Court dismisses directors' liability claims for breach of contract and tort, allowing only annulment of corporate resolutions.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court dismissed the plaintiffs' claims for contractual and tort liability against the company's former directors, ruling that the right to sue for breach of mandate belongs solely to the company. While the liability actions were declared inadmissible due to lack of specific claims against the insolvent administrators, the court granted the request to annul specific corporate resolutions. Consequently, the plaintiffs were denied procedural costs and the defendants were ordered to pay the case expenses.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 131-1 and 439 of the Code of Civil Procedure; The right to bring an action for breach of mandate (actio mandati) belongs exclusively to the principal (the company), not third parties, and procedural claims must specify the exact amount claimed against each defendant.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
So/û/l/ee^
Jugement commercial n No SA /98
Audience publique du vendredi, trente janvier mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit.
Numéro 46 142 du rôle
Composition;
Maryse WELTER,lère vice-présidente,
Karin GUILLAUME, 1er juge,
Paule MERSCH, 1er juge,
Jean-Paul FRISING, Procureur d'Etat adjoint,
Maryse SCHUMACHER,greffier.
Entre:
1 )
la société de droit espagnol
Soc > >
INVESTMENT GROUP S.A.,
inscrite au registre de commerce de Madrid sous le numéro
, tome
général,
secc . et au Livre des Sociétés, folio
, sous le numéro'
, inscr. 1 .a, '
ayant son siège au c/o
.
-
,
Espagne, représentée par
ses organes sociaux actuellement en fonctions,
2) a)
, admimstrateur de sociétés,
^
)
, administrateur de sociétés,
c)
^ /
', administrateur de sociétés,
les trois pris en leur qualité d'anciens administrateurs de la société de droit
luxembourgeois
LUXEMBOURG S.A., et demeurant tous
les trois au c/o Soc-Cx) \
^ Espagne,
3) la société de droit espagnol
5o<l>( ) BROKERS EUROPE S.A. ayant
son siège au c/o
,
, Espagne,
élisant domicile en 1 étude de Maître Guy ARENDT, avocat, demeurant à Luxembourg,
demandeurs.
comparant par Maître Véronique HOFFELD, avocat, demeurant à Luxembourg en
remplacement de Maître Guy AREîvlDT susdit;
e t :
1) Maître Marc BOEVER, avocat, demeurant à Luxembourg, agissant en sa qualité
de curateur de la société anonyme de droit luxembourgeois
(
[ LUXEMBOURG, ayant son siège social à L-
1, déclarée en état de faillite en date du 5 juiUet 1996, le curateur décfiant
reprendre l'instance originairement introduite contre la société
I
LUXEMBOURG,
défendeur.
comparant en personne;
2) a)
1D )
, administrateur de sociétés,
B -)
, administrateur de sociétés,
c)
Ç J
, administrateur de sociétés,
les trois pris en leur qualité d'administrateurs de la société
) C -, O
LUXEMBOURG S.A., et domiciliés pour autant que de besoin au siège social de
ladite société à
défendeurs défaillants
Faits;
Par exploit de l'huissier de justice Jean-Lou THILL de Luxembourg en date du 3 avril
1996, les demandeurs ont fait donner assignation aux défendeurs à comparaître le
vendredi, 19 avril 1996 à 9.00 heures devant le tribunal d'arrondissement de et à
Luxembourg, deuxième chambre, siégeant en matière commerciale, pour y entendre
statuer sur le mérite de la demande contenue dans ledit exploit d'huissier ci-après
reproduit;
L'affaire fut inscrite sous le numéro 46 142 du rôle pour l'audience publique du 19
avril 1996 devant la deuxième chambre, siégeant en matière commerciale.
L'affaire fut utilement retenue à l'audience publique du 17 septembre 1996, lors de
laquelle les débats eurent lieu comme suit:
Maître Véronique HOFFELD donna lecture de l'assignation introductive d'instance ci-
avant reproduite et exposa les moyens de ses parties.
Maître Marc BOEVER, en sa qualité de curateur de la faillite
5r.>6 )
LUXEMBOURG,
exposa ses moyens.
Les défendeurs 3) ) , £ ) et Ç
.) ne se sont pas présentés à
l'audience.
