Court dismisses default judgment on illegal re-entry and imposes new 9-month prison sentence.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court declared the opposition filed by the defendant against a default judgment admissible and set aside the original conviction. The defendant, a Nigerian national, was found guilty of re-entering Luxembourg after a three-year entry ban, a fact established by the prosecution's summary and the defendant's own admissions during the hearing. Consequently, the court imposed a new prison sentence of nine months, maintaining the original penalty but formally overturning the prior judgment.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 142 of the Law of 29 August 2008 on free movement of persons and immigration; Articles 14, 15, 20 and 66 of the Penal Code: When a defendant files a valid opposition against a default judgment, the court must hear the case anew; if the defendant is convicted again, the original judgment is declared non-avenues and a new sentence is pronounced.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugt no
1 3 2 2 /2023
Notice no 3149/20/cd
(opposition)
1 x ex.p
J u g e m e n t s u r O P P O S I T I O N
AUDIENCE PUBLIQUE DU 8 JUIN 2023
Le
Tribunal
d'arrondissement de et à Luxembourg,
septième chambre
correctionnelle, a rendu le jugement qui suit:
dans la cause du Ministère Public contre
PERSONNE1.),
né le DATE1.) à ADRESSE1.),
demeurant ADRESSE2.),
ayant élu domicile en l’étude de Maître Philippe STROESSER, avocat à
la Cour, demeurant à Luxembourg,
- p r é v e n u -
F A I T S :
Les faits et rétroactes de l'affaire résultent à suffisance de droit des qualités et
considérants d'un jugement par défaut rendu à l'égard du prévenu PERSONNE1.)
par le Tribunal correctionnel de Luxembourg le 25 juin 2020 sous le numéro
1523/2020 et dont le dispositif est conçu comme suit:
« PAR CES MOTIFS,
le Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, douzième chambre, siégeant en matière
correctionnelle, statuant par défaut à l’égard du prévenu, le représentant du Ministère
Public entendu en ses réquisitions ;
condamne PERSONNE1.) du chef de l’infraction retenue à sa charge à une peine
d'emprisonnement de neuf (9) mois ainsi qu'aux frais de sa mise en jugement, ces frais
liquidés à 1,92 euros ;
Par lettre du 10 février 2022, entrée au Parquet de Luxembourg le 10 février 2022,
Maître Philippe STROESSER, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, au nom
et pour compte de PERSONNE1.), releva opposition contre le prédit jugement no
1523/2020 du 25 juin 2020.
Par citation du 31 mars 2023, le Procureur d'Etat près le Tribunal d'arrondissement
de Luxembourg a requis le prévenu de comparaître à l'audience publique du 2 mai
2023 devant le Tribunal correctionnel de ce siège, pour y entendre statuer sur le
mérite de l'opposition ainsi relevée.
A l'appel de la cause à l’audience publique du 2 mai 2023, le Tribunal autorisa,
avec l'accord du Ministère Public, Maître Charlotte MARC, avocat à la Cour,
demeurant à Luxembourg, de représenter le prévenu PERSONNE1.).
Le témoin PERSONNE2.) fut entendu en ses déclarations orales, après avoir prêté
le serment prévu à l'article 155 du Code de procédure pénale.
Le représentant du Ministère Public, Yves SEIDENTHAL, premier substitut du
Procureur d’Etat, résuma l’affaire et conclut à la condamnation du prévenu
PERSONNE1.).
Maître Charlotte MARC, avocat à la Cour, demeurant à Luxembourg, représenta le
prévenu PERSONNE1.) et exposa plus amplement les moyens de défense de son
mandant.
Le Tribunal prit l’affaire en délibéré, et rendit à l'audience publique de ce jour, date
à laquelle le prononcé avait été fixé, le
J U G E M E N T qui suit :
Vu la citation à prévenu du 31 mars 2023 (not. 3149/20/cd) régulièrement notifiée
à PERSONNE1.).
Revu le jugement par défaut rendu par le Tribunal correctionnel de Luxembourg en
date du 25 juin 2020 sous le numéro 1523/2020, qui ne fut pas notifié à
PERSONNE1.).
Vu l’opposition relevée par PERSONNE1.), entrée au Parquet de Luxembourg le
10 février 2022.
L’opposition a été relevée dans les forme et délai de la loi ; elle est partant
recevable.
Par application des dispositions de l’article 187 du Code de procédure pénale, les
condamnations prononcées à l’égard du prévenu PERSONNE1.) par jugement
numéro 1523/2020 du 25 juin 2020 sont dès lors à considérer comme non avenues
et il y a lieu de statuer à nouveau sur le bien-fondé des préventions libellées par le
Ministère Public à l’encontre du prévenu PERSONNE1.).
Vu l’ordonnance de renvoi numéro 387/2020 rendue en date du 19 février 2020
par la chambre du conseil du Tribunal d’arrondissement de et à Luxembourg,
renvoyant PERSONNE1.) devant une chambre correctionnelle du même Tribunal
du chef d’infraction à l’article 142 de la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre
circulation des personnes et l’immigration.
Vu l’instruction dililigentée par le Juge d’instruction.
