Luxembourg court lifts seizure on Swiss company assets after foreign bankruptcy judgment takes effect immediately.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe Luxembourg court accepted the opposition filed by the bankruptcy administrator against a prior seizure order. The defendant argued that a foreign bankruptcy judgment rendered in Switzerland automatically suspended individual enforcement proceedings and included the seized funds in the bankruptcy estate. The court ruled that the foreign bankruptcy judgment produces immediate binding effects in Luxembourg regarding the debtor's capacity and assets, thereby validating the administrator's claim.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 61, 161, 162 du Code de Procédure Civile; A foreign bankruptcy judgment produces immediate binding effects in the forum regarding the debtor's capacity and assets, automatically suspending individual enforcement proceedings and including seized funds in the bankruptcy estate.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Jugement civil no 41o/88. ( 1ère section )
Audience publique du mercredi , treize juillet mil neuf cent
quatre-v i ngt-hu i t.
Numéro 34 896 du rôle.
Présents:
Victor ZIEGLER DE ZIEGLECK,
1er vice-président,
Julien LUCAS, 1er juge,
Georges RAVARANI, 1er juge,
Jacques SCHMIT, 1er substitut
Brigitte HAAN, greffier,
e t :
E n
t re :
Maître Joseph FùCHSL, docteur
en droit, avocat, inscrit au
Barreau de Munich, agissant en
sa qualité de curateur de la
société de droit allemand
feC-i./
GmbH, établie et
ayant son siège social àC -)
demandeur originaire aux termes
d'un exploit de l'huissier de
justice Pierre KREMMER de Luxem
bourg en date du 2o février 198
défendeur sur opposition aux
fins d'un exploit de l 'huissier
de justice Pierre KREMMER de
Luxembourg en date du 22 juin
1987,
comparant par Maître Jim
PENNING, avocat-avoué, demeuran"
à Luxembourg;
la société de droit suisse TREUHAND & RECHSTPRAXIS ULRICH DIENEf
HAFNER AG, établie et ayant son siège social à Ch-84oo Winter
thur, Obergasse 2a, représentée par son conseil d'administra
tion actuellement en fonctions, agissant en sa qualité de
curateur de la faillite de la société de droit suisse
•ScC-i./
COSMETICS AG, établie et ayant son siège social à
CH-
c...;
défenderesse originaire aux fins du prédit exploit KREMMER,
demanderesse sur opposition aux termes du prédit exploit KREMMEF
comparant par Maître Joseph HANSEN, avocat-avoué, demeurant
à Luxembourg.
L e
Tr
i bu
n
a
l
Oui'la partie demanderesse originaire et défenderesse sur
opposition par l'organe de Maître Patrick BIRDEN, avocat, assis
té de Maître Marguit CAPUS-LECLERC, avocat-avoué, en remplace
ment de Maître Jim pENNlNG, avoué constitué.
Oui la partie défenderesse originaire et demanderesse sur
opposition par l 'organe de Maître Joseph HANSEN, avoué constitué
Par jugement du 16 février 1987, rendu par défaut, faute
de comparaître à l 'égard de la défenderesse, le tribunal d'ar
rondissement de Luxembourg a déclaré bonne et valable une
saisie-arrêt pratiquée le 14 février 1986 par Maître Joseph
Fiichsl , agissant en sa qualité de curateur de la société de
droit allejïiend
GmbH, entre les mains de la
, pour sûreté et avoir paiement
de la somme.de 5oo ooo.- marks alle.mands lui redue par la
société de 'droit suisse
6oC Aj
COSMETICS AG. Pour vali
der ladite saisie-arrêt, le tribunal s'est basé sur un jugemem
rendu le 24 juillet 1986 par le Landgericht Mûnchen, condamnani
la société
COSMETICS AG à payer à Maître Joseph
Fuchsl es-qualités la somme de 5oo ooo.- marks allemands, ce
jugement ayant été rendu exécutoire sur le territoire du'
Grand-Duché de Luxembourg par ordonnance du président du tribu
nal d'arrondissement de Luxembourg du 24 octobre 1986.
Par exploit d'huissier du 22 juin 1987, la société de droit
suisse TREUHAND & RECHSTPRAXIS ULRICH DIENER HAFNER AG, agissan
en sa qualité de curateur de la faillite de la société de droit
suisse
-ScC i.y)
COSMETICS AG, a déclaré relever oppositio
contre le jugement du 16 février 1987.
