Legislator Jurisprudence & Législation
2214850 Généré par l'IA

Suspension of Residency Refusal Due to Serious Doubts on Legality and Urgency

Numéro de cause 2214850
Autorité / Tribunal
Juridiction France (FR)
Date de la décision
Issue du litige Partiellement admis (Partially Allowed)

Synthèse Legislator

Généré par l'IA

A petitioner sought the summary judgment suspension of an administrative decision rejecting the renewal of his residency permit, arguing urgency due to his need for documentation for housing renovations and presenting several grounds casting serious doubt on the legality of the refusal, including claims of procedural irregularities, misuse of a judicial records file, and a violation of fundamental rights concerning his long residence, marriage, and French-born children. The court found that the urgency condition for suspension was generally met when a residency renewal is refused, and determined that arguments concerning a manifest error of assessment regarding public order and the violation of Article 8 of the European Convention on Human Rights created a serious doubt as to the legality of the decision, thus ordering the suspension of the refusal, enjoining the prefect to re-examine the situation within two months, and granting a provisional work authorization within seven days, while also awarding the petitioner a sum under the administrative justice code.

Regeste Legislator

Généré par l'IA

article L. 521-1 du code de justice administrative, article L. 761-1 du code de justice administrative, article R. 40-29-1 du code de procédure pénale, article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, article L. 511-2 du code de justice administrative; Suspension of Residency Refusal Due to Serious Doubts on Legality and Urgency: The court found that the urgency condition for suspension was generally met when a residency renewal is refused, and determined that arguments concerning a manifest error of assessment regarding public order and the violation of Article 8 of the European Convention on Human Rights created a serious doubt as to the legality of the decision, thus ordering the suspension of the refusal, enjoining the prefect to re-examine the situation within two months, and granting a provisional work authorization within seven days, while also awarding the petitioner a sum under the administrative justice code.

Mots-clés

Généré par l'IA
renouvellement de l'autorisation de séjour suspension provisoire autorisation de séjour violation des charges d'autorisation violation de garanties procédurales erreur administrative

Dispositions légales citées

Généré par l'IA
article L. 521-1 du code de justice administrative
B A, représenté par Me Morin, avocate, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
article L. 761-1 du code de justice administrative
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
article R. 40-29-1 du code de procédure pénale
méconnaît les dispositions de l'article R. 40-29-1 du code de procédure pénale, dès lors qu'il ne résulte pas des pièces du dossier que l'agent ayant consulté le fichier " traitement d'antécédents judiciaires ", était expressément habilité à cet effet ;
article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers
méconnaît les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'a pas fait l'objet de poursuites et de condamnations ;
article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers
article L. 511-2 du code de justice administrative
Kelfani, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
article L. 511-1 du code de justice administrative
Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ".
Art. L. 521-1 du code de justice administrative
This article provides the basis for ordering the suspension of the administrative decision when urgency and serious doubt about legality are established, which was the core ruling in Article 1.
Généré par l'IA

Questions juridiques clés extraites par Legislator

Généré par l'IA
Art. L. 521-1 du code de justice administrative

This article provides the basis for ordering the suspension of the administrative decision when urgency and serious doubt about legality are established, which was the core ruling in Article 1.

Art. L. 761-1 du code de justice administrative

This article was cited in the dispositive (Article 3) to order the State to pay a sum to the applicant for costs.

Vous souhaitez savoir comment cet arrêt s'applique à votre dossier ?

Analysez cette décision avec la législation fédérale, le droit cantonal, la doctrine et la jurisprudence subséquente dans Legislator AI.

Ouvrir dans Legislator →

Texte complet

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Morin, avocate, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 2 mai 2022, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un récépissé de renouvellement de carte de séjour assorti d'une autorisation de travail jusqu'à l'intervention d'une décision au fond ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'un refus de renouvellement de titre de séjour lui a été opposé ; en outre, la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il doit produire dans un délai de 15 jours un nouveau justificatif de séjour dans le cadre de l'emprunt collectif passé pour des travaux de rénovation énergétique de sa résidence ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui :

. a été prise par une autorité incompétente ;

. méconnaît les dispositions des articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

. méconnaît les dispositions de l'article R. 40-29-1 du code de procédure pénale, dès lors qu'il ne résulte pas des pièces du dossier que l'agent ayant consulté le fichier " traitement d'antécédents judiciaires ", était expressément habilité à cet effet ;

. méconnaît les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'a pas fait l'objet de poursuites et de condamnations ;

. méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dans la mesure où il vit en France depuis quinze ans, qu'il est marié et a deux enfants nés en France.

Le préfet des Hauts-de-Seine a produit des pièces, enregistrées le 9 novembre 2022, et invité le Tribunal à rejeter la requête de M. A, qui n'appelle aucune observation particulière de sa part.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2210405, enregistrée le 19 juillet 2022, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal, a désigné M. Kelfani, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 25 novembre 2022 à 10 heures.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière :

- le rapport de M. Kelfani, juge des référés ;

- et les observations de Me Morin et de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est de nationalité marocaine, alors titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", en a demandé le renouvellement au préfet des Hauts-de-Seine le 31 janvier 2022. Par un arrêté en date du 2 mai 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande. Le même arrêté fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixe le pays de renvoi et édicte à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté, en tant qu'il rejette sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.

4. L'urgence à suspendre l'exécution d'une décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour doit, en principe être reconnue. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la décision dont le requérant demande la suspension de l'exécution présente ce caractère. Il suit de là que la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.

5. En l'état de l'instruction, le moyen invoqué par le requérant et tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur d'appréciation en estimant que la " situation " de M. A constituait une menace pour l'ordre public, paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée. Il en va de même, en l'état de l'instruction, notamment, du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du moyen tiré de ce que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.

6. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions auxquelles les dispositions, rappelées au point 2, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent le prononcé d'une mesure de suspension sont réunies. Il y a lieu de faire droit aux conclusions de M. A aux fins de suspension de l'exécution de la décision, en date du 2 mai 2022, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des obligations provisoires qui en découlent pour l'administration. Il y a lieu, par suite, d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, d'une part, de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, au réexamen de la situation du requérant, et, d'autre part, de délivrer à l'intéressé, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.

8. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.

Sur les conclusions aux fins d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. A d'une somme de 1 000 (mille) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision, en date du 2 mai 2022, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de M. A tendant au renouvellement de son titre de séjour est suspendue.

Article 2 : Il est fait injonction au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, au réexamen de la situation de M. A et de délivrer à l'intéressé, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.

Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait, à Cergy-Pontoise, le 28 novembre 2022.

Le juge des référés,

signé

K. Kelfani

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2214850