés à l’audience, et plus
précisément les aveux de PERSONNE1.), celui-ci est convaincu :
« étant conducteur d'un véhicule automoteur sur la voie publique,
le 27 février 2021 vers 00.06 heure, à ADRESSE3.),
- d’avoir conduit un véhicule automoteur sur la voie publique malgré une
interdiction de conduire judiciaire de 18 mois, exceptés le trajet le plus court
menant du domicile du prévenu à son lieu de travail et le retour ainsi que les trajets
effectués dans l’intérêt prouvé de sa profession, exécutée du 23 juin 2020 au 14
décembre 2021, lui notifiée le 22 juin 2020, et résultant d’un jugement n°785 rendu
par le Tribunal correctionnel de et à Luxembourg en date du 12 mars 2020 ;
- d’avoir conduit un véhicule sans être titulaire d’un permis de conduire valable,
en l’espèce malgré un retrait administratif du permis de conduire par arrêté
ministériel du 2 décembre 2020, lui notifié le 24.12.2020. »
II. Quant à la notice 37889/21/CC
Vu le procès-verbal numéro 16242/2021 du 26 décembre 2021 et le rapport numéro
5329-262/2022 du 9 février 2022 dressés par la Police Grand-Ducale, Région Sud-
Ouest, Commissariat Esch (C3R) E-3R-ESC.
Vu l’expertise toxicologique du 17 janvier 2022 établie par le Laboratoire National de
Santé.
Le Ministère Public reproche à PERSONNE1.) d’avoir le 26 décembre 2021 entre 04.10
heures et 06.00 heures à L-ADRESSE4.), conduit un véhicule automoteur sur la voie
publique en étant sous l’influence de stupéfiants.
Le Ministère Public reproche encore à PERSONNE2.) d’avoir, dans les mêmes
circonstances de temps et de lieu, conduit un véhicule automoteur sur la voie publique
alors qu’il se trouvait sous le coup d’une interdiction de conduire judiciaire de 3 mois
exécutée du 15 décembre 2021 au 14 mars 2022, lui notifiée le 22 juin 2020, résultant
d’une ordonnance pénale rendue par le Tribunal d’arrondissement de et à Luxembourg
le 10 mars 2017.
Le Ministère Public reproche également à PERSONNE2.) d’avoir, dans les mêmes
circonstances de temps et de lieu, conduit un véhicule automoteur sur la voie publique
alors qu’il se trouvait sous le coup d’une suspension administrative du permis de
conduire par arrêté ministériel n°51 du 2 décembre 2020 lui notifié le 24 décembre 2020.
À l'audience publique du 26 février 2024, le prévenu a conteste avoir conduit le véhicule
de marque ENSEIGNE1.) modèle ENSEIGNE2.) immatriculé (L) NUMERO1.) le jour
des faits.
Au vu cependant des constatations des agents de police consignées dans le procès-verbal
susmentionné, du résultat de l’expertise toxicologique et des aveux du prévenu quant à
la conduite dudit véhicule en date du 26 décembre 2021 auprès des agents verbalisants,
le prévenu est à retenir dans les liens des infractions libellées à sa charge.
PERSONNE1.) est partant convaincu par les éléments du dossier répressif, ensemble
les débats menés à l’audience :
« étant conducteur d’un véhicule automoteur sur la voie publique,
le 26 décembre 2021 entre 04.10 et 06.00 heures à L-ADRESSE4.),
1) d’avoir circulé alors que son organisme comportait la présence de morphine
(libre) dont le taux sérique est supérieur ou égal à 20 ng/ml, en l’espèce de 29,2
ng/ml,
2) d’avoir circulé alors que son organisme comportait la présence de cocaïne dont
le taux sérique est supérieur ou égal à 25 ng/ml, en l’espèce de 53,1 ng/ml,
3) d’avoir circulé alors que son organisme comportait la présence de
benzoylecgonine dont le taux sérique est supérieur ou égal à 25 ng/ml, en l’espèce
de 1574 ng/ml,
4) conduit un véhicule automoteur sur la voie publique alors qu’il se trouvait sous
le coup d’une interdiction de conduire judiciaire de 3 mois exécutée du 15
décembre 2021 au 14 mars 2022, lui notifiée le 22 juin 2020, résultant d’une
ordonnance pénale rendue par le Tribunal d’arrondissement de et à Luxembourg
le 10 mars 2017,
5) d’avoir conduit un véhicule sans être titulaire d’un permis de conduire valable,
en l’espèce malgré une suspension administrative du permis de conduire par arrêté
ministériel n°51 du 2 décembre 2020 lui notifié le 24 décembre 2020. »
I. Quant à la peine
Les infractions retenues sub 1), 2) et 3) à charge du prévenu sous la notice 37889/21/CC
se trouvent en concours idéal entre elles, car émanant d’une même intention délictuelle,
et en concours réel avec les infractions retenue sub 4) et sub 5), elles-mêmes en concours
idéal. Ce groupe d’infractions est encore en concours réel avec les infractions retenues
sous la notice 10034/21/CC qui son également en concours idéal entre elles, alors que
ces infractions ne constituent qu’une seule infraction, à savoir la conduite d’un véhicule
automoteur sur la voie publique sans être titulaire d’un permis de conduire valable.