Le défendeur sur opposition soulève l'irrecevabilité de 1'
opposition au motif que le jugement a été signifié à personne
le 13 mai 1987 suivant " Empfangsbestatigung " de la société
TREUHAND & RECHSTPRAXIS ULRICH DIENER HAFNER AG, et qu'en vertu
dell 'artitle 158 du Code de Procédure Civile le délai d'oppo
sition contre les jugements signifiés à personne n'est que de
15 jours.
L'opposante résiste à ce moyen en contestant que le jugement
du 16 février 1987 aurait fait l'objet d'une signification à
personne.
Suivant l'article 6, no 2 de la Convention internationale
relative à la procédure civile, conclue à La Haye le 1er mars
1954, approuvée par arrêté grand-ducal du 3o mars 1956, la dis
position de l 'article 1er dudit accord,prescrivant la signifi
cation par la voie consulaire, ne s'oppose pas " à la faculté
pour les intéressés, de faire des significations directement,
par les soins des officiers ministériels ou des fonctionnaires
compétents du pays de destination. " Cette faculté n'existe
cependant que " si des Conventions intervenues entre les
Etats intéressés l 'admettent ou si, à défaut de conventions,
l'ETat, sur le territoire duquel la signification doit être
faite, ne s'y oppose pas ."
En vertu d'un accord entre le Grand-Duché de Luxembourg et
la Confédération suisse relatif à la transmission des actes
judiciaires et extrajudiciaires et de commissions rogatoires
en matière civile et commerciale, conclu par échange de lettres
datées à Luxembourg des 12 et 15 février 1979, la transmission
des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile et
commerciale entre le Luxembourg et la Suisse se fait de façon
directe, en omettant la voie diplomatique ou consulaire, entre
les autorités désignées à cet effet par les Etats contractants.
Cet accord ne vise que les modes de transmission et de remist
des actes sans porter atteinte à la règle qui soumet la forme
de la signification proprement dite à l 'empire exclusif de la
loi du for. Il ne substitue pas, dans les rapports entres les
Puissances contractantes, un nouveau mode de signification
des exploits à celui que leurs législations respectives ont
adoptés.
Selon la législation 1éuxembourgeoise, la signification d'un
jugement est réputée consommée par l 'accomplissement des forma
lités effectuées à l 'intérieur du Grand-Duché. Les délais des
voies de recours commencent à courir, en ce qui concerne les
significations à faire à l 'étranger, et notamment en Suisse,
à partir de la date de la remise, au Parquet, de l 'acte à
transmettre. Ni le jour de la remise effective de l 'acte ni
celui où le destinataire en a eu connaissance ne sont pris en
considération ( cf. Cour d'appel 21 janvier 1981 , P 25, 374;
Cour d'appel 13 avril 1983, W,
c/ T.
).
Comme les formalités faisant courir les délais des voies de
recours sont censées accomplies
par la remise de l 'acte au
Parquet, c'est-à-dire, à une date où par hypothèse l 'acte ne
parvient pas aux mains du destinataire, il ya lieu d'appliquer,
pour la durée des délais, les règles relatives à la significa
tion à domicile, et non pas celles de la signification è per
sonne.
Par application de l'article 158 alinéa 2 du Code de procé
dure civile, si la signification d'un jugement rendu par défaut
faute de comparaître n'a pas été faite à personne, l 'opposition
est receyable aussi longtemps qu'il ne résulte pas d'actes
d'exécution du jugement que le défaillant en a eu connaissance.
En l'espèce, il ressort des pièces versées que le jugement
de validation de saisie-arrêt, signifié le 14 avril 1987 par
la remise d'une copie de la grosse en forme exécutoire dudit
jugement au Parquet de Luxembourg, et que cette copie a été
remise le 13 mai 1987 à la société TREUHAND & RECHTSPRAXIS
ULRICH DIENER HAFNER par les soins du Obergericht du Canton
de Zurich.
L'article 158 exige cependant non seulement que l 'existence
du jugement soit connue du défendeur, il faut au surplus qu'il
en ait connaissance au moyen d'actes d'exécution du jugement
( cf. Garsonnet et Cézar-Bru: Traité théorique et pratique de
procédure civile et commerciale, tome VI, no 296, p. 533).
