Legislator Jurisprudence & Législation
2402290 Généré par l'IA

Employee Remuneration Suspension Challenge and Interim Relief Granted

Numéro de cause 2402290
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Partiellement admis (Partially Allowed)

Synthèse Legislator

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A request for interim relief sought the suspension of a ministerial decree that suspended an employee's remuneration effective December 1, 2023, due to an alleged absence from duty, arguing serious prejudice to her financial situation and a serious doubt regarding the decree's legality because the employee was on sick leave from December 4, 2023. The court found that the immediate deprivation of income, coupled with no other income, established the necessary urgency for suspension, and furthermore, the documented sick leave from December 4, 2023, created a serious doubt as to the legality of the remuneration suspension starting from that date, leading to the suspension of the decree's enforcement concerning the pay stoppage from December 4, 2023, until the main case is decided or the sick leave ends, and ordered the State to pay a sum to the requester.

Regeste Legislator

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article L. 761-1 du code de justice administrative, article L. 521-1 du code de justice administrative, Article L. 711-2 du code général de la fonction publique; Employee Remuneration Suspension Challenge and Interim Relief Granted: The court found that the immediate deprivation of income, coupled with no other income, established the necessary urgency for suspension, and furthermore, the documented sick leave from December 4, 2023, created a serious doubt as to the legality of the remuneration suspension starting from that date, leading to the suspension of the decree's enforcement concerning the pay stoppage from December 4, 2023, until the main case is decided or the sick leave ends, and ordered the State to pay a sum to the requester.

Mots-clés

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référé congé de maladie suspension des prestations autorisation d'exécution blocage des salaires date de début du droit

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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Article L. 711-2 du code général de la fonction publique

This provision's potential violation created a serious doubt about the legality of the decision, justifying the partial suspension.

Article L. 521-1 du code de justice administrative

This article provided the legal basis for the judge to grant the suspension of the administrative decision due to urgency and serious doubt regarding its legality.

Article L. 761-1 du code de justice administrative

This article was used to order the State to pay the sum of 1,500 euros to the applicant for costs.

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Texte complet

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mars 2024, Mme C B, représentée par Me Trojman, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a suspendu sa rémunération pour absence de service fait à compter du 1er décembre 2023 ;

2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a suspendu sa rémunération pour absence de service fait jusqu'à l'expiration de ses droits à congés ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'exécution de cette décision préjudicie à sa situation financière en ce qu'elle ne perçoit plus de traitement ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle était placée en congé de maladie ordinaire à la date de la décision attaquée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 711-1, L. 711-2 et L. 712-1 du code général de la fonction publique ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2402289 par laquelle Mme B demande l'annulation de l'acte attaqué.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le ministre de l'intérieur n'étant ni présent ni représenté,

Ont été entendus lors de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Trojman, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

Des pièces complémentaires ont été produites le 3 avril 2024 à 13H09.

La clôture de l'instruction a été différée, à l'issue de l'audience, au 3 avril 2024 à 15 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance du 1er décembre 2023 du tribunal judiciaire de Marseille, Mme B, technicienne de police technique et scientifique de la police nationale, a été placée sous contrôle judiciaire avec, notamment, pour interdiction d'exercer toute activité professionnelle au sein du laboratoire de police scientifique de Marseille et de rentrer en contact avec l'ensemble des professionnels travaillant au sein de la Division identification de la personne du même laboratoire. Mme B demande la suspension de l'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a suspendu son traitement à compter du 1er décembre 2023 pour absence de service fait.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

En ce qui concerne l'urgence :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.

4. En l'espèce, la décision en litige a pour effet de priver Mme B de son traitement à compter du 1er décembre 2023 alors qu'elle démontre, par les pièces qu'elle produit, ne bénéficier d'aucune autre source de revenus. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la décision attaquée porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation financière de l'intéressée pour caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire du 4 décembre 2023 au 12 décembre 2023, hospitalisée du 11 décembre 2023 au 22 décembre 2023, puis de nouveau placée en congé de maladie ordinaire à compter du 22 décembre 2023. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 711-2 du code général de la fonction publique est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué en tant qu'il suspend le traitement pour absence de service fait de Mme B à compter du 4 décembre 2023. Par suite, Mme B est fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 décembre 2023 jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande d'annulation ou jusqu'au terme de son arrêt maladie.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : L'exécution de l'arrêté du 27 décembre 2023 du ministre de l'intérieur et des outre-mer en tant qu'il suspend le traitement de Mme B pour absence de service fait à compter du 4 décembre 2023 est suspendu jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande d'annulation de cet arrêté ou jusqu'au terme de son arrêt maladie.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Marseille, le 3 avril 2024,

Le juge des référés,

signé

F. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,