Après réplique de part et d'autre, le tribimal prit l'ajffaire en délibéré et fixa le prononcé
à l'audience publique du 24 octobre 1997. En date du 24 octobre 1997, le tribunal
ordonna la rupture du délibéré et refixa l'affaire à l'audience publique du 14 novembre
1997, lors de laquelle les mandataires des parties réexposèrent leurs moyens.
Sur ce, le tribunal reprit l'affaire en délibéré et rendit, après avoir entendu le Ministère
Public en ses conclusions, à l'audience publique de ce jour le
jugement
qui suit:
Par exploit de l'huissier de justice Jean-Lou THLLL de Luxembourg en date du 3 avril
1996,
1) la société de droit espagnol
INVESTMENT GROUP S.A., prise en
sa qualité d'actionnaire de la S.A.
a ) C. y.)
LUXEMBOURG,
2)
9.)
.
, et C.j
, en leur qualité d'anciens administrateurs de la société anonyme
C,,, ) LUXEMBOURG,
3) la société de droit espagnol
BROKERS EUROPE S.A.
ont régulièrement fait donner assignation
1) à la société de droit luxembourgeois
A) '(,.J
LUXEMBOURG,
2)
23) ) '
£ )
^ ) , en leur qualité
d'administrateur de la société anonyme
A)
LUXEMBOURG,
à comparaître devant le tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, siégeant en
matière commerciale,
.
pour voir prononcer la nullité des décisions de cooptation de
,
d'augmentation de capital prise par le conseil d'administration irrégulièrement
constitué, de la tenue de l'assemblée générale extraordinaire prorogée et de toutes les
décisions prises subséquemment,
pour voir engager la responsabilité contractuelle des administrateurs ^
)
,
^ ) et
pour violation de la loi sur les sociétés commerciales du 10
août 1915 et violation des dispositions statutaires sur la base des articles 1137 et
suivants du Code civil.
*
'
pour subsidiairement, voir retenir la responsabilité délictueUe respectivement quasi-
délictuelle desdits administrateurs sur la base des articles 1382 et suivants du Code
civil pour avoir commis un abus de droit au détriment des actionnaires de la société
défenderesse,
pour voir condamner les parties défenderesses solidairement, sinon in solidum, sinon
la société de droit luxembourgeois
006A ) C • -
I >
LUXEMBOURG, au
paiement d'une somme de 25.000.000.- francs au titre de dommages et intérêts dus en
application de l'article 1142 du Code civil en réparation du préjudice moral et matériel
subi par la requérante, sous réserve d'un montant même supérieur à fixer ex aequo et
bono par le tribunal ou à dires d'experts,
pour voir condamner les défendeurs sub 1) et 2) solidairement, sinon in solidum, sinon
l'assignée sub 1), au paiement d'une indemnité de procédure de 250.000.- francs au
titre de l'article 131-1 du Code de procédure civile;
pour voir assortir la décision à intervenir de l'exécution provisoire nonobstant toute
voie de recours.
Les défendeurs 3) )
,
U. ) et
Ç.) ^ bien que régulièrement
assignés, n ont pas comparu à l'audience, de sorte qu'il y a lieu de statuer par défaut à
leur égard.
Parjugement du 5
juillet 1996, la société
(
-)
LUXEMBOURG S.A. a été déclarée en état de faillite.
A l'audience du 17 septembre 1997, le curateur de la faillite s'est présenté. Il échet de
lui donner acte de sa reprise d'instance.
La société de ^oit espa^ol
x ) BROKERS EUROPE S.A. se désiste de
son action. Il échet de lui en donner acte.
A l'appui de leur demande, les parties requérantes font valoir:
- que la société
Soc a j
- ^ ) LUXEMBOURG avait pour objet le
courtage de trésorerie internationale, la négociation d'effets commerciaux et jSnanciers
et le courtage sur opérations internationales de change et qu'elle était administrée par
un conseil d'administration composé de cinq membres, à savoir Messieurs
5)'
ef' ,
•
cj
,
- que la société de droit espagnol
soc x)
INVESTMENT GROUP S.A. était
majoritaire dans la société
^5^? c a ) ~ û
- - ) LUXEMBOURG,
- que Messieairs
3> X
,
R.)
