Court dismisses appeal against prison director's decision to extend solitary confinement due to unimproved inmate behavior.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal declared the inmate's appeal admissible but ultimately non-founded, upholding the prison director's decision to extend solitary confinement. The inmate argued that his behavior would improve and that continued isolation was inhumane, while the prosecution highlighted three prior placements and recent incidents of insulting guards and damaging property. The court ruled that despite previous placements, the inmate's conduct had not improved, justifying the continuation of the restrictive regime under Article 29 of the Prison Law.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticle 29, paragraph 4 of the Prison Law; The court may extend solitary confinement if the inmate's behavior does not improve despite prior placements, necessitating continued security measures.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Arrêt n° 52/23 chap
du 28 avril 2023.
La Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel du Grand-Duché de
Luxembourg a rendu le vingt-huit avril deux mille vingt-trois l'arrêt qui suit:
Vu le recours formé par écrit daté du 25 avril 2023, parvenu en date du 27 avril
2023 au greffe de la Cour d’appel, Chambre de l’application peines, par
PERSONNE1.), né le DATE1.) à ADRESSE1.), actuellement détenu au
Centre Pénitentiaire de Luxembourg,
contre la décision du directeur de l’Administration pénitentiaire du 17 avril 2023,
notifiée le même jour ;
Vu les réquisitions écrites du Ministère public ;
Après avoir délibéré conformément à la loi ;
LA CHAMBRE DE L’APPLICATION DES PEINES DE LA COUR D'APPEL :
Vu le recours formé par écrit daté du 25 avril 2023, parvenu en date du 27 avril
2023 au greffe de la Cour d’appel, par PERSONNE1.) contre la décision du
directeur de l’Administration pénitentiaire du 17 avril 2023, prorogeant les
modalités du régime cellulaire du requérant tel que proposé par le directeur du
Centre pénitentiaire de Luxembourg et indiquant, concernant la demande
d’adapter son régime cellulaire, faite par PERSONNE1.) par courrier du 5 avril
2023, que celui-ci est invité à refaire une nouvelle demande après l’expiration
d’un délai de deux semaines à condition qu’il affiche un comportement calme
et respectueux à l’encontre des membres du personnel.
PERSONNE1.) n’est pas d’accord avec cette décision. Il déclare qu’il ferait de
son mieux pour montrer un bon comportement, mais que les gardiens le
provoqueraient et qu’il ne pourrait parfois pas contrôler ses émotions. Il donne
encore à considérer qu’il ne serait pas humain qu’il se trouve en régime
cellulaire durant une si longue période.
Le Ministère public conclut que le recours est recevable mais non fondé. Il
rappelle que le requérant a déjà été placé au régime cellulaire à trois reprises,
entre le 11 août et le 8 novembre 2021, entre le 2 mai et le 2 juin 2022 et entre
le 5 octobre et le 2 décembre 2022 et qu’il s’y retrouve de nouveau depuis le
17 mars 2023. Il relève que nonobstant ces placements antérieurs et en
particulier le rejet de son recours contre la décision de placement au régime
cellulaire par arrêt de la chambre de l’application des peines du 27 mars 2023,
le comportement de PERSONNE1.) ne s’est toujours pas amélioré. Ainsi, il
résulterait des comptes-rendus d’incidents versés au dossier qu’à deux
reprises, le 12 avril et le 14 avril 2023, il a insulté des gardiens à travers
l’interphone et que le 16 avril 2023, à l’occasion d’un contrôle de sa cellule, il a
insulté et menacé les gardiens qui ont, par ailleurs, constaté qu’il avait détérioré
sa cellule et un matelas par des graffitis et endommagé un meuble. Le
représentant du Ministère public conclut que par son comportement le
requérant continue de présenter un risque accru de mise en danger d’autrui
par le biais de violences physiques ou morales et de remettre en cause la
sécurité et le bon fonctionnement du centre pénitentiaire par des troubles
caractérisés.
