Legislator Jurisprudence & Législation
98-87301 Généré par l'IA

Conviction Upheld for Violation of Expulsion Order Despite *Non Bis In Idem* Claim

Numéro de cause 98-87301
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Rejeté (Dismissed)

Synthèse Legislator

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The Court of Cassation rejected an appeal against a conviction for violating an expulsion order, which resulted in a three-year ban from national territory. The appellant argued, among other things, a violation of the *non bis in idem* principle due to prior acquittals concerning the same act of non-compliance with the expulsion order. The appellate court had upheld the conviction, finding the initial expulsion order valid despite the appellant being the father of a French national child, because the appellant's repeated and serious breaches of public order, evidenced by twelve prior convictions, justified derogating from protections afforded to parents, and the appellant failed to prove he was actually exercising parental authority or supporting the child. The high court deemed the *non bis in idem* argument inadmissible because the factual basis necessary to assess its validity was missing from the lower court's findings, and otherwise found the conviction justified by the established facts regarding the appellant's irregular status and prior offenses.

Regeste Legislator

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articles 131-30 du Code pénal, articles 131-10 du Code pénal, 593 du Code de procédure pénale, L. 131-6, alinéa 4, du Code de l'organisation judiciaire; Conviction Upheld for Violation of Expulsion Order Despite *Non Bis In Idem* Claim: The appellant argued, among other things, a violation of the *non bis in idem* principle due to prior acquittals concerning the same act of non-compliance with the expulsion order. The appellate court had upheld the conviction, finding the initial expulsion order valid despite the appellant being the father of a French national child, because the appellant's repeated and serious breaches of public order, evidenced by twelve prior convictions, justified derogating from protections afforded to parents, and the appellant failed to prove he was actually exercising parental authority or supporting the child. The high court deemed the *non bis in idem* argument inadmissible because the factual basis necessary to assess its validity was missing from the lower court's findings, and otherwise found the conviction justified by the established facts regarding the appellant's irregular status and prior offenses.

Mots-clés

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rupture de ban principe "Ne bis in idem" état de fait pertinent défaillances répétées exemption de peine arrêts en appréciation de validité

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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593 du Code de procédure pénale

This article is cited in the context of the first ground for appeal concerning the principle of non bis in idem, although the specific ground was ruled inadmissible.

593 du Code de procédure pénale

This article is cited in the context of the second ground for appeal regarding lack of justification for the decision.

L. 131-6, alinéa 4, du Code de l'organisation judiciaire

Cited regarding the composition of the deliberation panel that rendered the final decision.

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Texte complet

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le quatre novembre mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, a rendu l'arrêt suivant :

Sur le rapport de Mme le conseiller référendaire CARON, les observations de la société civile professionnelle NICOLAY et de LANOUVELLE, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général Di GUARDIA ;

Statuant sur le pourvoi formé par :

- X... Fulgence de FESHA GINVULA,

contre l arrêt de la cour d appel de PARIS, 12ème chambre, en date du 28 octobre 1998 qui, pour infraction à la législation sur les étrangers, l a condamné à 3 ans d interdiction du territoire national ;

Vu les mémoires personnel et ampliatif produits ;

Sur le premier moyen de cassation du mémoire personnel et le moyen unique de cassation proposé par l avocat en la Cour et pris de la violation des articles 131-30 du Code pénal, 21 bis de l ordonnance du 2 novembre 1945, 593 du Code de procédure pénale, de la circulaire ministérielle du 24 juin 1997, violation de la règle non bis in idem, manque de base légale ;

" en ce que l arrêt attaqué a déclaré le prévenu coupable de soustraction à l exécution d un arrêté d expulsion et a prononcé à son encontre l interdiction du territoire français pour une durée de 3 ans, avec exécution provisoire ;

