Legislator Jurisprudence & Législation
2305301 Généré par l'IA

Kosovar National Asylum Rejection and Expulsion Order Challenge

Numéro de cause 2305301
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Rejeté (Dismissed)

Synthèse Legislator

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The Administrative Tribunal of Marseille granted provisional legal aid to an individual of Kosovar nationality challenging a prefectoral order from May 10, 2023, that rejected her asylum claim and ordered her to leave the territory within thirty days. The court rejected the claims for annulment, finding that the prefect's delegation of authority for issuing the order was valid, that the applicant had not established sufficient ties in France to warrant protection under Article 8 of the ECHR given her recent arrival and the possibility of family reunification in her country of origin, and that she failed to provide proof that her required medical treatment could not be continued outside of France, thereby dismissing arguments based on Article 3 of the ECHR and associated costs.

Regeste Legislator

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article L. 761-1 du code de justice administrative, articles L. 761-1 du code de justice administrative, Article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, article 37 de la loi du 10 juillet 1991; Kosovar National Asylum Rejection and Expulsion Order Challenge: The court rejected the claims for annulment, finding that the prefect's delegation of authority for issuing the order was valid, that the applicant had not established sufficient ties in France to warrant protection under Article 8 of the ECHR given her recent arrival and the possibility of family reunification in her country of origin, and that she failed to provide proof that her required medical treatment could not be continued outside of France, thereby dismissing arguments based on Article 3 of the ECHR and associated costs.

Mots-clés

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regroupement familial d'asile demande d'asile d'un ressortissant albanais assistance judiciaire provisoire éloignement protection juridique révocation de la qualité de réfugié

Dispositions légales citées

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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Article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991

Cited in Article 1 of the dispositive to grant provisional legal aid.

article L. 761-1 du code de justice administrative

Cited in the applicant's initial request regarding costs, but explicitly rejected by consequence in Article 2 of the dispositive.

article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Cited in the applicant's initial request regarding costs, but explicitly rejected by consequence in Article 2 of the dispositive.

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Texte complet

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mai 2023 Mme B A, représentée par Me Bazin Clauzade, demande au Tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Ricard, magistrat désigné. Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, de nationalité kosovare, demande l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d'asile et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, par un arrêté du 7 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet des Bouches-du-Rhône a donné délégation à Mme C, adjointe au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à la direction des migrations, de l'intégration et de la nationalité, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquels figurent notamment les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Mme A fait valoir qu'elle est installée en France de façon stable, elle dispose d'un logement et son mari a signé un contrat de travail, que son frère réside en France régulièrement et qu'elle a placé en France le centre de ses intérêts personnels et privés. Toutefois, il est constant qu'elle n'est entrée en France que le 18 avril 2022, soit très récemment, et qu'elle a résidé dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 30 ans. Enfin, dès lors que son époux fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, la cellule familiale peut être reconstituée dans le pays d'origine, alors au surplus que la requérante ne démontre pas ne plus avoir d'attaches familiales dans ce pays. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté a été pris en violation des dispositions précitées et le moyen sera donc écarté.

6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

7. La requérante se borne à indiquer, sans précisions, qu'il serait menacé en cas de retour dans son pays d'origine et qu'elle doit poursuivre son traitement médical. Toutefois, il est constant que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 30 septembre 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 20 février 2023, et la requérante n'apporte aucun élément de preuve démontrant qu'elle ne pourrait pas poursuivre son traitement hors de France par conséquent le moyen sera écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E:

Article 1 : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu publique par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

G. Ricard

La greffière,

Signé

S. Boislard

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,