Il convient de relever, que l’article 35 (1) de la loi du 20 juillet 2018 dispose que
toutes les décisions prises à l’égard des détenus par le directeur de
l'Administration pénitentiaire en application de la loi peuvent faire l’objet d’un
recours juridictionnel devant la Chambre de l'application des peines. Ce
recours est à introduire, sous peine d’irrecevabilité, par écrit dans un délai de
huit jours ouvrables qui court à partir de la notification de la décision du
directeur de l'Administration pénitentiaire au détenu.
Le directeur du Centre pénitentiaire de Luxembourg a, par courrier du 17 avril
2023, demandé au directeur de l’Administration pénitentiaire de proroger le
régime cellulaire de PERSONNE1.) sur base de l’article 29, paragraphe 4, de
la loi précitée et de ne pas faire droit à ses demandes d’adapter son régime
cellulaire formulées par courrier du 5 avril 2023, au vu des incidents récents
auxquels PERSONNE1.) a été mêlé. Le directeur a fait droit à cette demande
par la décision attaquée du 17 avril 2023.
Le recours de PERSONNE1.), ayant été introduit dans les forme et délai de la
loi, est à déclarer recevable.
Le requérant exécute depuis le 2 juin 2021 et jusqu’au 1er février 2024 deux
peines d’emprisonnement de respectivement 15 et 24 mois pour coups et
blessures volontaires, vol qualifié, vol simple, endommagement volontaire et
blanchiment.
Il a déjà été placé au régime cellulaire à trois reprises et s'y retrouve de
nouveau depuis le 17 mars 2023.
Tel que relevé par le Ministère public, il ressort de l’ensemble du dossier
soumis à l’appréciation de la Chambre de l’application des peines, que malgré
ses placements antérieurs au régime cellulaire, le comportement de
PERSONNE1.) ne s’est pas amélioré et qu’il continue toujours de rencontrer
des problèmes avec les membres du personnel. Il parle sur un ton
irrespectueux aux agents pénitentiaires et il profère des menaces et insultes à
leur égard, tel qu’il résulte des comptes-rendus versés au dossier, relatifs à
trois incidents en date des 12 avril, 14 avril et 16 avril 2023. Lors des incidents
du 12 et 14 avril, il a insulté des gardiens à travers l’interphone et lors du dernier
incident en date, PERSONNE1.) a proféré des menaces et des insultes à
l’égard des agents du service IR qui ont voulu effectuer un contrôle de sa
cellule. Il a affiché un comportement tellement agité, qu’il a dû être transféré
dans une autre cellule durant le temps de la fouille et que, finalement, il a été
transféré en cellule de sécurité, en ce qu’il a martelé contre la porte et la fenêtre
de la cellule et continué à proférer des insultes. Les agents ont, par ailleurs,
constaté qu’il avait détérioré les murs de sa cellule et un matelas par des
gribouillages et qu’en outre il avait endommagé une armoire.
Eu égard à ces incidents qui révèlent que nonobstant ses trois placements
antérieurs PERSONNE1.) ne s’est pas amendé et n’a pas amélioré son
comportement, force est de constater que les conditions ayant motivé le
placement au régime cellulaire sont toujours d’actualité et justifient la
prorogation de la mesure.
Le recours de PERSONNE1.) est partant à déclarer non fondé.
P A R C E S M O T I F S :
la Chambre de l’application des peines, en composition collégiale,
déclare le recours de PERSONNE1.) recevable, mais non fondé.
Ainsi fait et jugé par la Chambre de l’application des peines de la Cour d'appel
du Grand-Duché de Luxembourg, composée de Rita BIEL, président de
chambre, Mylène REGENWETTER, premier conseiller, et Michèle RAUS,
premier conseiller, qui ont signé le présent arrêt avec le greffier Nathalie
DUCHSCHER.
La lecture de l'arrêt a été faite en audience publique à la Cité Judiciaire,
Bâtiment CR, Plateau du St. Esprit, par Rita BIEL, président de chambre, en
présence de Nathalie DUCHSCHER, greffier.