Court convicts company manager and employer for unauthorized overtime work exceeding legal limits.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Tribunal d'Arrondissement convicted the defendant and his company of violating labor laws regarding unauthorized overtime. The court found that employees worked over 40 hours weekly without prior authorization despite a prior warning from the Public Prosecutor. Consequently, the court imposed fines on both the individual and the corporate entity for the confirmed infractions.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles L. 211-12 (1), L. 211-23 and L. 211-36 du Code du Travail; The court establishes that working hours exceeding statutory limits without prior administrative authorization constitute a punishable offense, subjecting both the legal entity and its manager to fines.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugt no
559/2024
Notice 18964/23/CD
(amendes)
AUDIENCE PUBLIQUE DU 29 FEVRIER 2024
Le Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg,
septième chambre
correctionnelle, a rendu le jugement qui suit :
Dans la cause du Ministère Public contre
PERSONNE1.)
né le DATE1.) à ADRESSE1.)
demeurant ADRESSE2.)
en sa qualité de gérant de la société SOCIETE1.) SARL
la société SOCIETE1.) SARL, établie et ayant son siège social à
ADRESSE3.), inscrite au Registre de Commerce et des Sociétés de
Luxembourg sous le numéro NUMERO1.)
- p r é v e n u s -
F A I T S :
Par citation du
janvier
2024, le Procureur d'Etat près le Tribunal
d'arrondissement de et à Luxembourg a requis les prévenus de comparaître à
l'audience publique du 7 février 2024 devant le Tribunal correctionnel de ce siège
pour y entendre statuer sur les préventions suivantes :
Infractions aux articles L. 211-12 (1) et L. 211-23 du Code du Travail,
sanctionnés par l’article L. 211-36 du Code de Travail.
A l’audience publique du 7 février 2024, le vice-président constata l'identité des
prévenus PERSONNE1.) et de la société SOCIETE1.) SARL, représentée par son
gérant actuellement en fonctions, PERSONNE1.), et leur donna connaissance de
l'acte qui a saisi le Tribunal et les informa de leur droit de se taire et de leur droit de
ne pas s’incriminer eux-mêmes.
Les témoins
PERSONNE2.)
et
PERSONNE3.)
furent entendus, chacun
séparément, en leurs déclarations orales après avoir prêté le serment prévu à
l’article 155 du code de procédure pénale.
Le prévenu PERSONNE1.) fut assisté de l’interprète Ricardo DA SILVA MARTINS,
dûment assermenté à l’audience, pour les besoins de la traduction des dépositions
du témoin PERSONNE2.).
PERSONNE1.), en tant que prévenu et en sa qualité de gérant de la société
SOCIETE1.) SARL, fut entendu en ses explications et moyens de défense.
Le représentant du Ministère Public, Laurent SECK, substitut principal du Procureur
d’Etat, résuma l’affaire et fut entendu en son réquisitoire.
Maître Nora DUPONT, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, développa plus
amplement les moyens de défense des prévenus PERSONNE1.) et de la société
SOCIETE1.) SARL.
PERSONNE1.), en tant que prévenu et en sa qualité de gérant de la société
SOCIETE1.) SARL eut la parole en dernier.
Le Tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l'audience publique de ce jour, date à
laquelle le prononcé avait été fixé,
J U G E M E N T qui suit :
Vu la citation à prévenus du 19 janvier 2024 (not. 18964/23/CD), régulièrement
notifiée à PERSONNE1.) et à la société SOCIETE1.) SARL.
Vu le procès-verbal n° 2021-3829 établi en date du 30 juin 2021 par l’Inspection du
Travail et des Mines.
Vu le procès-verbal n° NUMERO2.) établi en date du 23 mai 2023 par l’Inspection
du Travail et des Mines.
Vu le procès-verbal n° 807/2023 établi en date du 25 juillet 2023 par la Police grand-
ducale, Région Sud-Ouest, Commissariat Réiserbann.
Entendu les déclarations des témoins PERSONNE2.) et PERSONNE3.) à
l’audience publique du 7 février 2024.
Le Ministère Public reproche à PERSONNE1.) et à la société SOCIETE1.) SARL,
d’avoir, à de nombreuses reprises entre août 2020 et septembre 2022, dans les
ateliers de la société SOCIETE1.) s.à r.l. sis à ADRESSE3.), en infraction aux
articles L. 211-12 (1) et L. 211-23 du Code de Travail, sanctionnés par l’article L.
211-36 du Code de Travail, fait travailler des salariés de la société plus de 10 heures
par jour et 40 heures par semaine, partant d’avoir eu recours à des prestations
d’heures supplémentaires sans avoir respecté une procédure préalable de
notification ou d’autorisation du ministre ayant le Travail dans ses attributions et
sans avoir introduit une requête motivée auprès de l’Inspection du Travail et des
Mines.
A l’audience publique du 7 février 2024, le prévenu a reconnu l’infraction lui
reprochée, laquelle est encore établie par les éléments du dossier répressif et les
déclarations du témoin PERSONNE2.) à l’audience.
