Court dismisses foreign judgment enforcement in Luxembourg due to missing exequatur proceedings.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court declared the plaintiff's request for enforcement of foreign judgments irreceivable because the necessary exequatur procedure had not been completed. Although the plaintiff relied on two French judgments to validate a garnishment against the defendant, the court held that foreign titles lack enforceability in Luxembourg without formal recognition. Consequently, the court adjourned the case to allow the plaintiff to establish the foreign titles' enforceability under Luxembourg law.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 79 al. 1er n.c.p.; Foreign judgments possess no enforceable force in Luxembourg without exequatur; validity of a garnishment based on such titles cannot be pronounced until the foreign judgment is declared enforceable.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugement civil (XIVe chambre)
Numéro 129/2013
Audience publique du mardi, dix-huit juin deux mille treize
Numéro 138267 du rôle
Composition:
Carine FLAMMANG, vice-présidente,
Jacques KESSELER, premier juge,
Laurence JAEGER, juge,
Eliane CLAUDE, greffière.
Entre
la société anonyme coopérative SOCIETE1.), établie et ayant son siège social à F-
ADRESSE1.), représentée par son conseil d’administration en fonctions, inscrite au
registre de commerce et de sociétés de Metz sous le numéro NUMERO1.),
demanderesse aux termes d’un exploit de l’huissier de justice suppléant Nadine dite
Nanou TAPELLA en remplacement de l’huissier de justice Yves TAPELLA d’Esch-sur-
Alzette du 16 mars 2011,
comparant par Maître Alexandre DILLMANN, avocat, demeurant à Luxembourg,
et
PERSONNE1.), administration de sociétés, demeurant à L-ADRESSE2.),
défendeur aux fins du prédit exploit de l’huissier de justice suppléant Nadine dite
Nanou TAPELLA en remplacement de l’huissier de justice Yves TAPELLA,
défaillant.
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Le tribunal
Vu l’ordonnance de clôture du 9 avril 2013.
Entendu le juge rapporteur en son rapport à l’audience du 4 juin 2013.
Entendu la société anonyme coopérative SOCIETE1.) par l’organe de son mandataire
Maître Alexandre DILLMANN, avocat constitué, demeurant à Luxembourg.
En vertu d’une autorisation présidentielle du 3 mars 2011 et par exploit d’huissier de
justice du 9 mars 2011, la société anonyme coopérative SOCIETE1.) a fait pratiquer
saisie-arrêt entre les mains de la société anonyme SOCIETE2.) sur les sommes,
deniers, effets ou valeurs que celle-ci pourrait redevoir à PERSONNE1.) pour sûreté
et obtenir paiement de la somme de 596.555,72 euros.
Cette saisie-arrêt fut régulièrement dénoncée au défendeur PERSONNE1.) par exploit
d’huissier de justice du 16 mars 2011, ce même exploit contenant assignation en
validité de la saisie-arrêt et demande en paiement des sommes pour laquelle la saisie-
arrêt a été pratiquée. La contre-dénonciation fut signifiée à la tierce-saisie par exploit
d’huissier de justice du 18 mars 2011.
Il résulte des actes de procédure soumis au tribunal que si la demanderesse a requis,
dans l’acte d’assignation en validation de la saisie-arrêt, la condamnation du défendeur
au paiement des sommes pour laquelle la saisie-arrêt a été pratiquée, elle se base
néanmoins dans la motivation de sa demande en validation sur deux jugements
rendus par le tribunal de grande instance de Metz en date du 15 mars 2012 qui ont
condamné le défendeur à payer à la demanderesse la somme pour laquelle la saisie-
arrêt a été pratiquée. Etant donné que la demanderesse dispose de deux jugements
étrangers, sa demande en condamnation sollicitée devant le tribunal de céans est à
déclarer irrecevable.
La partie demanderesse conclut à voir valider la saisie-arrêt sur base des deux prédits
jugements pour le montant de 596.281,53 euros avec les intérêts légaux tels
qu’énoncés dans les jugements des 15 mars 2012.
Les tribunaux luxembourgeois sont compétents pour connaître de la demande en
validation de la saisie-arrêt.
