Luxembourg court dismisses appeal on German law application and residual value in lease guarantee case.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal dismissed the appellant's appeal against a first-instance judgment ordering him to pay a guarantee sum to a bankrupt leasing company. The court confirmed that German law applied to the guarantee contract based on the Rome Convention and rejected the argument that Luxembourg formalities were mandatory. Furthermore, the court upheld the calculated residual value, noting the appellant failed to provide evidence of underestimation or justify the guarantor's liability for the curator's subsequent vehicle use.
Regeste Legislator
Généré par l'IAConvention de Rome du 19 juin 1980; Art. 16: The court applies the law of the guaranteed obligation as the lex causae for the guarantee contract unless its application is manifestly incompatible with public policy, and the guarantor bears the risk of the debtor's subsequent use of the vehicle after contract termination.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
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Audience publique du vendredi, trois mai mil
neuf cent quatre-vingt-seize.
Numéro 17 268 du rôle.
Composition:
Marc THILL, président de chambre;
Edmée CONZEMIUS, conseiller;
Fernand BOSSELER, conseiller;
Nico EDON, avocat général;
Armand BELLOT, greffier.
ENTRE
le
sieur
k,^
demeurant à L-
C • )
ingénieur,
appelant aux termes d'un exploit de l'huissier
de justice ^ Georges NICKTS de Luxembourg en
date du 2 décembre 1994,
comparant ^par Maître Louis SCHILTZ,
avocat,
demeurant à Luxembourg;
e t :
la
société
6cCi.}
GmbH,
avec
siège
à
D- C..-j
f
intimée aux fins du prédit exploit NICKTS,
comparant ^par Maître Edmond
LORANG,
avocat,
demeurant à Luxembourg.
LA
COUR
D ' APPEL :
Par jugement contradictoire du 6 juillet 1994,
le
tribunal d'arrondissement de Luxembourg
condamna le sieur
K.)
à payer à
la
société
âcci)
MBH le montant de 20.819,43 DM et ce
sur
base
d'un
contrat
de
cautionnement
garantissant un contrat leasing conclu par la
société
) * actuellement en faillite,
et portant sur une voiture Mercedes 250 D.
Contre^ce jugement
_
K.)
interjeta
régulièrement appel par exploit de l'huissier
Georges NICKTS en date du 2 décembre 1994.
Dans son recours, l'appelant reprend ses moyens
déjà développés en première instance. Ainsi, il
discute l'applicabilité de la loi allemande, la
loi luxembourgeoise devant selon lui trouver
application ; il soulève ensuite la nullité du
cautionnement au regard de l'article 1326 du
code civil et, pour ce qui est du montant
retenu à sa charge et qu'il continue à
contester,
il
soutient
successivement
que
l'intimée aurait été tenue de lui proposer la
voiture en vue d'un achat éventuel, que la
valeur résiduaire aurait été considérablement
sous-évaluée^ et que le contrat aurait été
continué après la faillite par l'utilisation de
la voiture par le curateur.
Les premiers juges ont à bon droit et par une
application correcte des principes de droit
international en vigueur, toisé le litige au
regard de la Convention de Rome du 19 juin 1980
pour soumettre le contrat de cautionnement - vu
l'absence de détermination du droit applicable
dans le contrat-même, mais son rattachement à
un contrat de leasing régi par le droit
allemand, signé en Allemagne, dressé en langue
allemande et conclu entre deux sociétés de
droit allemand - à la législation allemande. Il
y a, en effet, lieu de tenir compte des liens
unissant plusieurs contrats pour leur appliquer
une même loi, en formulant la présomption selon
laquelle "si le contrat de cautionnement est en
principe soumis à sa loi propre, il y a lieu de
présumer, dans le silence de la convention à
cet égard, qu'il est régi par la loi de
l'obligation garantie" (Juriscl. Droit intern.
Contrats internationaux fasc. 552-3 no 27 et
les nombreuses références y faites).
L'argumentation de l'appelant que les règles de
forme de l'article 1326 du code civil seraient
impératives
et
que
l'ordre
public
luxembourgeois s'opposerait à la validité d'un
cautionnement régulier selon un droit étranger,
mais nul en droit interne
en
raison de
l'inobservation de la mention du bon pour ou de
l'approuvé, tombe à faux. Abstraction faite de
ce que même en droit luxembourgeois l'omission
des formalités^ prescrites est sans influence
sur la validité de l'obligation elle-même, la
tolérance à l'égard des lois étrangères s'est
accentuée avec la mise en vigueur de la
Convention de Rome qui n'autorise le juge à
écarter
la
loi
compétente
que
si
son
9-pplication est manifestement incompatible avec
l'ordre public du for (art. 16), ce qui n'est
pas le cas en l'occurrence.
Pour ce qui est du fpnd même du litige, la Cour
confirme, par entérinement des motifs des
premiers juges, leur décision en ce qu'elle a
rejeté les contestations de l'actuel appelant
pour ce qui est du montant mis à sa charge.
Ainsi, le contrat exclut la possibilité de
rachat, la dénonciation du contrat-leasing a
été
faite
conformément
aux
stipulations
contractuelles et la restitution du véhicule a
été diligentée par le curateur de la faillite
du preneur sans réserve aucune quant à la
valeur residuaire, ce
qui,
au
demeurant,
n'était pas non plus prévu par le contrat.
D'ailleurs 1[^appelant ne précise pas en quoi la
valeur du véhicule^ serait sous-estimée et ne
fait valoir aucun élément concret permettant à
la Cour de mettre en doute l'estimation
effectuée qui tient compte de l'état du
véhicule
au
jour de la restitution,
du
kilométrage exceptionnel parcouru, des dégâts
constatés.
Sur base des éléments qui précèdent les offres
de preuve par expertise et par témoignage de
l'appelant sont à rejeter pour défaut de
pertinence. Le^ fait que le curateur a durant
une certaine époque utilisé le véhicule, par
3-illsurs
contre
paiement de la
redevance
mensuelle, ne ^saurait tirer à conséquence, le
contrat ayant été résilié pour non paiement des
mensualités échues selon lettre du 25 juin 1991
qui laissait au preneur le droit de trouver un
racheteur intéressé jusqu'au 29 juin 1991 et
qui reservait a la société leasing toute autre
mise
en
valeur
du
véhicule
après
cette
echeance. Si l'appelant est d'avis avoir subi
suite à l'utilisation de la voiture par le
curateur un préjudice, il devra se retourner
contre ce dernier, la société leasing n'ayant
^9^ ^ue conformément aux termes du contrat et
de son courrier du 25 juin 1991.
La décision entreprise est dès lors à confirmer
en tous ses éléments.
PAR CES MOTIFS:
la Cour d'appel, première chambre, siégeant en
matière
civile, statuant contradictoirement
entre parties, le représentant du ministère
public entendu,
reçoit l'appel en la forme,
déclare irrecevables les offres de preuve de
1'appelant,
dit l'appel non fondé et en déboute,
condamne 1'appelant aux dépens de 1'instance
d'appel et en ordonne la distraction au profit
de Maître Edmond LORANG, avoué-concluant qui la
demande, affirmant avoir avancé les prédits
dépens.