Le prévenu
PERSONNE1.) et la société SOCIETE1.) SARL sont partant
convaincus, au vu des éléments du dossier répressif, des déclarations des témoins
et de l’instruction à l’audience publique du 7 février 2024, des infractions suivantes :
« comme auteurs, ayant commis l’infraction eux-mêmes,
à de nombreuses reprises entre août 2020 et septembre 2022, dans les ateliers
de la société SOCIETE1.) s.à r.l. sis à ADRESSE3.),
en infraction aux articles L. 211-12 (1) et L. 211-23 du Code de Travail,
sanctionnés par l’article L. 211-36 du Code de Travail,
d’avoir fait travailler des salariés de la société plus de 10 heures par jour et 40
heures par semaine, partant d’avoir eu recours à des prestations d’heures
supplémentaires sans avoir respecté une procédure préalable de notification
ou d’autorisation du ministre ayant le Travail dans ses attributions et sans
avoir introduit une requête motivée auprès de l’Inspection du Travail et des
Mines,
plus précisément,
d’avoir fait travailler les salariés suivants plus de 40 heures par semaine ou
10 heures par jour entre le 3 août 2020 et le 31 janvier 2021 (cf. dénonciation
de l’ITM no NUMERO3.) du 30 juin 2021) sans autorisation préalable :
PERSONNE4.), né le DATE2.)
PERSONNE5.), né le DATE3.)
PERSONNE6.), née le DATE4.)
PERSONNE7.), né le DATE5.)
PERSONNE8.), né le DATE6.)
PERSONNE9.), né le DATE7.)
PERSONNE10.), né le DATE8.)
PERSONNE11.), né le DATE9.)
PERSONNE12.), né le DATE10.)
d’avoir fait travailler les salariés suivants plus de 40 heures par semaine ou
10 heures par jour entre le 1er août 2021 et le 30 janvier 2022 (cf. dénonciation
de l’ITM no NUMERO4.) du 29 mars 2022) sans autorisation préalable et ce
malgré un avertissement du parquet adressé à la société et au gérant le 12
juillet 2021 :
PERSONNE13.), né le DATE11.)
PERSONNE14.), né le DATE12.)
PERSONNE15.), né le DATE13.)
PERSONNE16.), né le DATE14.)
PERSONNE17.), né le DATE15.)
PERSONNE18.), né le DATE16.)
PERSONNE4.), né le DATE2.)
PERSONNE5.), né le DATE3.)
PERSONNE6.), née le DATE4.)
PERSONNE9.), né le DATE7.)
PERSONNE10.), né le DATE8.)
PERSONNE19.), né le DATE17.)
d’avoir fait travailler les salariés suivants plus de 40 heures par semaine ou
10 heures par jour entre le 4 avril 2022 et le 25 septembre 2022 (cf.
dénonciation de l’ITM no NUMERO2.) du 23 mai 2022) sans autorisation
préalable et ce malgré un avertissement du parquet adressé à la société et au
gérant le 12 juillet 2021 :
PERSONNE4.), né le DATE2.)
PERSONNE9.), né le DATE7.)
PERSONNE5.), né le DATE3.)
PERSONNE20.), né le DATE18.)
PERSONNE6.), née le DATE4.)
PERSONNE21.), né le DATE19.)
PERSONNE10.), né le DATE8.)
PERSONNE22.), né le DATE20.)
PERSONNE13.), né le DATE11.)
PERSONNE23.), né le DATE21.). »
Quant à la peine :
La violation des articles L.211-12 (1) et L.211-23 du Code du travail est sanctionnée
conformément à l’article L.211-36 du même code par une amende de 251 à 15.000
euros.
Conformément à l’article 36 du Code pénal, la société SOCIETE1.) SARL encourt
en tant que personne morale une amende de 251 à 30.000 euros.
Au vu des circonstances de l’infraction et de l’absence d’antécédents judiciaires
dans le chef des prévenus, le Tribunal décide de prononcer une amende de 2.500
euros à l’encontre de PERSONNE1.) et une amende de 10.000 euros à l’encontre
de la société SOCIETE1.) SARL.
P A R C E S M O T I F S :
le Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, septième chambre, siégeant en
matière correctionnelle, statuant contradictoirement, PERSONNE1.) tant en son
nom personnel qu’en sa qualité de représentant légal de la société SOCIETE1.)
SARL et leur mandataire entendus en leurs explications et moyens de défense et le
représentant du Ministère Public entendu en son réquisitoire,
c o n d a m n e
le prévenu PERSONNE1.) du chef des infractions retenues à sa
charge à une amende de deux mille cinq cents (2.500) euros, ainsi qu'aux frais
de sa mise en jugement, ces frais liquidés à 13,22 euros ;
f i x e la durée de la contrainte par corps en cas de non-paiement de l'amende à
vingt-cinq (25) jours ;
c o n d a m n e
la société SOCIETE1.) SARL du chef des infractions retenues à
sa charge à une amende de dix mille (10.000) euros, ainsi qu'aux frais de sa mise
en jugement, ces frais liquidés à 13,22 euros.
Par application des articles 14, 16, 28, 29, 30, 34, 35 et 36 du Code pénal, des
articles 1, 155, 179, 182, 184, 189, 190, 190-1, 194, 195 et 196 du Code de
procédure pénale ainsi que des articles L.211-12 (1), L.211-23 et L.211-36 du Code
du Travail, qui furent désignés à l'audience par le vice-président.
Ainsi fait et jugé par Stéphane MAAS, vice-président, Maïté BASSANI, juge, et
Raphaël SCHWEITZER, juge et prononcé, en présence d’Isabelle BRÜCK, substitut
du Procureur d’Etat, en l'audience publique du Tribunal d'arrondissement de et à
Luxembourg, date qu'en tête, par le vice-président, assisté du greffier assumé
Tahnee WAGNER, qui, à l'exception du représentant du Ministère Public, ont signé
le présent jugement.