' et
G. j
ont, en leur qualité d'administrateurs de la société
S~oc A ^ ^ ^
LU^ŒMBOURG, eu à se plaindre de la gestion et des actions
entreprises par le sieur ^
j qui a fait l'objet de critiques et d'interrogations de la
part de 1IML, de sorte que le conseil d'admimstration a décidé de convoquer une
assemblée générale extraordinaire pour le 7 novembre 1995 aux fins notamment de
faire le point sur la situation de la société et de décider des informations à donner pour
clarifier les questions posées par ITML,
- que l'IML a notamment reproché au sieur 3) ) d'avoir détourné de l'argent à
son profit et de s être servi des fonds de la société, pour financer un concert de rock,
- qu'en date du 7 novembre 1995, le sieur 3
j a profité du fait de détenir plus
d'un cinquième du capital social pour demander, en vertu de l'article 67 alinéa 5 de la
loi sur les sociétés commerciales, une prorogation de cette assemblée générale,
- qu'en raison de cette décision, dont l'unique but était de différer la mise au point
souhaitée par l'IML et par les requérants. Messieurs
. j
•Zà /
et
CL.) , ceux-ci ont donné leur démission en tant
qu'administrateurs,
- que le sieur 3
)
a profité de cette situation pour tenir en date du 22 novembre
1995 une réunion des deux administrateurs restants, à savoir le sieur
£ ) et
lui-même,
- que lors de cette réunion, la décision a été prise de coopter le sieur
'F. )
comme nouvel administrateur,
- que ce nouveau conseil d'admimstration, ainsi composé de seulement trois
administrateurs, a ensuite pris la décision d'augmenter le capital souscrit à l'intérieur
des limites du capital autorisé, sans réserver de droit préférentiel de souscription aux
anciens actionnaires,
- que ce même conseil d'administration a choisi et accepté comme nouvel actionnaire
le sieur
(j, j
, ancien administrateur de la société défenderesse et proche
de
ZÙ J , qui a souscrit à 600 actions, ce qui a permis à
"3 )
de devenir
majoritaire dans la société,
- que les représentants du groupe
INVESTMENT, ainsi mis en
minorité, ont été mis devant la fait accompli lors de l'assemblée générale extraordinaire
prorogée, qui avait été fixée au 5 décembre 1995.
Les parties demanderesses concluent à la nulhté des décisions de cooptation de
Ç.) et d'augmentation du capital social réalisées en fi-aude des droits de
l'actionnaire majoritaire existant. Elles demandent encore à voir déclarer nulles la
tenue et la composition de 1 assemble prorogée et toutes les décisions qui y ont été
prises, ainsi que de toutes celles prises après cette assemblée.
En outre, les requérants soutiennent que les sieurs 3
^ ,
£
.) et
Ç. ) auraient engagé leur responsabilité contractuelle sur la base de leur mandat
d admimstrateur pour violation de la loi sur les sociétés commerciales et des
dispositions statutaires, sinon leur responsabilité délictuelle sur base des articles 1382
et 1383 du Code civil.
fis demandent en conséquence la condamnation des parties défenderesses
solidairement, sinon in solidum, sinon la société de droit luxembourgeois
Soca) 6.- V ) [ LUXEMBOURG, au paiement d'une somme de 25.000.000.-
fiancs au titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral et matériel
subi par la requérante.
Faits
n est constant en cause que suivant procès-verbal de la réunion du conseil
d'admimstration de la société anonyme
6 • - )
LUXEMBOURG
en date du 9 octobre 1995, les administrateurs
.)
, Pl j
»
C
<) , £.)
et 3
J ont à la majorité décidé de
convoquer pour le 7 novembre 1995 une assemblée générale extraordinaire avec l'ordre
du jour suivant;
Analyse de la situation au 30 septembre 1995
- Information à l'IML
- Désignation et révocation d'admimstrateurs
- Rétribution d'admimstrateurs
- Divers."
Cette assemblée générale extraordinaire n'a pas eu lieu en date du 7 novembre 1995
mai^ f jt 1 objet d une prorogation au 5 décembre 1995 sur demande du sieur
En date du 22 novembre 1995,
Zi> )
&
P )
sont ré^s en conseil d'administration. Lois de ce conseil d'adminisûation, "3)1
e
fc y
ont augmenté le capital social à concurrence de 600.000.- francs en vue
de le porter ati montant de 30.600.000.- francs par la création et l'émission de 600
acno^ nouveUes attnbuees ensuite à
Ç
en rémunération de son
appoiT.
