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11-28259 Généré par l'IA

Cassation of Divorce Damages Award Based on Incompatible Moroccan Law

Numéro de cause 11-28259
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Rejeté (Dismissed)
Frais judiciaires à la charge de l'autorité

Synthèse Legislator

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The Court of Cassation quashed a lower court's decision that awarded damages to one spouse in a divorce case between parties married under Moroccan law, because the appellate court found Moroccan law incompatible with French public order as it lacked a provision equivalent to spousal compensatory payment. The high court reasoned that the appellate court failed to legally base its decision by not specifying or analyzing the actual terms of the applicable Moroccan law, particularly neglecting to examine whether the new Moroccan Family Code's provisions for indemnification for prejudice suffered due to the dissolution made that law compatible with French public order, thus precluding a proper ruling under French civil law.

Regeste Legislator

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article 3 du code civil, article 455 du code de procédure civile, article 1382 du code civil, art. 309 du Code Civil, Art. 66 al. 1 LTF; Cassation of Divorce Damages Award Based on Incompatible Moroccan Law: The high court reasoned that the appellate court failed to legally base its decision by not specifying or analyzing the actual terms of the applicable Moroccan law, particularly neglecting to examine whether the new Moroccan Family Code's provisions for indemnification for prejudice suffered due to the dissolution made that law compatible with French public order, thus precluding a proper ruling under French civil law.

Mots-clés

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versement de dommages-intérêts motifs de cassation unité du jugement de divorce conflits de lois cause de divorce droit matrimonial

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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Article 3 du code civil

The Supreme Court cited this article as part of the legal framework that the lower court failed to properly apply when assessing the compatibility of foreign law with French public order.

article 455 du code de procédure civile

The Court cited this article in conjunction with Article 3 of the Civil Code to hold that the Court of Appeal failed to provide a legal basis for its decision.

Art. 66 al. 1 LTF

This procedural article is implicitly referenced through the general requirement to order costs in the dispositive when a party loses the appeal (Mme Y... was condemned to pay costs).

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Texte complet

LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :

Sur le moyen unique qui est recevable :

Vu l' article 3 du code civil, ensemble l'article 455 du code de procédure civile ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. X... et Mme Y... mariés en 1980 au Maroc, ont eu deux enfants nés en 1980 et 1985 ; que Mme Y... a déposé une requête en divorce en 2006 ;

Attendu que, pour accorder à Mme Y... des dommages-intérêts en application de l'article 1382 du code civil français, la cour d'appel a relevé que la loi marocaine applicable au divorce ne prévoit aucun versement assimilable à la prestation compensatoire et qu'elle est, dès lors, manifestement contraire à l'ordre public international français ;

Qu'en statuant ainsi, sans préciser, ni analyser les termes du droit marocain, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision au regard des textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 14 octobre 2010, entre les parties, par la cour d'appel d'Agen ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Bordeaux ;

Condamne Mme Y... aux dépens ;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du treize février deux mille treize.

MOYEN ANNEXE au présent arrêt

Moyen produit par la SCP Ancel, Couturier-Heller et Meier-Bourdeau, avocat aux Conseils, pour M. X...

Le moyen reproche à l'arrêt partiellement confirmatif attaqué d'avoir condamné M. X... à payer à Mme Y... des dommages et intérêts d'un montant de 5.000 euros sur le fondement de l'article 1382 du code civil, après avoir dit que le présent litige était soumis à la loi française ;

Aux motifs propres que le premier Juge a procédé à une analyse minutieuse et complète des faits à l'origine du litige, des prétentions et moyens des parties et des dispositions légales applicables, notamment de la Convention franco-marocaine du 10/08/81 et de la Convention de LA HAYE du 02/10/71 ;

S'agissant de la nationalité de l'intimée, celle-ci était marocaine au moment de l'introduction de la procédure mais a acquis la nationalité française en cours de procès, courant 2008 ; aucune des parties ne croit devoir conclure sur ce point au regard des dispositions de l'art. 9 de la Convention franco-marocaine précitée afin de vérifier si cet accord bilatéral est encore, dans ces conditions, susceptible de s'appliquer ; bien que l'on ne puisse que déplorer cette carence des parties, la solution retenue par le premier Juge ne saurait en toute hypothèse être remise en question ; soit on doit considérer que cette Convention est applicable dans son principe mais alors elle se heurte à l'Ordre Public français aux attendus figurant dans la décision appelée ; soit elle ne s'applique pas en raison de la différence de nationalité des deux intéressés ;

Enfin, l'invocation de la nationalité française de l'intimée demeure sans influence sur l'application de la Loi française sous l'angle des dispositions du paragraphe 1er de l'art. 309 du Code Civil, étant précisé que nul, ici encore, ne songe à se prévaloir de ce que, tant le mari que la femme paraissent avoir leurs domiciles respectifs en France ;

L'analyse du premier Juge n'étant pas utilement contestée par Salah X... en cause d'appel aux termes d'une argumentation relativement confuse, il convient d'adopter les motifs de première instance et de confirmer la décision déférée sur cette question particulière ;

Et aux motifs adoptés qu'en considération de la nationalité commune des époux, le divorce a, par application de l'article 9 de la convention signée à RABAT le 10 août 1981, vocation à être soumis à la loi marocaine ;

Selon l'article 8 de la convention de LA HAYE du 2 octobre 1973, la loi appliquée au divorce règle les conséquences pécuniaires de la rupture du mariage ;

En vertu de l'article 11 de la convention multilatérale précitée, l'application de cette loi est écartée si elle est manifestement incompatible avec l'ordre public ;

En l'espèce Mme Zohra Y... forme accessoirement à sa demande de divorce une demande de prestation compensatoire ;

La loi marocaine ne prévoit aucun versement assimilable à une prestation compensatoire ;

Que cette loi est dès lors en l'espèce manifestement incompatible avec l'ordre public international français (Civ. 1ère, 7.11.1995, D 96 somm. p. 170) ;

Que le litige sera en conséquence soumis à la loi française ;

Alors qu'une loi étrangère qui prévoit en cas de divorce une indemnité en réparation du préjudice subi par la rupture n'est pas manifestement incompatible avec l'ordre public français ; qu'en se bornant à statuer comme elle l'a fait, sans rechercher si les dispositions du nouveau code de la famille marocain prévoyant notamment que l'épouse peut obtenir une indemnité en réparation du préjudice qu'elle subit du fait de la rupture, ne rendaient pas cette loi compatible avec l'ordre public français, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision au regard de l'article 3 du code civil.