German security clause unenforceable in Luxembourg bankruptcy due to lack of possession under local law.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court dismissed the German company's claim to retain a security interest in a truck sold to a bankrupt Luxembourg buyer. Although the contract stipulated a German 'retention of title' clause, the court found the truck remained in the buyer's possession, which is a prerequisite for a valid pledge under Luxembourg law. Consequently, the security interest was deemed unenforceable against the buyer's creditors in the bankruptcy proceedings.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 2071 and 2076 of the Luxembourg Commercial Code; A security interest created under foreign law is unenforceable against local bankruptcy creditors if the collateral remains in the debtor's possession, as the formation of a pledge requires delivery of possession under the lex rei sitae.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
a3/Q/^9&3
Jggeiaent commercial No.•^19/59"
Audience publique du vendredi, vingt-deux décembre mil neuf
cent quatre-vingt-neuf-
N'uméro "5^ 579 du rolea
Présents ;
Pierre G2HLEN, Yice-présidetin ;
Maryse WSLTE3, Premier juge:
Eliane 2IX'3'IEH, Juge;^
Brigitte KOIiZt, SuDSlitiit;
Aruy LINCMELS, Greffier-
Entre :
la société de droit allemand
GmbH., établie
àD-
,
, representee
par son gérant actuellement
en fonctions,
élisant domicile en l'étude
de Maître Paul WIî?"ArïDy, avocat
avoué, demeurant à Luxembourg,
demanderesse, defenderesse
sur reconvention,-
comparant par Maître Paul
WINâNPY susdit;
Maître Marc BCEVEH, avocat-avoué, ^demeurant à Luxembourg,
"9 'rue ^'dringeG, uris eu sa qualité de curateur de la
faUlite* de la "'s,à r-i.
sSCCZ^
^ prononcée le 24- octoore
19S9,
défendeur, demsadeor sur reconvention»
comparant par lui-même-
P a i t
Par exploit de l'huissier de justice Pierre KHEMl-lES de
Luxembourg en date du 9 novembre 1989î îa demanderesse a
fait donner assignation au défendeur à comparaître le^
vendredi, 2d novembre i9S9 ^ 9''^50 heures devann le tribunal
^
v'ondissementj de et a ijuxembourg, deuxième chambre, sie
géant en matière commerciale,
pour :
(--9
T'affai-^e, inscrite sous le auEéro 39 379 du rôle, fut
uriTeEert retenue à l'audience
•
lois de laouelle les débats eurent Ireu comme suxt .
Muï''SilNB?fa?ocSti'4é7lemlSant àL^embourg,
compîrifpoïï la demanderesse et développa ses moyens.
r=*-j-T^P nprc
a^'ocat-avoué, demeurant à Luxempourg,
haxtre
carptear de la faillite de la s.a r «1.
pris en sa qjt^iite ae
rrnv<r.r-<î
II décTara formuler une
X
ror'enïïoSe on rertïtiticn desTcomptes.payés.
représentant du îlinistère Puolic» par l'organe ae
^.adame Brigitte ifOIî?:, SuDstitut du Procureur d i:.tat, -u.
entendu en ses coTiclu.sioEi£>»
-^-i-hnnq'i
l'affaire en délibéré et rendit a
-ncfSl3lic,ue de-ce jour, à laquelle le prononce
LiS
l'audience publique
svalt été fixé»
le jugement qui suit
Par exDloit de l'huissier de justice Pierre KKm£H de
'nxerboura e" date du 9 novembre 1969, ue société de droit
® %r^\
5mbH. a fait donner assignation a
îllr^-^ia-c-^vLa, avocat-avoué, demeurant à Luxembourg^pris
.uaitie
x- la faillite de la s.a r.l.5CC2-^
en aa
devint ce tribunal pour y ertendre statuer
sur la demande ci-avant transcrite dans les qualités du
présent jugement-
La demande, introduite dans les forme et <ëLai de la loi,
est recevable.
l^luL'âoSTTimrJd l'.dtit 4.1. t.iiittd -icci) !
conséauence à déclarer justifiée l'opposition à la
vente' dudit'camion formulée par la demanceresse et o en
attribuer le droit de disposition a cette derniere.
1"* résulte des oièces versées aux débats que suivant
L outlebemplacé div^ïf lllm^fsTuIlt
ils niècirvSniues au profit du vendeur jusqu'au règlement
intégrai du nrix de vente»
suivant conventior.^du mêm^ur intitulée .;Sic|arungsub«^
eignungs-und -einveitr^^^ à^^Lrd du vendeur, la proçriété
garsnnie de seb_=Dgaç,=aer.iS a 1 eta
^ ^oti oréan-
Iter' ifILtirSI îrihoL étLi'conventionnellement rempla-
lirparli piêt à usage au profit du onancier.
