Court revoked probation and ordered prison execution due to failure to meet all conditions.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court revoked the defendant's probation and ordered the execution of a 36-month prison sentence. The prosecution argued the defendant failed to attend psychiatric appointments, lost his job, and did not pay victim compensation. The court found the defendant had not respected any of the imposed conditions, including regular treatment and employment efforts.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 155, 179, 182, 184, 185, 186, 189, 190, 190-1, 194, 195, 196, 630 et 631-3 du Code de procédure pénale; Probation is revoked when the defendant fails to comply with any of the imposed conditions, resulting in the execution of the original prison sentence.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugt no LCRI 87/2023
Not.: 3437/20/CD
1x révoc. surs.
1x ex.p.
Audience publique du 21 décembre 2023
La Chambre criminelle du Tribunal d’arrondissement de et à Luxembourg, douzième
chambre, a rendu le jugement qui suit :
Dans la cause du Ministère Public contre
PERSONNE1.),
né le DATE1.) à Luxembourg,
actuellement détenu au Centre pénitentiaire d’Uerschterhaff,
- prévenu -
FAITS :
Par citation du 30 octobre 2023, le Procureur d’Etat près le Tribunal d’arrondissement
de Luxembourg a requis le prévenu de comparaître à l’audience publique du 8 décembre
2023 devant la Chambre criminelle de ce siège pour y entendre statuer sur la prévention
suivante :
non-exécution des conditions du sursis probatoire.
A l’appel de la cause à cette audience, Maître David SCHETTGEN, avocat à la Cour,
en remplacement de Maître Philippe STROESSER, avocat à la Cour, les deux
demeurant à Luxembourg, demanda, sur base de l’article 185 du Code de procédure
pénale, de représenter le prévenu PERSONNE1.).
Le Ministère Public ne s’y opposa pas.
La Chambre criminelle autorisa Maître David SCHETTGEN de représenter le prévenu
PERSONNE1.).
Le témoin Tania BORRI fut entendu en ses déclarations orales, après avoir prêté le
serment prévu par la loi.
La représentante du Ministère Public, Nicole MARQUES, premier substitut du
Procureur d’Etat, fut entendue en son réquisitoire.
Maître David SCHETTGEN, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, développa
plus amplement les moyens de défense du prévenu PERSONNE1.).
La Chambre criminelle prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique de ce
jour, date à laquelle le prononcé avait été fixé, le
JUGEMENT qui suit :
Vu la citation à prévenu du 30 octobre 2023, régulièrement notifiée à PERSONNE1.).
Vu le jugement numéro LCRI 58/2018 du 12 novembre 2018 rendu par la Chambre
criminelle, ayant condamné PERSONNE1.) à une peine d’emprisonnement de 36 mois,
assortie d’un sursis probatoire d’une durée de 5 ans à l’exécution de l’intégralité de
cette peine d’emprisonnement, avec les obligations suivantes :
se soumettre à un traitement auprès d’un psychiatre en relation avec sa
problématique,
faire parvenir tous les 6 mois un certificat attestant du suivi de ce traitement au
Parquet Général, service exécution des peines,
exercer une activité professionnelle ou suivre un enseignement ou une formation
professionnelle, sinon être inscrit comme demandeur d’emploi et de faire des
efforts sérieux pour rechercher un nouvel emploi, sinon intégrer un atelier
protégé,
indemniser les victimes.
Le Ministère Public reproche au prévenu PERSONNE1.) de ne pas avoir respecté les
conditions du sursis probatoire et en sollicite la révocation, afin de faire ordonner
l’exécution de la peine à laquelle le prévenu avait été condamné.
Il ressort des nombreux rapports dressés par l’agent de probation Lou BOCK ainsi que
des déclarations à l’audience de l’agent de probation Tania BORI que le prévenu n’a
entrepris aucun effort sérieux afin d’indemniser les parties civiles et qu’il n’en fait qu’à
sa tête.
