Summary dismissed: Referee court lacks power to order specific performance or declare breach of contract in urgent matters.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe plaintiff requested the referee judge to order the defendant to take delivery of a car or declare a breach of contract. The court found the plaintiff knew the defendant could not pay due to financial hardship from a divorce. Consequently, the court dismissed the request for specific performance and the claim of unlawful non-performance.
Regeste Legislator
Généré par l'IAArticles 806, alinéa 1er; 807, alinéa 1er du code de procédure civile: The referee judge lacks competence to order specific performance of contractual obligations or declare a breach of contract, as such measures exceed the provisional nature of the ruling and risk rendering a final judgment impossible.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
Réf. no. 311/88
du 7.3.1988
à 9h40
Audience publique extraordinaire des référés du lundi,
7 mars 1988, tenue par Nous Marie-Jeanne HAVE, Vice-
Président au Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg
en remplacement des Président et autres magistrats plus
anciens en rang, tous légitimement empêchés, assistée du
greffier assumé Marion FUSENIG.
Dans la cause
entre
le sieur
c
.)
c )
garagiste, demeurant à
élisant domicile en l'étude de Maître Jean-Jacques
SCHONCKERT, avocat, demeurant à Luxembourg,
demandeur comparant par Maître Pascal PROBST, avocat,
en remplacement de Maître Jean-Jacques SCHONCKERT,
avocat-avoué, les deux demeurant à Luxembourg,
e t
le sieur
c)
., chauffeur, demeurant à C - )
actuellement à ^ ( Belgique
)
défendeur comparant par Maître Michel KARP, avocat,
en remplacement de Maître Alain GROSS, avocat-
avoué, les deux demeurant à Luxembourg.
FAITS :
Par exploit de l'huissier de justice Camille FABER d'Esch-
sur-Alzette en date du 9 octobre 1987, le demandeur
fit donner assignation au défendeur à comparaître le
lundi, 9 novembre 1987 devant
Monsieur le Président du
Tribunal d'arrondissement de et à Luxembourg, Conseiller
Honoraire, siégeant comme juge des référés au Palais de
justice à Luxembourg, deuxième étage, salle 35, pour :
^
■)
A l'appel de la cause à l'audience publique ordinaire des
référés du jeudi, 17 décembre 1987, Maître Jean-Jacques
SCHONCKERT donna lecture de l'assignation ci-avant
transcrite et exposa les moyens de sa partie;
Maître Michel KARP répliqua;
Une comparution personnelle des parties fut fixée au 12
janvier 1988 à 10.00 heures.
A cette date, les parties furent entendues en leurs
explications. L'affaire fut remise au 28.1.1988.
Après plusieurs remises, l'affaire fut refixée à
l'audience publique ordinaire des référés du jeudi,
11 février 1988, lors de laquelle Maître Pascal PROBST et
Maître Michel KARP développèrent leurs moyens;
Madame le juge des référés prit l'affaire en délibéré et
rendit à l'audience publique extraordinaire des
référés de ce jour 1'
ORDONNANCE
qui suit:
Par exploit de l'huissier de justice Camille FABER d'Esch-
sur-Alzette en date du 9 octobre 1987,
C.)
a fait assigner devant le juge des référés
0,^
aux fins de l'y voir condamner à prendre
livraison de la voiture
)
de couleur
rouge commandée le 9 février 1987, sous peine d'une
astreinte de 2.500.-francs par jour de retard à partir de
la signification de la présente ordonnance.
En ordre subsidiaire, C.^
demande la condamnation
du défendeur au paiement de la somme de 65.000.-francs à
titre de clause pénale pour non-respect de ses obligations
contractuelles et la résiliation du contrat.
La demande est régulière en la forme.
Lors de la comparution personnelle des parties ordonnée en
cause 0.)
a déclaré vouloir prendre livraison de la
voiture (. ..) du moment qu'il touchera de la part du
notaire la somme de 350.000.-francs provenant de la
liquidation de la communauté de biens ayant existé entre
lui et son épouse.
Dans son exploit d'assignation C.)
n'a pas indiqué
sur quelle base légale il entend saisir le juge des
référés, mais celle-ci est à rechercher dans les articles
806, alinéa premier et 807, alinéa premier du code de
procédure civile.
Le juge des référés se doit dès lors de vérifier ses
pouvoirs au regard de ces
deux dispositions légales.
Quant à la base de l'article 806, alinéa 1er
L'article 806/ alinéa premier prévoit que dans tous les
cas d'urgence, le Président du Tribunal peut, en référé,
ordonner toutes les mesures, qui ne se heurtent à aucune
contestation : sérieuse. - Abstraction faite de la condition
de l'urgence, le juge des référés est sans compétence pour
condamner une personne à exécuter en nature une obligation
de faire contractuelle, p jisque ce faisant, il statuerait
au-delà du provisoire en provoquant une situation
irrémédiable qui aurait pour effet de rendre impossible -
en cas de décision contraire du juge du fond - de faire
revivre entre les parties le même état de fait et de droit
antérieur.
En l'occurrence C.j
sollicite la résiliation du
contrat de vente avec allocation de dommages-intérêts,
alors qu'il est établi que 0,^
se trouvant dans une
situation financière précaire à la suite de son divorce ne
peut prendre actuellement livraison de la voiture.
Il s'ensuit que les conclusions du demandeur C, )
ne sauraient être accueillies sur base de l'article 806,
alinéa 1er du code de procédure civile.
Quant à la base de l'article 807, alinéa 1er du code de
procédure civile.
La non-exécution alléguée de l'obligation contractée par
le défendeur est qualifiée par le demandeur de voie de
fait.
Le débiteur d'une obligation est libre de satisfaire à ses
engagements ou de les ignorer, sauf au créancier d'en
tirer les conséquences juridiques qu'il jugera opportunes.
Dans les cas très exceptionnels la non-exécution d'une
obligation contractuelle peut être à l'origine d'un
trouble manifestement illicite, par exemple dans le cas
d'un contrat successif, lorsque l'une des parties cesse
unilatéralement toute relation avec son cocontractant de
façon si intempestive que son agissement peut être à
l'extrême qualifié de voie de fait s'il est le résultat
d'une violation grossière et intolérable de la loi ou des
principes juridiques.
En imposant, dans pareille espèce, l'exécution du contrat
en cause, le juge des référés prend une mesure, qui sans
préjuger la solution donnée au fond, a pour objet de
maintenir les choses en l'état.
En l'occurrence, le défendeur O.j
momentanément
à court d'argent en raison de son divorce, ne peut pas
prendre livraison de la voiture, ce dont le demandeur
C.)
est parfaitement au courant. Dans ces
conditions les agissements du défendeur ne sauraient être
qualifiés de voie de fait et il appartient à C.j
de saisir, le cas échéant, le juge du fond de la
résiliation du contrat de vente.
La demande est partant également irrecevable sur base de
l'article 807, alinéa premier du code de procédure civile.
par
ces
motifs
Nous Marie-Jeanne HAVE, Vice-Président au Tribunal
d'arrondissement de et à Luxembourg en remplacement des
Président et autres magistrats plus anciens en rang, tous
légitimement empêchés, siégeant comme juge des référés,
statuant contradictoirement;
recevons la demande en la forme;
la déclarons irrecevable;
condamnons C.^
aux frais et dépens de l'instance.