Il convient partant de faire application des articles 60 et 65 du Code pénal et de ne
prononcer que la peine la plus forte, cette peine pouvant même être élevée au double du
maximum, sans toutefois pouvoir excéder la somme des peines prévues pour les
différents délits.
L’article 12 de la loi modifiée du 14 février 1955 concernant la réglementation de la
circulation sur toutes les voies publiques sanctionne le délit de conduite sous influence
de stupéfiants d’une peine d’emprisonnement de huit jours à trois ans ainsi que d’une
amende de 500 euros à 10.000 euros ou d’une de ces peines seulement.
L’article 13.12 de la loi précitée du 14 février 1955 sanctionne la conduite d’un véhicule
sans être titulaire d’un permis de conduire valable des mêmes peines.
En circulant sur la voie publique sous influence de stupéfiants, le prévenu a gravement
mis en danger tant sa propre sécurité que celle des autres usagers.
Au vu de la gravité des infractions établies à l’égard du prévenu, ensemble ses
antécédents judiciaires spécifiques, mais également au vu de l’ancienneté des faits, il y
a lieu de condamner le prévenu PERSONNE1.) à une amende de 1.000 euros.
L’article 13.1 de la loi précitée du 14 février 1955 permet au juge saisi d’une ou de
plusieurs infractions à la réglementation de la circulation sur les voies publiques ou de
délits ou de crimes qui se sont joints à ces infractions, de prononcer une interdiction de
conduire de huit jours à un an en matière de contraventions et de trois mois à quinze ans
en matière de délits ou de crimes.
Le Tribunal condamne en outre le prévenu PERSONNE1.) aux interdictions de conduire
suivantes :
-
une interdiction de conduire de 12 mois du chef de l’infraction de conduite sans
permis de conduire valable retenue sous la notice 10034/21/CC,
-
une interdiction de conduire de 12 mois du chef de l’infraction de conduite sous
influence de stupéfiants retenue sous la notice 37889/21/CC,
-
une interdiction de conduire de 12 mois du chef de l’infraction de conduite sans
permis de conduire valable retenue sous la notice 37889/21/CC.
L’octroi d’un sursis quant à l’exécution des interdictions de conduire à prononcer est
légalement exclu en application de l’article 628 alinéa 4 du Code de procédure pénale.
Le Tribunal ordonne encore la confiscation du véhicule de la marque ENSEIGNE1.),
modèle ENSEIGNE2.), de couleur grise, immatriculé sous le numéro NUMERO1.) (L),
saisi suivant procès-verbal n°16244 du 26 décembre 2021 établi par la Police grand-
ducale, Commissariat Esch (C3R).
P A R C E S M O T I F S :
la douzième chambre du Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, composée de
son vice-président, statuant contradictoirement, le représentant du Ministère Public
entendu en son réquisitoire, le prévenu PERSONNE1.) et son mandataire entendus en
leurs explications et moyens de défense, et le prévenu ayant eu la parole en dernier,
donne acte à PERSONNE1.) de sa comparution volontaire pour les faits du 27 février
2021 mise à sa charge ;
c o n d a m n e
PERSONNE1.) du chef des infractions retenues à sa charge à une
amende de MILLE (1.000) euros ainsi qu’aux frais de sa poursuite pénale, ces frais
liquidés à (849,83) euros, (dont 395,75 euros pour frais de garage et 425,88 euros pour
l’analyse de sang)
f i x e
la durée de la contrainte par corps en cas de non-paiement de l’amende à DIX
(10) jours,
p r o n o n c e contre PERSONNE1.) du chef des infractions retenues à sa charge sous
la notice 10034/21/CC pour la durée de DOUZE (12) mois l’interdiction de conduire
un véhicule automoteur des catégories A - F sur la voie publique,
p r o n o n c e
contre PERSONNE1.) du chef des infractions retenues sub 1) à sub 3)
à sa charge sous la notice 37889/21/CC pour la durée de DOUZE (12) mois
l’interdiction de conduire un véhicule automoteur des catégories A - F sur la voie
publique,
p r o n o n c e contre PERSONNE1.) du chef des infractions retenues sub 4) et sub 5)
à sa charge sous la notice 37889/21/CC pour la durée de DOUZE (12) mois
l’interdiction de conduire un véhicule automoteur des catégories A - F sur la voie
publique,
o r d o n n e
la confiscation du véhicule de la marque ENSEIGNE1.), modèle
ENSEIGNE2.), de couleur grise, immatriculé sous le numéro NUMERO1.) (L), saisi
suivant procès-verbal n°16244 du 26 décembre 2021 établi par la Police grand-ducale,
Commissariat Esch (C3R).
Le tout en application des articles 14, 16, 28, 29, 30, 31, 60, 65 et 66 du Code pénal, des
articles 179, 182, 184, 185, 189, 190, 190-1, 194, 195 et 196 du Code de procédure
pénale et des articles 12, 13, 14 et 14bis de la loi modifiée du 14 février 1955 concernant
la réglementation de la circulation sur toutes les voies publiques qui furent désignés à
l’audience par le vice-président.
Ainsi fait, jugé et prononcé par Marc THILL, vice-président, en audience publique au
Tribunal d’Arrondissement à Luxembourg, en présence de Anne THEISEN, attachée de
justice, et de Anne THIRY, greffier, qui, à l'exception de la représentante du Ministère
Public, ont signé le présent jugement.