En effet, la saisie-arrêt prévue par les articles 693 et suivants du nouveau code de
procédure civile, constitue une mesure conservatoire soumise à l'article 31 du
règlement CE no 44/2001 du Conseil du 22 décembre 2000 concernant la compétence
judiciaire, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière civile et
commerciale. Il en est de même de l'action en validité de la saisie-arrêt, qui fait partie
de la procédure de saisie-arrêt et qui, à ce titre, peut être portée devant les juridictions
luxembourgeoises, dès lors que la procédure est entamée au Luxembourg en raison
du domicile du tiers-saisi.
La détermination de la compétence internationale se fait donc en matière de validation
de saisie-arrêt par référence à la compétence de l'instance appelée à décider de la
mesure conservatoire dont l'action en validité est la suite nécessaire.
Il est en effet admis qu'en raison du principe de la territorialité des voies d'exécution,
l'aspect de la validation reste de la compétence des juridictions du domicile du tiers
saisi (cf. Thierry HOSCHEIT, La saisie-arrêt de droit commun P. 29, p. 49).
Le tribunal relève que la partie créancière-saisissante se base sur deux jugements
français des 15 mars 2012 dont l’appel interjeté par le débiteur-saisi a été déclaré
caduc suivant ordonnances des 11 janvier 2013.
La SOCIETE1.) demandant l’exécution au Luxembourg de deux titres étrangers, il lui
appartient de justifier que ceux-ci sont exécutoires au Luxembourg.
Il est en effet de doctrine et de jurisprudence qu'un jugement étranger ne possède pas
la force exécutoire au Grand-Duché de Luxembourg. L'exequatur, voire un titre
exécutoire europééen, est nécessaire pour la validation d’une saisie-arrêt.
L'action en exequatur ne vise pas seulement à rendre le jugement exécutoire au
Luxembourg en l'assortissant de la formule exécutoire, mais elle a encore pour objet
la légalisation du jugement étranger, c'est-à-dire la reconnaissance dans la plénitude
de ses effets (cf. Ency. Dalloz Proc. V° jugement étranger). Ainsi, la jurisprudence
admet que s'il est possible de pratiquer une saisie-arrêt en vertu d'un jugement
étranger non-exécutoire au Luxembourg, la validité de cette saisie ne peut cependant
pas être prononcée avant que ledit jugement n'ait été rendu exécutoire suivant la
procédure prévue à cet effet.
En l’espèce, même si les susdits titres sont exécutoires en France, de sorte qu’il ne
saurait faire de doute que la SOCIETE1.) dispose d’une créance certaine à l’encontre
de PERSONNE1.), il n’en reste pas moins qu’à défaut d’avoir été déclarés exécutoires
sur le territoire luxembourgeois, il ne saurait être fait droit à la demande en validation
de la saisie-arrêt.
Il y a partant lieu de surseoir à statuer afin de permettre à la SOCIETE1.) d’établir que
ses titres étrangers sont exécutoires au Luxembourg.
Bien que régulièrement assigné, PERSONNE1.) n’a pas constitué avocat. Il y a encore
lieu de constater que la signification de l’exploit n’a pas été faite à personne en ce qui
le concerne, de sorte qu’en vertu de l’article 79 alinéa 1er du nouveau code de
procédure civile, le jugement sera pris par défaut à son égard.
Par ces motifs
Le tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, quatorzième chambre, siégeant en
matière civile, statuant par défaut à l’encontre de PERSONNE1.) et contradictoirement
à l’encontre de la société coopérative SOCIETE1.),
déclare la demande recevable en la forme,
dit la demande en condamnation irrecevable au fond,
se déclare compétent pour connaître de la demande en validation de la saisie-arrêt,
surseoit à statuer quant à la validation de la saisie-arrêt pour permettre à la
SOCIETE1.) d’établir que les titres étrangers servant de base à la validation de la
saisie-arrêt sont exécutoires au Luxembourg,
fixe l’affaire à la conférence de mise en état à l’audience publique du mardi, 9 juillet
2013, à 9.00 heures, devant la quatorzième chambre du tribunal d’arrondissement de
et à Luxembourg, salle TL 3.06.,
réserve les droits des parties et les dépens.