Labor court appeal dismissed as inadmissible because the first-instance judgment only ordered witness testimony without deciding the main claim.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Court of Appeal declared the employer's appeal inadmissible because the first-instance judgment merely ordered witness testimony without ruling on the substantive claims. The employee alleged severe employer misconduct, including privacy violations and physical assault, while the employer sought dismissal compensation and damages. The court held that since the lower court's decision did not resolve any part of the main dispute, it could not be appealed independently.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArt. 256 n.c.c.; Art. 452 n.c.c.: A judgment ordering only a measure of instruction without deciding any part of the main claim is not appealable and must be executed by the first instance.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Appel prud'homal
EXEMPT.
Audience publique du onze mai mil neuf cent quatre-vingt-
neuf.
Numéro lo 695 du rôle.
Présents :
STOFFELS,
président de chambre,
REUTER,
premier conseiller,
KIPGEN,
conseiller,
NICOLAY,^
avocat général,
KUTH ^ gref fier.
Entre :
la société à responsabilité
limitée N) _ ?,avec siège
à
.. . L.- l
appelante aux termes d'un
exploit de l'huissier de
justice Jean-Claude STEFFEN,
d'Esch-sur-Alzette,en date
du 9 mars 1988,
comparant par Maître Julie]
RODEN, avocat-avoué, demeurant
à Luxembourg,
e t :
vr)
,ouvrière,
demeurant k. i...) i,
(...)
,
intimée aux fins du prédit exploit STEFFEN,
comparant par Maître Guy THOMAS,avocat-avoué,demeurant
à Luxembourg.
La Cour d' appel :
Par requête déposée en date du 5 juin 1987 au greffe
de la Justice de Paix de Luxembourg
W)
avait
fait convoquer son ancien patron,la s.à.r.l.N")
,établie
et ayant son siège à Luxembourg,aux fins de voir condamner
l'employeur au paiement des montants suivants ,et ce à la
suite de la résiliation du contrat de travail"par la de
manderesse originaire pour fautes graves commises par 1'
employeur :
- indemnité compensatrice de préavis
32.16o.-frs
- dommages-intérêts
loo.ooo.-frs
heures de travail(3.5.1987)
8o4.-frs
- indemnité de congé non pris :
1^.^72.-frs
Par jugement rendu par le Conseil de Prud'hommes de
la circonscription de Luxembourg en date du 24 février 1988
le demande principale susvisée et la demande reconventionnelle
à une indemnité de IGoBo
franc:
tendant à la condamnation de w)
m
pour non observation du délai de préavis ont été déclarées
recevables.
Pour le surplus le premier juge a admis la demanderesse
principale à prouver par témoins:
1. Qu'elle a téléphoné le 3 mars 1987 vers 16,00 heures à son
employeur pour l'informer qu'elle était incapable de
travailler et qu'elle posterait le jour-même un certificat
médical . Malgré cette information téléphonique, l'employeur
a adressé le 4 mars 1987 une lettre à
in
voquant une prétendue absence non motivée de deux jours.
2. Que les employeurs se sont mêlés d'une façon intolérable de
la vie privée de W)
Ainsi, ils se sont renseignés le
soir du 29 janvier 1987 auprès des parents de celle-ci en
leur téléphonant sous un nom d'emprunt (SCHMIT), pour
savoir si ""
w)
s'était rendue à Bruxelles chez
son ami.
Début février 1987, sans préjudice de date plus exacte, les
employeurs ont téléphoné chez les anciens beaux-parents de
w:;
pour apprendre le nom de son fiancé, ce que ceux-ci
ignoraient.
Quelques jours après, l'employeur a téléphoné aux parents du
prédit fiancé, pour les informer que vr)
irait souvent
rendre visite à leur fils à Bruxelles et pour leur déclarer
faussement qu'elle prendrait en permanence des congés de
maladie pour y aller.
3. Au courant du mois de février 1987, sans préjudice à la date
plus exacte, l'un des deux associés de N)
a injurié
w)
au téléphone en lui demandant quel vétérinaire
aurait établi le certificat de maladie tout en ajoutant:
"zidders du erem vu Verho'ertheed".
4. Le dernier jour de sa maladie, 1er mars 1987, l'employeur
a faussement annoncé à w)
que l'atelier serait ouvert
le lendemain, lundi de carnaval, l'obligeant ainsi à se
déplacer pour rien alors qu'en réalité, les ateliers
étaient fermés pendant ce iour férié d'usaae.
5. Le matin du 3 mars 1987, l'un des associés de n)
a
injurié W)
des tennes "Ho'er" et lui a lancé un
torchon plein d'huile à la figure l'éclaboussant ainsi
au visage et salissant ses vêtements;
A bout de nerfs, w)
a dû se rendre en traitement
médical l'après-midi du 3 mars 1987 et une incapacité de
travail lui fut certifiée;
6. Le 12 mars 1987, un des deux associés de m)
a
téléphoné à une voisine de W )
pour savoir si cette
dernière était à son domicile. Sur la réponse négative
de la voisine, cet associé a déclaré : "Aah, dass scho
gudd, sie ass erem zu Bre'ssel" et est intervenu auprès
de la Caisse de Maladie des Ouvriers pour que celle-ci
envoie un contrôleur. Ce dernier est effectivement arrivé
m
le 13 mars 1987 mais a dû rentrer bredouille ,w) _ ayant
été à son domicile.
Appel a été interjeté par la s.à.r.l.N",)
. ' le 9 mars
1988.
L'intimée w)
oppose in limine litis l'irrecevabilité dudit
appel ,1e jugement entrepris ayant exclusivement ordonné une
mesure d'instruction et l'appel contre un jugement de cette
nature n'étant pas recevable.
Conformément à l'article 256 nouveau du code de procu-
dure civile oui . abolit implicitement la distinction entre
un jugement préparatoire et un jugement interlocutoire ,
la décision qui ordonne ou modifie une mesure d'instruction
n'est pas susceptible d' opposition ;elle ne peut être frap
pée d'-appel ou de pourvoi en cassation indépendamment
du jugement sur le fond que dans les cas spécifiés par la
loi.
Un des cas spécifiés par la loi est prévu à l'article 452
nouveau du même code qui dispose que les jugements qui
tranchent dans leur dispositif une partiè du principal et qui
ordonnent une mesure d'instruction ou une mesure provisoire
peuvent"' être frappés d'appel comme les jugements qui tran
chent tout le principal.il en est de même lorsque le juge
ment qui statue sur une exception de procédure ,une fin de
non-recevoir ou tout autre incident met fin à l'instance.
En l'espèce le jugement entrepris ne peut être valable
ment frappé d'appel comme étant une décision qui,dans son
dispositif se borne à ordonner une mesure d'instruction ,
laquelle ne tranche aucune partie du principal et ne met
pas fin à l'instance .11 ne s'agit pas non plis d'une décision
ayant admis ou refusé la compétence du tribunal saisi.
Il s'ensuit que l'appel formé par la s.à.r.l.N")
est irrecevable.il y a lieu de renvoyer le litige devant
le premier juge ,notamment en vue de l'exécution de la me
sure d'instruction ordonnée.
Par ces motifs ,
la Cour d'appel ,siégeant en matière prud'homale,statuant
contradictoirement ,1e ministère public entendu en ses
conclusions,
m
déclare l'appel irrecevable et en démet;
condamne l'appelante aux frais et dépens de l'instance
d'appel et en ordonne la distraction au profit de Me Gixj
THOMAS,avoué concluant qui la demande ,affirmant avoir fait
l'avance de ces frais;
renvoie l'affaire en prosécution de cause devant les
premiers juges.