Court dismisses opposition to bankruptcy ruling, upholding extension of personal liability to wife.
Synthèse Legislator
Généré par l'IAThe court rejected the wife's opposition to a judgment declaring her husband bankrupt and extending liability to her. She argued she only handled accounting and that her husband managed the business, but failed to provide evidence contradicting the public security report. The court affirmed the extension of bankruptcy to the true master of the affair based on established jurisprudence.
Regeste Legislator
Généré par l'IACode de commerce; Extension of bankruptcy to the true master of the affair; The court may apply bankruptcy to the person behind a company when the company is used to disguise the true master's commercial activity.
Mots-clés
Généré par l'IAJurisprudence citée
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IATexte complet
/î
No
56/87
Audience publique du merc red
i
mil neuf cent quatre-vingt-sept.
Numéro 67ol du rôle.
1er juillet
Composition :
GONNER-de WAHA, président,
conseiller honoraire;
NEU et KURECK, juges.
HARLES, attachée déléguée.
E nt re
:
la dame
épouse
à
b-c.A
demeurant
demanderesse par
opposition aux termes
d'un exploit de l 'huissier
de justice Alex MERTZIG
de Diekirch en date du
14 avril 1 987 ;
comparant par Maître
Pierre PROBST, avocat-avoué
demeurant â Diekirch, en.
l'étude duquel domicile
est élu;
E t :
Maître Pol URBANY, avocat, demeurant à Diekirch,
pris en sa qualité de curateur de la faillite de la
demanderesse ;
défendeur sur opposition aux fins du prédit exploit
MERTZIG;
comparant en personne.
F
a
i ts :
Par exploit de l 'huissier de justice Alex MERTZIG
de Diekirch en date du 14 avril 1987, la demanderesse
par opposition a fait déclarer au défendeur sur opposition:
"
que la partie requérante forme opposition par les
présentes contre le jugement rendu le 8 avril 1987 par
le Tribunal d'arrondissement de et à Diekirch, statuant
en matière commerciale, déclarant d'office en état de
faillite la partie requérante."
Et pour voir statuer sur le mérite de cette oppositior
la demanderesse par opposition a fait donner assignation
au défendeur sur opposition à comparaître le mercredi ,
29 avril 1987, à 9,oo heures du matin, devant le tribunal
d'arrondissement de et â Diekirch, siégeant en matière
commerciale, au Palais de Justice â Diekirch, Place
Guillaume, premier étage, po
u
r :
ALLBitau que l'opposition est fondée sur les niotifs suivants:
MLtendu qu'il est formellement contesté que la dame
aurait seule adniinistre la caisse de la société et que son
mari n'avait accès a cette caisse qu'avec son contement; que
pour affirmer cela,les memPres de la Sûreté n'ont meme pjas
Cru nécessaire d'interroqer la famille
;
/iiLtendu qu'il est contesté que quelqu'un devienne
.•jLi Lotiia 11 quemen t gérant d'une société s'il s'en occupe pendant
la maladie de son époux-,que la partie requérante conteste
formellement avoir été une gérante de fait,alors que la
motivation y relative est eri contradiction av^c les autres
motifs évoqués plus haut dans le prédit jugenien t ;
qii ' en e 11 e t
ce .jugemerit affirme d'une part que la dame
s'occupait uniquement de la comptabilité etc.qu'elle
s'occupait seule des intérêts de la sc^ciété durant une
période prolongée et puis dans 1'alinéa suivant qu'elle
assumait en partie la gestion de la s.ar.l. en faillite;
Attendu que le ;)ugBment en question reprend pour le surplus
les mêmes arguments qui avaient deja été utilisés p>our
}i!£tifier l'extension de la faillite au sieur Al
Ht tendu que le jugement fait encore fausse route lor^^qj'il
qualifiée dans le dispositif la requérante comme gerant£:Quc
le tribunal n'a que très sonuna i r emen t examiné la question
i
les conditions piour l'existence d'une faillite personnel le
sont remplies et justitlèes;qu'i1 n'y a pas la moindre piecê
concernant une cessation due paiement ou un èbranlemeni cru
crédit de la dame
(U-i
;
A CES CAUSES
voir recevoir la présente opposition en la forme;
au fond l'entendre dire justifiée;
partant mettre a néant le jugement dont op-pos 11 i on ;
vOi f
reserver a la partie i-e<-iueranté tous autres
dr'o ! Ls , moyens et actions;
siàiuer sur les frais ce qu'en droi t
il appar11fcndra ;
Cette affaire fut mise au rôle par les soins de la
demanderesse par opposition et inscrite au rolecommercia 1
sous le numéro 67ol.
A
l'appel de la cause â l 'audience publique du
29 avril 1987, à 9,oo heures, Maître Pierre PROBST,
avocat-avoué, demeurant â Diekirch, se présenta^pour
la demanderesse par opposition
.Maître
Pol URBANY comparut en personne.Ensuite l'affaire fut
remise au 13 mai 1987, oû elle subit une autre remise
au 2o ma 1 : 1987.
A
l'appel de la cause à cette audience publique,
Maître Pierre PROBST donna lecture de l'assignation,
exposa l'affaire et conclut â l'adjudication de sa
demande. '
Sur ce Maître Pol URBANY répliqua.
Après les conclusions du Ministère Public, le
tribunal prit l'affaire en délibéré et fixa jour pour
le prononcé du jugement à l'audience publique du 17
juin 1987, à laquelle il fut remis au 1er juillet 1987.
A cette audience publique le tribunal rendit le
j
u geme nt
qui suit
Ouï la partie demanderesse par l'organe de son
mandata i re.