Lors de ce même coMeil d'administration, il a été pris acte de la démission de
Messieurs
y
f) )
et
H )
a ete procédé à la nomination temporaire du sieur
f
.j
en tmt oue noiivd
adnumstrateur soiis réserve de l'approbation de 11ML et de la ratification pa? la
prochame assemblée générale des associés.
n a findeinent été décidé que la gestion journalière de la société serait confiée à
et
£ J
ituîf/" ^ décei^re 1995 s'est déroulée l'assemblée générale nrorogée lors de
S! ^
^ P J
dumimsirareur et
Q J
comme nouvel actionnaire.
Après qudques (fiscussions concernant la légalité des décisions prises en conseil
da^stratron du 22 novembre 1995, l'assemblée générale prorogée procède suivant
or e du jour prévu pour l'assemblée générale extraordinaire du 7 novembre 1995.
n résulte du procès-verbal d'assemblée du 5 décembre 1995 sous le point 3 de l'ordre
jour qrw 1 ysemblee prend acte ^a démission des administrateurs
décide par 15.450 vok pour et 15.150 voix contre de ne pas accordS'lâ^déclrarefaux
ci^S dr
L'assemble décide par la même majorité de ratifier la
coopianon de
V - j
comme adnumstrateur de la société.
J
de la société avec effet à partir du iour
de son agreafion par IIML par 15.450 voix pour et 15.150 contre.
Sous le point 5 de l'ordre dujour, il est donné acte à
->v )
depo^ deux dossiers auprès de l'IML en vue de l'agréation dii^si^is
r, )
V. J
comme administrateurs de société.
^ ^
et
L'actionnaire
Sccx)
INVESTMENT GROUP S.A. a signé le procès-verbal
de l'assemblée générale prorogée sous réserve d'attaquer en justice la validité de
l'assemblée et des décisions y prises.
Quant aux demandes en annulation
Les parties demanderesses concluent d'abord à la nullité de la décision de cooptation
du nouvel administrateur
)
Suite à la démission de trois admimstrateurs, les deux administrateurs restants auraient
violé les dispositions statutaires en ne désignant qu'un seul administrateur.
n résulte des pièces versées en cause que lors de l'assemblée générale extraordinaire
des actionnaires de la société défenderesse en date du 17 janvier 1995, il a été décidé
de porter le nombre d'administrateurs de 4 à 5.
Il est admis que si une délibération est prise contrairement aux statuts, soit quant au
fond, soit quant à la forme, cette délibération n'engage pas la société et son annulation
peut être demandée même par un actionnaire individuellement, car la convention
sociale est la loi de tous que chacun a le droit de faire respecter (cf. Traité des
Sociétés, Ch. Resteau, T.2, p. 163 No 919).
Pour les décisions du conseil, le droit de demander l'annulation est recoimu aux
actionnaires individuellement. La même prérogative devrait être recoimue aux
administrateurs (cf. Réf. précitée, p. 165 No 919).
Le Tribim^ d'i^vers a décidé que lorsque les actionnaires d'une société anonyme ont
demandé régubèrement la convocation d'une assemblée générale extraordinaire et qu'à
l'ordre du jour indiqué par eux figure ce point: "Nomination d'administrateurs et de
commissaires" pour compléter leur nombre jusqu'à celui requis par les statuts, le
conseil d'administration n'a plus le droit, lors que cette assemblée n'a pas eu lieu ou est
remise de se compléter comme l'indique l'article 55 No 4 de la loi sur les sociétés
commerciales. Toutes nominations d'administrateurs ainsi faites par le conseil doivent
être considérées comme nulles (cf. Anvers 11.2.1894, Rev. droit com belge 1894
p.107).
H est acquis en cause que l'ordre du jour projeté pour l'assemblée générale
extraordinaire du 7 novembre 1995 prévoyait sub 3) la désignation et la révocation
d'administrateurs.
Cette ^semblée générale extraordinaire a été reportée et la nomination du nouvel
admimstrateur
Ç,j
a été effectuée par le conseil d'administration en date
du 22 novembre 1995 composé de deux administrateurs seulement.
Eu égard aux dispositions statutaires et par reference a la décision judiciaire précitée,
la décision de cooptation litigieuse est à déclarer nulle.
Les parties demanderesses sollicitent encore l'annulation de la décision d'augmentation
de capital par laquelle la société demanderesse est devenue minoritaire.
