Court awards unpaid recovery hours to employee after employer admits entitlement but fails to pay.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court declared the claim for unpaid vacation days inadmissible because the employer had already paid for them, leaving only the dispute over 64 recovery hours. Although the employee argued she was entitled to these hours due to her sick leave, the employer admitted her right to them in the court record. Consequently, the court ordered the employer to pay the specific amount for the unrecovered hours plus legal interest.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 148 n.c.p.c.; The employer's admission of an employee's right to recovery hours creates a binding obligation to pay the corresponding amount, even if the initial entitlement was disputed.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
N° 73/2024
du 22 janvier 2024
Audience publique du 22 janvier 2024
Le tribunal du travail de la circonscription de Diekirch, arrondissement judiciaire
de Diekirch et Grand-Duché de Luxembourg, dans la composition
Sonja STREICHER
juge de paix, président
John BLUM
assesseur - salarié
Victor FAUTSCH
assesseur - employeur
Monique GLESENER
greffier
a rendu le jugement qui suit dans la cause entre
PERSONNE1.), éducatrice, demeurant à L-ADRESSE1.),
demanderesse, comparant par Maître Alain BINGEN, avocat à la Cour,
demeurant à Diekirch,
et
la société à responsabilité limitée SOCIETE1.), établie et ayant son siège
social à L-ADRESSE2.), représentée par son gérant actuellement en fonctions,
défenderesse,
comparant
par
Maître
Melanie
LOPES,
avocat,
en
remplacement de Maître Patricia JUNQUEIRA DE OLIVEIRA, avocat à la Cour,
les deux demeurant à Luxembourg.
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Procédure :
Sur base d'une requête déposée au greffe de la justice de paix de Diekirch en
date du 29 juin 2022, les parties ont été convoquées par la voie du greffe à
comparaître devant le tribunal du travail de Diekirch à l'audience publique du
lundi, 3 octobre 2022 à 9.00 heures, en la salle des audiences de la justice de
paix de Diekirch, "Bei der aler Kiirch", pour y entendre statuer sur le mérite des
causes énoncées dans ladite requête.
A l’appel de la cause à l’audience publique du 3 octobre 2022, l’affaire a été
fixée au 2 janvier 2023 pour plaidoiries et, après plusieurs autres refixations
successives, elle a alors paru utilement en date du 8 janvier 2024 avec les
débats comme suit:
Maître Alain BINGEN, comparant pour la partie demanderesse, a exposé le
sujet de l’affaire.
Maître Melanie LOPES, en remplacement de Maître Patricia JUNQUEIRA DE
OLIVEIRA, représentant la partie défenderesse, a été entendue en ses
réponses.
Sur ce tribunal a pris l’affaire en délibéré et il rend à l’audience de ce jour à
laquelle le prononcé avait été fixé
l e j u g e m e n t q u i s u i t :
Par requête déposée au greffe de la justice de paix de et à Diekirch en date du
29 juin 2022, PERSONNE1.) a fait convoquer son ancien employeur, la société
à responsabilité limitée SOCIETE1.), devant le tribunal du travail de ce siège
pour voir condamner ce dernier à lui payer la somme de 6.401,59 euros du chef
d’indemnités compensatoires pour congé non pris pour les années 2020 à
2022, le salaire d’avril 2022 ainsi que 64 heures de récupération restées
impayées, à majorer des intérêts légaux de retard depuis le dépôt de la
présente requête en justice jusqu'à solde.
Elle a encore demandé à voir assortir le jugement à intervenir de l’exécution
provisoire et à voir condamner son ancien employeur aux frais et dépens de
l’instance.
La requête, régulière en la forme, est recevable.
A l’audience du 8 janvier 2024, PERSONNE1.) a indiqué que les arriérés
d’indemnités pour congé non pris pour les années 2020 et 2021 ont entretemps
été réglés et que le salaire du mois d’avril 2022 est à charge de la CNS au vu
du certificat d’incapacité de travail versé et qu’elle renonce par conséquent à
ces chefs de sa demande. Elle maintient celle-ci pour les indemnités de congé
de l’année 2022 (936,58 euros) ainsi que pour les heures de récupération du
mois d’avril 2022 (974,66 euros), restées impayées, et réduit partant sa
demande à la somme brute de 1.911,24 euros.
Acte lui en est donné.
A l’appui de sa demande, PERSONNE1.) expose qu’elle a été engagée en tant
qu’éducatrice par la société à responsabilité limitée SOCIETE1.) du 6 janvier
2020 jusqu’au 15 avril 2022, fin des relations de travail.
Elle explique que malgré d’itératives demandes, l’employeur ne lui aurait pas
réglé le congé de 2022 et les 64 heures de récupération.
Le requérant s'estime partant en droit de réclamer à son employeur de ces
chefs une somme de 1.911,24 euros.
L’employeur conteste les sommes réclamées tant en principe qu’en quantum
et il verse en cours de délibéré une preuve de paiement correspondant aux
congés de 2022.
Le tribunal constate dès lors que ce volet de la demande est devenu sans objet
et il n’y a plus qu’à trancher la question des 64 heures de récupération.
S’il est effectivement discutable, au vu des périodes d’incapacité de travail non
contestées de la salariée, que celle-ci y ait eu droit, il n’en reste pas moins que
l’employeur a reconnu ce droit à la salariée pour ces heures en établissant les
fiches de salaire versées au dossier, de sorte qu’il doit actuellement les payer.
Il résulte des pièces soumises à l’appréciation du tribunal que l’employeur est
resté en défaut de régler le montant brut de 974,66 euros à titre d’heures de
récupération. La demande de PERSONNE1.) est à déclarer fondée pour ce
montant.
Aux termes de l’article 148 du nouveau code de procédure civile, le jugement
est exécutoire par provision s’il s’agit de salaires échus.
L’exécution provisoire ne s’applique qu’aux salaires échus dont il convient de
retenir qu’ils visent le salaire en numéraire mensuel, à l’exclusion de toute autre
forme de rémunération ou d’indemnité (cf. C.S.J., 26 janvier 2012, n° 37931).
Il y a partant lieu d’ordonner l’exécution provisoire pour le montant de 974,66
euros.
P A R C E S M O T I F S
Le tribunal du travail de Diekirch, siégeant en matière de contestations entre
salariés et employeurs, statuant par un jugement contradictoire et en premier
ressort,
reçoit la requête en la forme,
se déclare compétent pour en connaître,
donne acte à la requérante de sa réduction de la somme réclamée à 1.911,24
euros brut du seul chef de congés non payés pour l’année 2022 et des 64
heures de récupération non payées.
constate que la demande concernant les congés non payés pour l’année 2022
est devenue sans objet suite au versement de la preuve de paiement,
déclare fondée la demande de PERSONNE1.) en paiement de la somme de
974,66 euros brut pour les 64 heures de récupération qui n’ont pas pu être
prises,
condamne la société à responsabilité limitée SOCIETE1.) à payer à
PERSONNE1.) de ces chefs la somme de 974,66 euros avec les intérêts au
taux légal à compter du 29 juin 2022, jour de la demande en justice, jusqu’à
solde,
ordonne l’exécution provisoire, nonobstant toutes voies de recours et avant
enregistrement, en ce qui concerne la condamnation relative à ces arriérés,
condamne la société à responsabilité limitée SOCIETE1.) aux frais et dépens
de l’instance.
Ainsi fait, jugé et prononcé à l'audience publique dudit tribunal du travail de
Diekirch, en la salle des audiences de la justice de paix de Diekirch, "Bei der
aler Kiirch", date qu'en tête et ont le président et le greffier signé le jugement.