Ouï Ma.ître Pol URBANY en ses rpoyens.
Par exploit de l'huissier de justice Alex MERTZI6
de Diekirch en date du 14 avril 1987 ,
w"!)
a
relevé opposition contre un jugement rendu par le
tribunal d'arrondissement de ce siège en date du 8 avril
1987 la déclarant d'office en état de faillite par
extension de la faillite de la s.à.r.l.
L'opposition a été faite dans les forme et délai
de la loi ; elle est partant recevable.
L'opposante reproche tout d'abord au jugement
dont opposition d'avoir fait foi au rapport de la
Sûreté Publique du 23 mars 1987 en ce que les agents
ont admis qu'en fait
W>)
administrait seule la
caisse de la société.L'opposante se borne à contester
sans pouvoir fournir-des élé^ments concrets qui contre
disent les énonciations des agents de la sûreté sur le
prédit point.
Elle estime que c'est à tort qu'elle a été qualifiée
de gérante de fait alors qu 'e11e "conteste que quelqu'un
devienne automatiquement gérant d'une société s'il s'en
occupe pendant la maladie de son époux" en voulant faire
croire au tribunal que cette période où
s'est
occupée de la société ne perdurait que pendant quelques
mois, alors'qu'il résulte clairement efsans équivoque
du rapport de la sûreté que déjà depuis l'année 1982,
avait de plus en plus pris les rênes
de la
s.à.r.l.
, alors que son mari en était
de moins
en moins capable , s'adonnant à l'alcool. Finalement en
1984, alors que le fils des époux
commençait à
travailler à l 'entreprise, la direction en fut presque
exclusivement assumée par w})
, F^^
se
bornant à s'occuper de l'achat et de la vente des
voitures.
L'opposante veut encore faire état de contradictions
dans le jugement, contradictions qui existent seulement
dans l'esprit de 1'opposante et qui proviennent uniquement
du fait qu'elle n'a pas compris le sens d'un*e phrase de la
motivation, alors que si le tribunal constate "qu'il résulte
du rapport de la Sûreté Publique
que
...
s'était exclusivement occupée de la comptabilité, du livre
de caisse et de l'établissement des factures"; cette phrase
n'est pas à comprendre dans le sens que
n'a rien fait
d'autre que de s'occuper de la comptabilité, du livre de
caisse et de l'établissement des factures, mais bien évidemment
dans le sens que c'est
seule, à l 'exclusion de
toute autre personne qui s'est occupée de la comptabilité,
du livre de caisse et de l'établissement des factures.
L'opposante n'a pas pu fournir un seul élément de
preuve à l'appui de ses contestations qui pouvait contredire
les constatations des agents de la Sûreté Publique
à
la sincérité desquels le tribunal n'a aucune raison
de douter.
Finalement, l 'opposante reproche au jugement dont
opposition qu'il n'a que très sommairement examiné la
question si les conditions pour l 'existence d'une
faillite personnelle sont remplies et justifiées
et qu'il n'y aurait pas la moindre pièce concernant
une cessation de paiement ou un ébranlement du crédit.
Quant aux conditions de la faillite du maître
de 1 'affa i re :
Il n'est actuellement plus discuté en jurisprudence
et en doctrine au cas où une personne exerce le commerce
sous le couvert d'une société en dénaturant celle-ci , que
le tribunal peut appliquer la faillite â celui qui se
cache derrière elle en constatant simplement que le maîtr
de l'affaire faisant le commerce sous le couvert de la
société et sans avoir à rechercher s'il a effectivement
commis des actes de commerce pendant les six mois ayant
précédé le jugement (Van Ryn et Van Ommeslaghe, Revue
critique de jurisprudence belge 1973, page 355^366;
Trib. com. Liège 14.11.1967, Rev. prat. soc. no. 54o2).
Il résulte à l 'exclusion de tout doute du rapport
de la Sûreté Publique du 23 mars 1 987 que W.^
et dans une moindre mesure son époux
étaient les véritables maîtres de la s.à.r.l.
La jurisprudence et la doctrine les plus récentes
admettent encore en appliquant par analogie dans ce
domaine les solutions dégagées par la Cour de Cassation
en matière de société, en nom collectif qu'il n'est pas
nécessaire en matière d'extension de la faillite sociale
au véritable maître de l 'affaire de constater de façon
distincte l 'état de cessation de paiement et d'ébranle
ment de crédit du maître de l'affaire (Van Ryn et Van
Ommeslaghe, Revue critique de jurisprudence belge 1973,
page 367; Trib. corn. Charleroi 29 avril 1974, Revue prat.
soc. 1974, no. 58o; trib. Diekirch, 3o janvier 198o
Me WA.
et S.A.
WY.
c/
SCH^
).
Il échet dès lors de déclarer l 'opposition non-fondée
et d'en débouter l'opposante
Par ces mot
i fs :
le tribunal d'arrondissement de et à Diekirch,
siégeant en matière commerciale, statuant contradictoirement,
le Ministère Public entendu en ses conclusions,
reço
i t
l'opposition en la forme;
la
d
i t cependant non fondée et e
n
d ébou te
;
d
i t que le jugement du 8 avril 1987continuera à sortir ses
pleins et entiers effets;
l
a
i
s s e
les frais à charge de l 'opposante.
Ainsi lu en audience publique au Palais de Justice
à Diekirch, en présence du représentant du Ministère Public,
par Nous Raymonde 60NNER-de WAHA, président du tribunal
d'arrondissement, assisté du greffier Johny WITRY.
Le président,
•
Le greffier.