Tenant's failure to return keys and attend inspection makes landlord's lock change costs recoverable.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe appellate court declared the appeal admissible and reformulated the lower court's judgment to order the tenant to pay the landlord's lock change costs. The tenant had vacated the premises without returning keys and failed to attend a bailiff's inspection despite being summoned. The court held that the tenant's obligation to return keys existed independently of any pending damage assessment, making the landlord's actions necessary and justified.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 1700 et s. du Code civil; Art. 240 du nouveau code de procédure civile: A tenant's failure to return keys and attend a bailiff's inspection obliges them to bear the landlord's costs for changing the lock to regain access.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugement bail à loyer (XIVe chambre)
Numéro 86/2010
Audience publique du mardi, quinze juin deux mille dix
Numéro 128877 du rôle
Composition:
Monique HENTGEN, vice-présidente,
Jacques KESSELER, juge,
Laurence JAEGER, juge,
Eliane CLAUDE, greffière.
Entre
la société anonyme SOCIETE1.) S.A., établie et ayant son siège social à L-
ADRESSE1.), représentée par son conseil d’administration actuellement en fonctions,
inscrite au registre de commerce et des sociétés de Luxembourg sous le numéro
NUMERO1.),
appelante aux termes d’un exploit de l’huissier de justice Roland FUNK de
Luxembourg du 22 mars 2010,
comparant par Maître François REINARD, avocat, demeurant à Luxembourg,
et
la société anonyme SOCIETE2.) S.A., établie et ayant son siège social à L-
ADRESSE2.), représentée par son conseil d’administration actuellement en fonctions,
inscrite au registre de commerce et des sociétés de Luxembourg sous le numéro
NUMERO2.),
intimée aux fins du prédit exploit de l’huissier de justice Roland FUNK,
comparant par Maître Romain ADAM, avocat, demeurant à Luxembourg.
_____________________________________________________________________________________________________
Faits
L’affaire, inscrite sous le numéro 128877 du rôle et appelée pour fixation le 20 avril
2010, fut fixée pour plaidoiries à l’audience publique du mardi, 1er juin 2010, à 9.00
heures, salle TL 3.06.
A l’audience de ce jour-là, l’affaire fut utilement retenue et les débats eurent lieu
comme suit:
Maître Claude CLEMES, avocat, en remplacement de Maître François REINARD,
avocat, comparant pour la société anonyme SOCIETE1.) S.A., fut entendu en ses
explications.
Maître Paul KETTER, avocat, en remplacement de Maître Romain ADAM, comparant
pour la société anonyme SOCIETE2.) S.A., fournit ses réponses.
Sur ce, le tribunal prit l’affaire en délibéré et rendit à l’audience publique du mardi, 15
juin 2010, le
jugement
qui suit:
Par requête du 4 mai 2009, la société anonyme SOCIETE2.) S.A. a fait convoquer la
société anonyme SOCIETE1.) S.A. à comparaître devant le tribunal de paix de
Luxembourg pour s’entendre condamner principalement à lui restituer la garantie
locative de 48.755,- euros, sinon à titre subsidiaire, de ramener le montant de la
garantie locative à laquelle la société SOCIETE1.) peut prétendre à de plus justes
proportions.
A l’audience du 23 novembre 2009, la société SOCIETE1.) a formulé une demande
reconventionnelle et sollicité la condamnation de la société SOCIETE2.) au paiement
de la somme de 52.704,19 euros au titre de divers dégâts locatifs ainsi qu’au coût du
rapport d’expertise WIES.
Parmi les divers chefs de la demande reconventionnelle figuraient notamment deux
factures SOCIETE3.) n° NUMERO3.) et n° NUMERO4.) relatives au forage de la
serrure de la porte d’entrée ainsi qu’au remplacement de 4 barillets.
Par jugement du 8 février 2010, le tribunal de paix de Luxembourg avait notamment
rejeté ce volet de la demande reconventionnelle au motif que si la société SOCIETE1.)
désirait entrer dans les lieux loués le 2 janvier 2008 plutôt que «de reporter la
confection du procès-verbal d’huissier à une date ultérieure», les frais y relatifs
devaient rester à sa charge.
