Order Compelling Prefect to Schedule Residence Permit Appointment Due to Administrative Failure
Synthèse Legislator
Généré par l'IAA litigant sought an order compelling the prefect to schedule an appointment for filing an application to change status for a work-based residence permit, alleging a persistent inability to secure an appointment since March 2021 due to online procedural blockages, which created an urgency that threatened her employment stability. The court found that the evidence, including numerous failed attempts to schedule an appointment, demonstrated that the administrative dysfunctions met the urgency requirement under the emergency procedure, and therefore ordered the prefect to receive the applicant within two months to allow her to submit her residence permit application, but rejected the request for penalties and legal costs.
Regeste Legislator
Généré par l'IAarticle L. 761-1 du code de justice administrative, article L. 511-2 du code de justice administrative, article L. 521-3 du code de justice administrative, Article 1er, Article 2; Order Compelling Prefect to Schedule Residence Permit Appointment Due to Administrative Failure: The court found that the evidence, including numerous failed attempts to schedule an appointment, demonstrated that the administrative dysfunctions met the urgency requirement under the emergency procedure, and therefore ordered the prefect to receive the applicant within two months to allow her to submit her residence permit application, but rejected the request for penalties and legal costs.
Mots-clés
Généré par l'IADispositions légales citées
Généré par l'IADécisions connexes
Généré par l'IAQuestions juridiques clés extraites par Legislator
Généré par l'IAThis article orders the Prefect to receive the applicant for the purpose of administrative regularization, which is the main outcome of the decision.
This article grounds the judge's power to order necessary measures in case of urgency (référé), justifying the injunction in Article 1.
This procedural article rejects the remainder of the claims (including the request for penalty and costs).
This article concerns the costs of the proceedings, which the court refused to apply in favor of the applicant in the reasoning preceding the operative part (Point 6).
Texte complet
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 24 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Funck, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut pour un titre de séjour mention " salarié ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a engagé des démarches depuis le 20 mars 2021 sans pouvoir obtenir de rendez-vous lui permettant de solliciter le changement de son statut pour un titre de séjour mention " salarié " ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'impossibilité de faire enregistrer, dans un délai raisonnable, sa demande de titre de séjour en procédure dématérialisée fait obstacle à l'instruction de son dossier, alors qu'elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour, et l'expose à un risque de perte de son emploi ;
- la mesure est utile pour pallier les importants dysfonctionnements induits par la dématérialisation de la procédure de prise de rendez-vous à la préfecture ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Dely, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. En l'espèce, il ressort des nombreux échanges de courriels et des captures d'écran versés au dossier que Mme A établit être confrontée depuis mars 2021, malgré de nombreuses relances auprès des services préfectoraux et du ministère de l'intérieur, à l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande de changement de statut par les canaux dédiés du fait d'un blocage informatique. La condition d'urgence doit, dès lors, être regardée comme étant satisfaite.
5. Compte tenu de la situation de Mme A, qui justifie avoir effectué de nombreuses et vaines démarches en vue de régulariser sa situation depuis mars 2021 et fait état d'un contrat à durée indéterminée depuis 2020, il sera fait une juste appréciation des circonstances de l'espèce en enjoignant au préfet de l'Essonne de recevoir l'intéressée dans un délai maximum de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance afin qu'elle puisse déposer sa demande de changement de statut et de titre de séjour. Il n'y a toutefois pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
6. Il n'y pas a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de recevoir Mme A dans un délai maximum de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance en vue de la régularisation de sa situation administrative.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Versailles, le 30 novembre 202La juge des référés,
Signé
Isabelle Dely
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.