Appeal dismissed; garnishment annulled because the underlying debt lacked certainty at the time of seizure.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal dismissed the appellant's appeal, confirming the lower court's annulment of a garnishment order. The appellant argued that a criminal investigation in Geneva proved his claim for damages against the defendant was certain. However, the court held that a garnishment requires a debt that is already certain and enforceable at the moment the seizure is requested, not merely probable or subject to future judgment. Since the existence and amount of the damages claim were still undetermined by the foreign courts at the time of the seizure, the measure was invalid.
Regeste Legislator
Généré par l'IACode civil, art. 250; Art. 1700: A garnishment order requires a certain, liquid, and enforceable debt existing at the time of the request; it cannot be used to secure a potential damages claim whose existence depends on a future court decision.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
91, S.ST-
Audience publique du mercredi, vingt-sept mai mil neuf cent quatre-
vingt-douze.
Numéro 13 loi du rôle.
Composition:
Marc THILL, président de chambre;
Pierre GEHLEN, premier conseiller;
Edmée CONZEMIUS, conseiller;
Nico EDON, avocat général;
Armand BELLOT, greffier.
ENTRE :
le sieur
s.)
, homme d'affaires, demeurant à C. )
France,
exploit de l'huissier de justice Pierre
KREMMER de Luxembourg en date du 11 janvier 1991,
bourgr®'"^"^ P®""
LOESCH, avocat, demeurant à Luxem-
e t :
la société de droit suisse C.)
s.a., établie et ayant son siège social à ( )
, Suisse,
intimée aux fins du prédit exploit KREMMER,
comparant par Maître Paul MOUSEL, avocat, demeurant à Luxembourg.
LA COUR
D' APPEL :
Statuant sur une demande en validité d'une saisie-arrêt pratiquée
le 5 fevner 1986 par
S,) , en vertu d'une autorisation
présidentielle du 23 janvier 1986, entre les mains de la Banquel)
, de la Banque,2.)
qi
de
sur les sommes que celles-ci
pourraient redevoir à la société de droit suisse
C )
s.a. pour sûreté et avoir paiement des
sommes de 18.o5o.o32,55 dollars US, 9.55o FF et 51,58 FS que lui
devrait celle-ci en raison de fautes par elle commises le 15 avril
1981, consistant dans le refus de transférer la totalité des fonds
placés en dépôt par S.)
auprès de C.)
à un autre institut
bancaire, malgré les instructions formelles reçues par S ] , le
tribunal d'arrondissement de Luxembourg a, par jugement contradic-
toirement rendu entre parties le 21 novembre 199o, après avoir reçu
la demande en la forme, annulé la saisie- arrêt pratiquée le 5
février 1986 à la requête de
S.j
sur les comptes de la
société C
s.a. auprès de la Banque.J.)
et de la
et en a ordonné la mainlevée.
Pour statuer comme ils l'ont fait, les premiers juges ont, après
avoir rappelé que les causes d'une saisie-arrèt doivent sous peine
de nullité reposer sur une créance certaine, liquide et exigible et
que la créance doit notamment être certaine au moment de la saisie
et non pas seulement au jour du jugement à intervenir sur la
validité de cette saisie, et que même des présomptions nombreuses et
graves sont incapables d'établir la certitude d'une créance, dit que
dans l'espèce qui leur était soumise, S.j
avait saisi le lo
décembre 1986 les juges de Genève pour faire établir le principe et
le quantum d'une créance à l'égard de C.)
et qu'au moment où les
premiers juges ont rendu leur jugement, il ne disposait toujours pas
d'une décision ayant reconnu l'existence d'une créance dans son
chef, de sorte que la saisie du 5 février 1986 serait à annuler.
De ce jugement signifié tant aux banques tierces-saisies, qu'à
avoue, S.j
a régulièrement relevé appel par acte d'huissier du
n janvier 1991.
S j
critique le jugement a quo en ce qu'il l'a débouté de sa
demande en validation de la saisie-arrêt et par conséquent annulé la
saisie, alors que sa créance vis-à-vis de C.j
serait certaine,
l'instruction pénale diligentée à Genève ayant relevé à l 'exclusion
de tout doute que les organes dirigeants de C.^
ont sciemment,
sur instruction des actionnaires de C. j
bloqué les comptes de
S.)
dans l'attente de la notification d'une saisie-arrêt que le
Gouvernement de la République Islamique d'Iran se proposait d'effec
tuer entre les mains de cj
à charge de" S. j
S.)
verse aux débats un jugement rendu en date du 19
septembre 1991 par le tribunal de première instance de Genève,
certes frappé d'appel, qui, saisi depuis le lo décembre 1986 d'une
action en dommages-intérêts intentée par Sj
contre C.j
, a
retenu le principe de la responsabilité civile de C.j
tout en
réservant le fond, en puisant les éléments nécessaires à sa
conviction dans le dossier pénal constitué à Genève, qui d'après le
jugement précité comporterait toutes les indications utiles et
nécessaires pour les circonstances de la cause relatives au problème
de la responsabilité de C.)