L article 5 des statuts de la société assi^ée prévoit que le conseil d'administration est,
pendant une période de cinq ans à partir de la date de publication des statuts, autorisé à
augmenter en temps utile qu'il appartiendra le capital souscrit à l'intérieur des bmites
du capital autorisé.
Cet article se référé au conseil d admimstration tel que défini dans les statuts, c'est-à-
dire composé de cinq membres et non seulement de deux, respectivement trois
administrateurs.
La décision d'augmentation de capital a dès lors été prise par un conseil
d'admimstration irrégulièrement composé, de sorte qu'elle est à ce premier titre
entachée de nullité.
En deuxième lieu, elle est irrégulière pour excéder les pouvoirs d'un conseil
d admimstration ayant procédé à une cooptation contraire aux statuts d'une seule
personne n'ayant que des pouvoirs et une autorité provisoire en attendant la ratification
par l'assemblée générale de sa cooptation, de sorte qu'en toute occuirence ce conseil ne
pouvait prendre que des actes de gestion journalière et non pas une décision aussi
importante qu'une augmentation de capital.
Il est en- effet admis que le droit des administrateurs de pourvoir au remplacement de
ceux d entre eux qui sont démissionnaires ne va pas jusqu'à pouvoir en faire usage
lorsqu'il s'agit de prendre une mesure aussi grave que celle qui consiste à doubler le
capital soci^ et qu'il ne doit en être usé que pour permettre le fonctionnement régulier
de la société, c'est-à-dire les actes rentrant dans la gestion journalière des affaires
sociales (cf. Traité des sociétés anonymes. Ch. Resteau T.2 p. 88).
Enfin, les parties demanderesses réclament l'annulation de l'assemblée générale
extraordinaire prorogée qui s'est tenue en date du 5 décembre 1995, ainsi que de toutes
les décisions qui y ont été prises au motif que l'assemblée générale extraordinaire
prorogée n'aurait réum ni le même conseil d'administration, ni le même actionnariat
que ceux qui devaient se rassembler à l'assemblée générale extraordinaire initialement
prévue pour le 7 novembre 1995 et qu'elle n'aurait servi qu'à entériner les décisions
précédemment prises par le conseil d'administration en date du 22 novembre 1995 de
manière iirégulière.
Si l'ordre du jour imtialement prévu pour l'assemblée générale extraordinaire du 7
novembre 1995 a été respecté en la forme lors de l'assemblée générale extraordinaire
prorogée, force est cependant de constater que la composition en a été différente en ce
sens que l'actionnaire majoritaire n'était plus la société
)
INVESTMENT GROW S.A., mais le sieur
. )
et ses proches, dont le nouvel
actionnaire
6. )
Ce changement de majorité a permis d'entériner les décisions irrégulières prises au
cours du conseil d'administration du 22 novembre 1995.
Une prorogation d'assemblée permet une remise dans le temps de cette assemblée,
toutes choses restant par ailleurs égales.
L'assemblée générale extraordinaire prorogée de l'espèce n'était certainement pas la
continuation de l'assemblée générale extraordinaire projetée initialement.
Cette assemblée générale extraordinaire prorogée a dès lors été irrégulièrement tenue.
Les décisions qui y ont été prises sont pareillement à invalider.
n résulte des développements qui précèdent que les demandes d'armulation formulées
par les parties demanderesses sont à déclarer fondées.
Quant à T action en responsabilité dirigée contre les parties défenderesses
Les parties demanderesses demandent la condamnation des parties défenderesses
solidairement, sinon in solidum, au paiement d'une somme de 25.000.000.- francs au
titre de dommages et intérêts.
Concernant l'action en responsabilité contractuelle pour autant qu'elle est dirigée
contre la société
A ) ^
)
LUXEMBOURG,
cette demande est à
déclarer irrecevable à défaut pour les parties demanderesses de spécifier en quoi la
société se serait constituée en faute à leur égard, se bomant d'invoquer des fautes
personnelles commises par les trois administrateurs assignés.
Quant à Taction en responsabilité dirigée contre les administrateurs
)
P ) et TT
Les parties demanderesses soutiennent que lesdits administrateurs auraient, par leurs
agissements contraires aux statuts et à la loi sur les sociétés commerciales, engagé à
titre principal leur responsabilité contractuelle sur base du mandat leur confié.
