Court grants 8-month payment moratorium and assigns social agency to manage debtor's budget in Luxembourg insolvency case.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Tribunal de Paix of Diekirch granted a request for an 8-month payment moratorium to a 58-year-old employee facing insolvency. The debtor argued for a pause to pursue training and increase income, while the social prevention league requested supervision of the debtor's finances. The court approved the moratorium and mandated the league to collect all revenues and manage the household budget to ensure a realistic repayment plan.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 10 et suivants de la loi du 10 juillet 2018 relative à la surendettement des particuliers; the court may grant a temporary payment moratorium and assign a social agency to manage the debtor's budget when future repayment capacity depends on significant income growth through training.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
N° 752 / 23
du 21 juin 2023
Audience publique du vingt-et-un juin deux mille vingt-trois
Le Tribunal de Paix de Diekirch, arrondissement judiciaire de Diekirch et
Grand-Duché de Luxembourg, a rendu le jugement qui suit dans la cause
entre :
PERSONNE1.), né le DATE1.), salarié, demeurant à L-ADRESSE1.),
partie débitrice requérante, comparant en personne,
la LIGUE LUXEMBOURGEOISE DE PREVENTION ET D’ACTION
MEDICO-SOCIALES, avec siège social à ADRESSE2.),
partie jointe, représentée par Monsieur PERSONNE2.), muni d’une
procuration en bonne et due forme,
et
1. la société anonyme SOCIETE1.), service recouvrement, établie et ayant son
siège social à B-ADRESSE3.),
partie créancière, laissant défaut,
2. la société anonyme SOCIETE2.), service contentieux, établie et ayant son
siège social à B-ADRESSE4.),
partie créancière, laissant défaut,
3. PERSONNE3.), retraité, demeurant à L-ADRESSE5.),
partie créancière, représenté par Madame PERSONNE4.), munie d’une
procuration en bonne et due forme,
4. la société anonyme SOCIETE3.), établie et ayant son siège social à L-
ADRESSE6.),
partie créancière, laissant défaut,
5. la société anonyme SOCIETE4.), établie et ayant son siège social à L-
ADRESSE7.),
partie créancière, laissant défaut,
6. PERSONNE5.), sans état actuel connu, demeurant à F-ADRESSE8.),
partie créancière, laissant défaut,
7. PERSONNE6.), sans état actuel connu, et
8. PERSONNE7.), sans état actuel connu, les deux demeurant à L-
ADRESSE9.),
parties créancières, comparant par Madame PERSONNE7.),
9. la société anonyme SOCIETE5.), comptabilité, établie et ayant son siège
social à L-ADRESSE10.),
partie créancière, laissant défaut,
10. l’association sans but lucratif SOCIETE6.), établie à L-ADRESSE11.),
partie créancière, laissant défaut.
FAITS :
L’affaire fut introduite par requête annexée au présent jugement, déposée au
greffe de la Justice de Paix de et à Diekirch en date du 5 avril 2023.
Sur convocation émanant du greffe de la Justice de Paix de Diekirch les
parties furent convoquées à comparaître à l’audience publique du mercredi,
7 juin 2023 à 10.00 heures, salle no. 2, « Bei der Aler Kiirch ».
A l'appel de la cause du 7 juin 2023, l’affaire fut retenue, de sorte que les
débats se déroulaient comme suit :
Le requérant PERSONNE1.), comparant en personne, fut entendu en ses
explications.
Monsieur PERSONNE2.), représentant la LIGUE LUXEMBOURGEOISE
DE PREVENTION ET D’ACTION MEDICO-SOCIALES, fut entendu en
ses développements.
PERSONNE4.), au nom de PERSONNE3.) ainsi que PERSONNE7.),
comparant en personne et au nom de PERSONNE8.), furent entendues en
leurs explications, tandis que les autres parties laissèrent défaut.
Sur quoi le tribunal prit l'affaire en délibéré et rendit à l'audience de ce jour à
laquelle le prononcé avait été fixé
l e j u g e m e n t q u i s u i t :
Par requête déposée au greffe le 5 avril 2023, PERSONNE1.) a régulièrement
fait convoquer dix de ses créanciers ainsi que, comme partie jointe, le service
d’information et de conseil en matière de surendettement de la LIGUE
LUXEMBOURGEOISE DE PREVENTION ET D’ACTION MEDICO-
SOCIALES, ci-après et en abrégé dénommée « la LIGUE », devant le
Tribunal de Paix de ce siège pour voir arrêter un plan de redressement
judiciaire en application de la loi du 8 janvier 2013 sur le surendettement, ci-
après et en abrégé désignée comme « la loi ». En ordre subsidiaire, il sollicite
l’admission au bénéfice du rétablissement personnel.
PERSONNE8.) et PERSONNE7.) ont déclaré maintenir leur déclaration de
créance pour le montant de 11.985,95.- euros, intérêts compris.
PERSONNE3.) a déclaré maintenir sa déclaration de créance pour le montant
de 23.196,25.- euros.
Aucun des autres créanciers dûment convoqués ne s’est présenté à
l’audience, de sorte qu’il y a lieu de statuer par défaut à leur égard.