En l 'espèce, il ne ressort d'aucune pièce que l'exécution
du jugement du 16 février 1987 ait été commencée et que cette
exécution ait été portée à la connaissance de la partie défen
deresse, de sorte qu'aucun délai d'opposition n'avait commencé
à courir et que l 'opposition faite le 22 juin 1987 n'est pas
tard i ve.
Joseph FiiCNSL soulève encore 1'i rrecevab i 1 ité de l'opposition
au motif que celle-ci serait insuffisamment motivée en ce qui
concerne les textes légaux invoqués, de sorte qu'il lui serait
impossible de prendre position sur les motifs sur lesquels se
base
1 'opposante.
En vertu des articles 61 , 161 et 162 du Code de Procédure
Civile, l 'acte d'opposition doit contenir les moyens d'oDoo
sition.
En l'espèce, l 'exploit d'opposition est motivé de façon cir
constanciée , et le défendeur sur opposition ne pouvait se
méprendre sur la portée des moyens invoqués à l 'appui de 1 '
oppos i t i on.
Le moyen tiré du défaut de précision de l 'opposition est
partant à écarter.
L'opposition, qui est par ailleurs régulière en la forme,
est partant recevable.
Au fond, la société de droit suisse TREUHAND & RECHSTPRAXIS
ULRICH DIENER HAFNER AG fait plaider que par jugement du
Bezirksqericht de Bulach, la société de droit suisse
COSMETICS AG a été déclarée en état de faillite
avec effet au 28 août 1986 et que, partant, les procédures d'
exécution individuelles sont suspendues et que les fonds bloqués
par la saisie-arrêt font partie intégrante de la masse de la
fai11ite.
Il se dégage des pièces versées que par jugement du tribunal
d'arrondissement de Bulach ( Suisse ) du 28 août 1986, la so
ciété de droit suisse
Saz.À.)
COSMETICS AG a été déclarée
en état de faillite avec effet à la même date.
En vertu du principe de l'universalité de la faillite, re
connu en droit luxembourgeois ( Tr. arr. Luxembourg, 11 octobre
1961, P. 18, 47o; Tr. arr Luxembourg 13 juillet 1984, faillite
C. c/ faillite HOLDING C..
), comme d'ailleurs
en droit suisse ( cf. Tr. arr. Luxembourg lo juillet 1987,
Wv
LTD c/ C,
, et les références
y citées ), le jugement déclaratif de faillite, rendu par un
tribunal étranger, a, quant à la capacité et au patrimoine du
failli auLuxembourg, autorité de chose jugée et y produit les
même effets que dans le pays étranger et cela même avant toute
sentence d'exequatur.
n s'ensuit que le jugement de faillite de la société de
droit suisse
-èoci.J.)
COSMETICS AG produit ses effets,
au Luxembourg, avec effet au 28 août 1986, date fixée par ledit
jugement.
Les fonds bloqués au Luxembourg entre les mains de la
•3aue..j,)
, par l'effet de la saisie-arrêt pratiquée
le 14 février 1986, n'étant pas encore sortis du patrimoine de
la société saisie au moment où la faillite de celle-ci a été
prononcée, ces fonds font partie de la masse de la faillite
et sont soustraits des poursuites individuelles.
Il s'ensuit qu'il y a lieu d'accorder la main-levée de la
saisie pratiquée le 14 février 1986 et non encore validée à la
date du jugement prononçant la faillite.
P
a
r
c e
s
mot
i f s :
le tribunal d'arondissement de et à Luxembourg, première
section, siégeant en matière civile, statuant contradictoire
ment, le Ministère Public entendu,
reçoit l 'opposition en la forme,
au fond, la déclare justifiée,
partant ordonne la mainlevée de la saisie-arrêt pratiquée
le 14 février 1986 par Maître Joseph FlîCHSL entre les mains de
la
. N
au préjudice de la société
de droit suisse
Sjz.X./
COSMETICS AG,
condmane Maître Joseph FûCHSL ès-qualités aux frais et dépen
des deux instances, et en ordonne la distraction au profit de
Maître Joseph HANSEN, avoué concluant qui la demande affirmant
en avoir fait
1'avance.