Legislator Jurisprudence & Législation
2301160 Généré par l'IA

Applicant v. State on Expulsion Order and Article 8 ECHR Violation

Numéro de cause 2301160
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Rejeté (Dismissed)

Synthèse Legislator

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A national whose administrative expulsion order required immediate departure and included a re-entry ban sought the suspension of the order, arguing an imminent removal and a grave, manifest violation of the right to private and family life under Article 8 ECHR. The court rejected the request because the applicant, who claimed to have lived in the territory for four years, failed to substantiate the antiquity or continuity of his stay, nor did he establish the reality, stability, or intensity of his personal or family ties in the territory, rendering his claim that the contested decisions constituted a grave and manifest violation of a fundamental freedom manifestly unfounded despite the asserted urgency.

Regeste Legislator

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article L. 521-2 du code de justice administrative, article L.761-1 du code de justice administrative, article L. 511-2 du code de justice administrative, article L. 522-3 du code de justice administrative, article R. 751-8 du code de justice administrative; Applicant v. State on Expulsion Order and Article 8 ECHR Violation: The court rejected the request because the applicant, who claimed to have lived in the territory for four years, failed to substantiate the antiquity or continuity of his stay, nor did he establish the reality, stability, or intensity of his personal or family ties in the territory, rendering his claim that the contested decisions constituted a grave and manifest violation of a fundamental freedom manifestly unfounded despite the asserted urgency.

Mots-clés

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éloignement rupture de ban interdiction d'entrée droits fondamentaux décision préfectorale de renvoi droit à la vie

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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Article L. 522-3 du code de justice administrative

This article was applied to reject the request because it was manifestly unfounded.

Article L. 761-1 du code de justice administrative

Although requested by the applicant, this article regarding legal fees was not explicitly mentioned in the operative part of the final orders, which only ordered the rejection of the request and notifications.

Article R. 751-8 du code de justice administrative

This article was cited for the procedural requirement of sending a copy of the order to the Minister of the Interior.

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Texte complet

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mars 2023, M. A, représenté par Me Abla, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit d'y retourner ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 10 jours à compter de l'ordonnance ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est exposé à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- l'obligation de quitter sans délai le territoire français porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'est pas motivée et porte également une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Legrand, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant comorien, né le 18 octobre 1995, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit d'y retourner.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

3. En indiquant vivre à Mayotte " depuis quatre ans " et en ne fournissant aucun document corroborant cette allégation, M. A, ne démontre pas l'ancienneté ni la continuité de son séjour sur le territoire. S'il verse à l'appui de sa requête les actes de décès de ses parents aux Comores en 2002 et 2004, le requérant n'établit ni même n'allègue qu'il serait isolé aux Comores où il a vécu pendant plus de quinze ans sans eux. En outre, s'il se prévaut de ce que sa sœur dispose d'une carte de séjour pluriannuelle, cet élément ne suffit pas pour établir la réalité, la stabilité et l'intensité de ses attaches personnelles et familiales à Mayotte, étant observé qu'il n'établit pas la qualité de beau-frère de la personne dont il produit le passeport français. Dans ces conditions, le requérant est manifestement infondé à soutenir que les décisions attaquées portent une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il y a lieu, par suite, alors même que M. A fait valoir qu'il se trouve dans une situation d'urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur en application des dispositions de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 4 mars 2023.

La juge des référés,

I. LEGRAND

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2301160