L'appel de ce jugement, n'ayant pas encore été vidé, sj
demande à la Cour à titre subsidiaire, en attendant l'issue du
procès contre C.)
, intenté à Genève, de surseoir a statuer en
attendant la décision du tribunal suisse compétent.
C.)
conclut à la confirmation du jugement du 21 novembre
1990, la créance alléguée de S.j
, laissant, malgré la décision
du tribunal de première instance de Genève, d'être certaine, alors
que C.J
continue à contester avoir reçu, dès le 15 avril 1986 et
ce jusqu'au jour où le Gouvernement de la République Islamique
d'Iran obtint du tribunal compétent de Genève un séquestre sur les
biens de l'appelant entre les mains de C.J
Cette absence d'ordre de transfert reçue de la part de S.j
résulterait d'ailleurs de différentes opérations bancaires que
S.J
exécutait pendant la période litigieuse soit a partir de son
compte auprès de ClJ
, soit sur ce compte. C j
verse
différentes pièces, desquelles il résulte
pue S,.)
a effectué le 16 avril 1981 auprès de cj
un
retrait de 2o.loo $ US par débit de son compte, et
que les 2o et 21 avril 1981
)
faisait transférer de
diverses banques au crédit de son compte chez C.)
environ 11
millions $ US.
D après l'intimée, ces deux faits à eux seuls seraient déjà de
nature à démentir les allégations de S.j
, à savoir que dès le 15
avril 1981 il aurait donné des instructions pour transférer les
fonds déposés auprès de cj
auprès d'autres établissements
financiers.
,
Il résulte des éléments soumis a la Cour que la requête en
saisie~arrêt présentée par S.^
constitue une mesure de sûreté
concernant le paiement ultérieur de dommages-intérêts de la part de
^')
â son profit, devant l'indemniser d'une faute commise par
c)
dans la gestion de son compte. L'action intentée à Genève,
l'a également été dans le but de se voir indemniser du préjudice
subi par les agissements de la banque.
Pour qu'une saisie-arrêt, en l'absence de titre, puisse être
autorisée, la créance, pour la sûreté de laquelle cette mesure
conservatoire est réclamée, doit remplir les conditions prescrites
par la loi, à savoir être certaine et exigible, sa liquidation
pouvant être différée jusqu'au moment de la demande en validité.
La saisie-arrêt ne peut partant pas être ordonnée pour une
créance dont la certitude dépend d'une condamnation éventuelle, que
le saisissant prétend pouvoir obtenir en établissant que, par la
faute de la partie qu'il veut saisir, il a subi un préjudice dont il
lui est dû réparation. Le juge doit s'abstenir de proclamer dans ce
cas le principe d'une dette, car ce serait porter atteinte au
principal.
Ce principe s'explique par le fait admis par l'unanimité de la
jurisprudence que la certitude de la créance doit exister au moment
de la requête en saisie-arrêt, ce qui exclut a priori du domaine de
la saisie-arrêt les créances ayant pour objet des dommages- inté
rêts, dont l'existence et le quantum ne peuvent être établis que par
les juridiction du fond.
En l'espèce, s'il est établi que le principe de la responsabilité
a été retenu par les juges de Genève, il n'en demeure pas moins que
ces mêmes juges n'ont pour le moment ni décidé que S.)
a droit à
des dommages-intérêts, ni quel en est le montant. A cela s'ajoute
que ce jugement n'a pas force de chose jugée pour être frappé
d'appel.
Il en résulte que le jugement a quo est à confirmer, les premiers
juges ayant fait une juste appréciation tant en fait qu'en droit.
Par conclusions notifiées le 2o mars 1992 S.
demande en ordre
subsidiaire à la Cour de surseoir à statuer en attendant que
1 affaire introduite par l'appelant à Genève soit définitivement
vidée.
Cette demande n'est pas fondée. Même au cas où S. j
obtien
drait gain de cause devant les juridictions genevoises, toujours
est-il, comme il a été relevé ci-dessus que la certitude de la
créance doit exister au moment de l'introduction de la requête en
saisie-arrêt et que partant la saisie-arrêt doit être annulée, si au
moment de la requête il manquait à la créance son caractère de
certitude même au cas où le saisissant aurait, avant le jugement de
validité, obtenu une condamnation à son profit.
par ces MOTIFS :
la Cour d'appel, première chambre, siégeant en matière civile,
statuant contradictoirement entre parties et sur les conclusions du
ministère public,
reçoit l'appel en la forme,
le déclare non fondé et en déboute,
condamne S.)
aux frais de l'Instance d'appel avec distraction
au profit de Maître Paul MOUSEL. avoué concluant affirmant avoir
avancé ces frais.