Legislator Jurisprudence & Législation
2328829 Généré par l'IA

Annulment of Asylum Transfer to Italy Due to Systemic Risk

Numéro de cause 2328829
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Admis (Allowed)
Frais judiciaires à la charge de l'autorité

Synthèse Legislator

Généré par l'IA

The administrative court reviewed a request to annul an order transferring an asylum seeker to Italian authorities, with the applicant alleging several procedural and substantive violations of EU and human rights law, notably concerning the right to an interview and systemic flaws in the receiving state's asylum system. The court found that, given the lack of an explicit agreement from Italy to take charge of the applicant, the absence of proof that the applicant had actually filed for asylum there, and evidence suggesting technical suspensions of asylum transfers to Italy, a transfer would expose the applicant to a serious risk of not having their claim examined under required guarantees, thereby violating the derogation clauses of the relevant EU Regulation; consequently, the court annulled the transfer order and mandated the Prefecture to issue the applicant a standard asylum application certificate within ten days.

Regeste Legislator

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article L. 761-1 du code de justice administrative, article R. 776-15 du code de justice administrative, articles L. 761-1 du code de justice administrative, Article 3-2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, Article 17 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013, article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991; Annulment of Asylum Transfer to Italy Due to Systemic Risk: The court found that, given the lack of an explicit agreement from Italy to take charge of the applicant, the absence of proof that the applicant had actually filed for asylum there, and evidence suggesting technical suspensions of asylum transfers to Italy, a transfer would expose the applicant to a serious risk of not having their claim examined under required guarantees, thereby violating the derogation clauses of the relevant EU Regulation; consequently, the court annulled the transfer order and mandated the Prefecture to issue the applicant a standard asylum application certificate within ten days.

Mots-clés

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examen de la demande d'asile griefs de droits humains systèmes juridiques transmission de preuves risque migratoire défaillances systémiques

Dispositions légales citées

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article L. 761-1 du code de justice administrative
Cited in Article 4 of the dispositive for ordering the State to pay legal fees to the lawyer.
article R. 776-15 du code de justice administrative
Matalon, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
articles L. 761-1 du code de justice administrative
codedejusticeadministrative
Article 3-2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013
Cited as part of the legal basis for annulling the transfer decision due to a serious risk concerning the applicant's asylum procedure in Italy.
Article 17 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013
Cited as part of the legal basis for annulling the transfer decision because the conditions regarding the exception allowing France to examine the case were relevant.
article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
Cited in the reasoning preceding Article 1 of the dispositive concerning the provisional legal aid request, leading to the conclusion that no ruling was necessary on that specific request.
Article 37 de la loi du 10 juillet 1991
Cited in Article 4 of the dispositive for ordering the State to pay legal fees to the lawyer.
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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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Article 3-2 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013

Cited as part of the legal basis for annulling the transfer decision due to a serious risk concerning the applicant's asylum procedure in Italy.

Article 17 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013

Cited as part of the legal basis for annulling the transfer decision because the conditions regarding the exception allowing France to examine the case were relevant.

article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

Cited in the reasoning preceding Article 1 of the dispositive concerning the provisional legal aid request, leading to the conclusion that no ruling was necessary on that specific request.

Article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Cited in Article 4 of the dispositive for ordering the State to pay legal fees to the lawyer.

article L. 761-1 du code de justice administrative

Cited in Article 4 of the dispositive for ordering the State to pay legal fees to the lawyer.

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Texte complet

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Pafundi, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa remise aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un dossier de demande d'asile en procédure normale et une attestation de demande d'asile dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- La décision litigieuse est signée par une autorité incompétente ;

- Elle est insuffisamment motivée ;

- Elle viole le droit à l'information prévu par l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 ;

- Elle viole le droit à un entretien individuel prévu par l'article 5 du règlement UE n° 604/2013 ;

- Elle viole le principe du contradictoire et le droit de présenter des observations préalablement à l'édiction de la décision litigieuse ;

- Elle viole le principe du contradictoire et le droit de présenter des observations préalablement à l'édiction de la décision litigieuse ;

- Elle méconnaît les articles 24 et 25 du règlement UE n° 604/2013 2013 en l'absence de preuves de la saisine des autorités croates ;

- Elle méconnaît l'article 26 du règlement UE n° 604/2013 ;

- Elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Elle viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement UE n° 604/2013.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- Les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B par une décision du 26 décembre 2023.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- La Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- Le Règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- Le Règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- La Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- Le Code de justice administrative.

Vu la décision du président du tribunal désignant M. Matalon, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Matalon ;

- les observations de Me Da Costa, substituant Me Pafundi, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Par une décision du 26 décembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement n° 604/2013 : " Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable.

Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable ". En vertu de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ".

Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles : " les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif ", la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

4. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a présenté une demande d'asile en France le 22 septembre 2023, avait franchi irrégulièrement les frontières de l'Espace Schengen en Italie le 12 juillet 2023, que les autorités italiennes ont été saisies, par les autorités françaises, le 29 septembre 2023 d'une demande de prise en charge à laquelle lesdites autorités n'ont pas apporté de réponse explicite. M. B fait valoir que, par une circulaire prise en date du 5 décembre 2022, le ministre de l'intérieur italien a informé ses homologues membres de l'espace Schengen de la suspension temporaire, pour des raisons techniques, des transferts de demandeurs d'asile vers l'Italie. Il ajoute que cette situation perdure depuis lors et que seules les personnes ayant obtenu le statut de demandeur d'asile ont accès à un centre d'accueil pour demandeur d'asile ou à un centre d'hébergement d'urgence. Dès lors au regard de ces circonstances, en l'absence de demande d'asile effectivement déposée par M. B en Italie, en l'absence de réponse explicite des autorisés italiennes pour la prise en charge de l'intéressé et compte tenu du risque élevé que les autorités de ce pays ne l'autorisent pas à solliciter une protection internationale, le requérant est fondé à soutenir qu'un transfert vers les autorités italiennes l'exposerait à un risque sérieux de ne pas voir sa demande d'asile traitée dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Par suite, en ne les mettant pas en œuvre, le préfet a méconnu les dispositions les clauses dérogatoires prévues par les articles 3-2 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013/UE du 26 juin 2013.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

6. Le présent jugement, qui annule l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seinedu 6 décembre 2023, implique nécessairement que le préfet des Hauts-de-Seine ou le préfet territorialement compétant délivre à M. B une attestation de demande d'asile en procédure normale dans le délai de dix jours à compter de la date de notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une mesure d'astreinte.

Sur les frais de l'instance :

7. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à verser à Me Pafundi, sous réserve pour ce dernier, le cas échéant, de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle de M. B.

Article 2 : L'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé le transfert de M. B aux autorités italiennes est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent de délivrer à M. B une attestation de demande d'asile en procédure normale dans le délai de dix jours à compter de la date de notification du présent jugement.

Article 4 : Sous réserve que Me Pafundi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Pafundi, avocat de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Pafundi et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

D. MATALONLa greffière,

A. DEPOUSIER

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8