De ce jugement, la société SOCIETE1.) a régulièrement relevé appel par exploit
d’huissier du 22 mars 2010.
Par réformation du jugement entrepris, l’appelante demande à voir condamner la
société SOCIETE2.) à lui payer la somme de 415,28 euros correspondant au total des
deux prédites factures SOCIETE3.), ce avec les intérêts au taux légal à partir du 23
novembre 2009 jusqu’à solde.
Elle conclut encore à l’allocation d’une indemnité de procédure de 1.000,- euros pour
l’instance d’appel.
A l’appui de son appel, la société SOCIETE1.) explique qu’à la demande du locataire
SOCIETE2.), le bail a été résilié avec effet au 31 décembre 2007, que la société
SOCIETE2.) a vidé les lieux sans pour autant restituer les clés et sans convenir d’une
date pour un état de lieux de sortie, de sorte que la société SOCIETE1.), après avoir
convoqué son locataire pour assister aux constatations d’huissier du 2 janvier 2008,
soit après la fin du bail, n’aurait pas eu d’autre choix que d’ouvrir la porte moyennant
changement de serrure.
La société SOCIETE2.) conclut à la confirmation du jugement entrepris et réplique
que le délai de convocation serait déraisonnablement court et qu’en forant les
serrures, la société SOCIETE1.) aurait fait fi d’une décision de justice qui lui aurait
refusé l’institution d’une expertise destinée à constater d’éventuels dégâts locatifs.
La société SOCIETE2.) n’a pas été en mesure d’indiquer au tribunal si, et à quelle
date, elle avait remis les clés à son ancien bailleur.
La société SOCIETE2.) sollicite encore l’allocation d’une indemnité de procédure de
1.500,- euros pour l’instance d’appel.
Conformément à l’argumentation de la société SOCIETE1.), le tribunal retient qu’il
aurait appartenu au locataire de lui remettre toutes les clés des lieux loués en fin de
bail, ne serait-ce que pour que le bailleur retrouve l’accès à ses lieux,
indépendamment du désir plus que légitime de faire dresser un état des lieux pour
constater d’éventuels dégâts locatifs et indépendamment d’une décision de justice
dont l’objet n’a aucune incidence sur l’objet du litige présentement déféré devant ce
tribunal.
Dans la mesure où le locataire n’a pas pris les dispositions pour remettre les clés en
temps utile (i.e. au plus tard à la fin du bail) à son bailleur et qu’il n’a pas non plus
daigné assister à un constat d’huissier auquel il était convoqué (fût-ce avec un préavis
extrêmement court), le tribunal retient, par réformation du jugement entrepris, que les
frais relatifs au forage et changement de serrure, documentés par pièces, sont à
supporter par la société SOCIETE2.).
Dans ces conditions, il y a lieu de condamner la société SOCIETE2.) à payer à la
société SOCIETE1.) la somme de 415,28 euros avec les intérêts au taux légal à partir
du 23 novembre 2009, jour de la demande en justice, jusqu’à solde.
L’appel est partant à déclarer fondé.
Aucune des parties n’ayant justifié en quoi il serait inéquitable de laisser à sa charge
l’entièreté des frais non compris dans les dépens, il y a lieu de dire non fondées leurs
demandes respectives sur base de l’article 240 du nouveau code de procédure civile.
Par ces motifs
Le tribunal d’arrondissement de et à Luxembourg, quatorzième chambre, siégeant en
matière de bail à loyer et en instance d’appel, statuant contradictoirement,
reçoit l’appel en la forme,
le dit fondé, partant,
par réformation du jugement entrepris,
condamne la société anonyme SOCIETE2.) S.A. à payer à la société anonyme
SOCIETE1.) S.A. la somme de 415,28 euros avec les intérêts au taux légal à partir du
23 novembre 2009 jusqu’à solde,
dit non fondées les demandes respectives des parties sur base de l’article 240 du
nouveau code de procédure civile,
condamne la société anonyme SOCIETE2.) S.A. aux frais et dépens de l’instance.