Copyright infringement damages awarded for unauthorized plan reproduction despite lack of specific material loss proof.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court dismissed the appellant's claim for material financial loss due to the absence of concrete evidence regarding lost profits. However, it allowed a claim for moral prejudice, awarding 2,500 euros to the copyright holder for the unauthorized reproduction of their architectural plan. The decision established that while material damages require specific proof, moral damages can be assessed equitably in copyright infringement cases.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 3 and 240 du nouveau code de procédure civile; While material damages for copyright infringement require specific proof of loss, moral damages may be awarded ex æquo et bono when an unauthorized reproduction of a work occurs.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
- Arrêt civil -
Audience publique du onze mars deux mille quatre.
Numéro 28054 du rôle.
Composition:
Georges SANTER, président de chambre,
Irène FOLSCHEID, premier conseiller,
Monique BETZ, premier conseiller,
Pascale BIRDEN, greffier.
Entre:
la société à responsabilité limitée SOCIETE1.), en abrégé
SOCIETE1.), établie et ayant son siège social à L-ADRESSE1.),
représentée par son gérant actuellement en fonctions,
appelante aux termes d'un exploit de l'huissier de justice Michelle
THILL de Luxembourg en date du 4 juillet 2003,
comparant par Maître Arsène KRONSHAGEN, avocat à la Cour à
Luxembourg,
et:
la société à responsabilité limitée SOCIETE2.), établie et ayant son
siège social à L-ADRESSE2.), représentée par son gérant
actuellement en fonctions,
intimée aux fins du susdit exploit THILL,
défaillante.
LA COUR D'APPEL :
Reprochant à la société à responsabilité limitée SOCIETE2.) d’avoir
diffusé à l’échelle nationale des tracts publicitaires et d’avoir utilisé
pour la réalisation de ce prospectus un plan réalisé par elle sans lui
demander une autorisation préalable, la société à responsabilité
limitée SOCIETE1.) (SOCIETE1.)) a fait comparaître la société à
responsabilité limitée SOCIETE2.) devant le tribunal d’arrondissement
de Luxembourg, siégeant en matière civile pour l’y voir condamner à
l’indemniser de son préjudice évalué à 10.000,-€.
Par jugement du 30 septembre 2002, le tribunal a débouté
SOCIETE1.) de sa demande en considérant que toute demande
d’indemnisation suppose l’existence d’un préjudice réel et qu’en
l’espèce, la demanderesse s’est limitée à prétendre qu’elle a subi un
préjudice sans préciser concrètement en quoi consiste le prétendu
préjudice subi.
Contre ce jugement non signifié, SOCIETE1.) a régulièrement interjeté
appel par exploit du 4 juillet 2003, concluant, par réformation, à voir
condamner l’intimée SOCIETE2.) à lui payer la somme de 10.000,- €.
SOCIETE2.) n’a pas constitué avocat sur cet acte d’appel ; comme cet
exploit a cependant été signifié à une employée ayant déclaré être
habilitée à en recevoir copie, l’arrêt à intervenir sera réputé
contradictoire à l’égard de l’intimée, conformément aux articles 79,
155 et 587 du nouveau code de procédure civile.
Il résulte des pièces versées en cause, notamment du rapport du 22
mars 2002 relatif à une expertise-description ordonnée par le
président du tribunal d’arrondissement de Luxembourg sur base de
l’article 72 de la loi du 18 avril 2001 sur les droits d’auteurs que
SOCIETE2.) a procédé à la diffusion des prospectus litigieux
comportant la reproduction d’un plan dont SOCIETE1.) est l’auteur,
sans avoir sollicité l’autorisation de cette dernière d’y reproduire son
œuvre, ceci au mépris de l’article 3 de la susdite loi.
L’appelante fait valoir que la diffusion d’une œuvre sans autorisation
cause nécessairement un dommage à son auteur, d’une part sur le
plan matériel du fait de la privation de recettes et d’autre part sur le
plan moral du fait de la violation du droit de propriété intellectuelle.
Concernant le préjudice matériel allégué, l’appelante ne fournit pas
d’explication permettant de fixer la privation de recettes, le tableau du
coût des différentes étapes de la réalisation de ses plans ne
fournissant pas d’éléments à cet égard, mais indiquant au contraire
qu’il ne prend pas en compte les pertes de bénéfice occasionnées par
les copiage illégaux.
Par contre, le préjudice moral mérite en l’espèce une réparation,
l’estimation du préjudice moral s’effectuant ex æquo et bono (cf. DE
VISSCHER et MICHAUX – Précis du droit d’auteur – Bruylant 2000 –
N° 656).
La Cour évalue le préjudice moral subi par SOCIETE1.) du fait des
agissements de SOCIETE2.) à 2.500,- €.
Comme SOCIETE1.) a dû exercer une voie de recours pour se voir
reconnaître son droit à indemnisation, il serait inéquitable de laisser à
sa charge l’intégralité des frais non répétibles. Le montant de
l’indemnité au titre de l’article 240 du nouveau code de procédure civile
est évalué par la Cour à 500,- €.
PAR CES MOTIFS :
la Cour d’appel, neuvième chambre, siégeant en matière civile,
statuant contradictoirement et sur le rapport du magistrat de la mise
en état,
reçoit l’appel,
le déclare fondé,
réformant :
condamne la société à responsabilité limitée SOCIETE2.) à payer à la
société à responsabilité limitée SOCIETE1.) la somme de 2.500,-€
avec les intérêts légaux à partie du jour de la demande en justice
jusqu’à solde,
condamne la société à responsabilité limitée SOCIETE2.) à payer à la
société à responsabilité limitée SOCIETE1.) une indemnité de
procédure de 500,-€,
condamne la société à responsabilité limitée SOCIETE2.) aux frais et
dépens des deux instances y compris les frais d’expertise.