La nomination de
Ç ) en tant qu'administrateur faisant l'objet d'une
annulation par le présent jugement, il ne saurait être question d'un mandat
v
d'administrateur et donc d'une responsabilité contractuelle dans le chef de Ç
.J
Quant à l'actio mandati pour autant qu'elle est dirigée contre
J et
£
. ) , force est de constater que ni la société
j^oCa")
INVESTMENT
GROUP S.A., agissant en qualité d'actioimaire, ni les trois anciens administrateurs de
la société
a > ^ ) LUXEMBOURG n'ont qualité à agir, alors qu'il
est admis que l'action sociale contre les administrateurs d'une société n'appartient qu'à
cette société, c'est la société qui donne mandat à ses administrateurs de la représenter
et d'agir en son nom. C'est au mandant et à lui seul que le mandataire doit rendre
compte de l'exécution de son mandat; c'est au mandant qu'appartient l'actio mandati. Il
en résulte que la société a seule le pouvoir d'actionner ses administrateurs sur base de
l'actio mandati (cf. Traité des sociétés anonymes. Ch. Resteau, T.2 p. 187 No 943).
, Dès lors, la demande en responsabilité contractuelle des parties requérantes tant en ce
qu'elle est dirigée contre
Ç". ) que contre
E,) et
Zh) est à
déclarer irrecevable.
^
Quant à l'action subsidiaire en responsabilité délictuelle dirigée contre
E )
et ^ , les parties requérantes font valoir que les trois assignés
auraient commis un abus de droit au détriment des actioimaires de la société
défenderesse.
Dansjeur assignation, eUes soutiennent que les manoeuvres de
E.) et
J leur auraient causé un grave préjudice tant morkement
pour leur réputation au niveau national et espagnol que matériellement par la perte de
leur investissement.
Dans l'exploit d'assignation qui est le seul à pourvoir être pris en compte à l'égard de
^
'
/ ' ^
'
/ .
trois défaillants, les quatre demandeurs
demandent la condamnation des administrateurs à payer la somme de 25.000.000.-
francs, sans indiquer la moindre ventilation entre eux du montant réclamé.
A défaut dès lors de préciser l'objet exact, c'est-à-dire le montant précis de leurs
demandes respectives à l'égard de
e, .) , ^ ) et
TÔ .) il y a lieu
d'en prononcer l'irrecevabilité.
Les parties demanderesses sont à débouter de leur demande en allocation d'une
indemnité de procédme sur base de l'article 131-1 du Code de procédure civile, alors
qu il ne pmaît pas inéquitable de laisser à leur charge les frais exposés non compris
dans les dépens.
D n'y a pas lieu d'ordonner l'exécution provisoire des annulations à prononcer par le
présent jugement, alors que suivant l'article 439 du Code de procédure civile les
jugements rendus en matière commerciale sont exécutoires par provision de plein droit.
Par ces motifs:
le tribunal d arrondissement de et à Luxembourg, deuxième chambre, siégeant en
matière commerciale, statuant par défaut à l'égard de
Îî).)
fc J et
V- y
et contradictoirement à l'égard ^s autres parties en
cause, le Mioistère Public entendu,
reçoit la demande en la forme;
donne acte à la société " Soi a ) BROKERS EUROPE S.A. de son désistement
dmstance;
donne acte à Maître Marc BOEVER, curateur de la faillite de la société
C ^ ) LUXEMBOURG S .A., de ce qu'il reprend l'instance;
déclare fondées les demandes en annulation formulées par les parties requérantes;
f
'
" partant annule les décisions de cooptation de
Ç.J
et d'augmentation de
capital prises par le conseil d'administration en date du 22 novembre 1995, ainsi que
l'assemblée générale extraordinaire prorogée tenue en date du 5 décembre 1995 et les
décisions qui y ont été prises;
déclare irrecevable l'action en responsabilité dirigée contre la société
)
f - /
LUXEMBOURG;
déclare irrecevables les actions en responsabilité formulées par les parties
demanderesses à l'égard de
ZD y)
,
£ J
et
^. j tant sur la base contractuelle que sur la base délictuelle;
déboute les parties demanderesses de leur demande en allocation d'une indemnité de
procédure sur base de l'article 131-1 du Code de procédure civile;
condamne les parties défenderesses aux frais et dépens de l'instance.