Strike Compensation for Salary Delays During Judicial Reorganization
Synthèse Legislator
Généré par l'IASeveral employees, whose employer was under a repayment plan following judicial reorganization, engaged in a strike in January 2004 due to repeated salary payment delays, leading them to seek compensation for lost wages from the labor court. The lower court denied compensation, reasoning that the employer is not obligated to pay wages for work not performed, regardless of the strike's legitimate motive. However, the high court quashed this decision, reasoning that when employees are constrained to strike to enforce essential rights directly violated by the employer's serious and deliberate breach of obligations—such as repeated salary delays while benefiting from a repayment plan—the employer can be ordered to compensate the strikers for their lost wages.
Regeste Legislator
Généré par l'IAarticle L. 521-1 du code du travail, articles L. 621-22, L. 621-62 et L. 621-78 du code de commerce, CASSE ET ANNULE, Condamne la société Technopure aux dépens; Strike Compensation for Salary Delays During Judicial Reorganization: The lower court denied compensation, reasoning that the employer is not obligated to pay wages for work not performed, regardless of the strike's legitimate motive. However, the high court quashed this decision, reasoning that when employees are constrained to strike to enforce essential rights directly violated by the employer's serious and deliberate breach of obligations—such as repeated salary delays while benefiting from a repayment plan—the employer can be ordered to compensate the strikers for their lost wages.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IAQuestions juridiques clés extraites par Legislator
Généré par l'IAThis article addresses the effect of a strike on the employment contract, which is the substantive issue leading to the cassation.
These articles concerning judicial recovery proceedings were cited in relation to the employer's obligations, justifying the substantive ground for cassation.
The court explicitly orders the cassation and annulment of the lower court's decisions.
The court orders the respondent company to pay the costs of the proceedings.
Texte complet
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant :
Vu leur connexité, joint les pourvois n° W 04-46.587, E 04-46.664, J 04-46.668 et T 04-46.791 ;
Sur le moyen unique :
Vu l'article L. 521-1 du code du travail et les articles L. 621-22, L. 621-62 et L. 621-78 du code de commerce ;
Attendu que MM. X..., Y... Z... A..., B... et C... D..., salariés de la société Technopur qui a été placée en redressement judiciaire par jugement rendu le 15 mai 2002 par le tribunal de commerce de Romans puis a bénéficié d'un plan de redressement par continuation par jugement rendu le 13 novembre 2002, ont participé à un mouvement de grève en janvier 2004 motivé par le retard répété de paiement de leurs salaires ; que soutenant qu'ils avaient été contraints de recourir à la grève en raison des manquements de leur employeur à ses obligations, ils ont saisi la juridiction prud'homale, statuant en la forme des référés, pour être indemnisés de la perte de salaires éprouvée par eux du fait des arrêts de travail ;
Attendu que pour débouter les salariés de leurs demandes, le conseil de prud'hommes de Saint-Germain-en-Laye a énoncé que si l'article L. 521-1du code du travail dispose que la grève ne rompt pas le contrat de travail, les salariés en grève ayant cessé d'exécuter la prestation de travail, l'employeur n'a pas à régler les salaires et les indemnités de déplacement dépourvues de toute contrepartie, quels que soient les motifs, même légitimes, ayant entraîné cette grève ;
Attendu cependant que dans le cas où les salariés se trouvent dans une situation contraignante telle qu'ils sont obligés de cesser le travail pour faire respecter leurs droits essentiels, directement lésés par un manquement grave et délibéré de l'employeur à ses obligations, celui-ci peut être condamné à payer aux grévistes une indemnité correspondant à la perte de leur salaire ;
Qu'en statuant comme il l'a fait, alors que constitue un manquement délibéré de l'employeur à ses obligations le retard dans le paiement des salaires lorsqu'il bénéficie d'un plan de redressement par continuation qui met fin à la période d'observation et fait recouvrir au débiteur la totalité de ses droits, le conseil de prud'hommes a violé les textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, en leur entier, les ordonnances de référé rendues le 15 juin 2004, entre les parties, par le conseil de prud'hommes de Saint-Germain-en-Laye ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant lesdites ordonnances et, pour être fait droit, les renvoie devant le conseil de prud'hommes de Versailles ;
Condamne la société Technopure aux dépens ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite des ordonnances de référé cassées ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du sept juin deux mille six.