XI est constant en cause cu^avant sa mise en railii^c,
n'avait pas réglé i '
intégrsi.it6 du prix de
vente convenu*
A l'appui de sa demande.
sSCCi^
iait piainer qu en
Vespècflf convention du 19 avril 1989 s'analyserair co_^e
une 'clause ds réserve de propriété, sinon un
en o-ase va"^ ablement convenus au. regard oe la lo.i. al^^emande
IppîiLble'en l'espèce*
-'nvoGas de particulier la jarispudence (Cour oupérie^e
de Justice, 28 octobre 1969, ras.X^U, d.t>2) consacrant ^
saollité à la masse des créanciers du gage conclu avant
faillite du débiteur»
curatair résiste à la demande en invoquant Jla nullité,
si-^on 1 '
inopoosabilité à la nasse du ''Sicherungsuoereignung.-
und Leihvert^ag" du 19 avril 1989; en ordre subsidiaire i.
déoia?r£oïffiÛler une deiBande reoonventionnelie en resïxtutxon
des acomptes payés^et reffibourseœent des dépenses d ennetien
faites par la faillis.
l"! est de iurisuradence constante que la loi^applicable
à la^rékrve de propriété est celle de V^tat ou la laïUite
q été prononcée (Novelles, Droit commercial,
l'efficacité d'une clause de réserve de propriété dépendant
de la loi de l'ïïtat où la faillite a été déclarée (Cour
d'appel, 2? mars 1935» î^c*8oo6 au rôle).
La .jurisprudence belge s'est montrée hostile a ce ger^e
de contrat, sstimanu qu'il vise a
""j/^ouSsuivre
v^a^ l'a~tiGle 5^-6 de la loi oes laixlites, de poursuivre
après Is déclaration de faillite la résolution
et b reve>'>dication consécutive ces cnoses vendues. La ven _
avec -éserve de oropriété fut donc eonsidérée comme contraire
à l'ordre public et comme radicalement nulle (Les Loveiles
précité, H0.506 et les références y citées).
Parei"'iement la locatiou-vente n'est qu'un camouflage
d'une vente sous condition suspensive avec
té ouand le pri>; d'achat est inclus aans le^^ioyer du a ecnea
ces périodiques (l'rédéricq, VIII,
Kovexles, précité,
I\os."5o3 à 5o5)-
Une vente qualifiée à tort de "location avec option
d'achat" et constituant en, réalité une vente dite avec
"r^éserve de nropriété" n'est pas, quant a cette reserve,
ôpnosable aux créanciers de l'achetant qui
possession de la chose (Gomm.Liege, 1er mars 1985» Kev.prat.
soc. 1934-, 163)»
De son coté, la jurisprudence luxembourgeoise estime
"au'=' la loi luxembourgeoise S'ur les xailiites ayant ete
roncue pour éaralissr le sort des crepciers orainaires,
^outes les clauses et conventions qui ont pour but
Rétablir indirecteiaent au profit du
dont l'article
du coae es commerce les çnte en
de faillite de 1 \acheteur^,^ sont
if
?eldeL la
'
qu'il en_est
délivrée à l'acheteur jusqu'au
SaaiSent"in.tésral"du prix, qu'en l'espèce une clause de ce tyja
valable en droit allemand et stipulée par xe fournisseur aile—
mand, ne peut donc être accueillie dans une faillite ouverte
au Grand-i)uché de Luxembourg, faute d'y avoir
demeure avant le concours des creancxers' (Cour, 27 mars 198?,
précité).
Quant à l'argument de la demanderesse développe en termes
de nlaidoirie eue le contrat par elle invocué constituerait
une"mise en gage, il convient de remarquer que la loi^de la
situation du bien est nécessairement compétente pour toutes
les conditions d'existence de la siireté qui rendent celle-ci
opposable aux. tiers, c■ est—a—dire la publicité, quand elle
est reûuise ou la dépossession du débiteur pour_le gage
(Batiffol : Dr,int«privé, L.II, No,519î Paris, 1er ^\iin 19o6',
J, 19o7- 159).
loi réelle devra être satisfaite meme
quant aux conditions d'existence de la sûreté interparteâi
ainsi la loi réelle gouverne sans conteste les prérogatives
du créancier, par exemple la question de savoir, si le créan
cier gagiste peut s'approprier à 1'échéance le bien remis en
p-ase ou le vendre sans autorisation de ^justice (Cass.civ. _
française, Beq., 24 mai 1955> S. 1955. 1 . 257î Civ, SJuxilet
1969, Gazette du Palais, 1969- 2- 243; Batiffol, précité,
>5os» 511 et 52o)-
£n l'espèce, la loi de situation du camion litigieux est
"3 a loi luxembourgeoise a II est encore constant que ledit
camion s'est, depuis la vente, trouvé en la possession de
Sx:i)
Or, aux termes des articles 2o71 et 2o76 du ^code cii-il,
le contrat de gage, étant un contrat réel, sa iormation est
subordonnée, oieme entre les parties contractantes , a la
condition que la chose donnée en gage soit mise en la posses
sion du créancier ou d'un tiers convenu (Cour, 15 niars 195^?
15, 24o).
Lès lors la demanderesse ne saurait se prévaloir d'un^
contrat de gage valable au regard de la loi luxembourgeoise.
Il résulte de ces développements que,la demanderesse
n'ayant justifié ni d'un droit de propriété de la chose,
ni d'un droit de gage sur celle-ci, sa demande est a adjuger.
Par
ces
motifs
:
le tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, deuxième
chambre, siégeant en matière commerciale, statuant contradic-
tôirement, le juge-commissaire et le Ministère Public entendus
déboutant de toutes autres conclusions;
reçoit
la demande en la forme;
la dit cependant non fondée;
partant en
c. é b o u t e
;
condamne
la demanderesse à tous les frais et
dépens de l'instance.