Court allows vehicle return claim and procedural costs but dismisses damages due to lack of proven prejudice.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court accepted the plaintiff's claim for the return of the vehicle and awarded procedural costs, while rejecting the damages request due to insufficient evidence of prejudice. Although the plaintiff renounced the primary request for the vehicle's physical return, the court ordered the defendant to transfer ownership documents and pay interest on the vehicle's value. The decision highlights that procedural costs are equitable when litigation is necessary to enforce a debt, even if the specific remedy sought is abandoned.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 15-1 et 15 de la loi modifiée du 18 avril 2004 relative aux délais de paiement et intérêts de retard; When a borrower fails to return a leased vehicle, the lender may claim the vehicle's value with interest, but damages require proof of specific prejudice.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugement civil (XIVe chambre)
Numéro 4/2010
Audience publique du mardi, douze janvier deux mille dix
Numéro 122467 du rôle
Composition:
Monique HENTGEN, vice-présidente,
Jacques KESSELER, juge,
Laurence JAEGER, juge,
Eliane CLAUDE, greffière.
Entre
PERSONNE1.), sans état connu, demeurant à L-ADRESSE1.),
partie demanderesse aux termes d’un exploit de l’huissier de justice Pierre BIEL de
Luxembourg du 31 mars 2009,
défenderesse sur reconvention,
comparant par Maître Marisa ROBERTO, avocat, demeurant à Luxembourg,
et
PERSONNE2.), pensionné, demeurant au Portugal à P-ADRESSE2.),
partie défenderesse aux fins du prédit exploit de l’huissier de justice Pierre BIEL,
demanderesse par reconvention,
comparant par Maître Barbara NAJDI, avocat, demeurant à Luxembourg.
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Le tribunal
Vu l’ordonnance de clôture du 15 décembre 2009.
Entendu le juge rapporteur en son rapport.
Entendu la partie demanderesse PERSONNE1.) par l’organe de son mandataire
Maître Maïka SKOROCHOD, avocat, en remplacement de Maître Marisa ROBERTO,
avocat constitué, les deux demeurant à Luxembourg.
Entendu la partie demanderesse PERSONNE2.) par l’organe de son mandataire
Maître Nadia CHOUHAD, avocat, en remplacement de Maître Barbara NAJDI, avocat
constitué, les deux demeurant à Luxembourg.
Faits constants en cause
Suivant convention de prêt du 10 septembre 2008, PERSONNE1.) a prêté à
PERSONNE2.) le véhicule de marque MEDIA1.), immatriculé (L) NUMERO1.), dont il
est propriétaire, pour une durée de trois mois. Aux termes de ce contrat,
PERSONNE2.) avait l’obligation de lui restituer le véhicule pour le 9 décembre 2008.
Il est constant qu’à ce jour, le prédit véhicule n’a toujours pas été restitué à
PERSONNE1.).
Procédure
Par exploit d’huissier du 31 mars 2009, PERSONNE1.) a fait régulièrement donner
assignation à PERSONNE2.) afin de voir condamner ce dernier à lui restituer le prédit
véhicule endéans la huitaine à compter de la signification du jugement, sous peine
d’une astreinte de 500,- euros par jour de retard. En ordre subsidiaire, il demande la
condamnation d’PERSONNE2.) à lui payer la valeur vénale du véhicule au 9 décembre
2008, soit la somme de 20.000,- euros, sinon de 18.000,- euros, avec les intérêts
légaux à compter du 9 décembre 2008, sinon du 18 février 2009 jusqu’à solde. En tout
état de cause, PERSONNE1.) demande des dommages et intérêts qu’il évalue à la
somme de 20.000,- euros. Le demandeur conclut finalement à l’allocation d’une
indemnité de procédure de 2.500,- euros sur le fondement de l’article 240 du nouveau
code de procédure civile.
Par conclusions du 2 décembre 2009, PERSONNE1.) renonce à sa demande
principale en restitution du véhicule litigieux, alors qu’PERSONNE2.) aurait vendu
celui-ci à un tiers.
Acte lui en est donné.
Prétentions et moyens des parties
A l’appui de sa demande, PERSONNE1.) fait plaider qu’à ce jour, PERSONNE2.) ne
lui aurait toujours pas restitué le véhicule malgré itératives interventions de sa part. Il
soutient qu’PERSONNE2.) aurait proposé de lui payer la somme de 20.000,- euros,
ce qu’il resterait toutefois en défaut de faire. Il fait finalement exposer qu’il résulterait
des éléments de la cause qu’PERSONNE2.) aurait vendu le véhicule à un tiers au
Portugal.
PERSONNE2.)
ne conteste ni avoir emprunté le véhicule appartenant à
PERSONNE1.), ni avoir vendu celui-ci à un tiers. Il reconnaît par ailleurs être redevable
à PERSONNE1.) de la somme de 18.000,- euros, mais non de celle de 20.000,- euros.
Par conclusions du 27 novembre 2009, PERSONNE2.) formule une demande
reconventionnelle tendant à se voir délivrer les papiers d’immatriculation et tout autre
document nécessaire en relation avec le véhicule litigieux sous peine d’une astreinte
de 200,- euros par jour.
PERSONNE1.) est d’accord à remettre la carte grise du véhicule à PERSONNE2.) dès
que ce dernier lui aura versé la somme de 20.000,- euros.
Motifs de la décision
Quant aux demandes d’PERSONNE1.)