Il ressort des pièces versées et des renseignements fournis en cause que,
constitué de dettes exigibles d’origine privée, le passif de PERSONNE1.)
s’élève à quelques 70.578,35.- euros, frais et intérêts compris. Ne disposant
pas d’actifs de quelque valeur et vivant seul, il ne touche mensuellement que
son salaire auprès du Forum pour l’emploi et la subvention loyer pour un
total de 2.260,33.- euros. L’intéressé a trois enfants mineurs pour lesquels il
doit régler une pension alimentaire de 300.- euros par mois en tout.
L’intéressé doit faire face à un loyer mensuel avec charges de 818.- euros
sans même compter ses autres dépenses de la vie courante. Il éprouve dès
lors des difficultés de trésorerie majeures à faire face à ses engagements. Il
faut par ailleurs constater qu’il ne dispose d’aucune propriété immobilière et
que ses valeurs mobilières se limitent au minimum vital.
Puisque par ailleurs sa demande formelle d’admission à la procédure du
règlement conventionnel devant la Commission de Médiation, introduite le
10 juin 2021 échoua par décision de cette commission du 19 janvier 2023,
publiée
le 24 février suivant,
PERSONNE1.)
se trouverait donc
théoriquement éligible pour bénéficier d’un plan de redressement judiciaire
en sa faveur, d’autant plus qu’il n’existe pas d’indices qu’il aurait organisé
son insolvabilité.
Force est cependant de constater qu’à l’heure actuelle le tribunal n’est pas en
mesure d’apprécier si un plan de redressement judiciaire susceptible de
désendetter PERSONNE1.) endéans les 7 ans est envisageable ou, si cela
s’avérait impossible, d’arrêter les modalités d’un plan probatoire dans le
cadre de son rétablissement personnel sollicité à titre subsidiaire.
En effet ces points sont liés à la capacité de remboursement prévisible de
l’intéressé, laquelle dépendra de la question de savoir si l’intéressé, âgé
actuellement de 58 ans, sera à même, tel qu’il l’envisage, de suivre une
formation et d’augmenter par la suite ses revenus de façon significative.
Dans ces conditions il paraît judicieux d’ordonner dans une première phase
et avant tout autre progrès en cause un sursis de 8 mois au paiement des dettes
de PERSONNE1.), accompagné de son suivi social par la Ligue qui sera en
outre chargée de la perception de ses revenus et de la gestion de son budget.
P a r c e s m o t i f s
le tribunal de paix de Diekirch, siégeant en matière de surendettement
statuant contradictoirement à l’égard de PERSONNE1.), de la Ligue
Luxembourgeoise
de
Prévention
et
d’Action
Médico-Sociales,
d’PERSONNE8.), de PERSONNE7.) et de PERSONNE3.), par défaut à
l’égard des autres parties et en premier ressort,
reçoit la requête de PERSONNE1.) en la forme ;
avant tout autre progrès en cause et à titre provisoire,
accorde à PERSONNE1.) un sursis au paiement de ses dettes de huit (8) mois
à partir de ce jour ;
désigne
la
LIGUE LUXEMBOURGEOISE DE PREVENTION ET
D’ACTION MEDICO-SOCIALES, avec siège social à ADRESSE2.), pour
assurer pendant la durée de ce sursis un accompagnement social de
PERSONNE1.) et plus particulièrement pour prendre en charge la gestion de
son budget courant ;
dans ce contexte :
charge ladite LIGUE et lui confère mandat de toucher pendant la durée du
sursis et à l’exclusion de PERSONNE1.) tous les revenus de celui-ci et toutes
les allocations à vocation sociale destinées à les compléter, que ces revenus
ou allocations soient périodiques ou occasionnels, saisissables ou non ;
dit que de concert avec PERSONNE1.), elle affectera lesdits fonds aux
besoins et aux dépenses courants du ménage de celui-ci, le surplus, s’il en
reste, étant destiné à la constitution d’un fonds de réserve ;
réserve le sort de l’éventuel reliquat de ce fonds à l’issue du sursis ;
invite
la
LIGUE LUXEMBOURGEOISE DE PREVENTION ET
D’ACTION MEDICO-SOCIALES de faire rapport au Tribunal de toutes les
difficultés qu’elle rencontrerait dans l’accomplissement de sa mission et de
la survenance de tous éléments qui viendraient à sa connaissance et seraient
susceptibles soit de justifier une révision du sursis accordé, soit d’entraîner
sa caducité ;
enjoint
à
PERSONNE1.)
de
communiquer
à
la
LIGUE
LUXEMBOURGEOISE DE PREVENTION ET D’ACTION MEDICO-
SOCIALE toutes données qui lui seraient demandées quant à sa situation
financière et à son évolution ;
refixe l’affaire pour continuation des débats à l’audience publique du
mercredi 28 février 2024 à 10.00 heures en la salle d’audience no 2 du
Tribunal de Paix de ce siège, bei der Aaler Kierch, à Diekirch ;
condamne PERSONNE1.) aux frais et dépens de l’instance encourus à ce
jour ;
ordonne l’exécution provisoire du présent jugement nonobstant toutes voies
de recours et sans caution.
Ainsi fait, jugé et prononcé par Nous Lex EIPPERS, juge de paix, assisté du
greffier Alain GODART, en notre audience publique en la salle des audiences
de la Justice de Paix de Diekirch, "Bei der Aler Kierch", date qu'en tête et
avons signé avec le greffier.