" aux motifs que sur la régularité de l arrêté d expulsion du 12 août 1996, si Fulgence X... est père d une enfant de nationalité française, née le 26 novembre 1987 à Paris, et s il a formé avec la mère une déclaration en vue de l exercice en commun de l autorité parentale, le 15 mai 1992, devant le juge des tutelles, il reconnaît lui-même qu'il ignore où se trouvent actuellement la mère et l enfant et il n'est pas démontré qu'il exerçait effectivement l autorité parentale ou subvenait aux besoins de l enfant au moment où l arrêté a été pris ; que par ailleurs, il est également père d un enfant résidant en Belgique, né en 1979 ; qu à la date de l arrêté, le prévenu se trouvait en situation irrégulière puisque, rapatrié le 6 décembre 1988 après rejet de sa demande de statut de réfugié politique par l OFPRA et refus de séjour, il s était maintenu indûment sur le territoire français ; qu il a reconnu qu il était rentré en France irrégulièrement, en 1990, via la Belgique ; qu un nouveau refus de séjour lui était notifié le 28 décembre 1993, puis il faisait l objet, le 19 décembre 1995, d un arrêté de reconduite à la frontière ; que son recours contre cet arrêté était rejeté le 21 octobre 1995 ; que sur le plan pénal, le prévenu avait été condamné à 12 reprises avant qu intervienne l arrêté d expulsion, notamment pour infractions à la législation sur les étrangers, contrefaçon de chèque, obtention indue d un document administratif, conduite sous l empire d un état alcoolique (à trois reprises), violences sur une personne chargée d une mission de service public ; que dès lors l arrêté discuté, parfaitement régulier en la forme, pouvait déroger aux dispositions de l article 21 bis de l ordonnance du 2 février 1945 dès lors que des atteintes graves et répétées à l ordre public

avient été commises ; qu au fond, le 15 septembre 1997, X.. se disant Fulgence X... était appréhendé à la station du RER " Cité ", à Paris, tandis qu il tentait d escalader les tripodes d accès aux quais ; qu il était alors dépourvu de tout titre ou autorisation de séjour, et qu il était sous le coup de l arrêté d expulsion précité du 12 août 1996 ; qu il y a lieu, dès lors, l infraction visée à la prévention étant constituée, en tous ses éléments, de confirmer le jugement déféré en ce qu il l a déclaré coupable de soustraction à un arrêté d expulsion ;

" alors que le tribunal de grande instance de Bobigny, par jugement du 3 avril 1997, et le tribunal de grande instance de Melun, par jugement du 11 juin 1997, devenus définitifs, statuant sur cette même prévention de soustraction à l exécution de l arrêté d expulsion du 12 août 1996, ont relaxé le prévenu des fins de la poursuite ; que dès lors, l acte délictueux qui a fait l objet de ces décisions ne pouvait plus donner lieu, sans violer l autorité de la chose jugée, à une nouvelle poursuite devant une juridiction répressive et entraîner une condamnation ; qu ainsi l arrêt attaqué a méconnu le principe et les textes susvisés " ;

Attendu que si l exception non bis in idem peut être opposée pour la première fois devant la Cour de Cassation, c est à la condition que cette Cour trouve dans les constatations des juges du fond les éléments nécessaires pour en apprécier la valeur ; qu à défaut, en l espèce, de telles constatations le moyen mélangé de fait et de droit est nouveau et comme tel irrecevable ;

Sur le second moyen du mémoire personnel, pris de la violation des articles 131-10 du Code pénal, 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs ;

Attendu que, pour déclarer Fulgence Mbalambacoupable du délit d infraction à arrêté d expulsion et le condamner à une interdiction du territoire national, les juges relèvent qu il a été interpellé le 5 septembre 1997 à Paris alors qu il était démuni de titre de séjour et sous le coup d un arrêté ministériel d expulsion en date du 12 août 1996 qui lui avait été régulièrement notifié ; qu ils constatent qu il a été, avant que n intervienne l arrêté d expulsion, condamné à douze reprises pour des infractions constituant des atteintes graves et répétées à l ordre public ; qu ils ajoutent que s il justifie être père d un enfant français et avoir effectué, avec la mère, devant le juge des tutelles, une déclaration en vue de l exercice conjoint de l autorité parentale, il n établit pas qu il exerçait effectivement cette prérogative, reconnaissant ignorer où se trouvait l enfant et ne pouvant démontrer qu il subvenait à ses besoins ;

Attendu qu en l état de ces motifs, la cour d appel a justifié sa décision ;

D où il suit que le moyen doit être écarté ;

Et attendu que l arrêt est régulier en la forme ;

REJETTE le pourvoi ;

Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ;

Etaient présents aux débats et au délibéré, dans la formation prévue à l'article L. 131-6, alinéa 4, du Code de l'organisation judiciaire : M. Gomez président, Mme Caron conseiller rapporteur, M. Farge conseiller de la chambre ;

Avocat général : M. Di Guardia ;

Greffier de chambre : Mme lambert ;

En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;