Quant à la demande en condamnation à la somme de 20.000,- euros, sinon de
18.000,- euros
PERSONNE2.) est d’accord à restituer la valeur vénale du véhicule à PERSONNE1.).
Les parties sont toutefois en désaccord quant au montant de cette valeur,
PERSONNE2.)
étant disposé à payer la somme de 18.000,- euros, tandis
qu’PERSONNE1.) réclame principalement celle de 20.000,- euros.
Il résulte d’un courrier adressé le 14 avril 2009 par Maître Nuno DUARTE, mandataire
d’PERSONNE2.) au Portugal, au mandataire d’PERSONNE1.), qu’PERSONNE2.) a
vendu le véhicule, appartenant à PERSONNE1.), à Monsieur PERSONNE3.),
demeurant au Portugal. Ce courrier renseigne encore que le prix de vente - non
communiqué - a été versé à un dénommé PERSONNE4.) qui ne l’aurait jamais
transmis à PERSONNE1.). PERSONNE2.) serait néanmoins disposé à restituer la
valeur vénale du véhicule à PERSONNE1.).
Suivant mises en demeure des 18 février 2009, 21 avril 2009 et 29 juin 2009,
PERSONNE2.) a été invité à verser la somme de 20.000,- euros à PERSONNE1.).
Le tribunal constate que, dans ses courriers de réplique, PERSONNE2.) se limite à
faire état de difficultés financières sans toutefois contester le montant réclamé.
Il échet de constater qu’PERSONNE2.) n’explique pas pour quel motif il n’est d’accord
à verser que la somme de 18.000,- euros, alors que celle réclamée de 20.000,- euros
n’a pourtant jamais été contestée.
Dans ces conditions, il y a lieu de condamner PERSONNE2.) à payer à PERSONNE1.)
la somme de 20.000,- euros avec les intérêts légaux à compter de la première mise
en demeure du 18 février 2009 jusqu’à solde.
PERSONNE1.) conclut à la majoration du taux d’intérêt en cas de non-paiement dans
un délai de trois mois à partir de la signification du jugement.
En application des articles 15-1 et 15 de la loi modifiée du 18 avril 2004 relative aux
délais de paiement et intérêts de retard, la partie demanderesse a droit à la majoration
du taux d’intérêt de trois points à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la
signification du jugement.
Quant à la demande en obtention de dommages et intérêts
La demande en obtention de dommages et intérêts d’PERSONNE1.) est à déclarer
non fondée, alors que celui-ci reste en défaut d’en préciser aussi bien le fondement
juridique que les motifs. PERSONNE1.) n’établit par ailleurs aucun préjudice dans son
chef.
Quant à la demande reconventionnelle formulée par PERSONNE2.)
Dans la mesure où le véhicule litigieux a été vendu à un tiers, il y a lieu de condamner
PERSONNE1.) à remettre à PERSONNE2.) les papiers d’immatriculation du véhicule
litigieux sous peine d’une astreinte de 15,- euros par jour de retard, à partir du jour où
PERSONNE2.) se sera acquitté entre les mains d’PERSONNE1.) du montant auquel
le présent jugement le condamne. Cette astreinte est due au plus tôt à partir de la
signification du jugement et est plafonnée à 500,- euros.
La demande d’PERSONNE2.) tendant à se voir délivrer «tout autre document
nécessaire en relation avec le véhicule litigieux» n’est pas fondée pour être trop vague
et imprécise.
Quant à la demande d’PERSONNE1.) en allocation d’une indemnité de procédure
PERSONNE1.) ayant été obligé d’intenter une action en justice pour obtenir son dû, il
paraît inéquitable de laisser à sa charge l’entièreté des sommes exposées par lui non
comprises dans les dépens. Compte tenu des éléments du dossier, le tribunal possède
les éléments d’appréciation suffisants pour fixer le montant devant lui revenir de ce
chef à 750,- euros.
Par ces motifs
Le tribunal d’arrondissement de Luxembourg, quatorzième chambre, siégeant en
matière civile, statuant en première instance et contradictoirement,
reçoit les demandes principale et reconventionnelle en la forme,
donne acte à PERSONNE1.) de la renonciation à la demande en restitution du véhicule
litigieux,
dit la demande subsidiaire d’PERSONNE1.) fondée,
partant condamne PERSONNE2.) à payer à PERSONNE1.) la somme de 20.000,-
euros avec les intérêts légaux à compter du 18 février 2009, date de la mise en
demeure, jusqu’à solde,
dit qu’il y a lieu à majoration de trois points du taux de l’intérêt légal à l’expiration d’un
délai de trois mois à compter de la signification du présent jugement,
dit la demande en obtention de dommages et intérêts d’PERSONNE1.) non fondée,
partant en déboute,
dit la demande reconventionnelle d’PERSONNE2.) fondée,
partant condamne
PERSONNE1.)
à remettre à
PERSONNE2.)
les papiers
d’immatriculation du véhicule litigieux sous peine d’une astreinte de 15,- euros par jour
de retard, à partir du jour où PERSONNE2.) se sera acquitté entre les mains
d’PERSONNE1.) du montant auquel le présent jugement le condamne,
dit que cette astreinte est due au plus tôt à partir de la signification du jugement et est
plafonnée à 500,- euros,
condamne PERSONNE2.) à payer à PERSONNE1.) une indemnité de procédure de
750,- euros sur base de l’article 240 du nouveau code de procédure civile,
condamne PERSONNE2.) aux frais et dépens de l’instance.