Vu le procès-verbal numéro 80650-1 du 28 janvier 2020, dressé par la Police
Grand-Ducale, Service de police judiciaire, Section stupéfiants.
Le Ministère Public reproche à PERSONNE1.) d’être, le 28 janvier 2020 vers 15.00
heures, à ADRESSE3.), en tant que ressortissant nigérien, rentré au pays alors
qu’il s’était fait notifier une interdiction d’entrée sur le territoire pour une durée de
trois ans en date du 3 août 2018.
Il ressort du dossier répressif que suivant un arrêté du Ministère des Affaires
Etrangères et de l’Immigration du 1er août 2018, notifié à PERSONNE1.) en date
du 3 août 2018, l’entrée et le séjour au Luxembourg lui ont été refusés et qu’il a dû
quitter le pays dans un délai de 15 jours dès la notification à sa personne de l’arrêté
en question.
Le 28 janvier 2020, PERSONNE1.) a été contrôlé par la Police de Esch-sur-Alzette
à ADRESSE3.) dans le cadre d’un contrôle relatif à la législation sur la répression
des stupéfiants.
Il a partant séjourné de nouveau au Grand-Duché de Luxembourg dans le délai de
3 ans pendant lequel il avait une interdiction de se rendre au Luxembourg.
Le prévenu PERSONNE1.), représenté à l’audience publique par Maître Charlotte
MARC, a été en aveu des faits et a reconnu l’infraction lui reprochée par le Ministère
Public, laquelle est encore établie tant en fait qu’en droit par les éléments du dossier
répressif, notamment des constations policières et des déclarations du témoin
PERSONNE2.), ainsi que par les débats menés à l’audience.
Le prévenu PERSONNE1.) est partant convaincu, par les éléments du dossier
répressif et les débats menés à l’audience publique du 2 mai 2023, ensemble ses
aveux, de l’infraction suivante :
« comme auteur, ayant commis lui-même l’infraction,
le 28 janvier 2020 vers 15.00 heures, dans l’arrondissement judiciaire de
Luxembourg, à ADRESSE3.),
en infraction à l’article 142 de la loi du 29 août 2008 sur la libre circulation des
personnes et l’immigration, telle que modifiée,
en tant qu’étranger expulsé, d’être rentré au pays malgré une interdiction
d’entrée sur le territoire,
en l’espèce, comme ressortissant nigérien, d’être rentré au pays alors qu’il
s’était fait notifier une interdiction d’entrée sur le territoire pour une durée de
trois ans en date du 3 août 2018. »
L’infraction aux dispositions de l’article 142 de la loi 29 août 2008 portant sur la libre
circulation des personnes et de l’immigration est punie d’une peine
d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 251 à 3.000 euros,
ou d’une de ces peines seulement.
Compte tenu de la gravité des faits, le Tribunal décide de prononcer contre le
prévenu PERSONNE1.) une peine d’emprisonnement de 9 mois.
Au vu du casier judiciaire du prévenu, toute mesure de sursis est légalement exclue.
Au vu de la situation financière précaire du prévenu, le Tribunal décide de faire
abstraction d’une peine d’amende à prononcer à son encontre, en application de
l’article 20 du Code pénal.
P A R C E S M O T I F S :
le Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, septième chambre, siégeant en
matière correctionnelle, statuant contradictoirement, le mandataire du prévenu
PERSONNE1.) entendu en ses explications et moyens de défense, et le
représentant du Ministère Public entendu en ses réquisitions,
d é c l a r e
l'opposition relevée par PERSONNE1.) contre le jugement numéro
1523/2020 du 25 juin 2020 recevable;
d é c l a r e
non avenues les condamnations prononcées par le jugement par
défaut numéro 1523/2020 rendu à l’égard du prévenu PERSONNE1.) le 25 juin
2020;
s t a t u a n t à n o u v e a u :
c o n d a m n e
le prévenu PERSONNE1.) du chef de l’infraction retenue à sa
charge à une peine d'emprisonnement de neuf (9) MOIS ;
c o n d a m n e
le prévenu PERSONNE1.) aux frais de sa mise en jugement, ces
frais liquidés à 3,84 euros ;
En application des articles 14, 15, 20 et 66 du Code pénal, de l’article 142 de la loi
modifiée du 29 août 2008 et des articles 1, 179, 182, 184, 185, 187, 189, 190, 190-
1, 194, 195 et 196 du Code de procédure pénale qui furent désignés à l'audience
par le vice-président.
Ainsi fait et jugé par Stéphane MAAS, vice-président, Maïté BASSANI, juge, et
Raphaël SCHWEITZER, juge, et prononcé, en présence de Jennifer NOWAK,
substitut du Procureur d’Etat, en l'audience publique du Tribunal d'arrondissement
de et à Luxembourg, date qu'en tête, par le vice-président, assisté du greffier
Marion FUSENIG, qui, à l'exception du représentant du Ministère Public, ont signé
le présent jugement, avec la mention, conformément à l’article 83 de la loi modifiée
du 7 mars 1980 sur l’organisation judiciaire, que Monsieur Raphaël SCHWEITZER,
juge, se trouve à la date de la signature du présent jugement dans l’impossibilité de
le signer.