En effet, déjà dans le rapport du 15 mars 2019, l’agent de probation Lou BOCK avait
fait état que le prévenu avait été licencié en raison d’absences non-motivées à son lieu
de travail et cela malgré le fait qu’il ne venait de signer le contrat d’embauche que le
mois précédent.
Dans le rapport subséquent, il est exposé que le prévenu doit attendre l’écoulement d’un
délai de trois mois pour se réinscrire à l’ADEM en raison de ses manquements et qu’il
n’a plus fait parvenir de certificat attestant qu’il se rend aux rendez-vous auprès de son
psychiatre le docteur BINTZ.
En outre, un nouveau rapport a été dressé par l’agent Lou BOCK qui fait état d’un
manque de collaboration de la part du prévenu avec le personnel du foyer où il se trouve
inscrit. S’y ajoute qu’il ne s’adonnerait à aucune activité rémunérée et n’aurait fait
aucune démarche pour trouver un travail.
Finalement, il ressort du rapport dressé par l’agent Tania BORI en date du 8 décembre
2021, que le prévenu a obtenu un emploi en date du 9 novembre 2021 en tant qu’aide
cuisiner/plongeur, mais qu’à la date de rédaction du rapport il avait déjà perdu celui-ci.
Il est encore fait état que le prévenu n’a point indemnisé les victimes et que concernant
son obligation de se soumettre un traitement psychiatrique, il s’avère qu’il ne suit pas
celle-ci de façon régulière.
Il ressort encore des déclarations du témoin Tania BORI faites sous la foi du serment à
l’audience du 8 décembre 2023 que le prévenu, bien qu’une ultime chance de se
conformer à ses obligations lui avait été octroyée par la Chambre criminelle, alors qu’il
avait été cité une première fois à l’audience du 4 janvier 2022 pour procéder à la
révocation de son sursis probatoire, n’en fait qu’à sa tête. Ainsi, il ne respecte pas les
rendez-vous et change constamment à sa guise les projets élaborés avec le SCAS.
En outre, le prévenu n’aurait à ce jour versé ne serait-ce qu’un cent aux victimes et se
trouverait depuis le mois d’août 2022 en détention préventive.
Il découle de ce qui précède que le prévenu ne respecte aucune des conditions du sursis
probatoire lui imposées.
En conséquence, il y a lieu de révoquer le sursis probatoire quant à la peine
d’emprisonnement de 36 mois prononcée par le jugement numéro LCRI 58/2018 du 12
novembre 2018.
PAR CES MOTIFS :
La Chambre criminelle du Tribunal d’arrondissement de et à ADRESSE1.), douzième
chambre, statuant contradictoirement, la représentante du Ministère Public entendue
en son réquisitoire et le mandataire du prévenu PERSONNE1.) entendu en ses
explications et moyens de défense,
constate que PERSONNE1.) n’a pas exécuté les obligations lui imposées par le
jugement numéro LCRI 58/2018 du 12 novembre 2018 ;
partant révoque le sursis probatoire accordé par le jugement numéro LCRI 58/2018 du
12 novembre 2018 en faveur de PERSONNE1.) et ordonne l’exécution de la
condamnation de PERSONNE1.) à la peine d’emprisonnement de trente-six (36) mois
prononcée par ce jugement ;
condamne PERSONNE1.) aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquidés à 51,27
euros.
Le tout en application des articles 155, 179, 182, 184, 185, 186, 189, 190, 190-1, 194,
195, 196, 630 et 631-3 du Code de procédure pénale, qui furent désignés à l’audience
par le vice-président.
Ainsi fait et jugé par Marc THILL, vice-président, Frédéric GRUHLKE, premier juge,
et Paul ELZ, premier juge, et prononcé par le vice-président en audience publique au
Tribunal d’arrondissement à Luxembourg, en présence de Mandy MARRA, substitut du
Procureur d’Etat et de Maïté LOOS, greffier, qui, à l’exception de la représentante du
Ministère Public, ont signé le présent jugement.