Legislator Jurisprudence & Législation
04-11286 Généré par l'IA

Union Delegate Hours Dispute: Letter vs. Collective Agreement Formalities

Numéro de cause 04-11286
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Rejeté (Dismissed)
Frais judiciaires à la charge du recourant

Synthèse Legislator

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The court considered a dispute where a union designated a staff representative as a union delegate, with the employer agreeing via a signed letter to grant ten monthly delegation hours, irrespective of the delegate's status as a substitute staff representative after subsequent elections. The lower court had ruled that the employer was bound by this agreement, noting the employer's failure to challenge the mandate or formally denounce a collective agreement as required. The high court overturned this ruling, finding that the simple letter, even with employer approval, did not meet the formal writing and negotiation requirements of an enterprise collective agreement under the Labor Code; consequently, without a valid collective agreement, the employer was not required to grant delegation hours outside the statutory rules reserving them for full-status staff representatives.

Regeste Legislator

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article L. 412-15 du Code du travail, article 1134 du Code civil, article L. 132-8 du Code du travail, article L. 132-2 du Code du travail, article L. 412-11, alinéa 4 du Code du travail, article 627, alinéa 2 du nouveau Code de procédure civile; Union Delegate Hours Dispute: Letter vs. Collective Agreement Formalities: The lower court had ruled that the employer was bound by this agreement, noting the employer's failure to challenge the mandate or formally denounce a collective agreement as required. The high court overturned this ruling, finding that the simple letter, even with employer approval, did not meet the formal writing and negotiation requirements of an enterprise collective agreement under the Labor Code; consequently, without a valid collective agreement, the employer was not required to grant delegation hours outside the statutory rules reserving them for full-status staff representatives.

Mots-clés

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conflit collectif du travail représentant syndical exigences de forme conférence tripartite droits et obligations de l'agent assemblée des délégués

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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article L. 132-2 du Code du travail

Cited as the basis for concluding that the letter did not constitute a valid enterprise agreement.

article L. 412-15 du Code du travail

Cited in the reasoning concerning the time limit for the employer to challenge the designation.

article L. 412-11, alinéa 4 du Code du travail

Cited in the reasoning concerning the conditions for designating a union representative.

article 627, alinéa 2 du nouveau Code de procédure civile

Cited as the procedural basis allowing the Court of Cassation to rule on the merits without referral after cassation.

article 700 du nouveau Code de procédure civile

Cited in the dispositive regarding the rejection of the request for costs under this article.

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Texte complet

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant :

Attendu selon les énonciations des juges du fond, que par lettre du 28 septembre 2000 qui a été contresignée par l'employeur, le Syndicat construction bois CFDT a désigné M. X..., délégué du personnel titulaire depuis avril 2000, comme délégué syndical au sein de la société Fima, qui employait moins de cinquante salariés, ce courrier précisant qu'il aurait dix heures de délégation pour exercer sa mission ;

qu'après l'élection de M. X... comme délégué du personnel suppléant en avril 2002, la société a informé le syndicat qu'elle dénonçait l'usage permettant la désignation comme délégué syndical d'un salarié indépendamment de sa qualité de délégué du personnel titulaire ; que le syndicat a assigné la société devant le tribunal de grande instance pour la voir condamner à appliquer l'accord collectif du 28 septembre 2000 ;

Sur le premier moyen :

Vu l'article L. 412-15 du Code du travail, ensemble l'article L. 412-11, alinéa 4 du Code du travail ;

Attendu que la cour d'appel énonce qu'il appartenait à la société Fima de saisir le tribunal d'instance à tout le moins dans le délai de quinze jours de sa prise de connaissance de la reconduction du mandat syndical de M. X..., prise de connaissance que révèle son courrier du 9 septembre 2002 par lequel elle conteste sa désignation indépendamment de sa qualité de délégué du personnel titulaire ;

Attendu, cependant, que le délai de quinze jours prévu par l'article L. 412-15 n'est pas opposable à l'employeur défendant dans l'action ayant pour objet l'existence éventuelle d'un accord collectif octroyant des heures de délégation au délégué syndical désigné dans les conditions prévues à l'article L. 412-11, alinéa 4 du Code du travail ;

Sur le second moyen :

Vu les articles L. 412-11, L. 412-21, L. 426-1, L. 132-1, L. 132-2, L. 132-19 et L. 132-20 du Code du travail ;

Attendu que pour décider que l'employeur était tenu d'appliquer l'accord du 28 septembre 2000, l'arrêt énonce que faute d'avoir révoqué le droit conventionnellement reconnu à des heures de délégation avec le consentement syndical CFDT conformément à l'article 1134 du Code civil ou d'avoir suivi la procédure de dénonciation des accords collectifs de travail prévue par l'article L. 132-8 du Code du travail, la société Fima en approuvant l'action du 28 septembre 2000 a donné son accord pour que M. X... bénéficie pour l'exercice de son mandat syndical de dix heures de délégation par mois sans conditionner le bénéfice de ces heures à un mandat de délégué du personnel titulaire ;

Attendu, cependant, que selon l'article L. 132-2 du Code du travail, l'accord collectif d'entreprise est constaté, à peine de nullité, dans un écrit après négociation dans les conditions prévue par les articles L. 132-19 et L. 132-20 du Code du travail ; qu'une simple lettre par laquelle un syndicat désigne un délégué du personnel titulaire pour la durée de son mandat comme délégué syndical et qui fixe à son profit avec l'approbation de son employeur un crédit d'heures de délégation pour ses fonctions syndicales, ne constitue pas un accord collectif d'entreprise ; qu'en statuant comme elle l'a fait, alors qu'à défaut d'accord collectif, il ne peut être dérogé aux règles réservant au seul délégué du personnel titulaire désigné comme délégué syndical des heures de délégation, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

Et attendu qu'en application de l'article 627, alinéa 2 du nouveau Code de procédure civile, la Cour de cassation est en mesure en cassant sans renvoi de mettre fin au litige par application de la règle de droit approprié ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 10 octobre 2003, entre les parties, par la cour d'appel de Lyon ;

DIT n'y avoir lieu à renvoi ;

Dit que la lettre du 28 septembre 2000 ne constitue pas un accord d'entreprise ;

Déboute le Syndicat construction bois CFDT des arrondissements de Saint-Etienne et Montbrison de ses demandes ;

Condamne le Syndicat construction bois CFDT des arrondissements de Saint-Etienne et Montbrison aux dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande ;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-huit septembre deux mille cinq.